Un rapport sexuel non protégé peut susciter des inquiétudes quant à une grossesse non désirée ou à la transmission d'infections sexuellement transmissibles (IST). Il est essentiel de connaître les mesures à prendre immédiatement après un tel rapport pour minimiser ces risques. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur la contraception d'urgence, le dépistage des IST et les options disponibles pour les femmes confrontées à une grossesse non planifiée. Pour les mineures, elle est gratuite et délivrée de façon anonyme. Pour les majeures, assurés sociaux ou bénéficiaires de l’AME, hommes et femmes, elle est prise en charge à 100% par l’Assurance maladie.

Que faire immédiatement après un rapport non protégé ?

Contraception d'urgence

La contraception d'urgence est une option cruciale pour réduire le risque de grossesse non désirée après un rapport sexuel non protégé. Elle est particulièrement efficace si elle est prise le plus tôt possible après le rapport.

  • Contraception hormonale d'urgence : Il existe deux types de pilules contraceptives d'urgence : celles contenant du lévonorgestrel, efficaces jusqu'à 72 heures (3 jours) après le rapport, et celles contenant de l'ulipristal, efficaces jusqu'à 120 heures (5 jours) après le rapport.Le lévonorgestrel doit être pris idéalement dans les 12 heures suivant le rapport sexuel non protégé et au maximum dans les 72 heures (trois jours) après celui-ci. Son efficacité varie de 58 à 95 % selon le délai entre le rapport sexuel et la prise du comprimé : plus cette contraception est mise en place tôt, plus elle est efficace.L’ulipristal doit être utilisé le plus tôt possible après le rapport sexuel non protégé et au plus tard dans les cinq jours qui suivent. Sa prise est susceptible de réduire l'action d'une contraception hormonale régulière (pilule). Il est donc recommandé d'utiliser une méthode de contraception mécanique (préservatifs) jusqu'aux règles suivantes. Son efficacité est incomplète et varie entre 73 et 85 % selon les études.
  • Dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre : Le DIU au cuivre est une méthode de contraception d'urgence très efficace, avec un taux de réussite de 99 %. Il doit être inséré par un professionnel de la santé dans les 5 jours suivant le rapport sexuel non protégé.

Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d'urgence hormonale est gratuite (prise en charge à 100 % sans avance de frais) pour toutes les femmes en âge de procréer, quel que soit le médicament demandé (lévonorgestrel ou ulipristal).

Prévention des infections sexuellement transmissibles (IST)

Un rapport sexuel non protégé expose également au risque de contracter une IST. Il est donc important de prendre des mesures pour minimiser ce risque.

  • Parlez-en à un professionnel de la santé : Consultez rapidement un médecin, un CeGIDD (Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic) ou un centre de santé sexuelle pour discuter de votre situation et obtenir des conseils personnalisés.
  • Traitement post-exposition (TPE) pour le VIH : Si vous craignez une exposition au VIH, un TPE peut être envisagé dans les 48 heures suivant le rapport à risque. Ce traitement réduit le risque d'infection par le VIH.

Même si cela ne protège pas contre les IST, uriner après des relations sexuelles peut vous aider à réduire le risque de contracter une infection urinaire.

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Comment savoir si je suis enceinte ?

Les signes d'une grossesse peuvent varier d'une femme à l'autre, mais certains symptômes courants peuvent alerter :

  • Retard de règles
  • Nausées matinales
  • Seins douloureux

Si vous avez eu un rapport non protégé, il est important de faire un test de grossesse urinaire (disponible en pharmacie ou en grande surface) si vous avez eu un rapport non protégé. L’idéal est de le réaliser le matin, après le réveil. Un test urinaire positif doit ensuite être confirmé par un examen médical et/ou un test sanguin. Pour cela, il faut se rendre chez un professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme).

Dépistage des IST

Il est recommandé de faire un dépistage des IST après un rapport non protégé, même en l'absence de symptômes. Les IST peuvent être asymptomatiques, mais elles peuvent avoir de graves conséquences si elles ne sont pas traitées.

  • Dépistage précoce : Certaines IST, comme la chlamydiose et la gonorrhée, peuvent être détectées dès 2 semaines après le rapport à risque.
  • Dépistage tardif : D'autres IST, comme la syphilis et le VIH, peuvent prendre jusqu'à 6 semaines pour être détectables.

Si vous développez des symptômes, il faut immédiatement procéder à un dépistage des IST. Les signes et symptômes d’IST incluent :

  • Écoulement inhabituel du vagin, du pénis ou de l’anus ;
  • Douleurs pendant des rapports sexuels ;
  • Douleur en éjaculant ou en urinant ;
  • Douleur dans le bas ventre ;
  • Saignement vaginal inhabituel ;
  • Cloques, plaies ou verrues autour de votre vagin, pénis ou anus.

