Laurent Jalabert, né le 30 novembre 1968 à Mazamet, est une figure emblématique du cyclisme français. Ancien coureur professionnel de 1989 à 2002, il a marqué son époque par sa polyvalence et son palmarès exceptionnel. Aujourd'hui sélectionneur de l'équipe de France, il continue d'influencer le monde du cyclisme.

Une ascension remarquable

Fils de Georges et Arlette Jalabert, Laurent découvre le cyclisme à l'âge de 11 ans un peu par hasard. Il s'inscrit à l'UV Mazamet pour occuper ses temps libres et est tout de suite sous le charme de la petite reine. Son premier vélo est un Gitane comme son idole Bernard Hinault. Sa première course se dispute à Albi au mois d'avril 1982. Laurent s'y classe troisième derrière les deux échappées, un début prometteur. La première victoire intervient chez lui à Mazamet lors du GP du Buffet de la Gare en s'imposant en solitaire.

À 19 ans, il rejoint le Bataillon de Joinville où il côtoie Jacky Durand, Pascal Chanteur et le Toulousain Frédéric Moncassin, son ami. Jaja espère participer aux Jeux Olympiques de Séoul mais il ne sera pas sélectionné. Qu'à cela ne tienne, Laurent s'impose dans le Championnat de France Militaire en 1988. Ses bons résultats intéressent Cyrille Guimard (Système U) mais Jaja préfère opter pour la Toshiba (émanation de la Vie Claire, dernière équipe de Bernard Hinault). Laurent n'a que 20 ans.

Il débute sa carrière professionnelle en 1989 avec l'équipe Toshiba et gagne le Tour d'Armorique. Ses débuts de néo-pro ne passent pas inaperçus avec de nombreuses places d'honneurs et il est catalogué rapidement comme étant un sprinter. Laurent confirme ses talents de vélocité en terminant second du Classement par Points sur le Tour d'Espagne 1990. Au mois d'Août, il est tout proche de remporter sa première épreuve de Coupe du Monde mais il termine 2e de la Clasica San Sebastian derrière un certain Miguel Indurain. Il se console en remportant Paris-Bourges et est fin prêt pour les Championnats du Monde qui se déroulent au Japon. Et là, Jaja est encore dans le coup.

Un palmarès impressionnant

Surnommé "Jaja" ou "le Panda", Jalabert a accumulé 138 victoires durant sa carrière. Il a été numéro un mondial de sa discipline de 1995 à 1997 et en 1999. Coureur très complet, il débute sa carrière comme sprinteur, puis remporte plusieurs classiques, dont Milan-San Remo en 1995 et le Tour de Lombardie en 1997, ainsi que des courses d'une semaine, comme Paris-Nice, trois fois, le Tour du Pays basque, le Tour de Catalogne et le Tour de Romandie. Sur le terrain des grands tours, il a remporté le Tour d'Espagne en 1995, le classement par points des trois grands tours et le classement de la montagne de deux d'entre eux. Il a terminé 4e du Tour de France en 1995.

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En 1991, il réussit à se faire remarquer en se plaçant deuxième lors de la Coupe du Monde. Fort de ce succès, il décide de quitter son équipe pour faire partie de La ONCE. D'une année à l'autre, Laurent Jalabert ne cesse de gagner différentes étapes et de monter dans le classement général. En 1995, après seulement trois ans passés à La ONCE, il réussit à décrocher la première position dans le classement mondial et gagne plus de trente courses.

Jalabert est alors reconnu par la presse internationale comme étant l'un des plus grands cyclistes français. Il se fait appeler "le vélo d'or mondial", même si beaucoup de ses admirateurs ne cachent pas leur déception de ne pas le voir sur la plus haute marche du podium du Tour de France pour succéder à Bernard Hinault.

Durant sa carrière, il a été grand vainqueur de nombreuses courses prestigieuses dont celle du Midi Libre en 1996 ou encore Paris-Nice, la même année et l'année d'après. Ses performances étant continuellement en hausse, il se place en première position dans la Course Contre la Montre et devient Champion du Monde en 1997.

