La varicelle est une maladie infantile très contagieuse causée par le virus varicelle-zona (VZV), un membre de la famille des herpès virus. En France, selon une étude de Santé Publique France, on dénombre plus de 700 000 cas de varicelle chaque année. Bien que souvent bénigne, elle peut entraîner des complications, notamment des surinfections cutanées ou des atteintes neurologiques, en particulier chez les personnes à risque, fragiles et les femmes enceintes. Cet article vise à fournir une information complète sur la varicelle, sa transmission, son traitement et les mesures de prévention à mettre en œuvre, notamment en crèche.

Qu'est-ce que la varicelle ?

La varicelle est une maladie infantile virale très contagieuse caractérisée par une éruption vésiculeuse. Le virus se transmet par voie cutanée ou par voie aérienne. Après une période d'incubation d'environ 8 jours, souvent précédée d'un léger syndrome viral (rhume, fièvre), la maladie se manifeste par une légère fièvre (environ 38°), parfois un écoulement nasal, de la fatigue, puis une éruption avec de fortes démangeaisons.

Symptômes et diagnostic

Les boutons de varicelle apparaissent successivement sur le corps de l’enfant. Il s’agit tout d’abord de boutons rouges qui se transforment rapidement en vésicules remplies d’un liquide clair qui ressemblent à des gouttes de rosée, puis le liquide se trouble et les vésicules évoluent vers une croûte de couleur foncée. Certaines lésions apparaissent encore sur la peau alors que d’autres sont en fin d’évolution. Elles commencent sur le visage et le cuir chevelu, le ventre, le dos, puis l’ensemble du corps et les membres. Elles sont fréquemment présentes dans la bouche, sous la forme d’aphtes (ce qui peut gêner l’enfant), le siège et sur les organes génitaux.

Le diagnostic de la varicelle est généralement clinique, basé sur l'observation de l'éruption cutanée caractéristique ou sur l'existence d'un contact avec une personne infectée environ deux semaines auparavant. Dans des cas très exceptionnels, la confirmation peut être obtenue en recherchant la présence du virus dans les vésicules cutanées. La sérologie, qui consiste à rechercher les anticorps contre la varicelle dans le sang, peut également être utilisée après l’âge de 11 ans. Si vous pensez que votre enfant présente les symptômes de la varicelle, il est recommandé de consulter son pédiatre/médecin généraliste.

Transmission et contagion

La varicelle est l'une des maladies les plus contagieuses. La transmission se fait principalement de deux manières :

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  • Transmission par voie respiratoire : La varicelle peut se propager lorsqu'une personne inhale des gouttelettes de salive contenant le virus, émises par une personne infectée. Elles peuvent être libérées dans l'air lorsqu'une personne malade tousse, éternue ou parle. Il est à noter que ces particules peuvent rester en suspension dans l'air.
  • Transmission par contact direct : Le virus peut également se transmettre par contact direct avec les lésions cutanées ou les vésicules d'une personne infectée. Ces vésicules contiennent un liquide très contagieux. Un simple contact avec ce dernier peut permettre la transmission du virus.

La contagiosité de la varicelle commence 48 heures avant l'éruption cutanée. Les croûtes ne sont pas propices à la contagion, cependant le liquide en dessous des croutes l’est. Tout dépendra de l’intensité de la varicelle. En général, la crèche acceptera de garder votre enfant, car la varicelle est une maladie courante de l’enfance qu’il est préférable d’avoir contractée avant l’âge adulte. En laissant votre enfant à la crèche ou à l’école si son état général le permet, les autres enfants pourront ainsi également développer cette maladie et s’immuniser à leur tour.

Un enfant avec la varicelle est contagieux 24 à 48 heures (jusqu’à 72 H) avant l'apparition des boutons. Alors que les symptômes de la varicelle ne se manifestent pas encore, la contagion est possible. Il peut transmettre la maladie jusqu'à ce que les vésicules ou bulles soient sèches et forment une croûte, soit pendant environ une semaine maximum. Une fois ce stade passé, l’enfant ne peut plus transmettre le virus de la varicelle et peut reprendre ses activités sans risquer de contaminer son entourage.

La contagiosité est maximale deux jours avant et six jours après le début de l'éruption cutanée. Bien que l'isolement ne soit pas obligatoire jusqu'à la guérison (qui correspond à la disparition des croûtes), la fréquentation de l’école ou de la crèche n'est pas souhaitable à la phase aiguë.

Traitement de la varicelle

Comme pour toutes les infections virales, les antibiotiques sont inutiles, sauf en cas de complications comme une surinfection bactérienne, principalement cutanée. Le médecin prescrit généralement des soins locaux antiseptiques pour éviter les surinfections cutanées, et exceptionnellement un antiviral dans les cas plus graves.

