Jerry Lewis, de son vrai nom Joseph Levitch, est un humoriste, acteur, scénariste, réalisateur et producteur américain né le 16 mars 1926 à Newark, dans le New Jersey. Décédé le 20 août 2017 à Las Vegas, il laisse derrière lui un héritage considérable dans le monde du cinéma et de la comédie. Cet article explore sa date de naissance, sa vie, sa carrière et son impact culturel.

Une Naissance dans le Music-Hall

Né d'un couple d'artistes de music-hall, Daniel Levitch et sa mère, Jerry Lewis a grandi dans un environnement artistique. Son père, dont les parents ont quitté la Russie pour s'installer à New York, se produisait dans des spectacles de variétés sous le pseudonyme de Danny Lewis, tandis que sa mère était musicienne. Dès l'âge de cinq ans, Jerry Lewis démarre sa carrière. À douze ans, il exerce toutes sortes de métiers.

Les Débuts d'une Carrière Exceptionnelle

En 1944, Jerry Lewis met au point un numéro d'imitation de chanteurs et passe avec succès en attraction dans les cinémas de la chaîne Paramount. Contre la volonté de ses parents, il se marie et sera père de six enfants. Sa rencontre décisive en 1946 avec Dean Martin donne naissance à l’un des duos comiques les plus populaires d’Amérique.

L'Ascension du Duo Martin & Lewis

En juillet 1946, Jerry Lewis est « adopté » comme partenaire par le chanteur de charme Dean Martin. Au début, l'entente entre les deux compères est parfaite. C'est l'accès aux clubs les plus luxueux, puis aux shows télévisés et, enfin, un contrat de longue durée avec la Paramount. Leurs rôles ne sont d'abord qu'épisodiques, mais les apparitions de Lewis déclenchent les rires (Ma bonne amie Irma, 1949 ; Le Soldat récalcitrant, 1951 ; Un pitre au pensionnat, 1955).

Ensemble, ils connaissent un succès fulgurant à la radio, à la télévision et au cinéma, marquant durablement le cinéma hollywoodien et la culture populaire. Pendant près de 7 ans, ils vont signer certaines des plus grandes comédies du cinéma américain comme Le clown est roi, Un pitre au pensionnat ou encore Un vrai cinglé de cinéma qui marque leur 17ème et dernière collaboration ensemble. Leurs onze ans de spectacles, quinze émissions télé, quatorze films et une manière inédite de briser le quatrième mur ont marqué les esprits.

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La Carrière Solo et l'Émergence d'un Auteur

En 1956, alors qu'il est au comble de la popularité après dix ans de travail en commun, le tandem se dissout : Jerry Lewis « doit » encore un certain nombre de films à la Paramount. Mais, désormais tête d'affiche unique, après avoir réalisé six autres films avec Frank Tashlin (dont Le Kid en kimono, 1958, et Jerry chez les cinoques, 1964), il va, en passant au tournage, assumer ses dons multiples.

Séparé de Martin en 1956, Lewis enchaîne les succès - d’acteur le mieux payé d’Hollywood à présentateur des Oscars en 1956, ’57 et ’59 - tout en amorçant une transition vers la réalisation. Il réalise lui-même plusieurs de ses films, dont The Bellboy (1960) et The Nutty Professor (1963), reconnus pour leur inventivité technique et narrative. Avec Le Dingue du palace (1960), il est à la fois scénariste, acteur, producteur et réalisateur. Il est même à l’origine du moniteur vidéo de contrôle sur un plateau de tournage, technique qui devient vite un standard dans l’industrie cinématographique.

Malgré leur talent créateur et leurs interventions sur leurs scripts, W. C. Fields et même les Marx Brothers avaient dû en passer souvent par des réalisateurs indignes d'eux. La première chance de Lewis s'appelle Frank Tashlin : ce cinéaste adroit et intelligent va rompre l'équilibre publicitaire du tandem en accordant une place prépondérante au comique, dont il laisse jouer les capacités ultra-loufoques en même temps que les tendances sentimentales (Artistes et modèles, 1955 ; Un vrai cinglé de cinéma, 1956).

L'Art du Burlesque et l'Influence Française

Véritable légende de la comédie américaine, Jerry Lewis voit le jour le 16 mars 1926 dans le New Jersey. L’acteur continue à mener sa carrière en solo se faisant connaître pour les rôles de pitres naïfs et maladroits comme dans Docteur Jerry et Mister Love, Jerry souffre-douleur, Jerry chez les cinoques ou encore la comédie Boeing, Boeing aux côtés de Tony Curtis. Ses comédies sont très populaires en France et son jeu est souvent comparé à celui de Louis De Funès. En Europe, sa notoriété ne s’est jamais démentie, notamment en France, où le cinéaste est soutenu par des revues comme Positif ou Les Cahiers du cinéma, et par les nombreux cinéphiles français qui lui vouent un culte intemporel.

