Francis Kalombo est une figure politique congolaise dont le parcours témoigne des complexités de la République Démocratique du Congo (RDC). Son expérience, allant de proche collaborateur de Joseph Kabila à opposant, offre un éclairage pertinent sur les enjeux politiques et institutionnels du pays.
Un Parcours Initial au Sein du Pouvoir
Kalombo a fait partie des premiers disciples de Joseph Kabila, suivant ce dernier pendant 15 ans. Cette longue collaboration lui a permis d'observer de près les dynamiques du pouvoir en RDC. Cependant, il a fini par s'opposer au système en place, marquant une rupture significative dans son parcours politique.
Rupture avec le Système Kabila et Opposition
La décision de Kalombo de quitter le camp de Joseph Kabila n'était pas dirigée contre la personne du président, mais plutôt contre le système qu'il voyait se mettre en place. Il a exprimé ses préoccupations face à la reprise en main du pouvoir par des figures associées à l'ancien régime de Mobutu, craignant une dérive dictatoriale. Selon Kalombo, ces anciens "Mobutistes" avaient réussi à s'immiscer dans l'entourage de Joseph Kabila, influençant ses décisions et marginalisant ceux qui restaient attachés au respect de la constitution et des droits de la république.
Après avoir tenté d'alerter le président à travers trois lettres, Kalombo a constaté que ses préoccupations restaient sans réponse, ce qui l'a conduit à prendre ses distances et à rejoindre l'opposition.
L'Importance de la Constitution et l'Alternance Démocratique
Juriste de formation, Francis Kalombo accorde une importance capitale à la constitution de la RDC. Il souligne que ce texte fondamental, adopté par référendum avec une large majorité, est le fruit d'un consensus national et garantit l'alternance démocratique. Selon lui, la constitution ne permet en aucun cas à Joseph Kabila de prolonger son mandat au-delà de la date prévue.
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Kalombo insiste sur le fait que le mandat de Kabila se terminait le 19 décembre 2016 à minuit, date à partir de laquelle il serait dans l'incapacité définitive d'exercer sa fonction présidentielle. Il rappelle que l'article 75 de la constitution prévoit qu'en cas de vacance de pouvoir, il revient au président du Sénat d'assurer l'intérim et d'organiser des élections dans les trois mois.
Critique du Rôle de la CENI et de la Majorité Présidentielle
Kalombo critique vivement la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la majorité présidentielle, les accusant de ne pas mettre en œuvre les moyens nécessaires pour organiser les élections dans les délais constitutionnels. Il estime que Joseph Kabila, en tant qu'arbitre du bon fonctionnement des institutions, est doublement responsable de cette situation.
Il dénonce également les tentatives de la majorité présidentielle de réviser la constitution ou d'interpréter certains articles de manière à justifier un maintien au pouvoir au-delà du terme constitutionnel.
Appel au Respect de la Constitution et à l'Exemple d'Autres Leaders Africains
Face à la crise politique en RDC, Francis Kalombo appelle Joseph Kabila à respecter la constitution et à suivre l'exemple d'autres leaders africains qui ont su quitter le pouvoir dans le respect des règles démocratiques. Il cite notamment le cas du président haïtien Michel Martelly, qui a quitté le pouvoir faute d'avoir pu organiser les élections dans les temps, et de Boni Yayi au Bénin, qui a accepté de se désister après avoir échoué à modifier la constitution.
Kalombo estime qu'en respectant la constitution, Joseph Kabila sortirait grandi et servirait les intérêts du peuple congolais.
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Engagement au Sein de la Fondation Franco-Africaine
Francis Kalombo est également impliqué dans la Fondation Franco-Africaine, une organisation qui vise à promouvoir les réussites africaines et françaises et à placer l'excellence au cœur des partenariats franco-africains. A travers son programme Young Leaders, la fondation a constitué un réseau panafricain de jeunes professionnels africains et français, dont Kalombo fait partie.
Ce programme offre aux jeunes leaders l'opportunité d'échanger avec des décideurs de haut niveau, de nouer des relations qui transcendent les frontières et de contribuer au développement du continent africain. Kalombo voit dans cette initiative un moyen de construire des ponts entre l'Afrique et la France et de promouvoir une nouvelle génération de leaders engagés et audacieux.
Soutien à la Candidature de Moïse Katumbi
En 2016, dans un contexte de tensions politiques et d'incertitudes quant à la tenue des élections présidentielles, Francis Kalombo a apporté son soutien à la candidature de Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga. Il a estimé que le moment était opportun pour que Katumbi se lance dans la course à la présidence et que son projet d'opposition commun était une bonne chose pour la consolidation de la démocratie en RDC.
Kalombo a souligné que Katumbi avait été l'un des cadres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation du président Kabila, ce qui lui conférait une connaissance approfondie des rouages du pouvoir.
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