L'anovulation, définie comme l'absence d'ovulation, est un phénomène qui peut susciter des interrogations, particulièrement chez les femmes désirant concevoir. Pour bien comprendre ce trouble, il est essentiel de se pencher sur le fonctionnement normal du cycle menstruel féminin et d'identifier les causes possibles de l'anovulation, ainsi que les solutions disponibles.
Le cycle menstruel : un rappel
Le cycle menstruel féminin se déroule en plusieurs phases. La phase folliculaire est marquée par la maturation d'un follicule ovarien contenant un ovocyte. Ensuite, l'ovulation se produit, c'est-à-dire l'expulsion de l'ovocyte par l'ovaire, qui migre vers la trompe de Fallope où il peut rencontrer un spermatozoïde. Après l'ovulation, le follicule se transforme en corps jaune et sécrète de la progestérone, qui épaissit l'endomètre en vue d'une éventuelle nidation. En l'absence de nidation, le corps jaune dégénère, entraînant les règles : l'utérus évacue l'endomètre.
Normalement, l'ovulation précède les règles, car l'expulsion d'un ovocyte précède l'élimination de la muqueuse utérine. Les deux font partie du fonctionnement normal du cycle menstruel. Lorsque l'ovule n'est pas fécondé ni implanté dans la muqueuse utérine, les règles surviennent. Il arrive que le corps essaie d'ovuler, sans succès, et finisse par évacuer l'endomètre formé pendant le cycle, même s'il était anovulatoire. Dans ce cas, on parle plutôt de saignements intermenstruels que de règles. De plus, les saignements survenant sous contraception orale (pilule œstroprogestative) ne sont pas de véritables règles, mais des hémorragies de privation.
On emploie généralement le terme de dysovulation lorsqu’il y a eu retard, précocité ou absence d’ovulation. En clair, la dysovulation désigne des difficultés et anomalies d’ovulation. Une femme qui souffre de dysovulation va parfois ovuler, mais pas forcément de façon systématique ou régulière, là où une femme souffrant d’anovulation avérée n’ovulera pas du tout.
Il existe plusieurs moyens de repérer une ovulation, dont le plus connu, et sans doute le plus simple, est la réalisation d'un test d'ovulation. Vendu en pharmacie et sur internet, ce test urinaire repère en fait le pic de LH, hormone lutéinisante, qui précède l'ovulation de 24 à 36 heures. Côté symptothermie, l'observation de l'aspect de la glaire cervicale, substance produite par les cellules du col de l'utérus, peut aussi aider à se repérer dans son cycle et à identifier la période fertile, autour de l'ovulation. Si elle est réalisée consciencieusement, avec une prise de température avant le lever et à heure fixe, la courbe de température peut également permettre d'identifier, a posteriori, l'ovulation.
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Anovulation : définition et causes
L’anovulation désigne l’absence d’ovulation. Dans le cas de l'anovulation, l’ovaire ne libère aucun ovocyte ; il n'y a donc pas d'ovulation. L’anovulation est un phénomène fréquent à certains stades de la vie reproductive d’une femme, tels que la puberté et la ménopause. En dehors de ces deux périodes clés, le cycle menstruel « normal », sans contraception hormonale, comprend a priori une ovulation.
L’anovulation peut toucher toute personne ayant des ovaires et en âge de procréer, c’est-à-dire, en moyenne, entre 12 et 51 ans. L’anovulation est un phénomène courant qui est à l’origine d’environ 25 % des cas d’infertilité.
Divers facteurs peuvent être à l'origine de l'anovulation :
- Causes naturelles : la puberté (il faut en moyenne 2 ans pour que le cycle menstruel s’installe bien au moment de la puberté, durant ces 2 premières années, il arrive que certains cycles soient anovulatoires et c’est normal), la grossesse (l’ovule a été fécondé, l’embryon va se développer et devenir un bébé, il n’y a plus de nouvelle ovulation), la ménopause (l’arrêt naturel des règles et du cycle engendre également l’arrêt de l’ovulation pendant et après la ménopause) ou la ménopause précoce.
- Causes expliquées : la ménopause médicamenteuse (le fonctionnement est le même qu’à la ménopause, sauf que la cause est médicale et non naturelle, rien d’anormal donc), la pilule (son rôle contraceptif consiste précisément à stopper l’ovulation pour éviter une grossesse non désirée), le stérilet (dans environ 50% des cas, l’ovulation disparaît avec le stérilet hormonal, tout comme pour la pilule), l’ablation des ovaires ou de l’utérus (l’ovulation n’est alors plus possible).
