Charles Trenet, figure emblématique de la chanson française, a marqué des générations par sa joie de vivre communicative et son style unique. Surnommé le "Fou Chantant", il a laissé une empreinte indélébile dans le paysage musical français. Cet article explore sa date de naissance, son enfance et les débuts de sa carrière.
Naissance et Jeunesse à Narbonne
Charles Trenet est né le 18 mai 1913 à Narbonne, dans l'Aude. Sa maison natale, située au numéro 13 de l'avenue Charles Trenet, est un lieu chargé de souvenirs et de nostalgie. Pour Charles Trenet, cette « vieille baraque pleine de souvenirs et de nostalgie » était la source de toutes les inspirations. Aujourd'hui, elle est ouverte au public et propose une scénographie audiovisuelle et interactive permettant de découvrir des documents d'archives et des souvenirs personnels. Les visiteurs peuvent plonger dans le jardin extraordinaire de Trenet.
Son père, Lucien Trenet, était un notaire respecté et mélomane averti. Sa mère a joué un rôle important dans son éducation. Enfant, Charles a été élevé à Narbonne par sa mère pendant que son père était mobilisé durant la Première Guerre mondiale. Cette période a marqué son enfance et a influencé son œuvre.
Un Éveil Artistique Précoce
Dès son plus jeune âge, Charles Trenet montre un intérêt pour les arts. Après son retour, quatre ans plus tard, ses parents se séparent. Lucien obtient la garde de ses deux enfants et les place dans un internat à Béziers. Là-bas, le jeune Charles tombe malade et développe une fièvre typhoïde. Pendant sa convalescence, il est confié à son père et s’adonne à toutes sortes d’activités artistiques : modelage, musique, peinture… Puis, il passe la suite de son adolescence à Perpignan où son père s’est installé. En 1926, c’est un artiste en herbe qui se dévoile. Il publie ses premiers poèmes dans Le coq catalan et monte sur la scène d’un théâtre. En 1922, la famille s'installe à Perpignan. Après avoir obtenu son baccalauréat, il part à Berlin, où vivent sa mère et son compagnon. C’est dans la capitale allemande qu’il découvre le jazz et son idole Gershwin. Il s’inscrit dans une école d’art, organise son premier vernissage et côtoie le monde des artistes berlinois.
Premiers Pas dans le Monde Artistique
De retour à Paris en 1930, Charles Trenet promet à son père de poursuivre sa formation en entrant à l’Ecole des Arts Décoratifs. Finalement, il délaisse les études et trouve un emploi d’assistant metteur en scène et d’accessoiriste au studio de Joinville. C’est à cette époque que la musique entre dans sa vie. Charles Trenet compose quelques titres pour le film La bariole, puis, en 1933, il passe avec succès le concours d’auteur-compositeur de la SACEM.
Lire aussi: Retour sur le parcours de Fernando Alonso
La Rencontre Déterminante avec Johnny Hess
Un an auparavant, il avait fait une rencontre déterminante, alors qu’il fréquentait les clubs de jazz, celle d’un jeune pianiste de 17 ans, Johnny Heiss. Ce sont les débuts d’une amitié et du duo Charles et Johnny. Charles écrit, Johnny compose. Leur tandem s’illustre en imaginant des jingles publicitaires radiophoniques. Pendant trois ans, ils se produisent dans des cabarets aux quatre coins de la France et enregistrent une vingtaine de 78 tours pour le compte des disques Pathé. Ils importent le style fleur bleue de l’Amérique des années 30.
L'Ascension du "Fou Chantant"
À la caserne d’Istres, il écrit un de ses plus grands succès "Y a de la joie", qu’immortalise immédiatement Maurice Chevalier sur la scène du Casino de Paris. Charles Trenet commence à se faire une belle renommée de parolier dans la capitale. À son retour à Paris, il est programmé au théâtre de l’ABC et séduit le public. Son énergie et sa bonne humeur permanente, lui valent le surnom du "fou chantant". Sur scène, il s’est construit un personnage, immédiatement identifiable grâce à ses boucles blondes, son complet et son chapeau blanc. Il crée à cette période les titres les plus importants de son répertoire dont le célèbre "Boum", qui obtient en 1939 le Grand prix du disque. Artiste complet, il joue aussi dans les comédies La route enchantée et Je chante dont il signe également les bandes originales.
La Période de la Seconde Guerre Mondiale
La Seconde Guerre mondiale met un frein temporaire à son ascension. Il est mobilisé et passe "la drôle de guerre" dans la base militaire de Salon-de-Provence. En juin 1940, malgré l’occupation allemande, la vie culturelle est toujours aussi intense. Charles Trenet, de retour à Paris, fait sa rentrée à L’avenue du Music Hall. Il triomphe ensuite à La Gaité Montparnasse et à l’ABC devant un public constitué essentiellement d’officiers et de soldats allemands. Il est également à l’affiche de plusieurs films dont Federica, Romance à Paris et Adieu Léonard. En 1943, aux côtés d’Edith Piaf et de Maurice Chevallier, il se rend en Allemagne chanter devant les prisonniers français du STO. La même année, il écrit également "Douce France", un des titres qui participe à sa légende. À la libération, il lui est reproché d’avoir collaboré avec l’ennemi. Pourtant, la commission d’épuration le blanchit totalement. De cette période difficile, persisteront moult suspicions sur le chanteur.
