L'histoire d'Amiens et de ses environs est riche et complexe, marquée par des événements historiques, des transformations urbaines et des initiatives locales. Au cœur de cette dynamique se trouve le Journal d'Amiens Métropole (JDA), un média local dont l'histoire est étroitement liée à celle de la ville. Cet article explore l'histoire du JDA, son évolution, ainsi que les événements récents qui façonnent Amiens et sa métropole.
Les Origines de Pont de Metz et du JDA
Avant de plonger dans l'histoire du JDA, il est essentiel de comprendre le contexte historique et géographique de la région. À l'époque gallo-romaine, une propriété rurale existait à l'extrémité de la rue de la Cateuse actuelle. Plus tard, au Vème siècle, une propriété rurale s'appelait "Mansus", un terme latin signifiant "habiter, demeurer". La transformation de ce mot a donné "Mas" en langue d'oc et "Mes" en langue d'oil.
Le pont de la route de Rouen, permettant de franchir la Selle, était autrefois un pont à péage, confirmé par un arrêt du Conseil d'état du Roy du 8 mars 1746. L'arrêt de la ligne Amiens-Rouen, surnommé "La Grimpette" en raison de ses nombreuses marches (44), a été construit sur un remblai de 8 mètres et n'est plus utilisé aujourd'hui.
Des sites préhistoriques et protohistoriques (âges du bronze et du fer) ont été découverts, attestant d'une occupation humaine très ancienne. Au XIIème siècle, le territoire était divisé en deux seigneuries : laïque et ecclésiastique. La seigneurie ecclésiastique, comprenant la majeure partie du vieux village, dépendait des doyens du Chapitre de Notre-Dame d'Amiens.
Le 7 mars 1471, Charles le Téméraire campa sur les hauteurs dominant Pont de Metz lors de sa lutte contre Louis XI. En 1507, les coutumes locales du village de Mez furent rédigées par écrit. En 1597, après la prise d'Amiens par les Espagnols, Henri IV assiégea la ville pour la reconquérir.
Lire aussi: Crèche Le Roi Mathias: Inscription et infos pratiques
L'église a été construite en deux parties : une chapelle fin XVIème début XVIIème siècle, dont le chœur a été prolongé par une nef à la fin du XVIIème siècle, elle-même restaurée en 1764. Le château actuel date du XIXème siècle, avec une façade modifiée en 1848.
De nombreux moulins à eau se sont établis sur les différents bras de la Selle près du Pont. Les textes anciens mentionnent des moulins à blé, mais aussi des moulins à tan, à huile, à drap, à papier et au bois rouge. Au commencement du second empire, les frères Arquembourg achetèrent les moulins à bois rouge et édifièrent une importante usine de peignage et de filature de lin, qui fut ensuite acquise par la maison SAINT FRERES puis revendue à M. Petersen.
Aux siècles derniers, la croyance en l'existence des sorciers était fortement enracinée dans l'esprit des habitants du village. Le 13 mai, fête de la Saint Servais, chaque jeune homme offrait à sa danseuse privilégiée une figurine en pain d'épice, appelée "cadet de Saint Servais". Jadis, on baignait les enfants malades dans une fontaine située au bas de la côte du château pour obtenir leur guérison.
La Naissance du JDA: D'Amiens Capitale au Journal d'Amiens Métropole
L'histoire du JDA remonte à mars 1992, sous la municipalité de Gilles de Robien, avec la création du journal "Amiens Capitale". Distribué gratuitement dans toutes les boîtes aux lettres amiénoises, ce journal était édité par la société Amiens éditions, fondée par Pierre Devred, Jean-Jacques Blangy et Bruno Faille, des figures de la droite amiénoise.
Pierre Devred, ancien patron de la chaîne de magasins de prêt-à-porter Devred, était le gérant de la société d'éditions. Jean-Jacques Blangy est l'actuel président du Medef de Picardie, et Bruno Faille est expert-comptable à Amiens. Tous trois étaient proches de Gilles de Robien.
Lire aussi: Service de crèche CHU Amiens
"Nous étions plusieurs à avoir l'idée de créer un hebdomadaire qui mette en valeur ce qui se faisait de bien. À cette époque, le Courrier picard n'était pas brillant niveau positivisme", explique Bruno Faille. Olivier Bompard, de l'agence de communication Grand Nord, gérait la régie publicitaire du journal.