- Déséquilibres hormonaux : le syndrome des ovaires polykystiques, ou SOPK (aussi appelé syndrome de Stein-Leventhal), caractérisé par la présence de plusieurs follicules de taille proche au sein des ovaires, qui va induire un déséquilibre hormonal et retarder voire bloquer la maturation ovocytaire. Un excès d’androgènes (hormones mâles) ou des niveaux irréguliers d’œstrogènes et de progestérone peuvent perturber l’ovulation.
- Facteurs liés au style de vie : le stress chronique peut affecter l’hypothalamus, la partie du cerveau qui régule les hormones reproductives. Le manque de sommeil, l’exercice excessif ou une alimentation déséquilibrée peuvent également perturber les cycles. La glande thyroïde joue un rôle clé dans la régulation des hormones. Un excès ou un manque de poids peut également déséquilibrer les hormones. Les cellules graisseuses produisent des œstrogènes, et un excès de poids peut perturber l’ovulation.
- Autres causes physiques : La cause physique la plus fréquente est le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) également nommé « dystrophie ovarienne ». La préménopause : c’est l’une des causes les plus fréquentes de l'anovulation. Les kystes de l'ovaire et en particulier les kystes dérivés de l’endométriose.
Symptômes de l'anovulation
Selon la ou les cause(s) de l’anovulation, d’autres symptômes peuvent accompagner l’absence d’ovulation, tels que des règles irrégulières (Si la durée de l’intervalle entre les règles varie constamment, on considère qu’il s’agit de règles irrégulières), peu fréquentes ou peu abondantes, et donc des cycles potentiellement très longs, l’absence de règles (aménorrhée). Avoir des règles très abondantes ou très légères (Des règles abondantes se définissent par la perte de plus de 16 cuillères à café (80 ml) de sang au cours des règles et/ou par des règles qui durent plus de sept jours). Absence de glaire cervicale (Juste avant et pendant l’ovulation, vous avez généralement les pertes vaginales les plus abondantes, appelées glaires cervicales. Elles ressemblent généralement à des blancs d’œufs crus). Une température basale irrégulière (La température basale du corps est la température que vous avez lorsque vous êtes au repos. Elle est généralement prise après le réveil et avant tout type de mouvement ou d’activité physique).
Il est important de se rappeler que le fait d’avoir des règles ne signifie pas nécessairement que vous avez ovulé. Avoir des règles irrégulières : Si la durée de l’intervalle entre les règles varie constamment, on considère qu’il s’agit de règles irrégulières. Avoir des règles très abondantes ou très légères : Des règles abondantes se définissent par la perte de plus de 16 cuillères à café (80 ml) de sang au cours des règles et/ou par des règles qui durent plus de sept jours. Absence de glaire cervicale : Juste avant et pendant l’ovulation, vous avez généralement les pertes vaginales les plus abondantes, appelées glaires cervicales. Elles ressemblent généralement à des blancs d’œufs crus. Une température basale irrégulière : La température basale du corps est la température que vous avez lorsque vous êtes au repos. Elle est généralement prise après le réveil et avant tout type de mouvement ou d’activité physique.
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Diagnostic de l'anovulation
Les tests permettant de diagnostiquer l’anovulation dépendent des causes que votre médecin soupçonne d’être à l’origine de votre anovulation. De nombreux déséquilibres hormonaux à l’origine de l’anovulation présentent d’autres symptômes.
Afin de comprendre en quoi consiste exactement une ovulation de mauvaise qualité ou le syndrome des ovaires paresseux, il faut savoir qu’un ovaire est appelé paresseux ou fatigué lorsqu’il ne produit pas les ovules qu’il devrait produire. Le terme « ovaires paresseux » n’est pas un terme standard en médecine. L’irrégularité des cycles menstruels est un signe du syndrome des ovaires paresseux. La glaire cervicale (au niveau du col de l’utérus) est une substance visqueuse, dont la texture et la consistance changent tout au long du cycle menstruel afin de favoriser la progression du spermatozoïde vers la trompe. Les altérations de cette glaire cervicale, tant en quantité qu’en terme de texture, peuvent indiquer des problèmes d’ovulation. Un syndrome prémenstruel plus intense et plus long que d’habitude pourrait indiquer des anomalies au niveau de l’ovulation ou même une anovulation. La libération irrégulière des ovules de la part de l’ovaire peut compliquer la conception et augmenter les défis liés au fait de vouloir être enceinte. Les causes du syndrome des ovaires paresseux peuvent être variées mais, dans de nombreux cas, elles sont difficiles à détecter. Style de vie : le stress prolongé et chronique peut affecter la régulation hormonale et contribuer au syndrome des ovaires paresseux. Lorsqu’il existe des problèmes d’irrégularité des cycles menstruels, une difficulté à concevoir ou bien un SPM très douloureux, il est normal de réaliser une étude afin d’en découvrir l’origine. Grâce à cette étude, on peut découvrir que les ovaires ne travaillent pas correctement.
