Introduction

L'avortement chez les bovins, et plus particulièrement la perte d'un veau, est un événement complexe aux causes multiples. Cet article vise à définir précisément ce qu'est un "cuir de veau avorté", à explorer les causes possibles de cet avortement et à discuter des implications pour l'éleveur.

Définition précise de l'avortement chez les bovins

L'avortement chez les bovins est défini comme l'avortement infectieux avec expulsion d'un fœtus ou d'un animal mort-né ou succombant dans les douze heures suivant la naissance, à l'exclusion des avortements d'origine manifestement accidentelle. Chez les bovins, on distingue la mortalité embryonnaire (dans les 45 premiers jours de la gestation) des avortements (après 45 jours de gestation).

Causes infectieuses de l'avortement

Les causes responsables des avortements sont très diverses et nombreuses. Parmi les causes infectieuses les plus courantes, on retrouve:

  • Brucellose: La France est officiellement indemne de brucellose mais a tout de même connu 2 foyers en 2013. Le risque existe donc toujours de voir réapparaître des avortements brucelliques en lien avec le déplacement d'animaux venant de zones infectées. Chez les humains, la brucellose est une maladie d’expression très polymorphe (« maladie aux cent visages ») de longue durée et évoluant par poussées successives. C'est une maladie assez répandu dont la contamination se fait généralement par voie respiratoire (poussières de bergerie, de fumier, …). Dans la majorité des cas, elle est responsable d'un syndrôme grippal bénin, qui se complique parfois en pneumonie. Elle est grave pour les femmes enceintes chez lesquelles elle entraînent une fausse-couche ou un accouchement prématuré.
  • Fièvre Q
  • Chlamydiose
  • Toxoplasmose: Les jeunes chatons sont excréteurs de toxoplasmes pendant une courte durée de leur vie.
  • Salmonellose

Les mélanges d'animaux originaires de troupeaux différents favorisent le passage des maladies d'un animal excréteur à un animal sensible. Pour éviter l'apparition d'avortement dans son troupeau, il faut éviter d'y faire entrer des animaux (mâles reproducteurs, agnelles ou chevrettes) au statut sanitaire inconnu. C'est particulièrement vrai pour la chlamydiose (et la brucellose).

Autres causes d'avortement

Il est normal d'observer quelques avortements dans un troupeau quand les animaux arrivent en fin de gestation. On considère qu'en dessous de 5%, il ne s'agit pas d'une anomalie. Face à un avortement dont la cause est connue (coup de corne, toxémie de gestation, injection de corticoïdes, …) il n'y a pas de raison de s'affoler.

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Diagnostic et analyses

Comme il est impossible de connaître la cause d'un avortement par la simple observation du fœtus ou de la mère, cette recherche passe par des analyses de laboratoire. De plus, d'un point de vue réglementaire, il est obligatoire de faire venir son vétérinaire sanitaire pour procéder à une recherche de brucellose par prise de sang (tous les frais correspondant sont pris en charge par l'Etat dans le cadre de la lutte contre la brucellose). En même temps, il est utile de rechercher la présence de Fièvre Q, de Chlamydiose et de Toxoplasmose, cette recherche se fait généralement par PCR (Polymerase Chains Reactor: analyse qui met en évidence le germe en cause) sur des écouvillons vaginaux associée parfois à des dosage d'anticorps par prise de sang.

Traitement et prévention

Il n'y a pas de remède en soit pour un avortement. Cependant, en cas d'avortements infectieux (Fièvre Q, Chlamydiose, Toxoplasmose), il faut tenter d'arrêter les avortements avant qu'ils ne touchent l'ensemble des animaux. Les traitements conventionnels font recours aux antibiotiques. Pour l'éleveur qui ne le souhaite pas, il est possible de faire de l'isothérapie. L'isothérapie est une méthode qui consiste à préparer une teinture-mère à partir de produits organiques prélevés sur l'animal malade (lait en cas de mammite, urine en cas d'infection générale, glaires vaginales dans les cas des avortements. Concrètement, il faut réaliser un écouvillon vaginal. Au bout de 48h, il mettre 1 ml de la teinture-mère dans 90 ml d'eau (eau de source ou eau minérale), puis taper 20 fois le flacon contre de la paume de sa main our redynamiser. On obtient ainsi une 1 CH.

Importance de la prévention

La prévention est essentielle pour minimiser les risques d'avortement dans un troupeau. Cela passe par:

  • L'évitement de l'introduction d'animaux au statut sanitaire inconnu.
  • Une bonne gestion de l'alimentation des animaux, en particulier en fin de gestation.
  • Un environnement propre et sain pour les animaux.