Personnalité exceptionnelle, Jerry Lewis a appris à utiliser ce qui chez un autre serait un défaut. D'aspect longiligne, secoué (à volonté) par des crises simulant l'épilepsie, il arbore « un sourire touchant de confiance illégitime en un sort qui ne le ménage guère » (Robert Benayoun). Son regard est moins ahuri qu'enfantin, sa diction passe au cri avec une facilité presque inhumaine. Et, cependant, dans les situations les plus propres à mettre en valeur sa « simplesse » d'esprit, il capte non pas la pitié, mais la sympathie, et sous la fragilité se dessine le charme. Extrêmement travailleur, connaissant à fond l'histoire du cinéma, rompu à tous les exercices d'acrobatie et de chorégraphie, passionné de longue date par le cirque, il dispose, comme un Buñuel ou un Fellini, d'un trésor d'inspiration : ses souvenirs d'enfant de la balle et d'adolescent gaffeur. Son travail va consister à tirer de ces virtualités un parti qui dépasse le music-hall ou le cabaret filmé et soit essentiellement cinématographique.

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Certes, il ne se prive pas de rendre hommage à ses grands devanciers : Chaplin, Keaton, et aussi Stan Laurel (c'est par admiration pour ce dernier qu'il prendra dans plusieurs films le nom de Stanley). Mais, justement, il suffit d'énumérer ces noms pour voir ce en quoi Lewis est original. Il fait reposer son œuvre personnelle sur un dédoublement permanent, quelquefois manifeste, le plus souvent suggéré ou latent. Le créateur regarde vivre sa créature et commente sarcastiquement sa vie.

Les Défis et les Expérimentations

En 1971, le producteur français Nat Wachsberger confie à Lewis l’adaptation d’un roman sur l’Holocauste, avec pour lui le rôle-titre et le poste de metteur en scène. Habitué à l’excès comique, Lewis se lance dans un défi inédit : mêler pantomime et tragédie. Il incarne Helmut Durk, clown berlinois déporté pour avoir ridiculisé Hitler, contraint de divertir des enfants dans un camp de concentration avant de partager leur ultime destin. Pour nourrir son interprétation, il visite Auschwitz et Dachau, affirmant son identité juive et interrogeant la place du rire face à l’horreur.

Le tournage s’achève en 1972, mais la production se heurte à un imbroglio juridique : les droits du livre n’avaient pas été achetés, Wachsberger fait défaut sur les financements, et un procès s’engage. Jerry Lewis parvient malgré tout à boucler un montage sommaire, dont la seule copie est dissimulée sur une cassette. En août 2015, Lewis offre cette unique copie à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, à la condition formelle qu’elle reste invisible pendant dix ans. L’interdiction expire officiellement le 5 août 2025, ouvrant la porte à toute projection publique.

Moins actif au cinéma à partir des années 1970, il se consacre aussi à des causes caritatives, notamment à la lutte contre la dystrophie musculaire. En 1976, il fait face à l'échec critique de The Day the Clown Cried (resté inédit). En 1984, il est acclamé dans un registre dramatique dans King of Comedy de Martin Scorsese.

L'Engagement Humanitaire et la Vie Privée

Outre sa carrière d’acteur, il est connu pour avoir monté le tout premier Téléthon aux États-Unis, il animera d’ailleurs la première édition française en 1987. Il est aussi connu pour son engagement de plusieurs décennies en faveur de la Muscular Dystrophy Association (MDA), organisant le célèbre téléthon annuel qui a récolté des centaines de millions de dollars.

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Côté vie privée, il a été marié deux fois et est papa de 7 enfants. Jerry Lewis épouse Patti Palmer en 1944, avec qui il a six enfants. Après leur divorce, il se remarie avec SanDee Pitnick, avec qui il adopte une fille.

Les Dernières Années et la Mort

Malgré ses 90 ans, l’acteur ne cesse de tourner, apparaissant dans des séries télé comme New York Unité Spéciale ou encore dans le film Le Casse en 2016. Jerry Lewis meurt le 20 août 2017 à son domicile de Las Vegas à l’âge de 91 ans, de causes naturelles liées à une cardiopathie ischémique.

Héritage et Reconnaissance

Jerry Lewis, d'abord associé à Dean Martin, entre burlesque et comédie moderne. Les véritables fans de l’acteur l’ont toujours su, mais le génie comique de Jerry Lewis n’est pas une invention des critiques français ou une lubie de cinéphile. Sa reconnaissance internationale, notamment en France, dépasse parfois celle accordée dans son propre pays, où il est longtemps vu comme une figure comique populaire mais controversée. Son style comique, très visuel et caricatural, a été critiqué aux États-Unis, mais admiré par des cinéastes comme Jean-Luc Godard ou François Truffaut. Il reçoit le Jean Hersholt Humanitarian Award (Oscar honorifique) en 2009.

Son humour a inspiré Jim Carrey et Robin Williams, tout en partageant son public entre adoration et rejet. Il disait tordre le monde pour le rendre plus drôle. Dénigré autant qu’adulé, il a incarné Lewis et les vertus de la comédie burlesque.

Lieux de Mémoire

Né à Newark (New Jersey), Jerry Lewis a vécu à Las Vegas, où il s’est éteint. Il a aussi marqué durablement la culture populaire en France, où plusieurs cinémathèques et festivals lui ont rendu hommage. Des expositions, rétrospectives et publications lui sont régulièrement consacrées des deux côtés de l’Atlantique.

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