La saison d'après, Laurent Jalabert remporte successivement le Tour d'Italie, le Tour de Romandie, la Semaine Catalane et le Tour du Pays Basque et regagne sa position de leader. Après neuf ans passés à La ONCE, il décide de partir rejoindre le danois Bjarne Riis au CSC, pour deux saisons. C'est au cours de ces années 2000-2001 qu'il réussit à s'imposer comme le meilleur grimpeur sur les tours de France et à remporter le Classique de San Sébastian, avant de mettre fin à sa carrière de cycliste professionnel à l'âge de trente-quatre ans.

Seulement, après treize ans de carrière et 139 victoires, Laurent Jalabert ne peut pas oublier sa vie de cycliste. Il ne peut s'empêcher de pédaler et participe en tant que cycliste amateur à plusieurs marathons, notamment le Marathon de Barcelone 2007 ou l'Ironman de Zurich.

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Les moments clés de sa carrière

  • 1989 : Débute sa carrière professionnelle dans l'équipe Toshiba.
  • 1991 : Rejoint Manolo Saiz dans l'équipe espagnole Once. Le Dr Eufemiano Fuentes fut le médecin de cette équipe. Il abandonne le Tour de France.
  • 1994 : Gagne 7 étapes sur le Tour d'Espagne, ce qui lui vaut de remporter le classement aux points. Lors du Tour de France 1994, il chute gravement dans l'étape d'Armentières.
  • 1995 : Remporte Milan-San Remo, la Flèche Wallonne, Paris-Nice et le Tour d'Espagne. Il termine l'année numéro un mondial et est élu « Vélo d'Or mondial » par la presse internationale. Au cours de cette saison, le sprinter se mue en routier complet et fait montre de talents de grimpeur jusqu'alors inexploités. Sean Kelly déclare : "Jalabert est devenu un autre coureur". Symbole de ses nouvelles qualités de grimpeur, il s'impose dans l'étape dont l'arrivée est située à Saint Mende, au terme d'une ascension de 4,5 km. Au Tour d'Espagne, il est victime avec son équipe Once d'une intoxication alimentaire qui fera couler beaucoup d'encre. En décembre, il se fracture le scaphoïde.
  • 1996 : Remporte Paris-Nice et le Midi Libre mais abandonne dans le Dauphiné Libéré. Le docteur Patrick Nédélec affirmera au cours de l'instruction de l'affaire Festina que cet abandon faisait suite à un contrôle positif. Pendant le Tour d'Espagne et comme en 1995, son équipe, la Once, est victime d'une mystérieuse épidémie de gastro-entérites. Le journaliste Jean-Michel Rouet, dans l'Equipe, fait le rapprochement avec les gastros de l'équipe PDM sur le Tour 1991. Laurent Jalabert ne lui adressera plus la parole jusqu'à la fin du Tour.
  • 1997 : Une prescription médicale l'autorise à utiliser la ventoline, produit destiné à lutter contre l'asthme. Ces ennuis de santé ne l'empêchent pas de terminer la saison au premier rang mondial pour la troisième année consécutive, après avoir remporté Paris-Nice et le titre de champion du monde du contre-la-montre.
  • 1998 : Pendant le Tour de France, il suit un traitement contre l'asthme, à base de Salbutamol et de Pulmicort. Il abandonne le Tour de France, furieux du traitement judiciaire et médiatique de l'affaire Festina. Il qualifie les commissaires de l'UCI de "vampires" et de "néo-nazis". L'UCI exigea des excuses.
  • 1999 : Est privé de Championnats de France puis de Championnats du Monde, pour cause de refus du suivi médical longitudinal. Il boycotte d'ailleurs les courses en France, renonçant par exemple à participer au Tour de France. Son équipe Once accueille Pedro Celaya, l'ancien médecin de l'équipe US Postal de Lance Armstrong. Celaya sera poursuivi en 2012 par l'USADA dans le cadre de la vaste affaire de dopage de l'US Postal.
  • 2000 : Dernière saison avec la Once de Manolo Saiz. Lors des championnat du monde de contre-la-montre à Plouay, il est victime d'une malencontreuse intoxication aux fruits de mer, cinq ans après son intoxication du Tour d'Espagne. L'environnement à la CSC semble lui convenir à merveille. Sans doute ne sait-il pas que le dopage y est largement répandu au vu et au su du manager Bjarne Riis, lui-même ancien adepte de l'EPO.
  • 2002 : Met fin à sa carrière, et il rejoint les antennes de RTL.
  • 2003 : Devient consultant pour France Télévisions et RTL. Ses commentaires avisés sont appréciés des spectateurs et auditeurs mais il reste évasif quand il s'agit d'aborder le sujet du dopage.
  • 2009 : Est nommé sélectionneur de l'équipe de France.
  • 2013 : En marge du procès Puerto, il est directement mis en cause par son ancien coéquipier Jörg Jaksche. Dans "Tous dopés ? La preuve par 21", on révèle la présence de Laurent Jalabert dans des documents saisis chez le Dr Ferrari ainsi que ses variations suspectes d'hématocrite en 1997. La veille, on révèle des photos prouvant l'usage d'EPO à la Once sur la Vuelta 1995, remportée par Laurent Jalabert. Le 11 mars 2013, il est victime d'un sérieux accident de la route, percuté par une voiture alors qu'il circulait en vélo près de Montauban.
  • 2014 : La FFC, reconnaissante, l'invite à l'inauguration du vélodrome de Saint Quentin. Jalabert fait son retour comme consultant sur France Télévision et RTL.

