Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, plus connu sous le nom de Marquis de Lafayette, est né le 6 septembre 1757 au château de Chavaniac, en Haute-Loire, dans la région d’Auvergne. Issu d'une vieille famille noble d'Auvergne, les La Fayette, dont on trouve mention dès le 11e siècle, il est fils unique de Michel Louis Christophe Roch Gilbert du Motier (1733-1759), colonel chez les grenadiers français, et de Marie Louise Julie de La Rivière, d’origine bretonne (1737-1770). Son père, marquis de La Fayette, colonel aux Grenadiers de France, est tué à l'âge de 26 ans sur le champ de bataille de Minden, en Westphalie le 1er août 1759. Sa mère quant à elle, meurt prématurément le 3 avril 1770, laissant orphelin le marquis de La Fayette qui n'a que 13 ans. C'est son arrière grand- père maternel, le marquis de La Rivière, ancien lieutenant général des Armées du Roi qui se charge de son éducation. Ce jeune noble, orphelin à l’âge de 13 ans, appartient à une famille aristocratique friande de gloire militaire. Les La Fayette sont une vieille famille noble d’Auvergne, dont on trouve mention dès le 11e siècle. L’un des plus célèbres membres s’appelle Gilbert VII, au 15e siècle : il devient maréchal de France après avoir brillé à la bataille de Baugé, remportant la victoire face aux Anglais ! La famille trouve ses origines dans le Puy-de-Dôme, sur la terre dite de Villa Faïa, près de Saint-Germain-l’Herm. Brillant, le jeune La Fayette étudie jusqu'en 1771 au collège du Plessis, futur Lycée Louis-le-Grand. Très vite, il montre un vif penchant pour l'indépendance et la liberté, deux maîtres mots qui vont guider son destin. Dès 1771, le marquis de La Fayette prend fait et cause aux révoltes des colonies d'Amérique contre l'Angleterre. C'est le début d'une vie marquée par l'engagement pour la liberté, qui fera de lui un acteur majeur de trois révolutions : celle d'Amérique, celle de 1789, et celle de 1830.

Une jeunesse marquée par le deuil et la fortune

On le baptise immédiatement après, dans l’église Saint-Roch de Chavaniac. Sa grand-mère paternelle, Marie Catherine de Chavaniac, lui sert de marraine. Le petit Gilbert reste lui au château de Chavaniac, choyé par trois femmes : sa grand-mère paternelle, « du plus haut mérite, respectée de toute la province et qu’on venait consulter de vingt lieues à la ronde sur tout ce qui pouvait intéresser les familles » ; deux tantes paternelles, Louise Charlotte de Chavaniac et Marguerite Madeleine du Motier, l’une veuve, l’autre célibataire. Sa mère ne revient voir son fils que l’été : elle refuse de l’arracher à sa « famille » de Chavaniac ! Gilbert a 13 ans, en 1770, lorsque sa mère meurt, suivie à quelques semaines près de son grand-père maternel. Maigre consolation : celui-ci lui laisse une jolie fortune, qui va faire de lui un homme riche. Très riche. C’est l’époque de la terrible bête du Gévaudan, qui dévaste cette contrée voisine, aux confins de l’Auvergne ! Le petit Gilbert rêve d’aller la pourchasser, cette bête. Direction Paris et son collège du Plessis.

