Alfredo James Pacino, plus connu sous le nom d'Al Pacino, est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur de cinéma américain de renom. Né le 25 avril 1940 à Spanish Harlem, un quartier de New York, il est considéré comme l'un des plus grands acteurs de l'histoire du cinéma.

Une jeunesse modeste et une passion précoce pour le théâtre

Al Pacino est issu d'une famille modeste d'origine sicilienne. Ses parents, Salvator Pacino, tailleur de pierre, et Rose Gerard, sans profession, ont divorcé alors qu'il était très jeune. Il a été élevé par ses grands-parents maternels, James et Kate Gerardi, dans le Bronx. Son grand-père, James, était originaire de Corleone, en Sicile, un clin d'œil du destin pour celui qui allait incarner Michael Corleone dans Le Parrain.

Dès son plus jeune âge, Al Pacino se passionne pour le théâtre et le cinéma. Il fréquente les salles de cinéma et se plaît à rejouer devant sa famille les personnages qu'il admire à l'écran. À l'école, il est surnommé « l'acteur » par ses camarades. Il est fasciné par Marlon Brando dans Sur les quais et James Dean dans La Fureur de vivre.

À 14 ans, il entre à la High School of Performing Arts de Manhattan, mais il doit quitter l'école trois ans plus tard, notamment à cause de son faible niveau d'anglais. Il enchaîne alors les petits boulots, mais revient rapidement à sa vocation théâtrale.

Les débuts difficiles et la formation à l'Actors Studio

Après avoir quitté l'école, Al Pacino vit de petits boulots et joue de très petits rôles dans des pièces off-off Broadway, parfois doublure de Martin Sheen. Il ne vit que pour le théâtre, où il remporte quelques succès.

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Il tente d'intégrer les grandes écoles de théâtre, mais échoue à une audition pour entrer au célèbre Actors Studio. Il s'inscrit alors au Herbert Berghof Studio (HB Studio), où il rencontre son premier maître, Charles Laughton. Cet homme le forme durant plusieurs années et l'accompagne dans les périodes difficiles.

En 1966, après avoir perdu sa mère et son grand-père, il intègre finalement le prestigieux cours de Lee Strasberg à l'Actors Studio. Il y rencontre de futurs grands noms comme Dustin Hoffman et Robert de Niro. Il raconte d'ailleurs qu'à leurs débuts, les gens les confondaient souvent et venaient féliciter l'un pour un film dans lequel l'autre avait joué.

À l'Actors Studio, Al Pacino apprend la « Méthode », un ensemble de pratiques, d'outils et d'exercices mis au service de l'acteur selon un certain protocole pour aboutir au résultat le plus juste possible. Il se dit fasciné par Lee Strasberg, son enthousiasme pour le jeu et son amour des acteurs. C'est d'ailleurs lui qui le pousse à quitter tous ses petits boulots qui épuisent son énergie pour se concentrer sur son jeu.

La révélation au cinéma et la consécration avec Le Parrain

Al Pacino fait ses débuts au cinéma en 1969 dans Me, Natalie, mais c'est son rôle de Bobby, le jeune drogué de Panique à Needle Park (1971), qui attire l'attention.

En 1972, Francis Ford Coppola lui confie le rôle de Michael Corleone dans Le Parrain. Les producteurs investissent de grosses sommes et entendent bien récupérer leur argent. Coppola tient bon et réussit à l'engager, mais la tension est palpable sur le tournage, puisque réalisateur et acteur se savent sur un siège éjectable. Ils terminent tout de même le film, soulagés d'avoir pu aller au bout de leur travail.

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Le film connaît un succès incroyable et reste aujourd'hui un classique inégalé. Grâce au Parrain, Al Pacino est connu du grand public et reconnu par ses pairs. Sa carrière explose et il est propulsé au rang de star. Son salaire augmente de manière exponentielle et il a la liberté de choisir les rôles qui lui conviennent.

Il reprend le rôle de Michael Corleone dans Le Parrain, 2e partie (1974) et Le Parrain, 3e partie (1990). Sa représentation de Michael Corleone est considérée comme l'une des plus grandes performances de l'histoire du cinéma.

Les années 1970 : une décennie faste

Entre les deux premiers volets du Parrain, Al Pacino est à l'affiche de Serpico (1973) de Sidney Lumet. Sa prestation de flic colérique lui vaut plusieurs récompenses et lui ouvre de nouvelles portes. Il incarne un policier intègre qui lutte contre la corruption policière.

Dans L'Épouvantail (1973) de Jerry Schatzberg, il incarne Francis « Lion », un homme aux yeux écarquillés sur le monde, cherchant à la fois à le comprendre et à s'en faire accepter.

Ces personnages incarnent une image de l'Amérique des années 1970, une fois le rêve pionnier et idéal oublié et après celui, dépassé, de la contestation et de l'utopie qui marquèrent la contre-culture. Dans un premier temps, ces personnages ne sont pas marginalisés par la société. C'est leur innocence et leur volonté d'éviter aussi bien les conflits que l'obsession de la réussite qui les conduisent à quitter les chemins balisés.

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Les années 1980 : Scarface et la consécration

Dans les années 1980, la carrière d'Al Pacino est déjà bien lancée. Il a connu de gros succès public et critique et prétend à des salaires dignes des stars.