Reconversion et médias

En 2002, Laurent Jalabert met fin à sa carrière de cycliste professionnel. Il rejoint alors les antennes de RTL et devient consultant sur France Télévision, pour qui il commente Le Tour de France tous les étés aux côtés de Laurent Luyat et Marion Rousse. Ses commentaires avisés sont appréciés des spectateurs et auditeurs. En 2009, il est nommé sélectionneur de l'équipe de France. En 2011, après le décès de Laurent Fignon, il devient le nouveau commentateur du Tour de France aux côtés de Thierry Adam.

Vie privée

Côté cœur, il a été marié durant plusieurs années avec Sylvie Jalabert, avec qui il a eu quatre enfants: Pauline, Louis, Jules et Charlotte. Divorcé, il partage aujourd’hui sa vie avec Marion Limouzy, ancienne reine de beauté, souvent présente à ses côtés lors des événements sportifs et défis d’endurance. Le couple apparaît régulièrement sur ses publications Instagram, entre séjours en Périgord, entraînements et moments de détente entourés de leurs animaux.

Controverses et dopage

Le passé de Laurent Jalabert est marqué par la réanalyse en 2013 d’un échantillon du Tour de France 1998, révélant la présence d’EPO dans le cadre de la commission d’enquête sénatoriale sur le dopage. L’intéressé a affirmé être « tombé de l’armoire », expliquant avoir toujours suivi les prescriptions du staff médical sans reconnaître formellement un dopage volontaire, et a renoncé provisoirement à ses fonctions de consultant à la radio et à la télévision.

En juin 2013, à quelques jours du départ du Tour de France, Laurent Jalabert est rattrapé par une affaire de dopage. Il est accusé d'avoir été contrôlé positif à l'EPO lors du Tour de France 1998, une accusation qu'il n'a ni confirmé, ni infirmé.