Options en cas de grossesse non désirée

Si une grossesse survient malgré les mesures de contraception d'urgence, plusieurs options sont possibles :

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  • Poursuite de la grossesse : Si vous choisissez de poursuivre la grossesse, un suivi médical régulier est essentiel pour assurer la santé de la mère et de l'enfant.
  • Interruption volontaire de grossesse (IVG) : L'IVG est une option légale et sûre pour interrompre une grossesse non désirée. Elle peut être pratiquée par voie médicamenteuse ou chirurgicale, selon le terme de la grossesse et les préférences de la femme. L’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse peut être pratiquée par un médecin ou une sage-femme, à l’hôpital, en centre de santé ou de planification familiale ou en cabinet de ville. Si elle est réalisée en médecine de ville, elle est autorisée seulement jusqu’à la septième semaine d’aménorrhée (absence de règles), soit la fin de la cinquième semaine de grossesse. Si elle se déroule à l’hôpital, elle peut être utilisée jusqu’à la neuvième semaine d’aménorrhée. L’interruption volontaire de grossesse chirurgicale (par aspiration) est pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisée à pratiquer l’avortement). Depuis le 2 mars 2022, en France, l’avortement peut être pratiqué jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse - soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles.

Méthodes de contraception naturelles

De nombreuses femmes rejettent les méthodes de hormonales et ont recours à des méthodes de contraception dites « naturelles » dont l’efficacité est souvent moins élevée que celle des méthodes médicalisées. En effet, la plupart des méthodes ont des risques d'échec plus élevés que les méthodes médicalisées notamment en raison de nombreux facteurs (stress, fatigue, troubles du sommeil) qui peuvent décaler la période d’ovulation. Les contraceptions naturelles n’utilisent aucun moyen médical agissant sur le cycle menstruel ou sur l’appareil reproductif. Les points à retenir Les méthodes naturelles sont généralement moins efficaces à l’usage que les méthodes médicalisées. Les méthodes naturelles peuvent être utilisées par des personnes pour qui la survenue d'une grossesse serait acceptable. Ces méthodes de contraception sont pour la plupart dérivées de techniques visant à identifier les phases fertiles du cycle dans le but de maximiser les chances de concevoir un enfant. Elles demandent un long temps d’apprentissage et sont contraignantes pour les deux partenaires. La plupart nécessitent d’avoir des cycles réguliers et ne sont donc pas adaptées aux adolescentes ou aux femmes en périménopause.

  • L'abstinence périodique (ou "méthode Ogino-Knaus" ou "méthode du calendrier") Il s’agit de l’une des méthodes naturelles les moins efficaces, car elle ne tient pas compte de la physiologie du cycle féminin. L'abstinence périodique est une méthode reposant sur le comptage des jours du cycle dans le but de repérer la période fertile (pendant laquelle un risque de fécondation existe). Cette méthode repose sur l'hypothèse fausse que l'ovulation a toujours lieu au même moment. Elle suppose aussi que la période fertile du cycle démarre 4 jours avant l'ovulation alors qu'en réalité, les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu'à 5 jours dans le tractus génital féminin (1).
  • La méthode des jours fixes La méthode des jours fixes est une méthode reposant sur le comptage des jours du cycle dans le but de repérer la période fertile.
  • La méthode des deux jours La méthode des deux jours est une méthode basée sur l'observation de la glaire cervicale. Elle ne demande pas de reconnaître l'aspect de la glaire mais uniquement d'en vérifier la présence.
  • La méthode d'observation de la glaire cervicale La méthode d'observation de la glaire cervicale repose sur l'observation quotidienne de la glaire cervicale. Il s’agit de l’une des méthodes naturelles les moins efficaces.
  • La méthode symptothermique La méthode symptothermique repose sur la surveillance quotidienne de la glaire cervicale, de la température et la palpation du col. Son efficacité a été démontrée dans le cadre d’une utilisation après une formation à la méthode.
  • La méthode MAMA ou méthode de l'allaitement exclusif et de l'aménorrhée La méthode MAMA repose sur l'effet contraceptif de la prolactine sécrétée pendant l'allaitement. Pour être efficace, la méthode MAMA doit répondre à des conditions strictes.
  • La méthode du retrait ou méthode du coït interrompu La méthode du retrait consiste à éviter le contact entre le sperme et le vagin de la femme lors d'un rapport vaginal.

Prévention : se protéger lors des prochains rapports

Il est essentiel de prendre des mesures pour se protéger lors des prochains rapports sexuels et éviter ainsi les risques de grossesse non désirée et d'IST.

  • Utilisation régulière de préservatifs : Les préservatifs sont une méthode de contraception efficace et protègent contre la plupart des IST.
  • Contraception hormonale : La pilule, l'implant, le DIU hormonal et d'autres méthodes de contraception hormonale offrent une protection efficace contre la grossesse.
  • Dépistage régulier des IST : Si vous avez plusieurs partenaires ou si vous avez des rapports sexuels non protégés, il est important de vous faire dépister régulièrement pour les IST.
  • Vaccination contre les IST : Il existe des vaccins contre certaines IST, comme l'hépatite B et le papillomavirus humain (HPV).

Soutien et accompagnement

Après un rapport sexuel non protégé, il est normal de ressentir un éventail d'émotions. N'hésitez pas à en parler à une personne de confiance, comme un ami, un membre de votre famille ou un professionnel de la santé. Des ressources sont également disponibles pour vous soutenir et vous accompagner dans vos choix :

  • Centres de santé sexuelle : Ces centres offrent des services de conseil, de dépistage et de contraception.
  • Associations : De nombreuses associations proposent un soutien психологique et des informations sur la santé sexuelle et reproductive.
  • Ligne d'écoute : Des lignes d'écoute sont disponibles pour répondre à vos questions et vous orienter vers les services appropriés.

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