Cet article explore l'utilisation des embryons de poulets dans la culture de vaccins, en particulier dans le contexte de la rage et de la laryngotrachéite infectieuse (LTI). Il aborde également les procédures de vaccination associées, les aspects épidémiologiques et les mesures de biosécurité.
La Rage : Épidémiologie, Diagnostic et Prophylaxie
La rage est une zoonose virale présente dans le monde entier, à l'exception de certaines îles du Pacifique et de l'Atlantique, ainsi qu'au Japon. Tous les animaux à sang chaud sont sensibles au virus de la rage, mais les mammifères, en particulier les carnivores et les chiroptères, sont les principaux vecteurs de la maladie. On distingue la rage canine, dont le vecteur principal est le chien, et la rage selvatique, dont le vecteur varie selon les zones géographiques (renard roux en Europe, raton laveur en Amérique du Nord, loup en Iran).
Diagnostic de la Rage
Chez l'homme, le diagnostic de la rage est possible par la mise en évidence des acides nucléiques viraux par RT-PCR dans la salive, sur des biopsies cutanées (pratiquées au niveau des follicules pileux de la nuque) et éventuellement sur le liquide cérébrospinal. Le diagnostic peut également être confirmé à l'autopsie, tant chez l'homme que chez l'animal.
Prophylaxie Post-Exposition (PPE)
Il n'existe aucun traitement efficace contre la rage une fois les symptômes déclarés. Cependant, il est possible de traiter efficacement les personnes après l'exposition au virus et avant l'apparition des symptômes grâce à la prophylaxie post-exposition (PPE). La PPE comprend une série d'injections de vaccin, associée dans certains cas à une sérothérapie. Les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la prophylaxie en fonction de la catégorie d'exposition ont été reprises par la Haute Autorité de santé en 2018 (HAS) et précisées pour la France par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) en septembre 2020.
En cas d'exposition à risque (principalement en zone d'enzootie ou en cas de contact avec une chauve-souris quelle que soit la zone), la prise en charge comprend plusieurs étapes, dont le parage de la plaie, la vérification de l'immunité antitétanique, la discussion d'une antibiothérapie et la recherche de l'animal. Si l'animal est suspect, inconnu ou non disponible, la personne mordue doit être adressée le plus tôt possible à un centre de vaccination antirabique qui décidera de l'indication d'une prophylaxie post-exposition.
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Vaccination Antirabique
La vaccination antirabique des chiens et des chats est obligatoire pour les animaux séjournant en camping et ceux qui se rendent à l'étranger avec le projet de revenir. L'obligation vaccinale est assortie de l'obligation de démontrer une séroconversion post-vaccinale chez l'animal. Les vaccins disponibles sont fabriqués soit sur cellules de lignée continue Vero, soit sur cellules d'embryon de poulet. Tous sont inactivés.
Le vaccin inactivé produit sur culture cellulaire de lignée continue Vero utilisant la souche Wistar Pitman Moore L503 3M est le Vaccin rabique Pasteur®. Le vaccin inactivé produit sur cellules d'embryon de poulet utilisant la souche Flury LEP est le vaccin Rabipur®.
La vaccination contre la rage est pratiquée par voie intramusculaire, dans le deltoïde chez l’enfant et l’adulte, ou dans la face antérolatérale de la cuisse chez le bébé. L'administration de la prophylaxie post-exposition est possible par voie intradermique suivant les recommandations de la Haute Autorité de santé (septembre 2018).
La Laryngotrachéite Infectieuse (LTI) : Une Maladie Aviaire
La laryngotrachéite infectieuse (LTI) est une maladie virale des voies respiratoires qui affecte principalement le poulet adulte. La maladie est causée par un herpèsvirus appartenant à la famille des alphaherpesviridae. Des formes bénignes et graves de la maladie ont été décrites.