La ligne éditoriale d'Amiens Capitale était conçue comme une réaction à celle du Courrier picard : "Soutenir le développement de la ville, la modernisation, positiver, donner l'envie de rester à Amiens. Nous parlions davantage des entreprises qui s'implantaient que de celles qui fermaient", selon Pierre Mabire, ancien journaliste du Courrier picard, passé ensuite à Amiens Capitale.
Gilles de Robien se souvient : "C'était, à cette époque, un journal de combat contre une municipalité qu'ils n'avaient pas souhaité." Pierre Mabire ajoute : "C'était surtout le côté nihiliste que l'on reprochait au Courrier picard à cette époque. Tout ce qui bougeait dans les entreprises ne les intéressait pas, y compris sous la municipalité de gauche. Il fallait casser, casser, rechercher le scoop même là où il n'y en avait pas."
Amiens Capitale a été créé dans le cercle proche de Gilles de Robien : "C'était une idée qui était en l'air. On voyait régulièrement le maire", se souvient Bruno Faille. "On était quelques copains qui pensions que Gilles de Robien faisait du bon boulot."
Le journal avait pour objectif de "faciliter le travail de la Ville dans sa communication". Bien que n'étant pas directement financé par la mairie, Amiens Capitale entretenait des relations étroites avec la municipalité De Robien. "Si on avait besoin de solliciter des fournisseurs de la Mairie pour des publicités, on avait plus facilement des contacts", admet Bruno Faille. "Il était question, pour nous, de faciliter le travail de la Ville dans sa communication. Quand on trouvait que le Courrier Picard abusait, on le lui disait. Mais Amiens Capitale n'était pas le canard béni oui-oui de la Mairie. Ce que nous voulions, c'était seulement soutenir le maire. Nous avons apporté un droit de réponse face au Courrier picard."
Lire aussi: Guide Complet Crèche Amiens Sud
Malgré l'aide de la ville, la publicité ne suffisait pas à assurer la rentabilité du journal. Un club nommé "Amiens capitale" a été créé pour le financer, organisant des réunions mensuelles avec la visite occasionnelle du maire.
La Transition vers le Journal des Amiénois et le JDA
Lorsque Amiens Capitale a rencontré des difficultés financières, les élus de l'époque ont décidé de ne pas le laisser disparaître. Ils ont alors sabordé le journal de la Mairie, "Ensemble", pour créer un hebdomadaire : le Journal des Amiénois.
La Ville a repris la maquette d'Amiens Capitale avec l'accord de ses anciens dirigeants, ainsi qu'une partie de l'équipe de journalistes et publicitaires. Les journalistes ont perdu leur carte de presse et sont devenus contractuels de la fonction publique.
Dès ses premiers numéros, une ambiguïté est apparue : était-ce un journal institutionnel ou une offre de presse concurrente au Courrier picard ? La transition semblait d'autant plus légère que la publicité demeurait et la maquette restait inchangée.
La ligne éditoriale du Journal des Amiénois visait à "annoncer ce qui allait se passer, de montrer le bon côté des choses. Le parti pris, c'était uniquement le positif", selon Brigitte Fouré, alors dans l'équipe municipale.
Gilles de Robien explique : "Nous voulions créer un hebdomadaire qui permette aux Amiénois de prendre de la distance, de réfléchir, de prendre les problèmes dans leur ensemble. Ce n'était pas plus objectif que le Courrier Picard, mais plus équilibré. Ce que nous cherchions, c'était avoir des informations plus œcuméniques, un journal un peu plus magazine et calme, des sujets de fonds."
En 2000, lors de la création d'Amiens métropole, le Journal des Amiénois est devenu le Journal d'Amiens métropole (JDA), "à la demande des habitants des communes de la métropole qui souhaitaient aussi recevoir le JDA", selon Brigitte Fouré.
Bertrand Bellanger, directeur actuel des services de la communication d'Amiens métropole et directeur de la rédaction du JDA, assure que le JDA ne souhaite pas de mal au Courrier Picard et qu'il y a besoin d'une presse indépendante. Des partenariats existent entre les deux médias, mais le JDA tient à produire un journal hebdomadaire en raison du quasi-monopole du Courrier Picard.