Il est crucial d'éviter le grattage des boutons de varicelle, car cela peut entraîner des surinfections et des cicatrices indélébiles. Pour soulager les démangeaisons, il est conseillé de :

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  • Placer l'enfant dans des conditions qui limitent la transpiration.
  • Faire des bains très courts à l'eau tiède (toutes les 3 ou 4 heures durant les premiers jours suivant l’éruption). Pour aider à soulager ses démangeaisons, vous pouvez ajouter à l’eau de son bain de la poudre d’avoine colloïdale (ex. : AveenoMD) ou du bicarbonate de soude (2 c. à table de poudre dans une baignoire remplie d’environ 10 cm d’eau).
  • Sécher délicatement la peau en la tamponnant après la douche.
  • Utiliser un savon doux non parfumé pour nettoyer la peau de l'enfant. Certains savons antibactériens (ex. : TrisanMD) peuvent être utiles.
  • Appliquer sur les lésions un analgésique topique ou donner à votre enfant un antihistaminique (sans ordonnance) en cas de fortes démangeaisons.
  • Faire porter à votre enfant des vêtements en coton doux et légers.
  • Couper les ongles de votre enfant et limez-les afin d’éviter qu’il se blesse et s’infecte en se grattant. Lavez-lui souvent les mains et les ongles. Faites-lui porter des gants légers et confortables pendant la nuit pour qu’il ne se gratte pas durant son sommeil.
  • Ne pas utiliser de talc, de crème ou de poudre, car ces produits favorisent la surinfection des lésions cutanées.

En fonction des symptômes, le médecin peut prescrire des soins locaux avec un antiseptique cutané ou des antihistaminiques contre les démangeaisons dues à la varicelle. Il est parfois nécessaire de soulager la fièvre avec du paracétamol (la prise d’aspirine est contre-indiquée en cas de varicelle et les AINS tels que l’ibuprofène doivent être évités).

Prévention de la varicelle en crèche

Les crèches jouent un rôle essentiel dans la prévention de la propagation de la varicelle. Elles doivent mettre en place des mesures d'hygiène strictes et adopter des protocoles spécifiques en cas d'épidémie.

Mesures d'hygiène générales

Pour limiter le risque de contagion, les crèches ont mis en place des protocoles d’hygiène très strictes.

  • Hygiène individuelle : Le lavage des mains des enfants comme des professionnels est primordial. Les professionnels doivent nettoyer leurs mains avec un savon liquide ou une solution hydro alcoolique plusieurs fois dans la journée, avant et après chaque repas et change. Idem pour les enfants qui sont invités à se nettoyer les mains avant chaque repas et après être allés aux toilettes.
  • Hygiène des locaux et du matériel : La prévention des infections passe aussi par une hygiène des locaux irréprochable. Une bonne raison de nettoyer plutôt deux fois qu’une les jouets, peluches et autres matériels qui sont en contact direct avec les enfants. Il en est de même pour le linge qui peut véhiculer des germes : bavoirs, serviettes ou gants, sont individuels et le linge de lit des enfants est changé aussi souvent que nécessaire. Il ne faut pas oublier non plus certains endroits comme les robinets, les poignées de porte, les loquets ou encore les chasses d’eau.
  • Aération et température : Pour limiter la propagation des maladies, il ne faut pas surchauffer les locaux, limiter la température de la structure à 18-20°C maximum, aérer régulièrement, deux fois par jour, les pièces accueillant des enfants (exceptés les jours de haut niveau de pollution dans les zones sensibles).

Protocoles renforcés en cas d'épidémie

Dès qu’une maladie est identifiée chez plusieurs enfants (à partir de 3) dans l’établissement, la vigilance est accrue. Les professionnels renforcent les mesures d’hygiène afin d’interrompre la chaîne de transmission et minimiser le risque de développement d’une épidémie.

  • Lavage des mains : Le lavage des mains est pratiqué encore plus fréquemment, après s’être occupé d’un enfant.
  • Désinfection : En cas de diarrhées, pour éviter la contamination, l’aire de change est désinfectée après chaque passage d’enfant. Tout objet ou vêtement souillé par les selles doivent impérativement être manipulés avec des gants jetables et placés dans des sacs fermés afin qu’ils soient lavés. Les meubles, structures et jouets présents dans les lieux fréquentés par l’enfant malade sont lavés avec soin chaque jour.
  • Gestion des sécrétions respiratoires : Dans le cas de pathologies dues à une contamination par les sécrétions respiratoires, comme le rhume ou la bronchiolite, le nez est nettoyé aussi souvent que nécessaire avec des mouchoirs en papier à usage unique.

Éviction de la collectivité

La fréquentation de la collectivité́ est déconseillée pendant la phase aiguë de la maladie. Il est préférable que l’enfant reste chez lui à se reposer, d’autant plus s’il est inconfortable.

