Biyouna, de son vrai nom Baya Bouzar, née le 13 septembre 1952 à Alger, est une artiste algérienne polyvalente. Chanteuse, danseuse et actrice, elle a marqué de son empreinte le paysage artistique algérien et international. Son parcours, riche et diversifié, témoigne d'une personnalité forte et d'un talent indéniable.

Une Enfance Algéroise et des Débuts Artistiques Prometteurs

Biyouna a grandi à Belcourt, un quartier populaire d’Alger. Enfant, dans les années cinquante, elle accompagne sa sœur chanteuse, Leïla Djazaria, au studio de la radio. Issue d'une famille où l'art occupait une place importante, Biyouna fut très tôt éprise de l'art du chant et de la danse. Sa mère, vendeuse de tickets dans une salle de cinéma, lui permet de découvrir le cinéma oriental et les danseuses égyptiennes, qui lui donnent envie de suivre cette voie. Elle s'intègre très tôt dans plusieurs troupes de chant et de danse, avant d'en diriger une elle-même avec une amie.

C'est à 17 ans qu'elle commence à danser et chanter dans des cabarets importants d'Alger. À dix-neuf ans, elle envoûte le Copacabana de sa grâce. Elle fait ses débuts comme danseuse au Copacabana, un cabaret réputé.

L'Ascension vers la Notoriété : Télévision et Cinéma

En 1973, sa carrière prend un tournant décisif. Alors qu'elle visite les studios de télévision d'une chaîne algérienne, le réalisateur Mustapha Badie la remarque et lui propose de faire des essais pour un rôle dans La Grande Maison, un téléfilm adapté du roman de Mohamed Dib. Elle accepte l'audition et décroche le rôle de Fatima, qui la fait connaître dans toute l'Algérie. Cette adaptation du roman de Mohamed Dib la propulse sur le devant de la scène artistique. Films et téléfilms se succèdent.

Cependant, Biyouna ne correspond pas toujours à la culture officielle. Trop algéroise, trop populaire, trop franche, elle est rejetée par le pouvoir et ses intellectuels. Elle reprend alors la danse et le chant à La Koutoubia, El Paso, Le Corsaire, pour ne citer que les cabarets les plus connus d'Alger.

Lire aussi: Retour sur le parcours de Fernando Alonso

Son périple la conduit en France en 1999, où elle participe au film Le Harem de Madame Osmane de Nadir Moknèche. Ce rôle marque sa première expérience de tournage à l'étranger. Jamais elle n'avait quitté le sol algérien, jusqu'à ce que Nadir Moknèche lui propose le rôle de Myriem dans Le Harem de Madame Osmane, comédie dramatique qui se passe pendant la guerre civile d'Alger, dont le tournage a lieu en France et au Maroc.

En 2000, elle brille dans La Voisine, puis dans Viva Laldjérie, aux côtés de l'acteur humoriste Mohamed Fellag. En 2003, elle tourne à nouveau avec Nadir Moknèche dans Viva Laldjérie. Depuis son spectacle avec Fellag à l'Opéra-comique en 2003, elle est indésirable à la télévision algérienne et reprend ses one-woman-show. En 2007 elle est le rôle principal de Délice Paloma toujours de Nadir Moknèche. Biyouna incarne avec brio Mme Aldjeria dans le film de Nadir Moknèche, Délice Paloma.

Biyouna rencontre le public français sans pour autant oublier celui de son pays natal, dans lequel elle continue de s'illustrer au cinéma et à la télévision.

Diversification Artistique : Musique et Théâtre

En parallèle de sa carrière d'actrice, Biyouna développe une carrière musicale. Sa voix brûlante et typée se plaque sur des grooves magiques qui doivent autant à Bob Azzam et Maurice El Medioni qu'à Marianne Faithfull et Jah Wobble. Une musique intercontinentale et interlope où cohabitent rock kitsch, blues baroque, swing arabe, funk reptilien et pop voluptueuse : une collection de magnifiques chansons populaires modernes, tout simplement.

