Georges Jacques Danton, né le 26 octobre 1759 à Arcis-sur-Aube, en Champagne, et mort guillotiné le 5 avril 1794 à Paris, est une figure emblématique et controversée de la Révolution française. Son parcours, de ses racines bourgeoises à son rôle central dans les événements révolutionnaires, est marqué par son éloquence, son audace et ses contradictions.
Origines et Formation
Danton est né dans une famille bourgeoise d'Arcis-sur-Aube (Aube). Son père, Jacques Danton, était procureur au bailliage d'Arcis-sur-Aube. Il perd son père très jeune, en 1762, alors qu'il n'a que deux ans. Sa mère, Marie-Madeleine Camus, se remarie en 1770 avec Jean Récordain, un filateur de coton. Danton reçoit une éducation soignée, d'abord à l'école d'Arcis, tenue par des religieux, où il apprend le latin, puis au petit séminaire de Troyes et chez les Oratoriens. Il abandonne cependant ses études ecclésiastiques et se rend à Paris en 1780, où il travaille comme clerc chez un procureur. Il étudie ensuite le droit à Reims, où il obtient sa licence. En 1787, grâce à la dot de sa femme, Gabrielle Charpentier, fille d'un riche propriétaire de café, il achète une charge d'avocat au Conseil du roi et établit son cabinet cour du Commerce, rue des Cordeliers.
L'Ascension Révolutionnaire
Dès le début de la Révolution, Danton s'engage activement. Il s'inscrit au club des Cordeliers, où il se lie avec Camille Desmoulins et Marat. Il est élu président du district parisien des Cordeliers en octobre 1789. Son talent oratoire et son charisme le font rapidement remarquer. On le surnomme alors le « Mirabeau de la canaille ». Danton est le principal fondateur, en avril 1790, de la Société des amis des Droits de l'Homme et du citoyen. Il mène campagne contre La Fayette et Bailly et déploie une grande activité, plaidant pour la liberté de la presse, pour la liberté d'association, s'occupant des problèmes de la subsistance de la capitale. Il est membre de la Commune (janvier 1790), puis membre du directoire du département de Paris (janvier 1791).
Lors de la fuite du roi à Varennes (20 juin 1791), Danton demande la déchéance du roi et la proclamation de la république. Après la fusillade du Champ-de-Mars (17 juillet), il se réfugie en Angleterre. Amnistié en septembre, il est élu, avec l'aide de la cour, substitut du procureur de la Commune (8 décembre). S'il ne participe pas à la journée du 20 juin 1792, il travaille, la veille du 10 août, à la préparation de l'assaut contre les Tuileries. Il se vantera plus tard d'avoir fait arrêter Mandat, le commandant de la garde nationale chargé de la défense des Tuileries.
Ministre de la Justice et Figure Centrale de la Révolution
Après la prise des Tuileries le 10 août 1792, Danton est nommé ministre de la Justice. Il use de son pouvoir pour faire adopter la révolution du 10 août dans tout le pays et surtout pour stopper l'invasion étrangère. Dans un discours fameux le 2 septembre, il dresse la nation entière contre l'envahisseur. Il refuse d'abandonner Paris, organise l'enrôlement de volontaires, les réquisitions d'armes, l'arrestation de suspects. C'est alors que surviennent les massacres dans les prisons.
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Élu député de Paris le 5 septembre, il quitte son ministère le 21 septembre. Il siège à gauche, avec la Montagne, mais désire l'union de tous les républicains face au danger extérieur et tend la main aux Girondins. En janvier 1793, Danton vote la mort du roi Louis XVI. En avril, il obtient la création du Comité de Salut public chargé de faire face aux dangers qui menacent la République. Danton, qui domine le Comité de Salut public, n'y est pourtant pas réélu en juillet 1793. Il lui est reproché de ne pas avoir su prévenir la trahison du général Dumouriez et de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour une lutte efficace contre les ennemis de la République.
L'Échec et la Chute
Après les victoires militaires de fin 1793, Danton, avec son ami Camille Desmoulins, estime qu'il est temps d'arrêter les mesures exceptionnelles (La Terreur) et de revenir à un gouvernement normal. Il crée le mouvement des Indulgents, puis s'allie un temps avec Robespierre pour éliminer les hébertistes. Cependant Danton, dont des amis sont compromis dans des scandales financiers, est accusé de malversation.
Danton est arrêté le 30 mars 1794 comme ennemi de la République, ainsi que Desmoulins, Hérault de Séchelles et plusieurs autres. À son procès, Danton n'a aucune peine à démentir les accusations portées contre lui. L'éloquence de ses dénégations est telle que l'assistance, d'abord hostile, commence à se retourner en sa faveur. Sur la demande de l'accusateur public, Fouquier-Tinville, Saint-Just obtient de la Convention un décret de mise hors la loi des accusés, qui seront ainsi jugés sans être entendus, et finalement condamnés à mort. Danton est guillotiné le 5 avril 1794.
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