À leur naissance et durant les premiers mois de leur vie, tous les bébés crient. Se sentir dépassé est normal. En réalité, ils « crient » plus qu’ils ne « pleurent », puisqu’ils ont un cri bien tonique et n’ont pas de larmes ni de sanglots. Les cris sont le moyen d’expression de votre bébé. Ils lui permettent de vous alerter et de vous faire venir auprès de lui. En tant que parents ou proches, il est parfois difficile de comprendre ce que ces pleurs signifient et d’y répondre efficacement. Cet article vous guide pour identifier les différents types de pleurs et y apporter une réponse adaptée, afin de calmer votre bébé tout en renforçant votre lien d’attachement avec lui.
Pourquoi les Bébés Crient-ils ?
Les pleurs expriment en effet une demande : désarroi d’être seul dans son berceau, mal au ventre ou coliques, faim, inconfort à cause de la chaleur, etc. Ils sont un moyen pour votre enfant de vous appeler. Un bébé qui pleure est un bébé qui tente tout simplement de communiquer avec vous, ses parents, ou la personne qui prend soin de lui en votre absence, en attendant une réponse au besoin exprimé.
Jusqu’à la période d’acquisition du langage, ou à l’utilisation d’une méthode de communication comme la langue des signes pour bébé, pleurer est le seul moyen d’expression pour votre enfant. Il pleure pour exprimer un besoin : il a faim, il est fatigué, stressé ou contrarié, il a des problèmes de digestion…
Le besoin de contact
La principale cause des pleurs chez le nourrisson est le besoin de contact. Dès sa naissance, un bébé cherche instinctivement la proximité de l’un de ses parents ou adulte responsable de lui pour se sentir en sécurité. Les pleurs sont souvent l’expression d’un besoin de réconfort immédiat. Le contact physique et la chaleur de votre corps, le rythme de vos pas, les battements de votre cœur lui procurent en effet une sensation de bien-être et renforcent son équilibre émotionnel. Un bébé ne pleure pas « pour rien » : il exprime un besoin fondamental d’attachement et de sécurité.
Identifier et Interpréter les Différents Types de Cris
Au départ, il est souvent compliqué pour les jeunes parents de décoder les pleurs de leur bébé. Pas de panique ! Vous parviendrez progressivement à les identifier et les différencier : sons émis, intensité des pleurs, expressions du visage… Tant de signes auxquels vous fier pour vous aider à mieux comprendre votre enfant et à calmer ses pleurs. En fonction de la raison de ses pleurs, votre enfant exprimera son besoin différemment : pleurs à chaudes larmes, cris et hurlements stridents, sons aigus et courts… rappelez-vous que ces cris et pleurs ne sont en aucun cas volontaires ! Votre bébé s’exprime, tente de vous faire part de ses émotions, ressenties à l’instant présent.
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Observer votre bébé et apprendre à identifier ses différents pleurs vous aidera à mieux répondre à ses besoins. Durant les premiers mois, il est nécessaire que la réponse aux pleurs de votre nouveau-né soit immédiate et adaptée. À cet âge, il n’a pas encore la capacité de se calmer seul et a besoin d’être rassuré par la présence de ses parents. C’est d’abord le contact et le bercement qui calment un enfant, la chaleur du corps de sa maman, de son papa ou du co-parent, leur voix.
Les pleurs de faim
Votre nourrisson fait des petits mouvements de succion avec sa bouche, qui vous alertent sur son besoin de téter. Sa langue touche son palais, l’air sortant de sa bouche provoque des sons particuliers, semblables à un « nèh ». Lorsque vous le caressez près de la bouche, il tournera la tête pour tenter d’attraper le sein de sa maman pour téter. Il peut aussi se mettre à sucer ses petits poings. Si vous venez de nourrir votre enfant mais qu’il pleure et ne semble pas suffisamment rassasié en fin de tétée, vous pouvez alors envisager des tétées plus longues et/ou de stimuler un peu plus votre lactation. Toutefois, il convient de vérifier ses courbes de poids avec votre médecin ou le pédiatre de votre enfant. En effet, des crises de pleurs chez votre nourrisson ne sont pas nécessairement liées à la faim, et la solution à ces pleurs excessifs ne se trouve peut-être pas dans l’augmentation de la quantité de lait.
