Les crèches tournantes allemandes, ou « Weihnachtspyramiden », sont des éléments décoratifs traditionnels originaires d'Allemagne, plus précisément de la région de l'Erzgebirge. Ces pyramides de Noël sont un symbole de lumière et de fête, et leur histoire est intimement liée aux traditions minières de cette région.
Origines et Évolution des Crèches de Noël
Les anciennes crèches de Noël, symboles vivants de la nativité, sont des représentations historiques riches en significations culturelles et religieuses. Leur apparence et leurs pratiques ont évolué au fil des siècles, influencées par les traditions locales et les événements historiques. La première crèche connue est attribuée à Saint François d’Assise en 1223, dans le village de Greccio, en Italie. Il organisa une crèche vivante avec des habitants locaux jouant les rôles de Marie, Joseph, les bergers et les rois mages. Cette initiative avait pour but de rendre la nativité plus accessible aux fidèles.
Au XVIe siècle, sous l’influence des franciscains, des crèches miniatures apparurent dans les couvents et les églises. Ces modèles, faits de bois, de cire ou d’argile, comportaient des personnages indépendants, souvent habillés de tissus précieux. La Révolution Française marqua un tournant pour les anciennes crèches de Noël. Avec l’interdiction des pratiques religieuses et la fermeture des églises, les crèches furent intégrées aux foyers. De petits personnages, souvent faits de matériaux simples comme la mie de pain ou la terre, permettaient aux familles de recréer discrètement la scène de la nativité. C’est aussi durant cette période que les santons provençaux virent le jour.
Les anciennes crèches de Noël continuent d’inspirer les traditions modernes. En Provence, la Foire aux Santons de Marseille célèbre ce riche héritage, tandis qu’en Italie et en France, de nombreuses églises exposent encore des crèches historiques. Les anciennes crèches de Noël sont bien plus que des décorations. Elles sont des symboles vivants de foi et d’histoire, témoignant des traditions locales et des défis historiques.
L'Origine Minière des Pyramides de Noël
Originaires de la région de l’Erzgebirge, la pyramide de Noël allemande a été conçue à la fin du XVIIIe siècle pour remplacer à peu de frais un véritable arbre de Noël. L'histoire de la pyramide de Noël est intimement liée à l'activité minière de la région de l'Erzgebirge. Au Moyen Âge, les mineurs utilisaient des structures en bois, appelées "Lichtergestelle" (échafaudages de lumière), pour éclairer les mines. Ces structures étaient décorées de bougies et de branches vertes, symbolisant l'espoir et la lumière pendant les longs mois d'hiver.
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Au fil du temps, ces "Lichtergestelle" ont évolué pour devenir des pyramides de plus en plus élaborées, avec des plateaux tournants et des figurines représentant des scènes de la vie minière, ainsi que des motifs religieux liés à la Nativité. La rotation des plateaux était assurée par la chaleur des bougies, créant un mouvement et une animation qui symbolisaient le renouveau et l'espoir.
Structure et Fonctionnement des Crèches Tournantes
Composée d’une partie fixe et d’une partie qui tourne (le carrousel), cette tour est constituée de plateaux à plusieurs étages à la base desquels se trouvent des petites bougies disposées sur la partie externe de la pyramide. Ces dernières dégagent de la chaleur permettant aux hélices, en haut de la pyramide, de tourner et d’entraîner la rotation de la partie mobile pour donner vie aux différentes scènes au centre de la pyramide.
Sur les différents plateaux sont disposés des petites figurines de la crèche de Noël comme Marie et Joseph, les bergers et les Rois Mages, des anges, des animaux, des villageois… afin de reconstituer l'histoire et la magie de Noël. Jusque dans les années 1930, ces pyramides étaient dédiées à la décoration intérieure des maisons et n’excédaient pas les quelques centimètres de hauteur.
Une pyramide de Noël est un objet décoratif traditionnel originaire d’Allemagne. Elle prend la forme d’un carrousel en bois, telle une crèche tournante à plusieurs étages. C’est la chaleur dégagée par les bougies qui entraine le moulin supérieur, faisant ainsi tourner les plateaux de chaque étage avec ses figurines. Les figurines illustrent soit la Nativité (crèche, anges, bergers, la Sainte famille, les rois mages…) soit des thèmes profanes (Père Noël, bonhomme de neige, animaux de la forêt…). Les pâles de l’hélice qui tournent créent un jeu d’ombre et de lumière enchanteur.
Il existe deux types de pyramides de Noël :
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- la pyramide miniature, qui est un élément de décor pour la maison
- la grande pyramide en plein air, que l’on trouve sur les marchés de Noël
Diffusion et Popularisation des Crèches Tournantes
Au XIXe siècle, avec l'essor de l'industrie et l'amélioration des conditions de vie, les crèches tournantes sont devenues plus accessibles et se sont répandues dans toute l'Allemagne, puis dans d'autres pays d'Europe. Elles sont devenues un symbole de Noël, au même titre que le sapin décoré et les marchés de Noël.
L’avénement du chemin de fer en Allemagne permit le déplacement plus facile et moins onéreux de grands sapins. En effet, à cette époque, les sapins étaient rares en Europe centrale. Tout d’abord, seules les classes les plus fortunées pouvaient se permettre d’acheter un arbre de Noël pour leur salon. Ce n’est qu’à partir de la seconde moitié du 19e siècle que l’on planta des conifères à proximité des grandes villes allemandes pour satisfaire la demande en sapin des citadins. Enfin, le développement des Pyramides de Noël pivotantes, originaires de la région des Monts Métallifères, contribua à l’abandon des Pyramides de Berlin statiques.