Diagnostic de la LTI
Le diagnostic histopathologique reste la méthode standard pour le diagnostic de la maladie. Les lésions microscopiques qui caractérisent la LTI sont la formation de cellules syncytiales et de cellules épithéliales respiratoires avec des corps d’inclusion intranucléaires, ainsi qu’une nécrose et une hémorragie. L’isolement du virus à partir des échantillons du terrain peut être effectué sur des embryons de poulet exempts d’agents pathogènes spécifiques (SPF ECE), inoculés par la voie de la membrane chorioallantoïque (CAM) ou par isolement dans cellules rénales primaires d’embryons de poulet (CEK), des hépatocytes d’embryons de poulet (CELi).
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Transmission de la LTI
La transmission du virus aux oiseaux se fait par contact avec des oiseaux infectés ou des porteurs latents. Les voies respiratoires, oculaires et dans une moindre mesure la voie orale représentent les portes d’entrée naturelles du virus de la LTI. Le transmission du virus se fait aussi par l’exposition à des équipements, un personnel , des vêtements et des chaussures contaminées, par l’exposition à des déchets contaminés mal éliminés, la poussière contaminée, les coléoptères, l’eau potable et les fomites, ainsi qu’au fumier et aux carcasses infectées. La transmission de l’ILTV par le vent entre les exploitations est également très importante pour la propagation du virus.
Vaccination contre la LTI
Les premiers vaccins commerciaux vivants atténués du virus de la LTI d’origine embryonnaire (PDG) provenaient des souches virulentes isolées sur le terrain et atténuées par des passages successifs sur des œufs embryonnés. Tandis que la souche modifiée sur culture tissulaire (TCO) est le produit résultant des passages consécutifs de la souche virulente ASL L-6 dans des cultures de cellules embryonnaires de rein ou de foie de poulet. Les vaccins vivants atténués, comme les vaccins PDG, ont montré une capacité à limiter les flambées de la LTI. Ils ont montré leur efficacité dans la prévention de la mortalité, la réduction des signes cliniques et l’excrétion virale de manière significative.
Une nouvelle génération de vaccins viraux (FPV) et de virus de l’herpès virus du dindon (HVT) porteurs de gènes LTIIV a été mise au point et les vaccins sont disponibles actuellement dans le commerce. Ces vaccins vectorisés se caractérisent par l’absence de leur transmission entre les oiseaux, d’infections latentes par LTIV et de retour à la virulence.
Mesures de Biosécurité
Les mesures de biosécurité mal conduites ou insuffisantes sont reconnues comme facteurs de risque de la transmission indirecte, comme c’est le cas notamment de l’élimination des oiseaux morts et du fumier. Les pédiluves mal entretenus servent de point de concentration pour le LTIV. Par ailleurs, le changement de vêtements associé à la baignade est une mesure importante de biosécurité.
Vaccin contre la variole du singe (Mpox)
Indications
Immunisation active contre la variole, le mpox et la maladie causée par le virus de la vaccine chez les personnes âgées de 12 ans et plus.
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La Haute Autorité de santé recommande la vaccination :
- en priorité, des adultes qui ont eu un contact à risque avec un malade atteint de mpox
- des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) rapportant des partenaires multiples
- des personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples
- des personnes en situation de prostitution
- des professionnels des lieux de consommation sexuelle, quel que soit le statut de ces lieux.
Posologie
Primovaccination (personnes non précédemment vaccinées contre la variole, la variole du singe ou les virus de la vaccine) : Une première dose de 0,5 mL doit être administrée à une date donnée. Une seconde dose de 0,5 mL doit être administrée au minimum 28 jours après la première dose.
Rappel de vaccination (personnes précédemment vaccinées contre la variole, la variole du singe ou les virus de la vaccine) : Si une dose de rappel est jugée nécessaire, administrer une dose unique de 0,5 mL.
Mode d'administration
L’injection du vaccin doit se faire par voie sous-cutanée, de préférence dans le haut du bras. La voie intradermique est temporairement autorisée car elle permet des économies de vaccin. La dose utilisée par voie sous-cutanée est de 0,5 mL. La dose utilisée par voie intradermique est égale à 1/5e de ce volume, soit 0,1 mL.
Contre-indications
Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés dans la composition ou aux résidus présents à l’état de traces (protéines de poulet, benzonase, gentamicine et ciprofloxacine).
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