L'utilisation de crème à la cortisone pendant l'allaitement suscite de nombreuses questions quant à sa sécurité pour le nourrisson. Cet article vise à fournir des informations claires et structurées sur les dangers potentiels et les précautions à prendre lors de l'utilisation de ces crèmes pendant l'allaitement.
Introduction
De nombreux médicaments sont susceptibles de passer du sang maternel dans le colostrum (le premier lait fabriqué pendant les deux à trois jours qui suivent l’accouchement) et dans le lait maternel. Il est donc crucial d'évaluer attentivement les risques et les bénéfices de tout traitement médicamenteux pendant cette période délicate. La toxicité d’un médicament pendant l’allaitement est difficile à évaluer dans le cadre des études cliniques précédant sa commercialisation, pour des raisons éthiques évidentes.
Risques potentiels de la crème à la cortisone pendant l'allaitement
Lorsque le médicament passe dans le lait maternel, il est absorbé par le nourrisson et il peut provoquer des effets indésirables comparables ou supérieurs à ceux observés chez l’adulte. Certains médicaments peuvent déclencher des troubles digestifs banals de type constipation ou diarrhée. D'autres peuvent provoquer des troubles plus graves, voire une intoxication. Les risques de toxicité pour le nouveau-né sont plus importants chez les prématurés et les nourrissons qui souffrent de maladies du rein ou du foie. Parfois, un nouveau-né peut être sensibilisé à un médicament par le biais du lait maternel et présenter une réaction allergique plus tard dans sa vie.
Passage des corticoïdes dans le lait maternel
En cas d’allaitement, on admet que le passage de la prednisone (ex : Cortancyl®) ou de la prednisolone (ex : Solupred®) est faible, inférieur à 10%. Cependant, il faut savoir que le passage à travers le placenta de certains corticoïdes (ex : Celestène®) est plus élevé.
Effets indésirables potentiels chez le nourrisson
Bien que le passage de certains corticoïdes dans le lait maternel soit faible, il est essentiel de surveiller attentivement le nourrisson pour détecter tout signe d'effets indésirables. Ces effets peuvent inclure :
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- Troubles digestifs (constipation, diarrhée)
- Réactions allergiques
- Toxicité accrue chez les prématurés et les nourrissons souffrant de problèmes rénaux ou hépatiques
Précautions à prendre lors de l'utilisation de crème à la cortisone pendant l'allaitement
Avant d'utiliser une crème à la cortisone pendant l'allaitement, il est impératif de prendre certaines précautions pour minimiser les risques pour le nourrisson.
Consultation médicale préalable
Ne prenez jamais de médicament, de complément alimentaire ou de produits à base de plantes de votre propre initiative, même s’il vous a été prescrit au début de votre grossesse. Le principe de précaution prévaut pendant l’allaitement pour protéger le nourrisson. Adressez-vous à votre médecin ou votre pharmacien avant d’utiliser DIPROSONE 0,05 %, crème. Il est crucial de consulter un médecin ou un dermatologue avant d'utiliser une crème à la cortisone pendant l'allaitement. Le médecin pourra évaluer la nécessité du traitement, choisir le corticoïde le plus approprié et déterminer la posologie la plus faible possible.
Choix du corticoïde et de la posologie
Le médecin prescrira le corticoïde le moins puissant possible et la posologie la plus faible nécessaire pour contrôler l'inflammation. Il est important de suivre scrupuleusement les instructions du médecin et de ne pas dépasser la dose prescrite.
Application locale et limitée
Utilisez toujours DIPROSONE 0,05 %, crème, comme votre médecin vous l’a indiqué. Appliquer une fine couche de crème sur la zone affectée 1 à 2 fois par jour, selon les instructions de votre médecin. Il est préférable d'appliquer la crème uniquement sur les zones affectées et d'éviter d'en appliquer sur de grandes surfaces de peau. Après l'application, lavez-vous soigneusement les mains pour éviter tout contact avec le nourrisson.
Surveillance du nourrisson
Surveillez attentivement le nourrisson pour détecter tout signe d'effets indésirables tels que des troubles digestifs, des réactions allergiques ou une léthargie. Si vous remarquez l'un de ces symptômes, consultez immédiatement un médecin.