C'est avec Scarface (1983) que Pacino atteint l'apogée de son jeu. Brian de Palma lui propose d'interpréter le rôle de Tony Montana, un mafieux d'origine cubaine qui gravit tous les échelons de l'institution du crime tandis qu'il descend ceux de la santé mentale jusqu'à devenir totalement paranoïaque. Drogue, crime, argent, tous les ingrédients d'un polar réussi sont là et Pacino offre une performance d'acteur extraordinaire qui fascine toute une génération.

Les années qui suivent ce succès phénoménal sont difficiles à négocier, mais l'acteur fait les bons choix et, le temps aidant, il apprend à gérer son implication dans ses rôles.

Les années 1990 : l'Oscar et la maturité

En 1992, il reçoit enfin l'oscar du meilleur acteur pour Le Temps d'un week-end de Martin Brest. Il y incarne Frank Slade, un militaire à la retraite, aveugle et porté sur la boisson et les femmes, qui engage un étudiant désargenté pour un dernier baroud d'honneur à New-York avant de se faire sauter la cervelle.

En 1995, il partage à nouveau l'affiche de Heat avec Robert de Niro, même si les deux acteurs n'apparaissent jamais dans le même plan.

La fin des années 1990 est riche en collaborations. Pacino tourne avec Oliver Stone, Michael Mann ou encore Mike Newell. Il incarne Benjamin Ruggiero dans Donnie Brasco (1997) et Lowell Bergman dans Révélations (1999).

Les années 2000 : exploration de nouveaux genres

Dans les années 2000, la carrière d'Al Pacino continue de se développer. Il explore de nouveaux genres et est à l'affiche des gros succès du moment, autant dans des thrillers que des comédies.

Il participe en 2003 à la mini-série de Mike Nichols, Angels in America, sur l'homosexualité et le SIDA dans les années 80. Le casting est impressionnant, avec Emma Thompson, Meryl Streep, Justin Kirk et Jeffrey Wright.

En 2002, il tourne avec deux jeunes cinéastes remarqués. Il est le réalisateur en crise de Simone, une star est… créée d'Andrew Niccol et le policier désabusé d'Insomnia de Christopher Nolan.

En acteur reconnu, celui-ci n'hésite pas à donner la réplique à de jeunes talents comme Colin Farrell dans La Recrue (2003), Ben Affleck et Jennifer Lopez dans Amours troubles (2003) ou encore Matthew McConaughey dans Two for the Money (2006).

En 2007, il devient expert universitaire en psychiatrie criminelle pour les besoins de 88 minutes de Jon Avnet avant de rejoindre l'équipe de braqueurs cools sur le tournage d'Ocean's 13 de Steven Soderbergh.

Les années 2010 et 2020 : la consécration d'une légende

Après avoir retrouvé De Niro dans La Loi et l'ordre, Al Pacino tend à ralentir son rythme de tournage. On peut tout de même le voir dans Un flic pour cible, Jack et Julie, Les Derniers affranchis, Manglehorn, Danny Collins et Hangman (des films généralement mal accueillis par la critique). En 2011, il est à l'affiche du navet Jack et Julie qui rafle la mise aux Razzie Awards, les anti-Oscars.

En 2019, il joue un producteur dans Once Upon a Time… in Hollywood de Quentin Tarantino et campe ni plus ni moins que Jimmy Hoffa dans le film de gangsters Netflix The Irishman de Martin Scorsese (où il retrouve De Niro pour une quatrième fois).

Parallèlement, l'acteur incarne le personnage principal de la série Hunters, dans laquelle il se glisse dans la peau d'un chasseur de nazis.

En 2023, le 19 avril lors d'une soirée à New York, Al Pacino révèle qu'on lui avait initialement proposé le rôle de Han Solo, interprété par Harrison Ford, dans Star Wars. « Ils m'ont offert tellement d'argent. Je ne comprends pas… Alors j'ai dit que je ne pouvais pas le faire. J'ai donné une carrière à Harrison Ford ! », précise-t-il.

En 2024, le 10 mars, il remet l'Oscar du meilleur film lors de la 96e cérémonie des Oscars.

Réalisateur et passionné de Shakespeare

Passionné de William Shakespeare, il réalise et joue dans Looking for Richard (1996), un documentaire sur la pièce Richard III, dont il a interprété le rôle principal sur scène en 1977. Il joue également le rôle de Shylock dans une adaptation de long métrage de 2004 et une production scénique du Marchand de Venise (The Merchant of Venice) de 2010.

Après avoir fait ses débuts au cinéma comme réalisateur avec Looking for Richard, il réalise et joue dans les films Chinese Coffee (2000), Wilde Salomé (2011) et Salomé (2013).

Vie privée

Al Pacino ne s'est jamais marié et a eu quatre enfants. En 2023, à l'âge de 83 ans, il est devenu père pour la quatrième fois avec sa compagne Noor Alfallah, de 54 ans sa cadette. Cependant, ils se sont séparés quelques mois après la naissance de leur fils.

Distinctions

Al Pacino est l'un des rares artistes dans le monde à avoir reçu la Triple Crown of Acting, terme récompensant un artiste ayant remporté à la fois un Oscar, un Emmy Award et un Tony Award dans une carrière. Il a également été honoré du Cecil B. DeMille Award en 2001, du American Film Institute Life Achievement Award en 2007 et de la National Medal of Arts en 2011.

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