L'engagement pour l'indépendance américaine

À l'âge de 20 ans, il embarque pour les États-Unis où il est reçu par les Insurgents comme le plus beau fleuron de la noblesse française. Il va convaincre les chefs de la Révolution américaine qu'il peut leur être utile. Il sait très habilement rendre populaire leur cause. Rentré à Paris en 1779, il décide Louis XVI à envoyer un corps expéditionnaire soutenir les sujets de la monarchie britannique révoltés. En 1774, la mort de sa mère et celle de son grand-père firent de lui un orphelin très fortuné. Lafayette reçut nombre de postes et de promotions dans les Dragons de Noailles. Dès l’été de 1775, il fut promu au rang de capitaine et commanda une compagnie. Les rêves de carrière militaire de Lafayette furent anéantis en juin 1776, quand des réformes l’obligèrent, ainsi que d’autres officiers fortunés, à abandonner tout service actif. Mais de nouvelles opportunités se présentèrent en juillet 1776, quand un commerçant du Connecticut, Silas Deane, arriva à Paris à la recherche de soutien en faveur de l’insurrection américaine. Deane fut submergé par des demandes d’officiers nouvellement désoeuvrés, cherchant à se joindre à la cause américaine. Malgré la neutralité officielle de la France pendant le conflit, la couronne détourna les yeux quant aux dizaines d’hommes qui s’embarquèrent pour l’Amérique. Mais il fut interdit à Lafayette et ses amis de s’y rendre : du fait de leur proximité avec la cour, Versailles n’aurait pu donc plus continuer à nier. Lafayette acheta alors un navire, qu’il rebaptisa Victoire. Lafayette se souvient d’avoir été « impressionné » quand il rencontra le Général George Washington à la Philadelphia’s City Tavern le 31 juillet 1777. Initialement, Washington n’était pas sûr des intentions du Congrès par rapport à Lafayette, dont le rang de général de division semblait incongru pour cet homme âgé de dix-neuf ans, sans expérience du champ de bataille. Le 11 septembre, 1777, le général britannique William Howe engagea le combat avec les Américains sur la rivière Brandywine alors qu’il poussait vers le sud, en direction de Philadelphie. Lafayette fut du combat et blessé à la jambe lors de cette défaite américaine. Pendant sa convalescence à Bethlehem, en Pennsylvanie, Lafayette passa son temps à écrire des lettres aux administrateurs français et américains, en louant les uns auprès des autres, tout en proposant que la France s’attaquât aux intérêts britanniques dans les Caraïbes et aux Indes. Ce projet ne fut pas adopté, mais Lafayette se révéla être le principal avocat français de la cause américaine. Nommé à la tête d’une division en décembre 1777, Lafayette fut chargé en mai 1778 de déterminer si l’apparente évacuation britannique de Philadelphie était une ruse ou pas. À la tête des hommes avec lesquels il s’était entraîné à Valley Forge, ainsi que des centaines de miliciens originaires de Pennsylvanie et quarante-sept guerriers onneiouts, Lafayette bivouaqua pendant deux nuits à Barren Hill. Le 20 mai, le détachement de Lafayette fut attaqué par cinq mille soldats britanniques avançant depuis trois directions. Après une permission de l’armée américaine, Lafayette rentra de France à nouveau le 11 mars 1780, cette fois-ci à bord d’un navire de la marine française-l'Hermione. Lafayette passa le printemps de 1781 à la tête de ses hommes lors d’une série de combats qui contribuèrent au succès américain lors de la Campagne de Virginie. Lafayette garda le général britannique Cornwallis engagé alors que Washington conduisait ses troupes par voie terrestre et Rochambeau dirigeait les navires français vers la rivière Chesapeake. À Yorktown, en Virginie, Cornwallis fut piégé entre les troupes américaines au nord, au sud et à l’ouest, et les navires français dans la rivière Chesapeake. Les Britanniques se rendirent le 17 octobre. Gilbert Motier, futur marquis de La Fayette, rencontre en secret Benjamin Franklin, venu plaider à Versailles la cause des Insurgents américains et, malgré l'opposition de sa famille, quitte l'armée et décide de rejoindre l'Amérique. Un an plus tôt, les Insurgents ont proclamé unilatéralement leur indépendance. Comme La Fayette, beaucoup de jeunes nobles européens ont pris fait et cause pour eux. La Fayette reçoit le grade de major général et devient le proche collaborateur et l'ami du commandant en chef George Washington. Au printemps 1779, il revient en France, où il plaide la cause de l'insurrection. La Fayette devance le corps expéditionnaire. Le 21 mars 1780, il embarque à Rochefort-sur-mer sur la frégate L'Hermione que lui a donnée le roi. Les troupes anglaises sont bientôt coincées dans la baie de Chesapeake, dans l'impossibité de recevoir des secours par mer du fait du blocus effectué par la flotte de De Grasse. En honneur de cette amitié, Lafayette prénomme son fils George Washington Lafayette.