L'Exil Américain et le Retour Triomphal
De l’autre côté de l’Atlantique, il est accueilli à bras ouverts. De 1945 à 1950, il s’installe aux Etats-Unis et parcourt les deux continents. Ses récitals au Bagdad et dans des cabarets de Broadway sont un triomphe. Le cinéma le courtise même pendant un certain temps et il se lie d’amitié avec Charles Chaplin. C’est une période prolifique pour l’artiste. Il enregistre des titres anthologiques de la chanson française ("La mer", "Que reste-t-il de nos amours"). Sous la plume de Léon Chauliac, "La mer" deviendra même "Beyond the sea" et sera reprise par de multiples interprètes internationaux. Le 17 septembre 1951, il fait sa rentrée parisienne en se produisant au Théâtre de l’étoile. Il interprète de nouveaux textes, "L’âme des poètes" et "La folle complainte". En 1954, il fait son premier Olympia. Deux autres suivront en 1955 et 1956. Pendant ses récitals, il interprète ses plus grands succès et l’hymne aux congés payés qu’il vient de créer "Nationale 7". En 1958, il est aussi à l’affiche du théâtre de l’Alhambra et à Bobino.
Les Années 60 et le Déclin Relatif
En revanche, dans les années 60, son succès se tasse. Il fait de moins en moins de galas et subit la concurrence de la vague yéyé, beaucoup plus moderne et empreinte de liberté. L’année 68 est le théâtre de la contestation étudiante et éclipse les 30 ans de carrière du "Fou chantant". Il fait néanmoins son retour en 1969 par un nouveau récital au théâtre de Paris. Puis deux ans plus tard, il renoue avec la salle de l’Olympia et enregistre un nouvel album chez CBS, Fidèle. En 1973, Charles à soixante ans. À cette occasion, il édite un album, Chansons en liberté, mêlé d’anciennes compositions et de nouveaux titres.
Lire aussi: Thibault Rabiet : son engagement dans l'édition
La Retraite et les Dernières Années
Le "fou chantant" surprend tout le monde en 1975, lorsqu’il annonce sa volonté de se retirer de la scène. Pour ses adieux, il choisit l’Olympia. Il aborde la fin de la décennie dans la douleur lorsque sa mère décède. Profondément meurtri, il ne sortira pas de chez lui pendant deux années. En 1981, il sort de sa retraite profonde pour publier un nouvel opus, Vrai ! Vrai ! Vrai !, dans lequel il délivre un sublime hommage à sa mère disparue "Que veux-tu que je te dises maman". Puis deux ans plus tard, c’est la surprise. Le "fou chantant" apparaît sur scène lors du festival "Juste pour rire" au Canada. Il continuera à effectuer plusieurs scènes jusqu’à sa mort. En 1987, il est l’une des têtes d’affiches du "Printemps de Bourges", et se produit devant 18 000 jeunes enthousiastes. Puis, il fête ses 80 ans à l’Opéra Bastille et enregistre trois albums dans les années 90 : Mon cœur s’envole vers toi (1992), Fais ta vie (1996) et Les poètes descendent dans la rue (1999). Il donne son dernier tour de chant à la salle Pleyel en 1999.
Décès et Héritage
Durant les deux dernières années de sa vie, Charles Trénet, épuisé par une première attaque cardio-vasculaire se retire de la vie publique. Début février 2001, suite à une nouvelle attaque, celui que l'on surnomme depuis le début de sa carrière "Le fou chantant", est hospitalisé à l'hopital Henri-Mondor de Créteil. Il y décède le 19 février. Les cendres du chanteur reposent à Narbonne, sa ville natale, dans le caveau familial.
Vingt ans après le décès de Charles Trenet, le propriétaire des droits d'auteur du chanteur n'a toujours pas été désigné. D'ici peu, la justice va pouvoir révéler la personne qui pourra bénéficier de la succession de l'artiste. Avant sa mort, survenue en 2001, Charles Trenet a désigné son secrétaire particulier Georges El Assidi comme son unique héritier.
Charles Trenet nous étonne encore. Décédé en 2001, l'auteur de La Mer, Y'a d'la Joie, L'Âme des Poètes ou encore Je Chante, avait enregistré une démo de chanson dédiée à.
Lire aussi: Le pilier de la vie de Julien Courbet
tags: #charles #trenet #date #de #naissance