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Alternatives à la crème à la cortisone
Dans certains cas, il peut être possible d'utiliser des alternatives à la crème à la cortisone pour traiter les affections cutanées inflammatoires pendant l'allaitement. Ces alternatives peuvent inclure des émollients, des crèmes hydratantes ou d'autres traitements topiques non corticoïdes. Discutez avec votre médecin des options alternatives possibles. Il existe des pathologies propres à la grossesse ou aggravées par celle-ci qui peuvent justifier la prescription d’une corticothérapie. Cette corticothérapie est alors prescrite temporairement et dans un cadre bien particulier.
Interactions médicamenteuses à surveiller
L'utilisation de crème à la cortisone peut interagir avec d'autres médicaments que la mère prend. Il est important d'informer votre médecin de tous les médicaments que vous prenez, y compris les médicaments en vente libre, les suppléments et les produits à base de plantes. Voici quelques exemples d'interactions médicamenteuses potentielles :
- Glucocorticoïdes (sauf hydrocortisone) (voie systémique) + Anticoagulants oraux: Risque hémorragique propre à la corticothérapie (muqueuse digestive, fragilité vasculaire) à fortes doses ou en traitement prolongé supérieur à 10 jours. Lorsque l'association est justifiée, renforcer la surveillance : le cas échéant, avec les antivitamines K, contrôle biologique au 8e jour, puis tous les 15 jours pendant la corticothérapie et après son arrêt.
- Glucocorticoïdes (sauf hydrocortisone) (voie systémique) + Cobimétinib: Augmentation du risque hémorragique. Surveillance clinique.
- Glucocorticoïdes (sauf hydrocortisone) (voie systémique) + Inducteurs enzymatiques: Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité des corticoïdes par augmentation de leur métabolisme hépatique par l'inducteur ; les conséquences sont particulièrement importantes chez les addisoniens traités par l'hydrocortisone et en cas de transplantation. Surveillance clinique et biologique ; adaptation de la posologie des corticoïdes pendant le traitement par l'inducteur et après son arrêt.
- Glucocorticoïdes (sauf hydrocortisone) (voie systémique) + Isoniazide (voie systémique): Décrit pour la prednisolone. Diminution des concentrations plasmatiques de l'isoniazide.
Alternatives à la crème à la cortisone
En complément de Diprosone, d’autres soins dermatologiques peuvent être proposés pour aider à hydrater, apaiser et réparer la peau, notamment en cas de sécheresse cutanée ou de dermatose associée à une inflammation. Diprosone (bétaméthasone) et Nerisone (diflucortolone) sont deux crèmes corticoïdes utilisées pour traiter les affections cutanées inflammatoires. La bétaméthasone est généralement considérée comme un corticoïde plus puissant que le diflucortolone. Diprosone convient particulièrement aux plaques épaisses et inflammatoires, telles que celles observées dans l'eczéma chronique et le psoriasis. Nerisone est plus adapté aux formes aiguës et suintantes d'eczéma, ainsi qu'au traitement d'entretien.
Corticothérapie et grossesse
Il existe des pathologies propres à la grossesse ou aggravées par celle-ci qui peuvent justifier la prescription d’une corticothérapie. Cette corticothérapie est alors prescrite temporairement et dans un cadre bien particulier. Une grossesse peut également survenir chez une femme recevant déjà une corticothérapie pour une pathologie chronique. En ce qui concerne le risque malformatif de l’enfant, les données scientifiques sont rassurantes. Il existe de nombreuses publications et le recul d’utilisation est important. On peut considérer que le risque malformatif induit par l’exposition à une corticothérapie est très faible. En revanche, des retards de croissance intra utérins et des petits poids de naissance ont été observés chez des enfants de mères traitées au long cours par des corticoïdes.
Informations complémentaires
Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes) est un organisme qui recense les données disponibles sur l’usage des médicaments pendant la grossesse ou l’allaitement. Il met à disposition des informations validées sur les médicaments qu’il est possible de prendre lorsqu’on souffre d’un problème de santé pendant l’allaitement.
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