La Révolution Française : entre espoir et désillusion

La Fayette a le sentiment que la Révolution américaine va avoir des conséquences en Europe. Anglais de culture, Américain d'idée, il est partisan d'une “démocratie royale”, mais il se trouve dans l'incertitude quant à la suite des événements. Il adhère à la franc-maçonnerie en 1784. Membre de l'Assemblée des Notables en 1787, il réclame la convocation des États généraux. Porte-parole de l'aristocratie libérale - désireuse de réconcilier la royauté avec la Révolution - député de la noblesse d'Auvergne, il est élu aux États généraux. Ce “héros de la liberté des deux mondes” rêve de devenir un Washington français. Le 11 juillet 1789, il inaugura sa carrière parlementaire par la présentation d'un des projets de Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Mais l'Assemblée ne l'a pas retenu. Ce projet, emprunté à la déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique, fut le premier témoin de cet esprit d'assimilation entre deux peuples différents. Après la prise de la Bastille, il est nommé par acclamations commandant de la Garde nationale. Émigré de 1792 à 1800, il refuse tout poste officiel sous l'Empire. Député libéral sous la Restauration, mis à la tête de la Garde nationale en juillet 1830, il est le fondateur de la monarchie de juillet, dont il se détache rapidement. Personnage atypique, parmi les plus influents des débuts de la Révolution, il se retire définitivement de la vie politique. À son retour en 1779, héros du jour, il s'efforce d'allier la grâce aimable d'un grand seigneur d'Ancien Régime à une simplicité toute républicaine rapportée d'Amérique. À l'Assemblée des notables en 1787, il conseille l'adoption de l'édit sur les protestants. Un des principaux animateurs de la Société des Trente, il est élu député de la noblesse d'Auvergne aux États généraux et nommé, le 15 juillet 1789, commandant général de la milice parisienne, à laquelle il donne le nom de garde nationale et la cocarde tricolore, dont il est l'inventeur. Partisan du veto suspensif pour le roi et du bicamérisme, il devient après les journées d'octobre 1789 le personnage le plus considérable de France, le « maire du palais », dira Mirabeau. La fête de la Fédération le 14 juillet 1790 marque l'apothéose de sa carrière révolutionnaire. Mais son esprit manque de profondeur et son caractère, de décision : il subit plus les événements qu'il ne les dirige, veut défendre la Révolution à la fois contre les aristocrates et contre les sans-culottes, qui, eux, souhaiteraient des décisions plus radicales, et anime avec Bailly et Condorcet la très modérée Société de 1789. Pour assurer le maintien de l'ordre, il fait voter la loi martiale et il s'imagine que le roi et la cour accepteront l'œuvre de la Constituante. Après la fuite à Varennes en 1791, il fait admettre, avec Barnave, Duport et les Lameth, la fiction de l'enlèvement, puis tire sur le peuple lors de la manifestation républicaine du Champ-de-Mars le 17 juillet 1791, ce qui lui enlève toute popularité. À la déclaration de guerre le 20 avril 1792, il reçoit le commandement de l'armée du Centre, mais il entre en négociation avec les Autrichiens et, après le 20 juin 1792, il menace de faire marcher son armée sur Paris si de nouvelles atteintes sont portées à la majesté royale. Décrété d'accusation le 19 août 1792, il passe dans le camp autrichien, mais il est gardé prisonnier jusqu'en 1797. N'ayant joué aucun rôle pendant la période napoléonienne, il se rallie aux Bourbons en 1814.

