Curd Jürgens, figure emblématique du cinéma germanique et international, a marqué le XXe siècle par sa présence imposante et son talent d'acteur. Cet article explore sa vie privée, ses relations familiales et sa carrière prolifique.

Naissance et Jeunesse d'un Acteur Bilingue

Curd Gustav Andreas Gottlieb Franz Jürgen Jürgens est né le 13 décembre 1915 à Solln, en Bavière. Fils d'un riche commerçant hambourgeois et d'une institutrice française originaire d'Évian-les-Bains, Marie-Albertine Noir, il grandit dans un environnement bilingue franco-allemand. Il avait deux sœurs aînées, Jeanette et Marguerite. Après un court séjour à Munich, son père s'installe à Berlin suite à des affaires lucratives qui le mènent fréquemment dans la partie orientale de l'Empire russe après la Première Guerre mondiale.

Débuts dans le Journalisme et Premiers Pas au Théâtre

Après ses études, Jürgens débute une carrière de journaliste au 8-Uhr Abendblatt. Parallèlement, il prend des cours de théâtre. Il tente ensuite sa chance, sans grand succès, comme réalisateur et scénariste, principalement dans des productions autrichiennes.

Un grave accident de voiture en 1933 le contraint à une longue convalescence, période durant laquelle il s'essaie à la littérature. La première de ses cinq épouses, la riche et fantasque actrice Lulu Basler, le convainc de devenir acteur de théâtre à Vienne.

Période de Guerre et Nationalité Autrichienne

En septembre 1944, après le tournage du film Wiener Mädeln, Jürgens rencontre Robert Kaltenbrunner, le frère du chef de la Gestapo Ernst Kaltenbrunner, l'Obersturmbannführer-SS Otto Skorzeny, ainsi qu'un collègue de Baldur von Schirach, dans un café viennois. Quelques jours plus tard, il reçoit un ordre d'affectation pour un camp de travail en tant que "politiquement douteux". Il réussit à s'évader quelques semaines plus tard. En 1945, il obtient la nationalité autrichienne.

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Carrière Cinématographique : Ascension d'une Star Internationale

Après la guerre, Jürgens poursuit sa carrière d'acteur en Autriche et en Allemagne. Il devient rapidement une vedette, captivant le public, surtout les femmes, grâce à des films tels que The Mozart Story (1947), Le Baiser n'est pas un péché (1950), Vienne, 1er avril 2000 (1952) et La Dernière Valse.

En 1954, il accède au statut de star avec Le Général du Diable. Son succès dépasse alors les frontières de l'Allemagne, et il internationalise sa carrière. Il tourne en France pour Yves Ciampi dans Les Héros sont fatigués (1955), qui lui vaut la Coupe Volpi d'interprétation masculine au Festival de Venise, pour Roger Vadim dans Et Dieu créa la femme (1956) et pour Henri-Georges Clouzot dans Les Espions (1957).

Dans les années 1960 et 1970, Curd Jürgens devient une star internationale, incarnant souvent le stéréotype de l'Allemand parfait. Il apparaît dans de nombreux films historiques, de guerre ou d'aventures, aux côtés des plus grands noms du cinéma, tels que Romy Schneider dans Katia (1960), Merle Oberon dans Le Cœur et ses passions (1961), Alida Valli dans Le Désordre (1962), Jean Gabin dans Le Jardinier d'Argenteuil (1966), Yul Brynner dans La Bataille de la Neretva (1969), Roger Moore dans L'Espion qui m'aimait (1977) et Michel Serrault dans La Gueule de l'autre (1979).

Vie Privée : Mariages et Relations

Politiquement, Curd Jürgens était connu pour son soutien à Willy Brandt. Il s'est marié cinq fois : avec les actrices Lulu Basler (1938), Judith Holzmeister (1947) et Eva Bartok (1955), puis avec le mannequin Simone Bicheron (1958) et enfin, à partir de 1978, avec Margie Schmitz.

Sa stature imposante (1,93 m) et son impassibilité lui valent le surnom d'"armoire normande" de Brigitte Bardot.

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Filmographie Sélective

La filmographie de Curd Jürgens est vaste et variée. Voici quelques exemples de ses films les plus notables :

  • La Bataille d'Angleterre (1969) de Guy Hamilton
  • Château en Suède (1963) de Roger Vadim
  • La Gueule de l'autre (1979) de Pierre Tchernia
  • L'Espion qui m'aimait (1977) de Lewis Gilbert
  • Michel Strogoff (1956) de Carmine Gallone
  • Le Jour le plus long (1962) de Ken Annakin, Andrew Marton et Bernhard Wicki
  • Pas de roses pour OSS 117 (1968) d'André Hunebelle
  • Assassinats en tous genres (1969) de Basil Dearden
  • Les Héros sont fatigués (1955) d'Yves Ciampi
  • Psyche 59 (1964) d'Alexander Singer
  • Le Médecin de Hambourg (1968) de Rolf Olsen
  • La Percée d'Avranches (1978) d'Andrew V. McLaglen

Réalisateur

Curd Jürgens a réalisé trois films dans les années 1950 et un en 1961.

Problèmes de Santé et Décès

Dans les années 1970, Curd Jürgens subit plusieurs interventions chirurgicales au cœur. Il décède le 18 juin 1982 à Vienne, en Autriche, des suites d'une crise cardiaque, à l'âge de 66 ans.

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