Cellou Dalein Diallo est une figure marquante de la scène politique guinéenne. Son parcours, ses ambitions et les défis auxquels il est confronté en font un acteur central de l'actualité de la Guinée.
Un Profil Intellectuel et Humain
Dès son plus jeune âge, Cellou se distingue par sa soif d'apprendre. Enfant ultra dynamique, il dévore les livres en permanence, développant un esprit érudit. En grandissant, Cellou est clairement un intellectuel. Il travaille beaucoup, c'est un plaisir pour lui. Cellou est un érudit. Au-delà de ses qualités intellectuelles, Cellou est décrit comme une personne gentille et généreuse, profondément attachée aux autres, parfois au point de s'oublier lui-même. Il se dévoue corps et âme dans tout ce qu'il fait. Cette générosité ne doit cependant pas être confondue avec de la naïveté. Cellou sait se montrer ferme et autoritaire quand la situation l'exige.
Ascension Politique et Expérience Gouvernementale
Le parcours politique de Cellou Dalein Diallo est jalonné d'étapes importantes. Après dix ans au gouvernement sous le général Lansana Conté (1984-2008), Cellou Dalein Diallo connaît une soudaine disgrâce en avril 2006, sur fond de luttes d'influence au sein d'un régime Conté finissant. Il a occupé divers postes ministériels, notamment les Transports, l'Équipement et la Pêche, se forgeant une réputation d'homme solide, méthodique et sérieux, et de « bâtisseur ». Les ponts sur la Fatala, sur le Niger, tout comme les routes bitumées en Haute-Guinée reliant Kouroussa, Kankan et Kourémalé (à la frontière malienne) sur environ 300 kilomètres font encore aujourd'hui sa « fierté ». En décembre 2004, le général Conté, malade, le choisit comme Premier ministre, lui offrant l'occasion de développer un vaste réseau de relations internationales.
L'Engagement dans l'Opposition
Ce départ précipité le pousse à prendre son destin en main et à s'engager. Il prend la tête d'un grand parti d'opposition, l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), fondé par l'opposant Amadou Bah Oury en 1991 à la faveur de l'ouverture au multipartisme. À la mort de Conté, en décembre 2008, comme la plupart des dirigeants politiques, il prend acte du putsch, sans s'y opposer, pour favoriser une transition apaisée. Mais la désillusion s'installe vite et le chef de la junte, Moussa Dadis Camara, un Forestier, fait de Cellou Dalein Diallo une de ses cibles de ses fameux « Dadis Show ». « Opposant aux mains sales », « orgueilleux pensant qu'une ethnie peut diriger le pays » les insultes fusent. Des mots aux actes, il n'y a eu qu'un pas. D'abord une descente musclée de militaires au domicile de l'opposant, avant le déchaînement de violences. L'explication est toute simple : Cellou Dalein Diallo a refusé de renoncer à ses ambitions présidentielles au profit du capitaine, qui lui proposait en échange un poste de chef de gouvernement. Le 28 septembre 2009, l'opposition organise une manifestation au stade de Conakry, elle sera ternie par la répression sauvage des militaires qui a fait 157 morts et de nombreuses victimes, dont de nombreuses femmes. Dalein Diallo est roué de coups, grièvement blessé et hospitalisé à Paris. Cet acharnement dont il a été la cible a largement contribué à sa popularité. D'autant que les preuves d'une mauvaise gestion lorsqu'il fut Premier ministre n'ont à ce jour jamais été apportées.
Candidatures Présidentielles et Contestations Électorales
Cellou Dalein Diallo s'est présenté à plusieurs élections présidentielles en Guinée. En 2010, il était en passe de gagner avec 43,69 % des voix, loin devant Alpha Condé, l'ancien opposant historique, avec 18,25 % des suffrages. Mais au terme d'un interminable feuilleton, Alpha Condé est proclamé vainqueur du second tour, organisé quatre mois plus tard. Sous pression, pourtant convaincu de « truquages » massifs, Cellou Dalein Diallo reconnaît les résultats, pour éviter un bain de sang, selon lui. « J'ai donné un mandat cadeau à Alpha Condé », résume-t-il aujourd'hui. En 2015, il est réélu au premier tour, loin devant M. Lors de l'élection présidentielle de 2025, la crédibilité des résultats a été remise en question, notamment par l'écrivain Thierno Monénembo.
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Après le premier tour de la présidentielle le 27 juin, Cellou Dalein Diallo avait obtenu 43 % des voix, contre 17 % à son adversaire, Alpha Condé. Mais il semblerait que ce dernier, ancien opposant aux régimes dictatoriaux ou autocratiques qui se sont succédés en Guinée depuis 1958, soit parvenu à combler le fossé en rassemblant, mieux que son adversaire, un électorat dispersé au premier tour entre une vingtaine de candidats. M. Diallo accuse notamment son adversaire d'avoir établi des bureaux de vote fictifs et de "fraude informatique". Il demande également l'annulation des votes dans le fief de son adversaire, en Haute-Guinée, où selon lui, les membres de la communauté peule sont victimes "d'une chasse à l'homme". "Une ambiance de terreur" qui, selon lui, n'avait pas autorisé l'UFDG à observer sereinement les opérations de vote et le dépouillement dans le nord du pays.
L'UFDG et l'Appartenance Ethnique
Parfois accusé d'être un leader ethnocentriste à la tête d'un parti peul, le candidat prend soin de tenir un discours rassembleur. « Je ne me présente pas en tant que Peul, je me présente en tant que Guinéen qui veut être le président de tous les Guinéens », a insisté le dirigeant de l'opposition. L'appartenance ethnique est considérée comme un facteur de vote déterminant en Guinée, mais l'opposant a noté des avancées dans « la confiance entre les différentes composantes ethniques », a-t-il déclaré lors d'une rencontre à Dakar avec l'Association de la presse étrangère au Sénégal (APES). « M. Alpha Condé est toujours en retard, il veut toujours dire : “Les Malinkés ne votez pas pour les Peuls” », a-t-il néanmoins ajouté. Il faisait notamment référence au premier discours de campagne du président sortant, le 19 septembre, par visioconférence à ses partisans à Kankan, dans son bastion électoral de l'est du pays, pour les dissuader de voter pour un autre candidat issu de cette communauté. « Si vous votez pour un candidat malinké qui n'est pas du RPG [Rassemblement du peuple de Guinée, au pouvoir, NDLR], c'est comme si vous votiez pour Cellou Dalein Diallo », membre de la communauté peule, avait affirmé le président Condé. Les Peuls et les Malinkés sont les deux principales communautés du pays, dont ils constituent plus des deux tiers des 12 millions d'habitants, selon les estimations.
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