En 2001, elle sort son premier album, Raid Zone, enregistré et produit en France. L'album connaît un succès plus que raisonnable. En 2007, elle enchante ses fans avec Blonde dans la Kasbah, enregistré lors d'un concert à Beyrouth. Mêlant ska, chaâbi, chanson yéyé, rock et ambiances de mariage algérois, son univers musical est luxuriant. Avec sa voix rauque et ses airs de diva déjantée, Biyouna joue ses chansons autant qu'elle les interprète. Le courant passe bien avec son public car tout le monde se reconnaît dans ses chansons qui sont des vignettes du quotidien, où l'air de rien elle glisse ses thèmes de prédilection, la liberté, la paix, l'hospitalité, le bon sens.

Lire aussi: Thibault Rabiet : son engagement dans l'édition

Elle n'oublie pas non plus sa première passion, le chant, Biyouna enregistrant en effet un album en 2001, Raid Zone, co-écrit avec le compositeur John Bagnolett. On la voit également participer au spectacle de Fellag Opéra d'Casbah, mis en scène par Jérôme Savary.

L'année 2009 marque un tournant théâtral majeur pour l'artiste lorsqu’elle interprète La Célestine au Théâtre de la Vingtième à Paris. En plus du cinéma et de la télévision, elle commence à toucher aux plateaux de théâtre en 2007, en jouant le rôle du Coryphée dans la pièce Electre de Sophocle, avec Jane Birkin, et mise en scène par Philippe Calvario. En 2009, on la voit également sur scène au Vingtième théâtre dans la pièce La Célestine, où la comédienne joue le rôle éponyme, avant d'enchaîner au cinéma sur le tournage de la comédie française Il reste du jambon ? où elle interprète un rôle secondaire, aux côtés de Ramzy Bedia et Anne Depetrini.

Le scénariste et réalisateur Radu Mihaileanu confie à Biyouna, en 2011, le rôle de femme "gréviste de l'amour" dans sa nouvelle comédie dramatique La Source des femmes, où l'actrice donne à nouveau la réplique à Leïla Bekhti.

Un Retour Remarqué sur le Petit Écran

La grande dame du petit écran signe un retour retentissant pour le Ramadan de cette année. La comédienne a captivé l'attention et suscité l'intérêt des téléspectateurs, particulièrement dans le feuilleton Edamma de Yahia Mouzahem, diffusé sur l'ENTV. Son jeu d'acteur unique reste la clef de voûte de son succès, contribuant grandement à l'engouement pour les productions dans lesquelles elle évolue. Dans cette série, Biyouna a choisi un rôle qui se distingue de ses précédentes interprétations ; elle incarne Halima, une femme âgée et malade confinée à son lit. Biyouna se distingue également dans quatre productions comiques, notamment Akhou El Banat, réalisée par Abdelkader Djeriou et Nesroun Douane, diffusée sur Echorouk TV.

Personnalité et Engagements

Biyouna est souvent décrite comme une artiste complète, qui s’impose par sa personnalité forte et son style singulier, qui lui valent une reconnaissance en Algérie comme en France. Elle s’est imposée dans un environnement artistique parfois hostile aux femmes, devenant une figure de liberté et d’émancipation. Souvent décrite comme provocatrice, elle revendique son indépendance et son attachement à la culture algérienne, tout en assumant une carrière internationale. Engagée, elle défend la place des femmes dans le monde artistique et n’hésite pas à aborder des thèmes sociaux sensibles à travers ses rôles et ses chansons.

Lire aussi: Le pilier de la vie de Julien Courbet

Anecdotes

  • Son surnom « Biyouna » lui vient de son entourage, transformant affectueusement son prénom Baya.
  • Elle a souvent incarné des personnages exubérants, proches de sa propre personnalité publique.
  • Son album Blonde dans la Casbah mélange humour et héritage musical algérien.

Conclusion

Avec une carrière qui s’étend sur plus de cinquante ans, Biyouna a su transcender les frontières artistiques, explorant avec succès le monde du théâtre, du cinéma et de la musique. Son talent indéniable, sa présence scénique magnétique et sa personnalité spontanée et attachante, en font une icône incontournable du paysage artistique algérien et une source d'inspiration pour les générations futures. Elle demeure une figure marquante de la culture algérienne, une artiste engagée et une femme libre.

tags: #date #de #naissance #de #Biyouna

Articles populaires: