Danielle Darrieux, une figure emblématique du cinéma français, est née le 1er mai 1917 à Bordeaux, en Gironde, et décédée le 17 octobre 2017 à Bois-le-Roi, dans l'Eure. Son talent exceptionnel d'actrice et de chanteuse a marqué plusieurs générations. Un siècle après sa naissance, son héritage perdure, témoignant d'une carrière riche et variée.

Une Enfance Parisienne et une Prédisposition pour les Arts

Née le 1er mai 1917 à Bordeaux, Danielle Darrieux passe son enfance à Paris. Après le décès de son père, sa mère, une cantatrice, lui donne des leçons de chant et lui transmet le goût pour la musique. Danielle prend également des cours de violoncelle et de piano, développant ainsi ses talents artistiques dès son plus jeune âge. L'atmosphère familiale contribue grandement à sa formation artistique, la préparant inconsciemment à sa future carrière dans le monde du spectacle.

Débuts Précoces au Cinéma

À quatorze ans, Danielle Darrieux fait ses débuts au cinéma dans « Le Bal » (1931) de William Thiele, où Paulette Dubost fait également ses premiers pas. Cet essai s'avère concluant, et elle devient rapidement la « jeune première » du cinéma français des années trente. Elle partage l'affiche avec de grands acteurs d'avant-guerre, notamment Albert Préjean, dans des comédies musicales. Sa spontanéité et son insolence captivent le public, faisant d'elle une étoile montante.

Ascensions et Collaborations Marquantes

En 1933, elle rencontre Henri Decoin sur le tournage de « L'or dans la rue », qu'elle épouse en 1935. L'année suivante, elle interprète le rôle de Marie Vetsera dans « Mayerling » d'Anatole Litvak, aux côtés de Charles Boyer. Ce succès mondial lui permet de signer un contrat de sept ans avec les studios Universal et de partir tourner à Hollywood « La coqueluche de Paris » (1938) avec Douglas Fairbanks Jr. Cependant, elle se lasse rapidement de l'expérience hollywoodienne et préfère rentrer en France, où elle enchaîne avec succès les films de Henri Decoin.

Les Années de Guerre et les Controverses

En 1940, Danielle Darrieux travaille pour la compagnie allemande Continental dans « Premier rendez-vous ». En 1942, elle épouse Porfirio Rubirosa, ambassadeur soupçonné d'espionnage contre le Reich, qui se retrouve interné en Allemagne. Danielle Darrieux est contrainte de tourner pour la Continental jusqu'à la libération de son époux, puis passe la fin de la guerre sous un faux nom en région parisienne. Ce passage de sa vie sera marqué par des controverses, bien qu'elle fût lavée de tout soupçon de collaboration active après la guerre.

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Le Renouveau d'Après-Guerre et les Rôles Mémorables

Après la guerre, Danielle Darrieux renoue avec le succès. Partenaire de Jean Marais dans « Ruy Blas » (1946), elle est dirigée à trois reprises par Claude Autant-Lara dans « Occupe-toi d'Amélie » (1949), avec Jean Desailly, « Le rouge et le noir » (1954), avec Gérard Philipe, et « Le bon dieu sans confession » (1953), avec Jean Gabin. Elle retrouve également Henri Decoin pour « La vérité sur Bébé Donge » (1952) avec Jean Gabin.

Dans les années cinquante, elle atteint le sommet de sa gloire grâce à sa collaboration avec Max Ophüls pour « La ronde » (1949), « Le plaisir » (1952) et « Madame de… » (1953). Elle devient également l'interprète privilégiée de Julien Duvivier pour « Pot-Bouille » (1957) et « Marie-Octobre » (1958). Ces rôles lui permettent de démontrer l'étendue de son talent et de s'éloigner des rôles d'ingénue de ses débuts.

Diversification des Rôles et Collaborations avec la Nouvelle Vague

Par la suite, Danielle Darrieux est dirigée par Claude Chabrol pour « Landru » (1962) et par Jacques Demy pour « Les demoiselles de Rochefort » (1966). Elle retrouve Demy pour « Une chambre en ville » (1982). Ces collaborations témoignent de sa capacité à s'adapter aux nouvelles tendances du cinéma français.

Une Présence Marquante au Théâtre

Parallèlement à sa carrière cinématographique, Danielle Darrieux apparaît régulièrement sur les scènes de théâtre, tant à Paris qu'en tournée. En 2003, elle monte une dernière fois sur scène pour « Oscar et la dame rose », qui lui vaut le Molière de la meilleure comédienne. Sa passion pour le théâtre est indéniable, et elle y trouve un autre moyen d'exprimer son talent.

Les Dernières Apparitions et l'Héritage

Dès lors, ses apparitions sur le grand écran se raréfient mais restent remarquées : la mère de Catherine Deneuve dans « Le lieu du crime » (1985) d'André Téchiné, celle de Daniel Auteuil dans « Quelques jours avec moi » (1987) de Claude Sautet ou la « Mamy » dans « Huit femmes » (2002) de François Ozon. Elle tourne également régulièrement pour la télévision dans des téléfilms ou feuilletons comme la série « Jalna » (1994).

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En 2008, blessée lors des répétitions de la pièce « La maison du lac » avec Jean Piat, Danielle Darrieux abandonne la scène. Malgré cela, son héritage cinématographique et théâtral reste immense, faisant d'elle une figure incontournable de la culture française.

Hommages et Reconnaissances

À l'occasion de son centenaire, une rétrospective est organisée au cinéma parisien Grand Action le weekend du 1er mai. Un colloque se tient à l'université Bordeaux Montaigne du 3 au 5 mai, et un hommage lui est rendu à la cinémathèque de Toulouse en novembre. Ces événements témoignent de la reconnaissance de son œuvre et de son importance dans l'histoire du cinéma français.

Danielle Darrieux a été élevée au rang de Chevalier de la Légion d'honneur et d'Officier des Arts et des Lettres, des distinctions qui soulignent sa contribution exceptionnelle à la culture française.

Vie Privée

Côté vie privée, Danielle Darrieux a été mariée au cinéaste Henri Decoin (1935-1941), puis au diplomate Porfirio Rubirosa (1942-1947). En 1948, elle épouse en troisièmes noces le scénariste Georges Mitsinkidès. Le couple adopte un enfant, un garçon prénommé Mathieu (décédé brutalement en 1997). Georges Mitsinkidès décède en 1991. En 1994, Danielle Darrieux rencontre le musicien Jacques Jenvrin, de 20 ans son cadet.

Une Femme Moderne et Inspirante

Clara Laurent, dans son livre « Danielle Darrieux, une femme moderne », souligne l'aspect unique de sa carrière, débutée à 14 ans et achevée à 93 ans. Catherine Deneuve a déclaré qu'elle était « la seule femme qui m'empêche d'avoir peur de vieillir », témoignant de l'inspiration que Danielle Darrieux a représentée pour de nombreuses femmes.

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