Les pleurs liés à l'inconfort
L’inconfort est une cause fréquente des pleurs chez le nourrisson. Vous pouvez commencer par vérifier sa couche : une couche sale ou trop serrée peut provoquer une gêne et un inconfort immédiat. Ensuite, assurez-vous que sa tenue est adaptée à la température ambiante. Un bébé peut pleurer s’il a trop chaud ou trop froid. Parfois, un simple ajustement suffit à soulager votre bébé. Desserrez ses vêtements si vous remarquez qu’ils sont trop serrés, changez sa position pour lui offrir plus de confort et assurez-vous qu’il n’est pas dérangé par un bruit ou une lumière trop forte.
Si votre bébé est nourri au biberon, les pleurs survenant lors de la prise des biberons expriment souvent un sentiment d’inconfort. Vérifiez alors le débit de la tétine : il peut être trop lent ou trop rapide. Faites une petite pause pendant la tétée : si ses cris correspondent à une série de petits sons brefs et saccadés « Èh ! Èh ! Èh ! » et que votre bébé se tortille, il a sans doute tout simplement besoin de faire un rot !
Les pleurs de fatigue
Plusieurs signes accompagnant ses pleurs, au son proche d’un « Aoh » qui vient du réflexe de bâillement, permettent de savoir lorsque votre bébé est fatigué ! Il peut bailler, fermer les yeux par intermittence, se les frotter ou frotter ses oreilles, regarder dans le vide, ne plus répondre aux stimuli. Il peut aussi sembler irrité ou excité sans raison.
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Les pleurs liés aux troubles digestifs
Les pleurs peuvent être liés à des troubles digestifs fonctionnels fréquents chez le nourrisson. On dit « fonctionnels » car ils ne correspondent à aucune lésion, mais plutôt à un trouble du fonctionnement digestif, du fait de son immaturité. Si votre bébé crie en tétant, il peut souffrir d’un réflexe gastro-colique, causé par une ingestion rapide de lait qui met le tube digestif en fonction brusquement, ce qui entraîne une douleur intestinale. Pour l’aider, faites des pauses pendant la tétée ou le biberon pour faciliter les rots.
Le reflux gastro-œsophagien, peut aussi être source de pleurs lorsqu’il se produit à distance de la tétée et est acide. Pour soulager votre bébé, donnez-lui ses repas dans le calme, évitez de trop serrer sa couche et privilégiez une position verticale après la tétée. Enfin, certains nourrissons présentent une mauvaise digestion du lactose, se manifestant par des gaz, des selles acides et un érythème fessier après le biberon.
Des troubles digestifs et notamment une constipation, peuvent être douloureux et causer des crises de pleurs chez votre enfant. Les cris se font alors plus stridents et plus longs, avec un son du type « Eerh ».
Les pleurs du soir (pleurs de décharge)
Il existe un autre type de pleurs, les pleurs du soir, aussi appelés pleurs de décharge. Les pleurs du soir surviennent entre 18h et minuit, et durent en moyenne 3 heures. Votre bébé a bien mangé, il a pris son bain, vous lui donnez de l’attention mais il pleure quand même ! Pendant ces « pleurs du soir », votre bébé semble souffrir, son visage est rouge, il a les poings serrés, son ventre est ballonné et son front plissé. On parle souvent de « pleurs de décharge » qui peuvent être un moyen pour votre enfant de faire part à ses parents des différentes émotions ressenties dans la journée. Tout comme la vôtre, elle a été longue et éprouvante.