Toxémie de gestation

La toxémie de gestation est une maladie métabolique qui affecte les brebis et les chèvres en fin de gestation. Consécutive à une erreur dans la conduite de l'alimentation , elle se traduit par une impossibilité pour l'animal de se tenir debout. En fin de gestation, l'appetit d'une brebis ou d'une chèvre est limité par l'encombrement de l'utérus dans l'abdomen, particulièrement en cas de doubles ou de triplés. Comme l'apport énergétique par les aliments est insuffisant, l'animal va mobiliser ses graisses corporelles. Cette hypoglycémie entraîne une faiblesse qui empêche l'animal de se lever. Les vaches ne connaissent pas les toxémies de gestation avant mise-bas, mais par contre, les fortes laitières (comme les chèvres) sont exposées à une acétonémie post-partum (c'est-à-dire dans les 30 premiers jours qui suivent le vêlage. Six semaines avant la mise-bas, il faut donner un foin plutôt appétent, pas trop grossier et commencer la complémentation par un concentré (céréale de type orge, à raison de 50 à 100 g/j ). La période qui entoure la mise-bas est la plus propice à l'apparition de maladies diverses. Dans le dernier mois de gestation, les besoins alimentaires de chèvres et de brebis augmentent, d'autant plus si elles portent des doubles ou des triples, alors que parallèlement leur appétit décroît (à cause de la prise de place par l'utérus dans l'abdomen). Il est donc indispensable d'apporter une alimentation suffisamment riche (foin pas trop grossier + céréale) afin d'éviter une toxémie de gestation. Par ailleurs les besoins en vitamines et oligoéléments sont plus importants à cette période.

Prolapsus vaginaux

Il arrive parfois que certaines brebis ou chèvres présentent des prolapsus vaginaux dans le dernier mois de gestation. Ce phénomène est d'origine mutlifactorielle. Il se produit par un effet mécanique dû au poids de l'utérus. Cet effet mécanique est favorisé si les animaux sont obligés de mettre les pattes avant sur un trottoir surélevé pour atteindre les mangeoires.

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Mise-bas et soins aux nouveau-nés

Evidemment dans la majorité des cas, la mise-bas se déroule sans problème. Il est inutile d'intervenir trop, trop tôt ou trop systématiquement. Si il est nécessaire d'intervenir, il est indispensable de le faire avec des mains propres et largements lubrifiées. La tétée du colostrum (100ml/kg) dans les quatre premières heures est indispensable car elle permet à l'agneau ou au chevreau de se défendre contre les risques infectieux, particulièrement les diarrhées. L'agneau ou le chevreau qui vient de naître à des réserves énergétiques limités. Il peut être sensible au froid, aux courants d'air.

L'infection du nombril ("gros nombril") se traduit par une augmentation de volume du reliquat de cordon ombilical qui est douloureux à la pression. Quand un agneau ou un chevreau de moins de quinze jours refuse de têter, il est indispensable de vérifier qu'il n'a pas une infection du nombril.

Apport de magnésium (sous forme de chlorure soluble dans l'eau ou d'oxyde en poudre): il a pour rôle de renforcer les défenses immunitaires et de favoriser la contractibilité de l'utérus lors de la mise-bas. Apport de sélénium (sous forme de sélénite de sodium en liquide associé à de la vitamine E ou en semoulette): le sélénium est un anti-oxydant qui joue un rôle dans les défenses immunitaires. Litière propre, sèche, protection contre les intempéries. Têtée du colostrum (200 ml/kg les 12 premières heures dont au moins 100 ml les 4 premières heures).

Mammites

C'est une des principales maladies des ruminants laitiers. les mammites avec agalactie (= pis de bois) : mammites cliniques souvent liées au CAEV chez la chèvre, à la Visna-Maedi ou au mycoplasme chez la brebis. Les mammites gangreneuses : mammites cliniques dues à un staphylocoque qui provoquent une nécrose du quartier plus ou moins étendue (cf. Les congestions mammaires ne sont pas des mammites: elles se caractérisent par un pis gonflé, dur, parfois un peu douloureux mais qui contient du lait normal. Les congestions mammaires sont fréquemment provoquées par un excès alimentaire en fin de gestation (ration à base de luzerne ou pâturage au début de croissance d'herbe par exemple). En début de lactation, il est possible d'observer du sang dans le lait ou un lait rosé. Il ne s'agit pas forcément d'une mammite s'il n'y a pas de grumeaux dans le lait et que la mamelle est normale. Ce phénomène disparaît au bout de quelques jours. Les mammites sub-cliniques sont fréquemment provoquées par des germes appelés "pathogènes mineurs" tels que le Staphylocoque coagulase négative (parfois appelé Staphylocoque non aureus). Il y a toujours des symptômes locaux : - Mamelle chaude, dure, rouge - Lait modifié : grumeaux, aspect aqueux. Apparition d’une zone bleue à noire sur la mamelle, froide au toucher et qui envahit progressivement toute la mamelle. Un des premiers signe de mammite subclinique est l'asymétrie de la mamelle: on parle de "pis déséquilibré" (cf. Réglage régulier de la machine à traire par une personne compétente. Hygiène de la traite. Alimentation équilibrée. Regrouper toutes les animaux à cellules dans un lot à traire en dernier. Traire les primipares en premier. Faire du trempage de trayon après la traite. Avoir une politique de réforme des chèvres à cellules plus drastique. Pour avoir une chance de guérir une mammite, il est indispensable d'intervenir le plus tôt possible. Il est conseillé d'y associer un drainage hépatique et rénal par voie orale pendant la durée du traitement.

