Né le 3 août 1958 à Neuilly-sur-Seine, Lambert Wilson est un acteur et chanteur français de renom. Fils de l'homme de théâtre Georges Wilson, qui dirigea le T.N.P. de 1963 à 1972, il baigne dès son enfance dans un univers artistique stimulant. Sa carrière, riche et diversifiée, témoigne d'un talent exceptionnel et d'une curiosité insatiable.

Une jeunesse bercée par le théâtre

Dès son plus jeune âge, Lambert Wilson est attiré par le monde de la scène, en partie grâce à son père, Georges Wilson, acteur, metteur en scène et directeur du théâtre national de Chaillot. Il suit une formation d'art dramatique au Center Drama de Londres, où il étudie la comédie, le chant et la musique. Cette formation lui permet d'acquérir une solide base et de développer ses talents artistiques.

Enfant, il se sentait souvent seul, désorienté par les changements d'école, avec pour principal souci de savoir s'il serait aimé et apprécié.

Débuts au cinéma et premiers rôles marquants

Lambert Wilson fait sa première apparition au cinéma en 1977. Il s'impose en 1982-1984 avec deux rôles antithétiques : le guide de montagne romantique amoureux dans Cinq Jours ce printemps-là (Fred Zinnemann) et l'assassin fou de La Femme publique (Andrzej Zulawski). Ces deux rôles opposés révèlent déjà l'étendue de son talent et sa capacité à incarner des personnages complexes et variés.

Une carrière en dents de scie

Malgré des collaborations avec de grands cinéastes tels que Chabrol, Téchiné, Jacquot, Wajda et Boisset, la carrière de Lambert Wilson connaît des hauts et des bas. Sa beauté sculpturale lui permet d'incarner aussi bien une figure proche de la sainteté, comme l'abbé Pierre dans Hiver 54 (Denis Amar, 1990), qu'un vulgaire « flic ripoux » dans L'Homme aux yeux d'argent (Pierre Granier-Deferre, 1985). Il explore également les marges du fantastique dans La Vouivre (1989), un film réalisé par son père, mais ne parvient pas à choisir entre le mythe et le pittoresque rural.

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Le rôle de Stavroguine, le cynique jeune aristocrate des Possédés de Dostoïevski (Andrzej Wajda, 1987), lui convient beaucoup mieux, alors qu'il a du mal à traduire l'orgueilleux dépassement de soi d'un aviateur audacieux dans L'Instinct de l'ange (Richard Dembo, 1992).

La révélation Doillon et l'entrée dans la troupe Resnais

Lambert Wilson aime les défis, comme le rôle du marquis de Lafayette dans Jefferson à Paris (James Ivory, 1994). C'est Jacques Doillon qui le révèle sans doute le mieux à lui-même en l'amenant à composer une sorte d'autoportrait assez peu amène - franchement antipathique, mais avec panache - dans le rôle d'un homme de cinéma entouré de femmes dans Trop (peu) d'amour (1997).

Parallèlement à sa carrière d'acteur, Lambert Wilson se lance dans une carrière de chanteur. Alain Resnais le fait entrer dans sa troupe, justement en musique, dans On connaît la chanson (1997). Il compose ensuite des personnages variés, comme un marchand de biens peu scrupuleux, un fiancé sans états d'âme, un Américain plastronneur mais trompé dans Pas sur la bouche (2003), et un alcoolique chômeur faraud et menteur dans Cœurs (2006). On le retrouve également dans Vous n’avez encore rien vu (2012), toujours sous la direction d'Alain Resnais.

Diversification et consécration

À partir des années 2000, Lambert Wilson se place sous le signe d'une grande diversité. Outre sa collaboration régulière avec Alain Resnais, on le voit dans le diptyque Matrix (2003). En 2010, il donne deux interprétations marquantes : celle du comte François de Chabannes dans La Princesse de Montpensier (Bertrand Tavernier) et, surtout, celle de frère Christian de Chergé dans Des hommes et des dieux (Xavier Beauvois). Ce dernier rôle lui vaut une nomination au César du Meilleur acteur, mais le prix est finalement remporté par Eric Elmosnino.

Parcours au théâtre

Au théâtre, Lambert Wilson met en scène Bérénice de Racine (2001 et 2008). Il débute au théâtre à 17 ans dans Caligula. Il joue dans Les Derniers de Gorki en 1978 et dans Graal Théâtre de Marcel Maréchal. Plus récemment, il joue dans Les Créanciers d’August Strindberg et Le Misanthrope de Molière en 2019.

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Carrière de chanteur

Chanteur professionnel, Lambert Wilson est sollicité à trois reprises par Alain Resnais pour jouer dans les comédies musicales On connaît la chanson (1997) et Pas sur la bouche (2003). Il étudie le répertoire de la comédie musicale américaine et enregistre un album consacré aux grands standards du genre, Musicals, en 1989. Il commence en 1990 une collaboration avec le pianiste Bruno Fontaine qui donne naissance à quatre récitals, mêlant la chanson française aux standards de comédie musicale (Lambert Wilson Chante, Démons et Merveilles) et des hommages à des compositeurs (Kurt Weill Symphonique). En tant que récitant, il se consacre aussi aux œuvres orchestrales, auprès de chefs tels que Seiji Ozawa, Georges Prêtre, Charles Dutoit, Kent Nagano, Franz Welser Möst et Valery Gergiev. En 2006, il participe à Candide de Bernstein mis en scène par Robert Carsen, au Théâtre du Châtelet à Paris et à la Scala de Milan. Il joue et chante aussi dans A Little Night Music de Stephen Sondheim et dans Singin’ in The Rain. Il rend hommage à Yves Montand et sort des albums comme Musicals (2004). Pour la promotion de son album de reprises Wilson chante Montand, Lambert Wilson a répondu aux questions du magazine Paris Capitale.

Autres rôles notables

  • Il incarne Charles de Batz-Castelmore dans D’Artagnan et les trois mousquetaires (2005).
  • Il incarne Charles de Gaulle dans De Gaulle (2020).
  • Il joue dans le thriller Conclave (2024).

Engagements et vie privée

Lambert Wilson est connu pour son engagement en faveur de l'environnement. Il soutient Greenpeace et parraine des initiatives pour la préservation des océans. Il s'implique également dans la défense des droits humains, soutenant Amnesty International. En 2020, il devient président du jury du Festival de Deauville.

Il reste discret sur sa vie privée. Il évoque parfois son homosexualité dans des interviews.

Anecdotes

  • Lambert Wilson a doublé la voix française de Brad Pitt dans plusieurs films, dont Seven.
  • Il a appris l’anglais couramment à Londres, ce qui lui a permis de jouer dans Matrix.
  • Il était le maître de cérémonie du 67e Festival de Cannes.

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