Ludwig van Beethoven, figure emblématique de la musique classique, a marqué l'histoire par son génie, son indépendance et sa capacité à surmonter les épreuves. Né à Bonn en décembre 1770, il a transcendé les limites du classicisme viennois pour ouvrir la voie au romantisme musical. Bien que la date exacte de sa naissance reste incertaine, il fut baptisé le 17 décembre 1770. Certains documents mentionnent également le 15 décembre comme date possible.
Naissance et Origines Familiales
Ludwig van Beethoven est né à Bonn, en Allemagne, au sein d'une famille de musiciens. Son grand-père paternel, Ludwig van Beethoven l'Ancien (1712-1773), était maître de chapelle à la cour de Bonn. Son père, Johann van Beethoven, était ténor à la chapelle de l'électeur de Cologne. Johann, homme alcoolique et violent, remarqua cependant les dons musicaux de son fils Ludwig. Sa mère, Maria Magdalena Keverich (1746-1787), d'origines slaves, était la fille d'un cuisinier de l'électeur de Trèves. Seuls deux de ses sept frères, Kaspar-Karl et Johann, nés respectivement en 1774 et 1776, survécurent.
Formation Musicale Précoce
Beethoven a commencé à étudier la musique très tôt, son père reconnaissant rapidement son talent. Dès l'âge de cinq ans, il reçoit des cours de violon et de piano de son père, dans l’optique d’une opération "singe savant", espérant en faire un nouveau Wolfgang Mozart. Cependant, contrairement au père de Mozart, Johann se montre brutal et alcoolique. Malgré cela, Beethoven se montre élève appliqué lorsqu’il s’agit de musique.
Sa formation musicale est ensuite poursuivie par Christian Gottlob Neefe (1748-1798), compositeur et chef d'orchestre. C'est l'enseignement de Christian Gottlob Neefe, arrivé à Bonn en 1779, qui est décisif. Il lui enseigne le piano, l'écriture, mais encore les philosophes de l'Antiquité, et certainement le goût pour les idées républicaines. Neefe lui trouve une place dans l'orchestre de la cour. En 1784, il devient organiste adjoint, puis en 1789, altiste dans l'orchestre de l'Opéra de la cour. Le nouvel électeur, Max-Franz, protège le jeune musicien et lui accorde une bourse de 170 florins. Dès 14 ans donc, il gagne sa vie et aide à nourrir sa famille. Grâce à ses protecteurs qui admirent son talent et son courage, il poursuit tant bien que mal son éducation générale et musicale. Ludwig compose alors ses premiers concertos et quatuors à cordes.
Premiers Voyages et Rencontres
En 1781, Beethoven quitte l'école, accompagné par sa mère, il fait une tournée à Rotterdam en novembre, qui ne remplit pas les espoirs financiers. En 1787, grâce au comte Ferdinand von Waldstein, Beethoven part à Vienne dans le but d'y rencontrer Mozart. Cependant, celui-ci venant de perdre son père, la rencontre se déroule dans un climat peu propice. Mozart garde toutefois une très bonne impression du jeune compositeur : "ce jeune homme fera parler de lui".
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En 1792, Waldstein organise la rencontre entre Joseph Haydn et son protégé. Haydn s’intéresse au musicien et lui propose d’étudier à Vienne sous sa direction. De plus en plus coupé de Bonn (sa mère, à laquelle il était attaché, est morte en juillet 1787 de la tuberculose, et son père, alcoolique chronique, est à la retraite depuis 1789), Beethoven, qui enseignait et jouait dans l’orchestre municipal aux côtés de son ancien maître Neefe, accepte avec enthousiasme et quitte Bonn, sa bonne vieille ville natale, pour la capitale autrichienne le 2 novembre 1792. Hélas, Mozart, qu’il adulait, est déjà mort depuis près d’un an.