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Dans le doute, les professionnels doivent inciter les parents à consulter un médecin. L’éviction de la collectivité́ est aujourd’hui réservée à quelques pathologies et dans des périodes déterminées : l’angine à streptocoque du groupe A, la coqueluche, l’impétigo, la rougeole, la scarlatine, l’hépatite A, la tuberculose, les oreillons, les infections invasives à méningocoque, la gastro-entérite à Escherichia coli entéro-hémorragique (EHEC) et à Shigella sonnei.

En général, la crèche acceptera de garder votre enfant, car la varicelle est une maladie courante de l’enfance qu’il est préférable d’avoir contractée avant l’âge adulte. En laissant votre enfant à la crèche ou à l’école si son état général le permet, les autres enfants pourront ainsi également développer cette maladie et s’immuniser à leur tour.

Vaccination

La vaccination est le meilleur moyen de protéger votre enfant contre la varicelle. La Société canadienne de pédiatrie, le protocole d’immunisation du Québec et le Comité consultatif national de l’immunisation recommandent d’ailleurs que tous les enfants de 12 mois et plus soient vaccinés contre la varicelle. Le calendrier de vaccination du Québec prévoit l’administration de deux doses du vaccin contre la varicelle. Une première injection du vaccin est prévue à 12 mois et une deuxième à l’âge de 18 mois. L’efficacité de la vaccination pour prévenir la varicelle est évaluée à 94 % après une dose et à 98 % après deux doses. Dans les rares cas de varicelle survenant malgré une vaccination, il s’agit d’une forme très atténuée de la maladie.

La vaccination généralisée contre la varicelle des enfants à partir de l’âge de 12 mois n’est actuellement pas recommandée en France, contrairement à de nombreux pays. Elle est recommandée pour les adolescents à partir de de 12 ans et tout adulte n’ayant pas d’antécédent clinique de varicelle.

Toute personne qui n’a jamais eu la varicelle ni les deux doses du vaccin contre cette maladie peut recevoir le vaccin si elle a été en contact avec un cas de varicelle. Ce vaccin devrait être donné dans les 72 heures, et au plus tard dans les 5 jours suivant le contact initial.

Le vaccin contre la varicelle est un vaccin vivant atténué. Il est contre-indiqué chez la femme enceinte et les personnes immunodéprimées. Il est pris en charge dans certaines indications par l’Assurance maladie à 65 % (le reste étant généralement remboursé par les assurances santé complémentaires comme les mutuelles).

Deux doses espacées de quatre à huit semaines ou de six à dix semaines, selon le vaccin utilisé. Le vaccin contre la varicelle est très efficace. Deux vaccins contre la varicelle sont disponibles en France. La vaccination doit être différée en cas de maladie aiguë avec fièvre.

Après la vaccination d’une jeune femme contre la varicelle, il est nécessaire d’éviter toute grossesse dans le mois suivant l’injection. Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent survenir après la vaccination. Il est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2° C et + 8° C. Il ne doit pas être congelé.

La vaccination peut être réalisée en libéral, à l’hôpital, en pharmacie ou dans un laboratoire de biologie médicale. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public.

Recommandations spécifiques

  • Voyageurs : La varicelle étant présente partout dans le monde, les recommandations pour les voyageurs sont les mêmes que les recommandations générales.
  • Femmes enceintes ou allaitantes traitées par l’infliximab : La vaccination par un vaccin vivant atténué (tels que les vaccins ROR, BCG, les vaccins contre la fièvre jaune, les rotavirus ou la varicelle) de ces nourrissons doit donc être décalée à 12 mois après la naissance et n’est pas recommandée pendant l’allaitement.

Varicelle et grossesse

Cette maladie présente un danger en cas de grossesse, particulièrement durant le premier trimestre (risque de malformations congénitales) et autour de la fin de la grossesse. Si la maman est en fin de grossesse, le fœtus peut s’infecter et présenter une varicelle néonatale grave, tout comme le nouveau-né à sa naissance.

Si vous êtes enceinte et que vous suspectez une varicelle chez vous, l’un de vos enfants ou une personne de votre entourage proche, consultez rapidement votre sage-femme, médecin généraliste, gynécologue ou tout autre professionnel de santé à même de vous conseiller.

Zona

Chez une majorité d’adultes déclarant n’avoir jamais eu la varicelle, on trouve des anticorps dans le sang. Le zona est une infection virale causée par la réactivation du virus. Longtemps après, parfois des années plus tard, il peut se réactiver, souvent à un moment de baisse des défenses immunitaires. Cette maladie, bien que causée par le même virus que la varicelle, se manifeste sur un dermatome (zone de la peau qui dépend de connexions nerveuses spécifiques sur la colonne vertébrale), correspondant à une seule partie de la moitié gauche ou droite du corps.

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