Pour calmer votre bébé lors de l’arrivée de ces épisodes de pleurs de décharge, instaurez à la maison une atmosphère douce et ralentissez le rythme. Essayez de mettre votre enfant au calme, limitez les bruits forts et les lumières vives. En rentrant à la maison auprès de ses parents et dans un environnement familier, votre enfant a besoin de faire le point : nouveaux visages, nouvelles odeurs, nouvelles voix… Parlez à votre enfant et laissez-le s’exprimer (à sa manière) sur ce qu’il a pu ressentir tout au long de sa journée. Patience, les pleurs du soir sont physiologiques et s’atténuent et/ou disparaissent généralement vers ses 3 à 4 mois de vie.
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Les pleurs pendant le sommeil
Si votre bébé gémit ou semble pleurer alors qu’il dort, il est important de ne pas le réveiller immédiatement. Il peut s’agir d’une phase de sommeil dit « agité », durant laquelle il émet des petits gémissements sans être réellement réveillé. Dans certains cas, votre bébé semble agité et pleure pendant son sommeil, sans se réveiller : il s’agit du passage d’un cycle de sommeil à un autre. C’est un événement tout à fait normal qui ne relève pas de troubles du sommeil, mais simplement du bon déroulement de ses cycles de sommeil. Dans ce cas, n’essayez pas de réveiller votre bébé en lui parlant ou en le caressant.
Décoder les Cris : Le Dunstan Baby Language (DBL)
Depuis quelques années, des méthodes ont vu le jour et contribuent à aider les professionnels de la petite enfance ainsi que les parents à entrer en communication avec les bébés. Le principe Dunstan Baby(DBL) qui aide à comprendre les gémissements et les pleurs de bébé selon leur sonorité.
C’est l’histoire d’une maman, Priscilla Dunstan, chanteuse lyrique australienne, douée de ce que l’on appelle « l’oreille absolue » c’est-à-dire la capacité d’entendre et de reconnaître à l'écoute d'un son, les notes de musique correspondantes sans référence auditive préalable.
Comme beaucoup de parents, elle s’est retrouvée démunie face aux pleurs de son enfant et a décidé, en 1998, d’utiliser son don pour tenter de décrypter les sons de son bébé. Elle a donc consigné dans un journal tous les sons ainsi que ses gestes, ses postures et les réactions de son bébé. Elle s’est aperçue qu’elle pouvait ainsi répondre aux pleurs de son bébé et par conséquent retrouver la sérénité pour elle et son enfant.
Selon cette méthode, les principaux sons à identifier sont :
- Nèh : « j’ai faim ». Le bébé colle sa langue au palais et la redescend, il simule la succion en pleurant.
- Èh : « j’ai besoin de faire un rot ». Après la tétée, de l’air peut rester bloqué dans l’œsophage, les muscles se contractent pour essayer d’expulser l’air, d’où ce bruit guttural. Si le bébé fait "Eh eh eh", ce n'est pas la peine de le bercer, il ne va pas s'endormir, il faut d'abord lui faire faire son rot pour lui permettre de se calmer.
- Aoh : « je suis fatigué ». Ce son s’échappe lors d’un bâillement, bouche ouverte en forme ovale. Il tourne sa tête de gauche à droite.
- Eerh : « j’ai des gaz ». Le bébé sert les poings et se contracte, le ventre se durcit.
- Guèn : « j’ai mal aux dents ». Le bébé salive beaucoup, il met ses doigts à sa bouche comme s’il voulait se masser les gencives.
- Nah : « j’ai soif ». Le bébé a la bouche sèche, il essaie de déglutir pour la mouiller.
- Ouin : « je n’en peux plus ». Le bébé a le corps tout contracté seul la bouche est grande ouverte. Il tremble un peu et fait des mouvements saccadés.
- Lelaol : « je me sens seul ». Ce sont de petits cris plaintifs, le bébé a simplement besoin de votre présence. quand le bébé fait "Lelol, lelol", c'est qu'il se sent tout seul et qu'il a besoin qu'on le prenne dans les bras.
