Barry White, plus qu'une simple figure de la musique noire américaine, demeure une icône associée au disco et à la soul musique. Sa voix de basse profonde et son image romantique ont marqué les années 1970, faisant de lui l'un des artistes musicaux ayant vendu le plus de disques au monde.
Naissance et Jeunesse Texane
Barry White, de son vrai nom Barry Eugene Carter, est né le 12 septembre 1944 à Galveston, au Texas. Bien que né au Texas, c'est à Los Angeles qu'il est élevé par sa mère, Sadie Marie Carter, après que son père, Melvin White, ait abandonné le foyer alors qu’il n’avait que six mois.
Grandissant dans la banlieue de Los Angeles, dans un quartier pauvre influencé par la criminalité et les gangs, le jeune Barrence Carter (son nom de naissance) ne poursuit pas une éducation musicale formelle, malgré l'apprentissage du piano par sa mère. Il intègre ce milieu et se fait condamner à 17 ans à quatre mois de prison pour le vol de 300 enjoliveurs d’un concessionnaire Cadillac, d’une valeur de 30 000 dollars.
La Révélation Musicale en Prison
C’est en prison, en 1960, en écoutant à la radio le tube d’Elvis Presley It’s Now or Never (« C’est maintenant ou jamais »), qu’il prend conscience de la mauvaise tournure de sa vie et de l’absurdité de son incarcération. Comme beaucoup d'artistes de son époque, c'est la musique d'Elvis Presley qui va métamorphoser sa vision du monde. En sortant de prison, il tourne le dos à la criminalité et commence une carrière dans la musique.
Premiers Pas dans la Musique : Production et Découverte
Durant les années 1960, Barry White se fait connaître en produisant de nombreux musiciens. Il tente de se faire connaître sous différents alias, et s'aventure également à produire de jeunes artistes. Il intègre par la même occasion de nombreux groupes de musique Soul, sans jamais réussir à vraiment percer.
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C’est dans les années 1960 qu’il se fait connaître en produisant de nombreux musiciens, dont le trio féminin Love Unlimited, emmené par celle qui allait devenir sa femme, Glodean James. Il tente sa chance en tant qu’interprète sous différents pseudonymes, notamment celui de Gene West, sous lequel il reprend le tube d’Elvis Presley In the Ghetto, en 1970.
C'est dans la production que Barry White effectue ses premiers pas. Il veille aux destinées de Love unlimited, un trio vocal, exclusivement composé de femmes : Glodean James, qui deviendra sa femme, Linda James et Diane Taylor. Walkin' In The Rain, qu'il compose pour le groupe, lui offre un premier succès.
L'Éclosion d'une Carrière Solo
Il est ensuite découvert et accompagné par le compositeur Gene Page qui le prend sous son aile et lui apporte son expérience d’instrumentiste classique. D'autres collaborateurs, tels que Paul Leo Politi, Wah Wah Watson, Billy Sepe, ou Tony Sepe avec qui il a arrangé You Are the First, the Last, My Everything, l’accompagneront durant toute la décennie 1970. Mais c’est à son ami Larry Nunes qu’il doit ses débuts de chanteur, celui-ci l’ayant encouragé dans cette voie sur laquelle il n’avait pas réussi jusqu’alors, et qu’il pensait abandonner.
C'est avec Page à ses côtés que Barry White sort son premier album en 1972, "From A Girl Point of View". Mais c'est son second album, "I've Got So Much To Give" en 1973 qui va véritablement lancer la carrière solo du chanteur à la voix grave et suave.
Fort de son expérience de producteur et poussé par l'agent artistique, Larry Nunes, celui qui se fait alors appelé White Head enregistre I've got so much to give en 1973, suivi par I'm gonna love you just a little more baby. Le titre I'm Gonna Give You Just A Little More Baby devient son premier tube, rapidement suivi par Never Gonna Give You up en 1973.
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L'Apogée des Années 1970 : Succès et Reconnaissance
L'hédonisme et le ronronnement sensuel qui caractérisent son style ouvrent la période disco. 1974 est décidément une année particulièrement prolifique pour le chanteur qui sort You're the first, the last, my everthing et Let the music play, deux ans plus tard. Deux énormes succès.
Tant et si bien que le reste des années 1970 sera marqué par de nombreux autres tubes tels que You're The First, The Last, My Everything en 1974, What Am I Gonna Do With You en 1975 ou Your Sweetness Is My Weakness en 1978.
En 1978, Barry White reprend le grand standard de Billy Joel Just the way you are.
Sa magnifique voix de basse, détonante et rayonnante, lui fait monter en 1972 (contre l’avis de sa maison de disque), un incroyable orchestre pour l’accompagner : le « love unlimited orchestra » comporte une quarantaine de musiciens, avec cuivres, cordes et un chœur féminin, et deviendra numéro un des charts américains en janvier 1974. Une énorme machine à Crooner vient de naître ! En parallèle de sa carrière de chanteur, il produit à partir de 1974, et au départ contre l’avis de sa maison de disque, une formation instrumentale, The Love Unlimited Orchestra (en). Cette production est un succès, puisqu’en janvier 1974, l’instrumental Love’s Theme se classe numéro 1 dans les charts américains. D’autres singles suivront comme My Sweet Summer Suite (1976), tiré de l’album du même nom. En 1981, Barry White fait de cette formation un orchestre uniquement féminin, pour l’album Let’em Dance. Il tente la même année de passer le relais pour la direction du Love Unlimited Orchestra à Webster Lewis, pour l’album Welcome Aboard (The Love Unlimited Orchestra Presents Mr.
