La vitamine D joue un rôle essentiel pendant la grossesse et la petite enfance. Elle est indispensable à la croissance osseuse car elle permet à l'organisme d'assimiler le calcium et le phosphore. Elle prévient donc la maladie des os mous (rachitisme). S'il peut être recommandé de recourir à des suppléments à tout âge, ils sont indispensables pendant la grossesse et pour les nouveau-nés.

Rôle et importance de la vitamine D

La vitamine D est produite par la peau au contact des rayons du soleil, puis stockée dans le foie afin d'être disponible pour l'organisme. Elle est essentielle à l'organisme pour assurer, entre autres, l'absorption intestinale du calcium et sa fixation sur les os. Son origine est double : une partie est produite par l'organisme via la peau sous l'action des rayons UV, l'autre est apportée par l'alimentation.

Dès la naissance, la vitamine D est indispensable au développement du squelette et de la dentition de l'enfant. Elle facilite également le fonctionnement des muscles, du système nerveux et participe à l'amélioration des défenses immunitaires. L'exposition limitée au soleil (afin de protéger la peau de bébé) et les périodes hivernales diminuent la photosynthèse cutanée de la vitamine D. On ne le sait pas toujours, mais le lait maternel est pauvre en vitamine D et les laits infantiles, même s'ils sont systématiquement enrichis en vitamine D, n'en apportent pas suffisamment pour couvrir les besoins de bébé. En moyenne, les nouveau-nés ont donc un apport supplémentaire en vitamine D jusqu'à 18 ou 24 mois. À partir de ce moment et jusqu'à 5 ans, on administre un supplément uniquement l'hiver.

Besoins en vitamine D pendant la grossesse

Le taux plasmatique de 25(OH)D (la forme circulante de la vitamine D) est corrélé à l'apport alimentaire. Le taux de 1,25(OH)2D (la forme circulante active de la vitamine D) est élevé pendant la grossesse, à un taux supérieur à 200 pmol/l. Le fœtus est entièrement dépendant de sa mère pour son apport en vitamine D, et il existe une corrélation hautement significative entre les taux plasmatiques maternel et fœtal de 25(OH)D.

Selon l'IOM (Institute of Medicine), le besoin nutritionnel moyen en vitamine D pour une femme enceinte est de 0,010 mg par jour, et l'ANSES estime qu'en France, pratiquement toutes les femmes enceintes ont des apports insuffisants.

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Risques liés à une carence en vitamine D

Un manque de vitamine D peut favoriser la survenue de complications en cours de la grossesse. Le déficit en vitamine D contrarie par ailleurs le développement du fœtus, ce qui se traduit par un poids plus faible à la naissance. La vitamine D est indispensable à la formation du squelette du fœtus. Les formes les plus sévères de déficit conduisent au rachitisme, une situation pathologique associée à une mauvaise minéralisation des os et entraînant des déformations de ceux-ci. Mais, même dans des situations moins extrêmes, les conséquences néfastes sont durables.

Les jeunes enfants dont la mère a un statut sous-optimal en vitamine D en cours de grossesse ont un risque accru de présenter des signes d'asthme. Un bon statut en vitamine D de la mère protégerait son enfant à naître des infections respiratoires basses comme la bronchite.

Risques liés à un excès de vitamine D

Un rapport de l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail) paru en mai dernier alerte sur les risques de la prise de compléments alimentaires pendant la grossesse : hypercalcémie et hypothyroïdie chez le nouveau-né.

En effet, un apport excessif d'iode pendant la grossesse peut provoquer un dysfonctionnement de la glande thyroïde. Selon l'Efsa (European food safety authority), l'apport satisfaisant en iode pour une femme enceinte est de 0,2 mg par jour.

Recommandations et précautions

Dans sa récente mise à jour de février 2018, l'OMS ne recommande plus la supplémentation en vitamine D pendant la grossesse en raison du manque de données pour évaluer ses avantages et ses inconvénients directs. L'OMS rappelle également les mesures de bon sens : "il faudrait inciter la femme enceinte à recevoir une nutrition adéquate [apport suffisant en poissons gras, jaunes d'œufs, produits laitiers ou encore champignons], un régime équilibré étant le meilleur moyen d'y parvenir", ce qui n'est pas toujours facile chez les femmes les plus défavorisées.

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L'ANSES insiste et rappelle aux femmes enceintes de ne pas utiliser de compléments alimentaires sans l'avis d'un professionnel de santé. Les recommandations valent pour la population générale, et plus particulièrement les femmes enceintes, mais aussi pour les professionnels de santé. Ils sont en effet, invités à être vigilants concernant l'utilisation des compléments alimentaires par leurs patientes.

Pour apporter à son enfant les bénéfices de la vitamine D sans danger, il est nécessaire d'être particulièrement vigilant sur le choix du produit. Il doit contenir de la vitamine D3 et non pas de la vitamine D2, moins efficace, voire dangereuse. Le mode d'administration a son importance aussi puisque les pipettes peuvent provoquer un malaise vagal chez le nourrisson. Plutôt que de supplémenter le bébé, une autre approche semble possible : supplémenter la maman pour enrichir son lait en vitamine D.

Chez la femme enceinte, les doses de vitamine D sont soit de 1 000 UI par jour durant le dernier trimestre de la grossesse, soit une dose unique de 100 000 UI au début du 3e trimestre (Collège des obstétriciens 1997). Lors d'un essai clinique américain, l'efficacité de trois posologies - 400 UI, 2000 UI et 4 000 UI - a été testée. Une dose de 4 000 à 5 000 UI semble donc idéale au cours de la grossesse.

En France, la supplémentation en vitamine D est recommandée aux femmes enceintes de façon systématique. L'administration d'une forte dose unique n'est en effet pas plus efficace que la prise de doses modérées quotidiennes, comme l'a montré un essai clinique menée au Pakistan.

Vitamine D et troubles du spectre autistique

En étudiant la concentration sanguine en vitamine D durant la période néonatale chez 310 enfants atteints d'autisme et 1 240 enfants non atteints d'autisme, des chercheurs chinois ont mis en évidence des niveaux réduits en cette vitamine chez les premiers par rapports aux seconds. La supplémentation en vitamine D, à la dose de 300 UI par kg et par jour sans dépasser les 5000 UI pendant 3 mois, donne de bons résultats chez ces enfants.

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On peut se demander si une complémentation en cours de grossesse pourrait être efficace pour prévenir l'apparition des troubles du spectre autistique. Des femmes ayant donné naissance à un enfant autiste ont reçu lors d'une nouvelle grossesse une supplémentation de 5 000 UI par jour de vitamine D. Au sein d'une fratrie, le risque d'autisme est plus élevé lorsqu'un des enfants est concerné par ce trouble. À leur naissance, ces bébés à haut risque autistique recevaient 1 000 UI par jour de vitamine jusqu'à leur troisième anniversaire.

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