Blessures

Une plaie blessure est une effraction plus ou moins profonde et plus ou moins étendue de la peau et des tissus sous-jacents. La peau (provenant du latin pellis) est un organe composé de plusieurs couches de tissus. Le derme, plus épais: il est vascularisé et nourrit l'épiderme. L'hypoderme est un tissu conjonctif lâche qui rattache la peau aux muscles sous-jacents. Il peut contenir des cellules graisseuses. D'abord… Toute plaie un peu profonde se traduit par une hémorragie due à la rupture des artères de la peau et parfois des artères plus profondes. En générale, ces hémorragies sont d'importance limitées et s'interrompent par les processus naturels de réaction de l'organisme appelé hémostase. Une blessure est une porte d'entrée des germes qui se traduira par une infection locale ou plus générale si la plaie reste souillée ou si elle est anfractueuse. Cette infection locale se traduira par un gonflement douloureux de la plaie et parfois une suppuration. Souvent le ganglion associé à la zone infectée grossira de volume et sera sensible. La cicatrisation est un phénomène naturel de reconstruction d'une zone lésée. En ce qui concerne la peau, il s'agira d'éliminer les lésions pour les remplacer par des cellules saines. A l'inverse si les bords de la plaie sont écartés ou si l'abrasement de la peau est important, la cicatrisation sera plus longue car les cellules devront être reconstituées par la base de la peau. Le diagnostic d'une plaie ne pose pas de problème. En cas d'hémorragie importante, il faut vérifier qu'une artère importante ne soit pas atteinte. Pour qu'une plaie puisse être suturée et que la cicatrisation se fasse dans les meilleures conditions, il est nécessaire que la pose des points se fasse rapidement (dans les heures qui suivent l'accident). Car particulier de la mamelle: les plaies de la mamelle sont fréquentes chez la chèvre et sont à prendre au sérieux. Si la plaie est superficielle, sans écoulement de lait, elle peut être soignée simplement (spray cicatrisant, baume, etc.). En élevage de chèvres de nombreuses blessures sont dues à des coups de corne. Les chèvres se battent pour créer et maintenir la hiérarchie dans le troupeau. Des modifications dans les lots, l'introduction d'une chèvre dans un groupe déjà existant, constituent de causes fréquentes de bagarre. En bâtiment, il convient de faire attention à tous les risques de coupure: clous saillants dans la mangeoires ou cornadis en bois, boulon sur les cornadis métalliques, … Si la plaie est plus profonde, il sera préférable d'utiliser un baume aux huiles essentielles qui est aussi utile pour maintenir une plaie désinfectée et favoriser la cicatrisation.

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Strongles gastro-intestinaux

Les strongles gastro-intestinaux sont de minuscules vers ronds, visibles à l'oeil nu et qui colonisent la caillette, l'intestin grêle ou le gros intestin des ruminants. Ils possèdent un cycle simple: les adultes, présents dans le tube digestif, pondent des oeufs qui, une fois sur le sol, donnent naissance à des larves. Celles-ci se métamorphosent deux fois et donnent des larves L3 infestantes. La brebis ou la chèvre avale L3 en broutant l'herbe. Une fois dans le tube digestif, L3 pénètre dans la muqueuse, se métamorphose encore deux fois pour donner à la fin un nouvel adulte qui sort de la muqueuse. Dans de bonnes conditions (chaleur et humidité), il faut environ trois semaines pour boucler le cycle. Dans le milieu extérieur, les larves sont capables de résister plusieurs mois, même si nombre d'entre elles sont détruites par les rayon UV l'été et par le froid l'hiver. A l'automne, un certain nombre de larves, présentes dans la muqueuse du tube digestif arrêtent leur développement qui reprendra au printemps. Certains strongles sont localisés dans la caillette: il s'agit notamment d'Haemonchus contortus. C'est un parasite hématophage, c'est-a-dire qu'il se nourrit de sang. Avec ses crochets, il incise la muqueuse de la caillette et consomme une partie du sang qui s'échappe de la plaie. On considère qu'un seul haemonchus entraîne la perte de 2 ml de sang par jour ! Haemonchus est responsable d'anémies sévères chez les petits ruminants avec parfois des mortalités brutales sans symptôme annonciateur. Teladorsagia est un autre parasite de la caillette mais qui n'est pas hématophage. Il est responsable d'amaigrissement et de baisse de production. Trichuris est présent dans le caecum et peut provoquer des diarrhées, parfois sévères. A une exception près, c'est a…

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