Annick Carbonnier, directrice de la publication du JDA, souligne que la ville d'Amiens est l'une des rares en France à avoir encore une publication hebdomadaire. L'équipe du JDA est composée de "quatre journalistes et demi, un secrétaire de rédaction et demi, un rédacteur en chef, un graphiste et un photographe".
Bertrand Bellanger affirme que les journalistes du JDA se sont toujours revendiqués comme indépendants et que l'idée est de partir du point de vue de l'habitant.
Le JDA Aujourd'hui: Entre Information Locale et Enjeux Politiques
Aujourd'hui, le JDA continue d'être un acteur important de l'information locale à Amiens et dans sa métropole. Distribué gratuitement, il est financé par les contribuables d'Amiens métropole, avec un coût estimé à environ 18 centimes par exemplaire.
Avec ses 93 000 exemplaires distribués chaque semaine, le JDA est devenu un véritable compagnon dans le quotidien des Amiénois, étant souvent leur premier vecteur d'informations écrites sur l'actualité locale.
Le JDA se concentre sur les actions de la métropole, tandis que le maire a créé "Amiens forum" pour exprimer une couleur politique plus affirmée.
Le JDA a connu un changement dans sa distribution, n'étant plus disponible dans toutes les boîtes aux lettres, mais accessible chez plus de 300 commerçants de la métropole.
Actualités Récentes d'Amiens et de sa Métropole
Amiens et sa métropole sont en constante effervescence, avec des événements divers et variés. Voici quelques exemples d'actualités récentes :
- Braderie gratuite pour les étudiants: Une braderie 100% gratuite est organisée pour les étudiants, offrant la possibilité de dénicher des trésors à petits prix.
- Mise en place de la passerelle Samarobriva: Le projet de la passerelle Samarobriva avance au parc Saint-Pierre, facilitant les déplacements dans la ville.
- Restauration du patrimoine culturel: La ville d'Amiens prend soin de son patrimoine culturel avec la restauration des vitraux et des toiles de l'église Sainte-Anne.
- Débat politique sur le futur de la mairie: La démission de Brigitte Fouré suscite de nombreuses spéculations sur son successeur.
- Événements sportifs et culturels: Amiens est le cadre de nombreux événements sportifs et culturels, tels que le festival "Amiens Met la Pression".
- Les enjeux de la santé publique: La campagne de vaccination contre la grippe et le Covid-19 s'installe, et des initiatives sont prises pour améliorer l'accès aux soins.
- Initiatives citoyennes et solidarité: La ville a mis en place des frigos solidaires pour aider les plus démunis.
- Mobilité et urbanisme: Amiens a lancé un système d'autopartage en collaboration avec Getaround, encourageant des modes de transport plus durables.
Les Défis et les Opportunités d'Amiens
Amiens et sa métropole continuent d'évoluer, avec des avantages tels qu'un tissu associatif dynamique et des améliorations des infrastructures. Cependant, des défis persistent, notamment en matière de sécurité publique et d'actualités parfois négatives.
Les amiénois bénéficient d'une vie associative florissante et de nouveaux aménagements qui dynamisent la ville, mais il reste des défis à surmonter pour garantir la sécurité et la satisfaction de tous.
Anecdotes et Curiosités Amiénoises
Le JDA révèle également des détails insolites des rues d'Amiens, tels que :
- La maison de l'Atlante: Une façade remarquable par sa profondeur de seulement 1,50 m.
- Les japonaiseries de la rue des Cordeliers: Une maison en brique jaune ornée d'une magnifique mosaïque de Pierre Ansart.
- René Lamps et Gilles de Robien sur le beffroi: Des sculptures discrètes représentant les anciens maires d'Amiens.
- La rue Tournecoëffe: L'une des plus petites rues d'Amiens, connue pour son nom original.
- La queue de vache: L'ancien nom du quai Bélu, où l'on faisait boire les vaches.
- La place Saint-Michel avec une statue de Pierre l'Ermite: Une statue représentant un chanoine d'Huy, prédicateur de la première croisade et né à Amiens.
- Les maisons néomédiévales face à la cathédrale: Des constructions du début du XXe siècle qui jouent avec les références gothiques.
- Roland Dorgelès l'Amiénois: La maison natale de l'écrivain Roland Dorgelès, auteur des "Croix de bois".
- Fenêtres murées et le mythe de l'impôt: Des fenêtres murées que l'on retrouve sur de nombreuses maisons amiénoises, souvent associées à un ancien impôt sur les fenêtres.
