David Bowie, né David Robert Jones le 8 janvier 1947 à Londres et décédé le 10 janvier 2016 à New York, fut un artiste aux multiples facettes. Auteur-compositeur-interprète, musicien, acteur et peintre britannique, il a marqué l'histoire de la musique et du cinéma par son originalité, son talent et sa capacité à se réinventer sans cesse. Avec plus de 140 millions d'albums vendus à travers le monde, David Bowie est considéré comme l'un des artistes les plus influents du XXe siècle. Sa carrière, riche et variée, témoigne d'une créativité sans limites et d'une volonté constante d'explorer de nouveaux horizons artistiques.
Les Premières Années et les Influences Musicales
Issu d'une famille modeste, David Bowie grandit à Londres. Son père, Haywood Jones, lui offre son premier saxophone à Noël 1959, un instrument qui marquera le début de son aventure musicale. Fasciné par les Rolling Stones, le jeune David fonde son premier groupe, David Jones & The Lower Third, en 1963. Cependant, pour éviter la confusion avec Davy Jones des Monkeys, il adopte le nom de Bowie, en hommage à Jim Bowie, le héros du Fort Alamo.
David Bowie & The Lower Third publient leur premier single, "Can't Help Thinking About Me", en 1965. Influencé par les Kinks, le groupe se fait remarquer sur scène grâce à l'énergie débordante de Bowie. Par la suite, il se sépare du Lower Third pour former The Buzz, une formation éphémère qui ne durera que six mois.
L'Ère "Flower Power" et les Premières Expérimentations
Pendant la période "flower power", Bowie compose des chansons à la naïveté exacerbée, telles que "Rubber Band" et "Little Bombardier". Il explore également des thèmes psychédéliques et sexuels avec des titres comme "Let Me Sleep Beside You" et "In The Heat Of The Morning". Ces morceaux, enregistrés entre 1966 et 1967, seront regroupés plus tard dans les compilations "The World Of David Bowie" et "Images".
En 1969, accompagné par The Hype et le guitariste Mick Ronson, Bowie enregistre l'album "Space Oddity", inspiré par le film "2001, l'Odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick. Bien que l'album ne rencontre pas immédiatement le succès, le single éponyme devient un tube et propulse Bowie sur le devant de la scène.
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Scandale et Androgynie : The Man Who Sold The World
En 1970, Bowie retourne au Trident Studio avec Mick Ronson et Tony Visconti pour enregistrer "The Man Who Sold The World". L'album fait scandale en raison de sa pochette, où Bowie apparaît travesti en robe, perruqué et maquillé. Censurée, la pochette est remplacée par une image de Bowie sur scène en noir et blanc.
Cet épisode marque le début d'une période d'expérimentation avec l'androgynie et les looks extravagants, qui deviendront la marque de fabrique de David Bowie.
Hunky Dory et la Fascination pour New York
En 1971, Bowie collabore avec Ken Scott pour l'enregistrement de "Hunky Dory". Avec Mick Ronson à la guitare et Rick Wakeman aux claviers, l'album explore l'imagerie de la science-fiction et reflète la fascination de Bowie pour New York, où il a rencontré Lou Reed et Andy Warhol. Il compose d'ailleurs une chanson en hommage à ce dernier.
"Hunky Dory" marque une étape importante dans la carrière de Bowie, avec des titres emblématiques comme "Life On Mars" et "Changes".
Ziggy Stardust : La Naissance d'une Star Venue d'Ailleurs
En 1972, David Bowie crée le personnage de Ziggy Stardust et publie l'album "The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars". Accompagné par The Spiders From Mars, Bowie se pose définitivement comme un excentrique incomparable. L'album raconte l'histoire d'une star venue d'ailleurs, en quête de liberté absolue.
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Ziggy Stardust cultive l'art de la provocation, notamment en déclarant publiquement son homosexualité. L'album est un chef-d'œuvre d'énergie et d'émotion qui devient la bande originale des années permissives. Il marque également la naissance du "rock décadent", avec des artistes comme les New York Dolls, Alice Cooper et Roxy Music.
Aladdin Sane et la Vie de Château en France
En 1973, Bowie sort "Aladdin Sane", un album qui explore les thèmes de la décadence et de la folie. Le single "The Jean Genie", hommage à Jean Genet, ouvre la voie à cet album aux sonorités cristallines. On lui prête une liaison avec Mick Jagger.
Pendant l'été 1973, Bowie s'offre la vie de château en France, au studio d'Hérouville, où il travaille sur un projet parallèle : un album de reprises des standards qui ont marqué sa jeunesse, intitulé "Pin Ups".
Pin Ups et la Fin de Ziggy Stardust
"Pin Ups" enchaîne les reprises des Who, des Kinks, des Yardbirds, de Pink Floyd et même de Jacques Brel ("Amsterdam"). Bien accueilli par la critique, l'album est boudé par le grand public. En représailles, Bowie annonce qu'il renonce à la scène et abandonne son personnage de Ziggy Stardust.
Diamond Dogs et l'Apocalypse Rock
Porté au sommet des charts par le hit "Rebel Rebel", Bowie campe son nouveau rôle de Halloween Jack, un prêcheur rock dans la tourmente de l'apocalypse. Contre toute attente, il repart à l'assaut des États-Unis.