Il est important de connaître les signes généraux de l’ovulation et suivre vos cycles menstruels peut vous aider à détecter les signes et les symptômes de l’anovulation. Il est important de se rappeler que le fait d’avoir des règles ne signifie pas nécessairement que vous avez ovulé. Avoir des règles irrégulières : Si la durée de l’intervalle entre les règles varie constamment, on considère qu’il s’agit de règles irrégulières.
Lors de la première partie du cycle, la température corporelle est inférieure à 37°C. Après l’ovulation, elle est supérieure à 37°C. Une méthode plus précise peut être réalisée avec un test d’ovulation à réaliser chez soi. Ce test se présente sous la forme de bandelettes. Il consiste à déposer quelques gouttes d’urine sur cette bandelette. Il faut le faire chaque matin pendant quelques jours, autour de la date supposée de l’ovulation.
Traitements de l'anovulation
Si le fait de ne pas ovuler peut ne pas être un problème ou une inquiétude en soi, elle peut être mal vécue ou entraîner une infertilité. Dès lors, notamment lorsque l’on souhaite tomber enceinte, un traitement médical peut être envisagé. Le traitement est lié à la cause, qu’il s’agisse d’une anovulation (lorsque la femme n’ovule pas) ou lorsque l’on parle d’une ovulation de mauvaise qualité ou d’ovules paresseux, et aux besoins de chaque patiente.
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Lorsqu’une cause a clairement été identifiée, c’est celle-ci qu’il conviendra de traiter, quand c’est possible, afin de résoudre les problèmes d’ovulation. Si par exemple l’anovulation résulte d’une anorexie mentale, la prise en charge de ce trouble du comportement alimentaire pourra aider le corps à ovuler de nouveau régulièrement. Si un kyste endométriosique est en cause, l’ablation du kyste peut aboutir à la reprise de l’ovulation. Si un trouble de la thyroïde (hyperthyroïdie ou hypothyroïdie) est identifié via les analyses de sang, un traitement de cette pathologie peut aider à régulariser le cycle. En cas de troubles de l’ovulation, que ceux-ci s’inscrivent ou non dans un contexte de SOPK, l’approche consiste à stimuler les ovaires via un inducteur de l’ovulation. Il se présente sous forme de comprimés, à prendre en début de cycle, pendant 5 jours environ, à raison d’un à deux comprimés par jour. À noter qu’il est crucial de se référer au protocole établi par le gynécologue, car celui-ci est adapté selon le type et la ou les cause(s) de l’anovulation, ainsi qu’aux précédentes réponses de l’organisme aux traitements. Une nouvelle approche consiste en la prise de létrozole, médicament qui diminue le taux d’œstrogènes en inhibant une enzyme (l’aromatase) impliquée dans la synthèse d’œstrogènes, ce qui augmente la sécrétion de FSH, stimulant ainsi le développement des follicules ovariens. En cas d’anorexie mentale, on préférera aux inducteurs de l’ovulation la pose d’une pompe à GnRH, par voie sous-cutanée, pour induire une ovulation. Car cette pathologie peut affecter l’axe hypothalamo-hypophysaire, situé dans le cerveau. Cet axe désigne deux glandes cérébrales qui sécrètent des hormones clés de la reproduction. Dans le détail, l’hypothalamus sécrète de la GnRH (pour gonadotropin-releasing hormone, aussi appelée gonadolibérine), qui va pousser l’hypophyse à sécréter LH et FSH, qui vont ensuite stimuler les ovaires. À savoir : un suivi médical rapproché est indispensable à la réalisation d’une stimulation ovarienne, car ces traitements comportent des risques (hyperstimulation, torsion de l’ovaire, grossesse multiple).