Installation à Vienne et Premiers Succès
À 22 ans, Beethoven quitte définitivement Bonn pour Vienne où Haydn l'invite à suivre son enseignement. Il se révèle un élève rétif et peu docile. De janvier 1794 au début de 1795 (pendant le séjour de Haydn en Angleterre), il prend des cours auprès de Johann Georg Albrechsberger (contrepoint) et d’Antonio Salieri pour l’art vocal. Il achève ainsi une formation quelque peu chaotique.
Beethoven s'installe définitivement à Vienne. Son père est mort en décembre 1792, les troupes françaises ont destitué l'électorat de Cologne en 1794 et le prince Maximilian Franz prend la fuite : il n'a plus aucun lien avec Bonn. Il se présente, pour la première fois devant le public viennois dans un récital de piano le 29 mars 1795. La même année, il entame une série de tournées comme concertiste (Prague, Dresden, Leipzig, Berlin, Budapest).
Il se taille d'abord une réputation comme pianiste. Il éblouit son auditoire par sa virtuosité et ses improvisations inspirées, fougueuses et souvent déroutantes. Comme le rapporte un critique en 1796 : « Il saisit nos oreilles, non pas nos cœurs ; c’est pourquoi il ne sera jamais pour nous un Mozart. » Le compositeur n’a pas encore atteint sa période de maturité artistique, et jusqu’au début des années 1800, il participe régulièrement aux joutes musicales, fort appréciées à l’époque (un peu comme les rap battles actuelles… non ?), qui le consacrent "meilleur pianiste viennois".
En 1800, il est le premier virtuose de Vienne. Il compose beaucoup pour le piano (sonates, trios, concertos), abordant en dernier les genres « difficiles » du quatuor à cordes et de la symphonie. Pour son instrument, il écrit ses premiers chefs-d’œuvre : Premier Concerto op. 15 (1798), la Huitième Sonate op. 13 « Pathétique » (1799), la Quatorzième Sonate op. 27 n° 2 « Clair de lune » (1801).
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La Surdité et le Testament d'Heiligenstadt
Dès 1796, Beethoven ressent les premiers symptômes de la surdité. Ses oreilles sifflent et bourdonnent perpétuellement. En 1798, il éprouve les premiers troubles de l'audition. Il envisage le suicide, persuadé qu’il sera rapidement privé de ses facultés musicales, et rédige à l’intention de ses frères le 6 octobre 1802 une célèbre lettre qui nous est restée sous le nom de « Testament d’Heiligenstadt ».
Par peur de devoir assumer en public cette terrible vérité, il s’isole et se montre souvent désagréable. Sa lettre exprime à la fois son désespoir et sa foi en son art. Il abandonne sa carrière de virtuose pour se lancer à corps perdu dans la composition. À cause de sa surdité, il se renferme sur lui-même et après 1819 ne communique plus que par lettres. Il acquiert une réputation de misanthrope.
La lettre ne fut jamais envoyée et sera retrouvée seulement après sa mort. Ainsi, une fois de plus, il surmonte cette épreuve à force de volonté, célébrant dans sa musique le triomphe de l’héroïsme et de la joie quand le destin lui prescrivait l’isolement et la misère. Mais, finie la vie mondaine, une page est tournée : « Je suis peu satisfait de mes travaux jusqu’à présent. À dater d’aujourd’hui, je veux ouvrir un nouveau chemin. »
Période Héroïque et Indépendance Artistique
Ce sera sa Symphonie n° 3 « Héroïque » (1804), qui marque la sortie de la crise de 1802. Par sa longueur, la richesse et l’intensité des émotions exprimées, sa hardiesse harmonique et orchestrale, elle traduit aussi l’évolution du style de Beethoven et beaucoup la considèrent même comme le début de la période romantique.