Il est important de noter que de récentes études ont montré que les pleurs des bébés ne donnaient pas d’indications quant à leur cause. Les données de Priscilla Dunstan sont donc à prendre avec pondération, et surtout ne vous inquiétez pas si vous ne différenciez pas différents pleurs chez votre bébé. En tant que parents et professionnels nous remarquons également que nous mettons du sens petit à petit sur les pleurs de notre enfant ou des enfants que nous connaissons bien. Les moments de la journée, les situations rencontrées nous donnent également des indices forts sur la raison des pleurs, parfois après coup mais cela nous aide toujours pour la suite.
Gérer les Cris : Conseils et Astuces
La plupart des bébés pleurent en moyenne deux heures par jour, parfois sans raison apparente. Ces pleurs, souvent déroutants pour les parents, ne traduisent pas forcément une faim, un inconfort ou une fatigue. Dans ces moments, il peut être difficile de trouver une solution immédiate pour calmer son bébé. L’important est d’adopter une approche bienveillante et patiente. Ces pleurs mystérieux s’atténuent généralement avec le temps, à mesure que le bébé grandit et développe d’autres moyens d’expression.
Si les bras et toutes vos tentatives pour calmer votre bébé ne suffisent pas, mettez-le au sein, ou, en dernier recours pour le bébé non allaité, proposez-lui une tétine. Mais il est important de garder à l’esprit qu’avant d’utiliser la sucette pour apaiser un bébé, il y a beaucoup d’autres choses à faire (bras, bercement, paroles douces, etc.).
Créer un environnement apaisant
Essayez de créer un environnement de détente dans votre logement, loin du tumulte des crises de votre nourrisson.
Pour accentuer le côté sécurisant de cet espace bébé, vous pouvez abaisser la hauteur sous plafond en accrochant un tissu ignifugé. Cela permettra d’atténuer la sensation de vide.
L'importance du portage
Pourquoi ne pas le mettre aussi parfois dans le porte-bébé, même chez vous ? Vous connaîtrez des jours plus sereins et vous vous sentirez moins désemparés. Un bébé porté est souvent un bébé rassuré, il se sent moins seul du fait de la proximité corporelle que vous lui offrez.
Prendre soin de soi
Si vous vous sentez démuni·e, agacé·e, désemparé·e, n’hésitez pas à poser votre bébé quelques minutes, à aller vous calmer vous-même et à le reprendre ensuite. Parlez-lui d’une voix douce, fredonnez une berceuse ou faites preuve de patience en restant simplement présent à ses côtés. Les pleurs de votre bébé sont souvent anxiogènes, surtout au début, car on connait mal son bébé. Enfin, avec le manque de sommeil et le stress des premières semaines, les pleurs d’un bébé peuvent devenir un véritable motif d’exaspération, d’épuisement, voire de dépression pour les parents.
Si rien n’y fait et que vous sentez que vous êtes à bout, laissez-le un moment dans son lit, en sécurité, et accordez-vous une pause dans une autre pièce. Respirez, essayez de décompresser et de passer le relais au co-parent, à un proche ou à une personne de confiance. Prenez un livre, téléphonez à un proche… changez-vous les idées quelques minutes, si le temps le permet, aller promener votre bébé en poussette et surtout, tentez de retrouver votre calme. Votre bébé sentira votre apaisement.
N’hésitez pas à vous faire aider. Passez le relais à quelqu’un de confiance (votre conjoint·e, votre mère, votre sœur, une amie…) pour vous octroyer des moments de lâcher prise. Il est bénéfique de partager les responsabilités avec votre partenaire ou un membre de la famille pour alléger la charge émotionnelle.
Adopter une approche bienveillante
Essayez de garder votre calme : votre bébé ressent votre stress, votre énervement, votre angoisse. Des sensations qui le placent en situation d’insécurité et alimentent encore ses pleurs.