Le traitement de l’anovulation va dépendre des causes de celle-ci. Un traitement médicamenteux, ayant pour but de déclencher l’ovulation, pourra également être prescrit par le médecin. Il s’agit essentiellement du citrate de clomifène par comprimé ou de gonadotrophines (les gonadotrophines sont les hormones qui jouent un rôle sur les gonades - les ovaires chez la femme et les testicules chez l’homme). Elles consistent en des injections de FSH, de LH ou de GnRH. Des injections de FSH ou de LH peuvent aussi être réalisées. Ce traitement va agir directement sur les ovaires et sur le développement des follicules. Enfin, la pompe à GnRH est un autre traitement possible.
Contrôle du poids : si vous souffrez d’obésité, votre médecin peut vous recommander d’essayer de perdre du poids pour traiter votre anovulation. Si votre indice de masse corporelle (IMC) est faible, votre médecin peut vous recommander de prendre du poids pour traiter votre anovulation.
Alchémille, achillée millefeuille, gattilier sont des plantes connues et recommandées pour réguler les niveaux des hormones du cycle féminin, notamment la progestérone. On peut les prendre en tisane, en gélules ou encore en teinture mère diluée dans l’eau. Mieux vaut toutefois consulter un gynécologue ou une sage-femme ainsi qu’un naturopathe certifié, afin de ne pas risquer des erreurs de dosage et de posologie.
Impact des cycles irréguliers et longs sur la fertilité
Les cycles réguliers permettent de prédire plus facilement la période de fertilité, qui se situe généralement cinq jours avant et un jour après l’ovulation. En revanche, les cycles irréguliers compliquent cette prédiction, réduisant ainsi les chances de conception.
Les cycles irréguliers rendent la planification de la grossesse plus complexe, car ils rendent difficile l’identification de la fenêtre fertile. Cela signifie que les couples doivent souvent essayer plus longtemps pour concevoir par rapport à ceux dont les cycles sont réguliers. Les tests d’ovulation qui mesurent l’hormone lutéinisante (LH) dans l’urine peuvent ne pas être fiables pour les femmes avec des cycles irréguliers. Certains cycles irréguliers peuvent être liés à une insuffisance de la phase lutéale, où la production de progestérone n’est pas suffisante pour soutenir une grossesse.
En conclusion, ce que l’on appelle les « ovaires paresseux », quelle que soit la cause de leur « paresse », mérite une attention et une compréhension dans le domaine de la santé féminine en raison des répercussions que cela peut avoir.
Ovulation tardive et cycles longs
Un cycle menstruel normal varie entre 25 et 40 jours, sans que cela soit forcément inquiétant. Si ovuler tardivement n’est pas une pathologie en soi, cela peut avoir des répercussions sur un projet de grossesse. Certaines auront en effet des cycles plus courts (par exemple 25 jours) d’autres des cycles plus longs pouvant aller jusqu’à 35 ou 40 jours.
« Dans un cycle idéal de 28 jours, l’ovulation arrive 14 jours après le premier jour des règles. Mais, il est tout à fait possible d’ovuler avant le 14e jour, on parlera alors d’ovulation précoce ou bien d’ovuler après le 14e jour, on parlera alors d’ovulation tardive », explique la Dre Odile Bagot, gynécologue-obstétricienne. Dans le cas d’un cycle long, la phase folliculaire dure plus longtemps, ce qui retarde le phénomène d’ovulation et augmente la durée du cycle menstruel. Si la femme a des cycles menstruels de 28 jours, l’ovulation se produira au 14e jour du cycle (le premier jour du cycle est le jour où démarre le saignement menstruel actif). Si son cycle est long, elle se produira après le quatorzième jour du cycle (par exemple, dans un cycle de 40 jours, l’ovulation se produira au 26e jour du cycle).
Ainsi, chez la femme qui a toujours eu des cycles longs, la seule conséquence sera mathématique : celle-ci ayant moins d’ovulations au cours de l’année, elle aura donc moins de possibilités de tomber enceinte.
Une femme qui nourrit un projet de grossesse et présente des cycles longs et irréguliers doit consulter son gynécologue. « En première intention on prescrira un bilan hormonal afin de vérifier la prolactinémie - c’est-à-dire le taux de prolactine dans le sang - ainsi que la FSH », explique la Dre Bagot. « On demandera également à la patiente de faire sa courbe de température : c’est très simple à réaliser et cela donne rapidement une idée du cycle.
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