La Symphonie héroïque est dédiée tout d’abord à Bonaparte, que le compositeur admire en tant qu’incarnation des idéaux de la Révolution française. Cependant, quand le Premier Consul se fait sacrer Empereur en 1804 sous le nom de Napoléon, Beethoven rature la première page avec une telle rage qu’il brise sa plume et transperce le papier. Plus tard, lors de la publication de l’œuvre, il y inscrit le titre Symphonie Héroïque, "composée en mémoire d’un grand homme".
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Les années 1806 à 1808 sont les plus fertiles en chefs-d’œuvre de toute sa vie : la seule année 1806 voit la composition du Concerto pour piano n° 4, des trois grands Quatuors à cordes op. 59, numéro 7, numéro 8 et numéro 9 dédiés au comte Razumovsky, de la Quatrième Symphonie et du célèbre Concerto pour violon en ré majeur op. 61.
À l’automne 1806, il accompagne son mécène le prince Carl Lichnowsky dans son château de Silésie et fait à l’occasion de ce séjour la plus éclatante démonstration de sa volonté d’indépendance. Lichnowsky l’ayant menacé de le mettre aux arrêts s’il s’obstinait à refuser de jouer du piano pour des officiers français, il quitte son hôte après une violente querelle et lui envoie un billet qui se passe de tout commentaire : « Prince, ce que vous êtes, vous l’êtes par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis par moi-même. Des princes, il y en a et il y en aura encore des milliers. Il n’y a qu’un Beethoven. » Après cet éclat, le prince supprimera bien entendu la pension qu’il accordait au compositeur. Deux ans plus tard cependant, Beethoven lui dédie sa Symphonie n° 5 dite « du destin ». Volonté de reconciliation ou pied de nez ?
En 1808 il projette de se rendre à la cour de Kassel à la demande de Jérôme Bonaparte, où on lui propose un poste de maître de chapelle, qu'il accepte. Mais en 1809, ses protecteurs, l'archiduc Rodolph, le prince Lodkowitz et le prince Kinsky, lui assurent une rente de 4 000 florins par mois à la condition qu'il ne quitte pas Vienne. On ne peut donc dire que cette rente fait de Beethoven le premier musicien indépendant.
Vie Personnelle et Crises
Beethoven n’a jamais eu de chance dans sa vie amoureuse. Nombreuses sont les femmes que son génie a séduit, mais aucune n’a franchi le pas du mariage, sans doute effrayée par son caractère difficile. En 1812, il rédige la bouleversante Lettre à l’immortelle Bien-aimée, qu’on retrouvera après sa mort, mais dont on ne connaîtra jamais la destinataire. C’est probablement une des nombreuses égéries auxquelles il a dédié des œuvres comme sa Sonate n° 24 dite « à Thérèse » (1809).
L’année 1815 marque un tournant dans la vie de Beethoven. Le 15 novembre 1815, Kaspar Karl, le frère de Beethoven, décède. Son testament demande que la tutelle de son fils Karl soit conjointement assurée par sa veuve et son frère Ludwig. Jugeant sa belle-sœur indigne, Beethoven veut lui faire retirer la tutelle et prend son neveu sous son toit. En 1819, Beethoven perd la tutelle de Karl qui retourne de temps en temps chez sa mère. C'est un ami du compositeur, Matthias von Tuscher qui est chargé de la tutelle, et le 17 septembre Johanna a de nouveau la tutelle de son fils avec Leopold Nussböck. Les recours de Beethoven sont rejetés.
En 1801, Stephan von Breuning, un ami d'enfance de Beethoven, s'installe à Bonn. En janvier 1803, il est nommé compositeur au théâtre An der Wien, où il obtient un logement de fonction qu'il habite avec son frère Carl, devenu son secrétaire. Il quitte ce logement en 1804, à la fin de son contrat. Il partage un appartement avec Stephan von Breuning, qu'il quitte début juillet après une dispute. Le 25 mai 1806, son frère Carl se marie et abandonne ses fonctions de secrétaire. En 1807, il tire de bons avantages de la vente de plusieurs partitions, son frère Johann et le baron Gleichenstein assurent son secrétariat.
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