Commandant de la Garde Nationale et la Cocarde Tricolore

Le 13 juillet 1789, le comité permanent des électeurs décide la constitution d'une force armée de 48 000 hommes pour assurer le maintien de l'ordre dans la capitale. Son commandement est confié le 15 juillet à La Fayette. Elle reçoit le nom de garde nationale. C'est le général La Fayette, commandant de la Garde nationale, qui ordonne la démolition de la Bastille le 16 juillet 1789. Le 26 juillet, il présente aux électeurs de Paris les nouvelles couleurs nationales : la cocarde tricolore. Par sa fermeté, La Fayette sauve la vie à un grand nombre de personnes menacées par les fureurs populaires.

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La Restauration et la Monarchie de Juillet

Lors des Cent-Jours, il refuse la pairie, mais se fait élire député de Seine-et-Marne, devient vice-président de la Chambre, puis participe, avec Fouché, à la déchéance de l'Empereur. Élément actif de l'opposition libérale sous la seconde Restauration, il entre dans la conspiration groupant des bonapartistes et les républicains de la société des Amis de la vérité qui voulaient s'emparer du pouvoir par un coup de force prévu pour le 19 août 1820 ; il participe également au premier complot de la charbonnerie en décembre 1820 et proteste contre l'expédition d'Espagne en 1822-1823. En juillet 1830, il retrouve sa popularité de 1789-1790. Les révolutionnaires lui eussent, volontiers, offert la présidence de la République, mais il se rallie à la solution orléaniste, intronise Louis-Philippe au balcon de l'Hôtel de Ville, reçoit de nouveau le commandement de la garde nationale, mais se laisse jouer par Louis-Philippe, qui, pour se débarrasser de « mylord protecteur », l'amène à démissionner de son commandement à la fin de décembre 1830. La longue carrière politique de Lafayette trouve un point d’orgue en 1830. Son autorité lui permet de prendre part aux Trois Glorieuses en favorisant l’avènement du Duc d’Orléans, futur Louis Philippe.

Voyage triomphal aux États-Unis (1824-1825)

En 1824-1825, à l’invitation du Président James Monroe, Lafayette fit une tournée des États-Unis en tant qu' “Invité de la Nation.” visitant l’ensemble des vingt-quatre états en treize mois, Lafayette fut accueilli par une profusion de festivités que la nation n’avait jamais vu auparavant. Lors et dans le sillage de cette tournée, des centaines de grandes et de petites villes, de rues, de parcs et d’écoles furent rebaptisés pour rendre hommage à Lafayette. Ses contacts privilégiés, sa popularité extraordinaire aux Etats-Unis se révèlent d’une façon éclatante au cours du voyage triomphal qu’il effectue au Etats-Unis entre 1824 et 1825.

Chavaniac-Lafayette : Un héritage familial

Les pas de La Fayette, entre France et Amérique, le guideront toujours au château de Chavaniac. Notamment pour y pratiquer une agriculture « moderne », découverte en Amérique ; il fait venir des taureaux de race anglaise et revoit la façon de penser les cultures. En 1827, son fils George suit sa voie en créant à Chavaniac une école primaire gratuite, puis une école de filles. Forcé d’émigrer à la Révolution, le marquis revient dans son château natal en 1800. En 1829, il y passe pour la toute dernière fois, avant sa mort 5 ans plus tard à Paris. Le saviez-vous ? Chavaniac-Lafayette, Le château, demeure natale du Marquis, est une propriété départementale depuis juillet 2009. Langeac, dont le général Lafayette devint le Marquis après l’achat de ses terres en 1786. Vissac, Siauges Sainte-Marie, et La Chaise-Dieu, sont les témoins de l’histoire du Maréchal de Lafayette, illustre ancêtre du général, en particulier l’abbaye de la Chaise Dieu où il fut inhumé en 1464.

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