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L'Homme qui Venait d'Ailleurs et la Période Soul
À son retour en Angleterre, Bowie rencontre le cinéaste Nicolas Roeg, qui lui offre le rôle principal dans son film "The Man Who Fell To Earth" (l'Homme qui venait d'ailleurs). Parallèlement, il sort l'album "Young Americans", un virage vers la musique soul.
Avec Carlos Alomar à la guitare, David Sanborn au saxophone, Mike Garson au piano et la participation de Luther Vandross et John Lennon aux chœurs, l'album déconcerte la critique, mais plaît au public. Le titre "Fame", coécrit par Bowie, John Lennon et Carlos Alomar, devient son premier numéro 1 aux États-Unis.
Le Thin White Duke et la Trilogie Berlinoise
Après la sortie du film de Roeg, Bowie présente son nouveau personnage, le Thin White Duke, pour symboliser son album "Station To Station" (1976). Cependant, sa dépendance à la cocaïne et la pression des médias le poussent sur la corde raide.
Il trouve alors en Brian Eno son sauveur. Tony Visconti signe encore la production de "Low", mais Eno est l'élément perturbateur qui va propulser Bowie vers de nouveaux horizons musicaux. "Low" marque le début de la "trilogie berlinoise", une série d'albums expérimentaux et novateurs enregistrés à Berlin-Ouest avec Eno et Visconti.
"Heroes" (1977) explore la face sombre de Bowie, avec la participation de Carlos Alomar et Robert Fripp. Seul le titre "Heroes" s'immisce dans les play-lists des radios. "Lodger" (1979) achève en beauté ténébreuse la trilogie de ces années déprimes.
Les Années 1980 : Succès et Métamorphoses
À l'aube des années 1980, Bowie réoccupe le devant de la scène avec "Scary Monsters", un album où l'on retrouve le Major Tom de "Space Oddity", devenu junkie sur Terre. Le clip de "Ashes To Ashes", réalisé par David Mallet, enfonce le clou.
Enregistré à New York avec Fripp, Alomar et Pete Townshend, "Scary Monsters" est un album léger qui se révèle diaboliquement efficace. Bowie peut alors assouvir sa passion de l'écran, avec des rôles dans "Baal" de Brecht, "The Hunger" (les Prédateurs) et "Merry Christmas Mister Lawrence" (Furyo).
En 1983, Bowie récidive dans les rythmes soul avec "Let's Dance", produit par Nile Rodgers. Le single est un succès mondial et propulse Bowie au sommet des charts. Il s'embarque ensuite pour le "Serious Moonlight Tour", une tournée triomphale à travers le monde.
Cependant, les albums suivants, "Tonight" (1984) et "Never Let Me Down" (1987), se révèlent décevants.
Tin Machine et le Retour aux Sources
À la fin des années 1980, Bowie fonde le groupe Tin Machine, avec les frères Sales et le guitariste Reeves Gabrels. Le groupe publie deux albums, "Tin Machine I" et "Tin Machine II", qui rencontrent un succès mitigé.
Tin Machine marque une tentative de Bowie de revenir à un son plus brut et rock, mais l'expérience ne convainc pas pleinement le public.
Les Années 1990 : Expérimentations et Renouveau
Au début des années 1990, Bowie revient en solo, mais a du mal à convaincre son public avec ses disques. Il retrouve le succès avec "Black Tie White Noise" (1993), produit par Nile Rodgers, un album qui renoue avec les sonorités soul et funk.
En 1995, Bowie sort "1. Outside", un album conceptuel et expérimental coproduit par Brian Eno. Le disque est un patchwork vertigineusement efficace du style Bowie à travers ses périodes les plus éclectiques.
En 1997, il s'approprie les rythmes de la jungle et de la techno avec "Earthling", un album tumultueux qui lui permet de continuer à occuper une place unique dans l'histoire de la musique actuelle.
Les Dernières Années : Réflexion et Héritage
En 1999, l'album "Hours", très dépouillé, précède le très spirituel "Heathen", édité en 2002 et produit par Tony Visconti, avec lequel David Bowie n'avait pas travaillé depuis 20 ans.
Pendant la tournée qui suit la sortie de "Reality" en 2004, David Bowie est victime d'un accident vasculaire et disparaît de la scène musicale pendant près de 10 ans.
En 2013, il revient à la surprise générale avec "The Next Day", un album salué par la critique et le public.
Le 10 janvier 2016, David Bowie meurt des suites d'un cancer, quelques jours après la sortie de son dernier album, "Blackstar". Cet ultime album, à la dimension testamentaire évidente, est un succès mondial et témoigne de la créativité et de l'audace de Bowie jusqu'à la fin de sa vie.
Une Carrière d'Acteur Éclectique
Conjointement à sa carrière de chanteur, David Bowie mène une brillante carrière d'acteur. Il tourne dans plusieurs films, dont "L'Homme qui venait d'ailleurs", "Les Prédateurs", "Furyo", "Labyrinthe" et "Basquiat".
Ses rôles sont souvent marquants et témoignent de sa capacité à incarner des personnages complexes et hors du commun.
Vie Privée
David Bowie a été marié deux fois. Le 9 mars 1970, il épouse Angie Bowie, avec qui il a un fils, Zowie (devenu le réalisateur Duncan Jones). Le couple divorce en 1980. En 1992, il épouse le mannequin somalien Iman, avec qui il reste marié jusqu'à sa mort.
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