Déculpabilisez ! Les parents parfaits, ça n’existe pas. La plupart des parents passent par là, et il est normal d’avoir des moments de doute et de fatigue et d’énervement. Tentez d’identifier les pleurs, cela vous rassurera. C’est difficile au début, mais après quelques mois, vous saurez s’il a faim, mal, sommeil…
Quand consulter ?
En cas de doute, si vous pensez qu’il y a peut-être une cause pathologique, consultez votre pédiatre. Il vous expliquera que cri ne veut pas dire forcément douleur ou maladie, d’autant que votre enfant a aussi des moments très calmes et sereins. Si votre mal-être persiste, parlez-en à un professionnel de santé (sage-femme, médecin généraliste, gynécologue, pédiatre ou encore psychologue).
Si vous êtes inquiet, mieux vaut consulter, mais pas aux urgences. Elles sont souvent surchargées et des nids à microbes, a fortiori pour les tout-petits. Vous constatez un changement de comportement (nous ne parlons pas d’un changement dans les pleurs), comme des cris en mangeant, des selles liquides, l’impossibilité de l’apaiser dans les bras, une perte de poids ? Dans ce cas, allez voir votre médecin traitant ou votre pédiatre pour être rassuré. Il échangera avec vous et analysera la courbe de croissance de votre enfant. Un bébé qui grandit et grossit bien n’a généralement pas de problème de santé majeur.
Conseils pour les Professionnels de la Petite Enfance
Les cris sont le seul moyen de communication du bébé. Ceux-ci ont le pouvoir de déclencher chez l’adulte un état de stress et de générer un encombrement cognitif poussant ainsi à s’occuper du bébé. Notre cerveau se décentre de sa tâche initiale pour prioriser la réponse au bébé. C’est ainsi que ce dernier assure sa survie.
En tant que professionnelle, vous devez vous protéger de cela pour tenir sur le long terme. Le relais au sein équipe est essentiel pour accompagner au mieux les enfants.
Vaste question : a-t-il besoin de crier ? De décharger ? Cherche-t-il votre attention ? A-t-il besoin de quelque chose ?… La liste pourrait être très longue, mais une chose est sûre : le bébé a toujours une bonne raison de crier !
Si un bébé crie, c’est qu’il a besoin de vous, il cherche à communiquer par ce biais. Gardez en tête que le bébé n’a aucun autre moyen à sa disposition pour communiquer. Le cri va lui permettre d’exprimer un inconfort (froid, sommeil, faim,…) ou un besoin de réconfort (être dans les bras, en peau à peau). Cela peut aussi être lié à des douleurs (coliques, rot). Le bébé va avoir besoin que l’on apaise ses cris, il a un besoin vital de se sentir en sécurité affective pour bien grandir.
Pas facile de toujours comprendre ce dont le bébé a besoin, cependant en tant que professionnel de la petite enfance, vos bras et vos paroles sont vos meilleurs atouts.
La parole comme outil d'apaisement
Il est tout aussi possible et souhaitable d’accompagner les cris des bébés par la parole. Des mots juste posés sur ce que l’on observe du jeune enfant : « Je vois que ça ne va pas, je vais essayer de t’aider », « tu as faim ? Ça y est, c’est l’heure ? On va aller préparer ton biberon », « je vois que tu as sommeil, je t’emmène te reposer dans ton lit », …. Les mots et les phrases à notre disposition pour réconforter les bébés sont innombrables, alors profitons-en. Parler à l’autre, c’est déjà lui montrer que l’on s’intéresse à lui, que l’on cherche une solution pour l’aider. Si vous n’avez pas encore su décrypter à quoi correspond le cri lié au besoin du bébé à l’instant T, vous pouvez au moins l’envelopper de vos bras, de vos mots et de votre bienveillance. Vous apaiserez son niveau de stress avant de répondre à son besoin.