Traversée du Désert et Retour
A la fin de la décennie et au début des années 80, le chanteur, qui doit fAIRe face à la vague disco, est en perte de vitesse. Si bien qu'en 1989, il chante avec Quincy Jones, James Ingram et El De Barge The secret garden. C'est également cet album au titre évocateur, The man is back. En déclin à la fin des années 1970, il rebondit en 1994, avec son nouvel album, The Icon Is Love.
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Apparitions Télévisées et Autobiographie
De 1997 à 2002, Barry White a fait des apparitions dans la série télévisée Ally McBeal, dans laquelle ses chansons servent d’exutoire au personnage de John Cage, qui l’idolâtre. Il a joué son propre rôle dans trois épisodes de la série (Saison 2 Épisode 18, Saison 3 Épisode 1 et Saison 5 Épisode 22). Il a également prêté sa voix à son propre personnage dans deux épisodes de la série Les Simpson. Il avait par contre décliné une invitation à apparaître dans la série animée South Park, jugeant le ton de celle-ci trop corrosif.
En 1999, Barry White publie son autobiographie, Love Unlimited, insights on life & love, avec la collaboration de l’écrivain Marc Eliot. Il y livre sa vision de la vie, de l’amour, ainsi que de nombreuses anecdotes sur son travail dans l’industrie du disque.
Problèmes de Santé et Décès
Début 2000, ses problèmes cardiaques l'obligent à réduire son activité. En août 1999, il séjourne à l’hôpital pour un problème d’hypertension et est contraint d’annuler plusieurs concerts. Il est à nouveau hospitalisé en septembre 2002 et est en attente d’un don de rein, car les siens sont défaillants à la suite de nombreuses années d’hypertension.
Mis sous dialyse à la suite de multiples ennuis de santé (diabète, hypertension et insuffisance rénale), il est victime d’un grave accident vasculaire cérébral en mai 2003, qui le contraint à se retirer de la vie publique.
Après quatre ans de lutte contre des problèmes rénaux et d'hypertension, il décède le vendredi 4 juillet 2003 à Los Angeles à l’âge de 58 ans au Centre médical Cedars-Sinai, après une longue lutte contre la maladie.
Vie Privée et Descendance
Barry White a eu huit enfants, de trois femmes : sa première femme qu’il surnomme « Marie » dans son autobiographie, une relation illégitime qui lui a donné une fille lors de son premier mariage, et sa deuxième épouse Glodean, avec qui il restera marié jusqu’à sa mort malgré leur séparation. Sa dernière compagne, Katherine Denton, a donné naissance à une fille nommée Barrianna après le décès de Barry White.
Reconnaissance Posthume et Héritage
Barry White n’a été primé que tardivement par ses pairs pour l’ensemble de sa carrière. Il a été nommé en 1974 pour le Grammy award dans la catégorie du meilleur chanteur Rhythm and Blues pour la chanson I’m Gonna Love You Just a Little More Baby, aux côtés des poids lourds de la musique noire tels que le gagnant Stevie Wonder, Marvin Gaye, Al Green et le membre fondateur du groupe The Temptations, Eddie Kendricks. Il a reçu un Grammy honorifique en 1999, lors de la sortie de son album "Staying Power".
Le 21 mai 2003, la ville de Los Angeles a dédié un parc public dans le district de South Park à Barry White, en reconnaissance de ses liens profonds avec la communauté où il a grandi et qu'il a soutenue. Le 12 septembre 2013, son étoile a été inscrite sur le Hollywood Walk of Fame.
Trois fois récompensé par un Grammy Award, connu pour sa voix distinctive de baryton-basse et son image romantique, il connaît le succès à partir des années 1970 en tant que chanteur solo et avec The Love Unlimited Orchestra (en). Ses ventes de disques dépassent les 100 millions, faisant de lui l'un des artistes musicaux ayant vendu le plus de disques.
Barry White était un homme d’un physique imposant : il mesurait 1,92 m pour un poids avoisinant les 150 kg. Il a été surnommé « le maestro de l’amour ». Entre 1973 et 1976, il a produit 21 albums, du jamais vu dans l’industrie du disque.
Discographie Sélective
- 1976 - Is This Whatcha Wont?
- 1981 - Beware!
- 1981 - Barry & Glodean (cocomposition et arrangement par Barry White, coarrangement par Gene Page, orchestration par Gene Page, John Roberts, H.
- 1989 - The Man Is Back!
- 1994 - All-Time Greatest Hits.
- 1974 - I love you more and more? À noter le co-arrangement de Harlem Shuffle de Bob & Earl en 1963.
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