Le cycle menstruel est un processus biologique complexe qui se produit chez les femmes de la puberté à la ménopause. Il est orchestré par des fluctuations hormonales et se manifeste par les règles. Comprendre ce cycle est essentiel pour la santé reproductive et le bien-être général.
Les hormones sexuelles féminines et leur rôle
Les hormones sexuelles féminines principales sont les œstrogènes et la progestérone, sécrétées par les ovaires selon un cycle régulier.
Œstrogènes
Les œstrogènes (estradiol, estrone et estriol) sont responsables du développement des organes féminins à la puberté, notamment l'utérus, les seins et l'épaississement de la paroi du vagin. Ils agissent également sur le cerveau, contribuent à la consolidation des os, féminisent la voix et jouent un rôle important dans la qualité de la peau et des cheveux.
Progestérone
La progestérone est produite par les ovaires après l'ovulation. Elle complète et contrôle les effets des œstrogènes. Elle permet l'implantation de l'œuf dans l'utérus et participe au bon déroulement de la grossesse.
Déroulement du cycle menstruel
Le cycle menstruel se répète tous les 28 jours environ, bien que cette durée puisse varier d'une femme à l'autre. Il est divisé en plusieurs phases, chacune caractérisée par des changements hormonaux spécifiques.
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Phase folliculaire
Au premier jour des règles, le cerveau commence à sécréter de la FSH (hormone folliculo-stimulante), ce qui stimule les ovaires. Pendant environ 14 jours, cette hormone favorise la sécrétion d'œstrogènes et la maturation du futur ovule.
À l'état basal, l'ovaire compte un certain nombre de follicules en attente, appelés follicules antraux, mesurant entre 2 et 9 mm. Le nombre de follicules antraux (CFA) reflète la réserve ovarienne. Chez une femme âgée de 20 à 40 ans, le CFA est normalement compris entre 10 et 30. La FSH agit sur ces follicules en attente et initie leur croissance.
Dans des conditions normales, un seul des follicules antraux se développe jusqu'au stade de l'ovulation, devenant le follicule dominant, tandis que les autres dégénèrent (atrésie) et sont définitivement perdus. Le processus de sélection et de croissance du follicule dominant dure généralement 10 à 14 jours.
Phase ovulatoire
Quelques jours avant l'ovulation, le cerveau commence à sécréter de la LH (hormone lutéinisante). Au 14e jour du cycle, les taux sanguins de LH sont élevés, ce qui déclenche l'ovulation. L'ovaire commence alors à sécréter de la progestérone.
Le follicule mature produit tellement d'œstrogènes qu'il pousse l'hypophyse à libérer la LH, ce qui libère l'ovule. L'ovule met alors environ 24 heures à atteindre les trompes de Fallope. Si des spermatozoïdes se trouvent dans la trompe de Fallope à ce moment, la fécondation peut se produire. Dans ce cas, l'ovule fécondé se rend dans l'utérus pour tenter de s'implanter dans la paroi utérine.
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La sortie de l’ovule se produit environ 36 heures après le début du pic de LH.
Phase lutéale
Après l'ovulation, le follicule qui a libéré l'ovule se transforme en corps jaune. Le corps jaune produit de la progestérone, qui épaissit la paroi interne de l'utérus (l'endomètre) et la prépare à recevoir l'œuf. Sous l'effet de la progestérone, le cerveau cesse progressivement de sécréter la FSH et la LH, ce qui entraîne une diminution de la production d'œstrogènes et de progestérone par les ovaires.
La production de progestérone dure 12 à 14 jours en l'absence de grossesse. Si l'embryon s'implante et que la patiente est enceinte, l'hormone hCG (utilisée pour les tests de grossesse) maintient l'activité du corps jaune pendant 6 à 8 semaines environ. Vers 8 à 10 semaines de grossesse, la progestérone est exclusivement produite par le placenta et ce jusqu'à la fin de la grossesse.
Phase menstruelle
La chute des taux sanguins d'œstrogènes et de progestérone provoque des saignements de l'endomètre. La partie la plus superficielle de l'endomètre se détache de la paroi de l'utérus et s'élimine avec le sang. Ce sont les règles, qui durent de trois à sept jours. La quantité de sang perdue lors des règles est limitée, généralement l'équivalent de une à six cuillerées à soupe. Ce sang est mélangé à du liquide qui filtre à travers la paroi de l'utérus et à de très petits morceaux d'endomètre.
L’arrêt de la progestérone déclenche aussi des contractions de l’utérus qui participent au contrôle du saignement utérin.
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Au 28e jour, le corps jaune adopte une forme de cicatrice (s’il n’y a pas eu implantation) et prend le nom de corpus albicans, ce qui signifie la perte de la fonction endocrine.
Évolution de l'ovocyte et du follicule
Les follicules sont contenus dans le stroma cortical. Le follicule tertiaire se caractérise par l’apparition de la cavité folliculaire ou antrum dans la granulosa. Les cellules de la granulosa entourant l’ovocyte constituent le cumulus oophorus ou disque proligère. L’ovocyte a grossi et son noyau a la taille d’un follicule primaire.
Si l’ovocyte est fécondé par un spermatozoïde, l’ovule devient une cellule-œuf puis un préembryon et migre dans l’utérus. Une fois fixé dans l’utérus, l’embryon envoie des signaux hormonaux au follicule éclaté, devenu corps jaune qui, à son tour, fabrique des hormones pour bloquer les règles. L’absence d’implantation va signifier au corps jaune sa fin de vie et il va rentrer dans un processus de dégénérescence qui va se faire pendant les 14 jours restants (après l’ovulation).
Les cellules de la thèque interne, sous l’action de la LH, synthétisent des androgènes (stéroïdes à 19 atomes de carbone).
Anomalies du cycle menstruel
Plusieurs anomalies peuvent affecter le cycle menstruel, notamment :
- Aménorrhée : Absence de règles.
- Oligoménorrhée : Règles peu fréquentes.
- Ménorragie : Règles abondantes.
- Dysménorrhée : Règles douloureuses.
- Saignements anovulatoires : Saignements qui se produisent en l'absence d'ovulation.
Lorsque les règles sont accompagnées de caillots, la situation est anormale. Cela peut résulter de problèmes anatomiques qui interfèrent avec la bonne contraction de l’utérus. Des caillots sont aussi rencontrés dans une condition particulière, le saignement anovulatoire. Dans le cycle anovulatoire, la croissance de la muqueuse utérine se poursuit sous l’action des estrogènes sans que la progestérone viennent transformer la muqueuse. Ce tableau peut donner la fausse impression de cycles et de pseudo-régularité, d’où le terme de cycle anovulatoire.
Importance de la régularité et du profil des saignements
Outre leur régularité, les règles sont aussi caractérisées par le profil de saignement. Typiquement, les règles augmentent jusqu’à un maximum puis diminuent et s’arrêtent.
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