Les Jeux Olympiques de Paris marquent une étape significative dans la prise en compte des besoins des athlètes parents. Pour la première fois, le village olympique intègre une crèche, ainsi qu’un espace dédié à la santé mentale des athlètes. Cette initiative, annoncée par le Comité International Olympique (CIO), témoigne d'une volonté de concilier performance sportive et vie familiale.
Une Première Historique : La Crèche Intégrée au Village Olympique
Le village olympique des Jeux de Paris, situé à cheval entre Saint-Denis et Saint-Ouen, abritera une crèche, une grande première dans l'histoire des Jeux. Cette initiative répond à un besoin exprimé par de nombreux athlètes qui doivent concilier leur carrière sportive et leur famille. Emma Terho, ex-hockeyeuse finlandaise et présidente de la commission des athlètes du CIO, souligne que « de nombreux athlètes doivent concilier leur carrière sportive et leur famille ». Elle ajoute, forte de son expérience aux Jeux olympiques d’hiver de 2014 en tant que mère, que « la grossesse et la maternité ne doivent pas signifier la fin d’une carrière pour les athlètes féminines ».
Un Espace de Jeu et de Lien Familial, Pas une Garderie Traditionnelle
Il est important de noter que la crèche olympique ne fournira pas de services de garde d’enfants au sens traditionnel du terme. La future nurserie « ne fournira pas de services de garde d’enfants », avait prévenu le Comité international olympique dans un communiqué. Il s’agira plutôt d’un « espace de jeu propice à la création de liens familiaux », réservable « pour un créneau horaire privé ou partagé », indique l’organisation. Les familles doivent ainsi réserver « un créneau horaire privé ou partagé » pour en bénéficier. Seuls les parents « d’enfants encore en âge de porter des couches » y auront accès.
Des Aménagements Spécifiques pour le Bien-Être des Familles
La crèche olympique offrira un environnement calme et confortable, avec un espace dédié à l’allaitement, des aires de jeu adaptées ainsi qu’une zone pour changer les couches. Cet espace familial est une initiative d'Allyson Felix, la sportive féminine la plus médaillée de l'histoire olympique de l’athlétisme et membre de la commission des athlètes du CIO. « Ca m'est venu après avoir eu ma fille (en 2018). C’est pourquoi une bibliothèque, une table à langer, un espace de jeux ainsi qu’un endroit réservé à l’allaitement ont été prévus », explique-t-elle.
Les Espaces Complémentaires pour le Soutien des Athlètes
En plus de la crèche, le village olympique mettra à disposition des athlètes un espace dédié à la « santé mentale des athlètes », où « aucun problème ne sera insignifiant ». L’organisation souhaite que les choses soient claires : là-bas, « aucun problème ne sera insignifiant ». Une équipe dédiée, « dont les membres ont été formés à la protection des athlètes et aux premiers secours en santé mentale », se tiendra prête à recevoir et proposera des exercices de respiration ou de visualisation, afin de réduire l’anxiété et améliorer la concentration. Cet espace permettra aux athlètes et à leur entourage d’être à l’écoute de leurs émotions et de se préparer sur le plan psychologique. Les athlètes pourront également y pratiquer des exercices de relaxation ou encore de pleine conscience.
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De son côté, le Comité national olympique et sportif français s’est saisi de la question de la parentalité pour ces Jeux. Ainsi, un espace dédié aux athlètes qui allaitent a été créé à l’hôtel Pleyel, un lieu situé à proximité du village olympique. Des chambres ont aussi été mises à disposition pour « que les mamans puissent y dormir avec leur enfant ».
Réactions et Perspectives d'Avenir
Si la création d’une crèche constitue une avancée, certains médias ont toutefois mis en exergue les progrès à réaliser. « Qu’on se comprenne bien, il n’est pas question, ici, de tenir plus de trois, peut-être quatre enfants très calmes. Contexte oblige, de petits couloirs de course ont été peints sur le plancher coussiné, mais même un coureur très court sur pattes ne ferait pas plus de cinq enjambées avant de rencontrer un mur », a fustigé un rédacteur du journal québécois, Le Devoir. « Les choses avancent, mais ça reste très lent », a déclaré la sportive allemande paralympique Edina Müller au micro de CNN.
Néanmoins, les retours semblent positifs. Keesja Gofers, poloïste australienne, se réjouit de pouvoir passer du temps avec sa fille Teleri : "Lorsque j'ai commencé à me remettre au sport après avoir accouché, je me suis promis d'être présente avec ma fille." Pour elle, "l'espace familial est une initiative incroyable. Ça rend le sport de très haut niveau plus accessible et plus agréable pour les parents. Ça montre que les athlètes ne sont pas que des performances".
Allyson Felix voit déjà plus loin : "Pour l'instant, c'est réservé aux bébés, mais j'ai plein d'idées pour Los Angeles", dit-elle. Elle a également reçu des demandes de pères, comme le plongeur britannique Tom Daley, ce qui témoigne d'un besoin partagé par les deux parents.
Défis et Solutions pour la Garde d'Enfants Pendant les Jeux
Les Jeux Olympiques de Paris apportent avec eux de nombreux défis, notamment dans le domaine de la garde d'enfants. Afin de répondre à ces besoins, plusieurs crèches resteront ouvertes tout l'été à Paris. La préfecture de police gère 2 crèches qui resteront ouvertes et offriront 92 places.
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Le Gouvernement a publié la circulaire du 15 mai qui introduit une aide exceptionnelle CESU-garde d’enfant pour les agents publics mobilisés pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques. Cette aide, de 200€ par enfant (350€ pour les familles monoparentales), est destinée à couvrir les frais de garde d’enfants de 0 à 6 ans entre le 6 juillet et le 8 septembre. Elle est non cumulable avec des aides ministérielles similaires.
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