Aujourd’hui, les pyramides de Noël miniatures décorent traditionnellement les salons des foyers allemands, au même titre que l’arbre de Noël. Certains modèles artisanaux atteignent 60 centimètres, voire 1 mètre. Les pyramides fonctionnent avec des bougies de types chandelle ou chauffe-plat.
Les Marchés de Noël et les Crèches Tournantes Géantes
Etonnante succès story que celle des marchés de Noël. D’une tradition médiévale et spécifiquement germanique, nous nous retrouvons dans des festivités contemporaines qui placent chaque année la planète en état de surchauffe lumineuse. Pour comprendre cette frénésie, remontons le cours d’une histoire complexe et pas toujours très chrétienne lorsqu’on l’étudie de plus près.
Comme bien des traditions ancestrales, les origines des marchés de Noël, dont le fameux Christkindelsmärik strasbourgeois, présentent quelques certitudes entourées de beaucoup d’ombres. Les premiers marchés d’hiver naquirent dans les villes du Saint-Empire romain germanique, bien que l’on sache peu de choses sur leur finalité. L’histoire commence dans le Saint-Empire romain germanique. Nous retrouvons une trace de ces marchés d’hiver, dès les XVe et les XVIe siècles. Ainsi, il s’en tenait un, le jour de Noël, à Dresde, dès 1434. Celui de Nuremberg, très célèbre, est mentionné pour la première fois en 1628, mais nous savons qu’il remonte au moins jusqu’à 1530.
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Dans les années 1930, après des décennies d’ostracisme, les marchés de Noël allemands réintégrèrent les centres-villes. Pour des raisons que l’on occulte bien souvent, car ce retour fut favorisé par les nazis. Ce choix d’un parti peu porté aux valeurs chrétiennes semblait curieux, mais derrière ce non-sens se dissimulait un objectif idéologique bien précis.
La paix revenue, les marchés de Noël rouvrirent leurs portes, en remettant à l’honneur les produits traditionnels d’une fête Très Chrétienne. On balaya tout reliquat à croix gammée ou à connotation mythologique, pour revenir à la traditionnelle crèche de l’Enfant Jésus et aux anges séraphiques. Ainsi, en 1948, le fameux marché de Noël de Nuremberg rouvrit ses stands. Désireux de faire oublier les égarements d’autrefois, il remit à l’honneur le Christkindel, symbole d’une nativité œcuménique.
A la faveur de l’essor économique, leur nombre explosa en Allemagne. Les offices de tourisme et les voyagistes perçurent fort bien l’aubaine touristique et financière qu’ils représentaient. En car, en train ou par fleuve, les propositions de découvertes de ces joyaux d’une tradition chrétienne et millénaire se mirent à prospérer et multiplier. Ils attiraient des milliers, puis des millions de touristes avides d’objets artisanaux originaux et de friandises locales. Une vraie manne financière que les autres pays se mirent à regarder avec beaucoup, beaucoup d’envie.
Aujourd’hui, en France, en Europe et dans le monde entier, les marchés de Noël rivalisent de produits originaux, d’inventivités lumineuses et de superlatifs ostentatoires. La concurrence est féroce, car ils représentent une réalité très économique qui génère chaque année des centaines de millions d’euros.
Au XXe siècle, les crèches tournantes ont pris une nouvelle dimension avec la création de grandes pyramides de Noël en plein air, que l'on trouve sur les marchés de Noël. Ces structures monumentales, souvent illuminées et animées, sont devenues une attraction touristique majeure et un symbole de l'esprit festif de Noël.
Variations Régionales et Thématiques
Bien que les crèches tournantes soient originaires de la région de l'Erzgebirge, elles présentent des variations régionales et thématiques. Certaines mettent en scène des scènes de la vie minière, tandis que d'autres représentent des scènes bibliques ou des contes de fées. Les matériaux utilisés pour la fabrication des figurines varient également, allant du bois sculpté à la céramique en passant par le papier mâché.
Le Carillon d'Anges : Une Variante Dérivée
Le carillon d’anges fonctionne effectivement sur le même principe. La chaleur des quatre petites chandelles placées à la base fait tourner l’hélice fixée en haut du mât. Ainsi, elle entraîne une série d’angelots trompettistes qui frappent les clochettes. La pyramide est faite en bois, le carillon est en métal. La production en série a commencé en 1910 et Adrian & Stock a perfectionné ses carillons en proposant différentes versions.
L’entreprise fut rachetée en 1933 par Paul Hartkopf qui poursuivit la fabrication de plusieurs modèles jusqu’à la fin des années 1960. A la dissolution de la société Paul Hartkopf, un important stock de carillons invendus s’est retrouvé plus tard sur le marché. Aujourd’hui, certains sont en vente sur eBay, à l’état neuf dans leur emballage d’origine !
En fait, le carillon d’anges d’Adrian & Stock s’est révélé extrêmement populaire. Et sans surprise, il fut largement copié. Avant la Seconde guerre mondiale, l’Allemagne était le principal producteur de carillons. La guerre eut raison de ce monopole. D’autres fabricants, notamment suédois, prirent le relais et imposèrent leur propre esthétique. La structure à la Suédoise était épurée par rapport à l’Allemande d’avant-guerre. Elle n’était plus lithographiée ou gravée comme « à l’ancienne ».
Dans les années d’après-guerre, le groupe de distribution américain Sears mena une politique marketing agressive pour imposer ses « carillons d’anges d’origine suédoise » aux Etats-Unis. Au point que la plupart des Américains pensent que le carillon d’anges a pour origine la Suède…
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