Gérer les crises collectives
Que faire quand en tant que professionnel, je suis seul avec plusieurs bébés qui crient en même temps ? Je respire profondément, j’apaise en premier lieu les bébés dont je connais leur besoin immédiat. Cela va permettre de diminuer le volume sonore des cris et l’inconfort éventuel qui va avec. Ensuite, j’avance au cas par cas, je rassure par la parole, par le portage si besoin ou par la proximité immédiate de ma présence.
L'importance de l'espace
Comment faire en sorte que les bébés trouvent leur place et aient des points d’ancrage pour ne pas surcharger la micro-crèche de cris ? En premier lieu, on crée un espace dédié aux bébés et rien qu’à eux, barrière ou pas barrière là n’est pas le débat. On positionne de préférence le coin bébé dans un angle de mur, comme cela, il y a déjà deux côtés sécurisés. On distingue bien l’espace des bébés, des autres espaces ; et on inculque très vite aux autres enfants que cet espace-là ne leur ait pas accessible.
La contenance psychique
C’est à la fois, porter notre regard sur l’enfant et penser à lui quand on ne le voit pas. Cela relève du positionnement professionnel, de tout ce que l’on met en place au long de la journée pour accompagner l’enfant. Le fait d’être assis au sol, par exemple, contribue à cette contenance psychique. Avez-vous remarqué que lorsqu’aucun adulte n’est pas disponible, les enfants crient et font plus de bruits ? Ils ont besoin d’une référence adulte stable et fixe pour appréhender le monde qui les entoure et ce qu’il s’y passe. Les sentiments de sécurité et de contenance sont la clef d’une plus grande sérénité. C’est pour cela qu’il est nécessaire de bien réfléchir au planning des professionnels et à qui fait quoi afin d’assurer une stabilité constante auprès des enfants.
La contenance physique et verbale
Contenir l’enfant physiquement, c’est tout d’abord aider l’enfant à ressentir son corps, à intégrer les limites de celui-ci. En le portant, mais aussi en lui changeant sa couche, en le berçant, en donnant son biberon… C’est ce que Winnicott nomme le Holding. Cela est essentiel. C’est toute l’attention psychique et physique que vous portez à l’enfant qui lui permettra de se développer sereinement. La contenance physique permet à l’enfant de se détendre, de se détresser. Gardez en tête que sept secondes de contenance physique permettent à l’enfant de libérer de l’ocytocine, l’hormone qui contribue au bien-être, à la détente.
La contenance verbale est essentielle pour assurer un accueil de qualité des enfants. Quoi qu’il se passe, il faut nommer, parler, mettre des mots sur les actions, sur les émotions…. C’est cela qui va permettre à l’enfant de se projeter et de comprendre le monde qui l’entoure. Plus vous nommez les choses, plus il va les intégrer. Mettre des mots sur ce que vit l’enfant, c’est lui expliquer ce qu’il se passe, ou ce qu’il va se passer pour lui. Par exemple : «Je vais changer ta couche, tu viens avec moi ? ».
Gérer le groupe
Il n’est pas chose aisée en tant que professionnel de s’occuper des bébés ou du bébé qui crie sans délaisser le reste du groupe. Pour ce faire, il faut un planning bien pré défini à l’avance, savoir qui s’occupe des bébés et qui s’occupe du groupe moyens-grands. Cela permet déjà au professionnel d’avoir en tête quel groupe elle accompagne sur un temps donné. Le professionnel en charge du groupe de moyens-grands se doit d’être attentif de l’impact des cris des bébés sur les autres enfants. C’est le moment de proposer des choses à l’écart des bébés, des ateliers, des jeux, des moments dans le jardin pour leur permettre d’évacuer les tensions potentielles qu’ils ressentent. Cette période-là est aussi favorable pour échanger avec les grands sur le « pourquoi un bébé pleure », expliquer comment vit un bébé, qu’il n’a pas la capacité de faire comme eux qui sont déjà grands…. La verbalisation est également très importante pour les grands afin de les aider à comprendre ces petits êtres qui font beaucoup de bruit dans la crèche et font l’objet de beaucoup d’attentions de la part des professionnels.
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