Lors de son audition par le Sénat, il déclare : "On s'est fait soigner à l'époque, mais aujourd'hui, je ne pourrais pas dire si c'était complètement illégal … ou légal (…) Je ne peux pas dire avec fermeté que je n'ai jamais rien pris d'illicite. (…) Chez Once, le soir des étapes, le médecin nous faisait un soin, une récupération, mais on ne savait pas vraiment ce que c'était. Une relation de confiance s'installait avec les docteurs, et on ne posait plus de questions. On était soigné, je n'ai jamais dit le contraire. Mais était-on dopé ? Moi je crois que non … (…) A aucun moment, je n'ai cherché à rencontrer de quelque manière que ce soit des médecins pour améliorer mes performances." Il ajoute : « A aucun moment, je n'ai cherché par quelque manière que ce soit à rencontrer des médecins, à rencontrer qui que ce soit pour essayer d'améliorer mes performances, pour essayer de participer à la course à l'armement. Je n'ai jamais dépensé un euro (…) pour voir des médecins ou acheter des produits interdits. Ce n'était pas dans ma culture, ce n'était pas dans mon envie. « Notre docteur était surnommé docteur Citroën."

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Après la révélation par L'Equipe de son contrôle positif à l'EPO sur le Tour de France 1998, il déclare: "Dopé peut-être, à l'insu de mon plein gré, non. Je n'ai jamais participé à une quelconque organisation de dopage. Ça, c'est une certitude. J'ai toujours fait confiance aux gens qui m'entouraient, que ce soit les mécaniciens pour la partie mécanique, les médecins pour la partie médicale ou le staff technique pour tout le reste. Je n'avais aucune raison de penser qu'il fallait être méfiant, que je pouvais être trompé. C'est comme ça que ça fonctionnait, nous étions soignés, c'est vrai." Il poursuit : « Il y a des accusations. Mais vous savez, ça a été un procès médiatique. Il n'y a pas d'affaire Jalabert, il n'y en a jamais eu. On m'a accusé avant même que j'ai connaissance de ce qui se passe, et avant même d'avoir pu me défendre. Le mal est fait, c'est fini, les soupçons seront toujours là quoi qu'il arrive. Et aujourd'hui, après avoir tenté de me défendre, je n'ai pas réussi à obtenir la moindre preuve de ce qui a été dit. « Je n'ai pas à me défendre. Pour porter un jugement et des appréciations, il faut connaître le dossier. Or il n'y en a pas, il n'y en a jamais eu et il n'y en aura probablement jamais puisqu'on refuse de me donner les éléments. Pour moi, ça s'arrête là. Cela n'aurait jamais dû commencer. C'était un procès médiatique. Point à la ligne. « Le vélo n'est pas un sport où on cherche à faire des entourloupes."

Depuis, sa légitimité comme figure du service public est régulièrement discutée.

Engagements et valeurs

Ses engagements publics se structurent avant tout autour de la promotion du cyclisme et du sport d’endurance. Ancien sélectionneur de l’équipe de France sur route, il a participé à l’encadrement de coureurs dans les grandes compétitions internationales, tout en valorisant le sens de l’effort et de la combativité. En tant que consultant pour France Télévisions et RTL, il vulgarise la tactique de course, les enjeux de la préparation et l’évolution du matériel, en mettant en perspective sa propre expérience. Il soutient aussi des cyclosportives et événements locaux, notamment autour de Mazamet.

Où le croiser ?

On peut croiser Laurent Jalabert à Montauban, où il réside, lors de manifestations sportives ou d’événements organisés dans le sud-ouest. Il apparaît surtout sur les routes du Tour de France et du Tour de France Femmes comme consultant pour France Télévisions, ainsi que sur diverses cyclosportives et conférences.

Anecdotes

  • Interrogé après la révélation tardive d’un test positif à l’EPO sur le Tour 1998, il a expliqué être « tombé de l’armoire », disant avoir simplement fait confiance aux médecins de son équipe et se sentir jugé avant d’avoir pu se défendre.
  • Invité à rejoindre le jury du Prix de la combativité du Tour, il raconte avoir pris ce rôle très au sérieux, se souvenant avoir défendu avec vigueur Thomas Voeckler pour le titre de super-combatif, signe de l’importance qu’il accorde aux attaquants.
  • En septembre 2024, il publie une vidéo dénonçant un inconnu cagoulé venu filmer sa maison à vélo électrique, affirmant disposer des images de surveillance et rappelant sur Instagram que la passion pour le sport ne justifie jamais l’irrespect de la vie privée.

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