Pour des millions de familles à travers le monde, Noël est synonyme de célébration de la nativité, commémorant la naissance de Jésus dans l'étable de Bethléem le soir du 24 décembre. Au cœur de cette célébration se trouve la crèche, une représentation emblématique de cet événement fondateur. Cet article explore les origines et les traditions de la crèche de Noël, en mettant l'accent sur son développement en Italie et son évolution à travers le temps.
L'Origine du Mot et de la Représentation
À l'origine, le terme "crèche" désignait une mangeoire pour les animaux, placée le long du mur d'une étable, d'une écurie ou d'une bergerie. La crèche de Noël, quant à elle, est une scène qui représente l'enfant Jésus déposé dans une mangeoire, entouré de Marie et Joseph, formant ainsi la Sainte Famille. Certaines crèches se limitent à cette représentation essentielle, tandis que d'autres, plus élaborées, incluent les Rois Mages, l'âne, le bœuf et les bergers, symbolisant l'annonce de la naissance de Jésus aux humbles.
Il est difficile de dater précisément l'apparition des premières crèches. Cependant, c'est à partir du XVIIe siècle que l'Italie, et plus particulièrement la ville de Naples, devient le berceau du développement des crèches. Initialement installées dans les édifices religieux, ces scènes religieuses miniatures se transforment en un véritable phénomène de société.
L'Âge d'Or des Crèches Napolitaines
Les aristocrates napolitains se passionnent pour les crèches, rivalisant d'ingéniosité pour créer des scènes toujours plus luxueuses et élaborées. C'est l'âge d'or des crèches napolitaines! Ces scènes sont installées avec un soin méticuleux sur plusieurs mètres, enrichies de décors complexes nécessitant des mois de travail. Églises, monastères, bourgeois et aristocrates se lancent dans de véritables compétitions, stimulant ainsi de nombreuses entreprises artisanales de luxe.
Des tailleurs sont sollicités pour réaliser des vêtements sur mesure pour les personnages, confectionnés à partir d'étoffes précieuses. Des peintres sont engagés pour créer les décors de fond. Les journaux de l'époque alimentent la compétition en mettant en avant les crèches les plus remarquables. L'objectif est de susciter l'émerveillement et l'admiration, même au prix d'investissements considérables qui peuvent mettre en péril les finances des commanditaires.
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L'Évolution et la Propagation de la Tradition
Selon une croyance répandue, c'est à Greccio, un petit village italien, que Saint François d'Assise organisa la première crèche vivante en 1223. Animé d'une dévotion particulière pour la Nativité, François exprima le désir de "voir l'Enfant Jésus couché dans une mangeoire et dormant sur le foin". C'est à partir de cette époque que l'on situe l'origine de la coutume de la crèche. Cette tradition scénique, d'abord représentée par des personnes vivantes, se répand alors dans toute l'Italie.
En 1283, la Papauté de Nicolas IV ordonne la création de la première crèche avec des statues figurant les personnages de la Nativité. Ainsi, les premières crèches, richement reconstituées à chaque période de Noël, ne se trouvent d'abord que dans les églises.
Sous l'Ancien Régime, les fêtes de Noël sont essentiellement marquées par la religion : messes, dévotions, charité. Le marquis de Dangeau rapporte que, le 24 décembre 1705, Louis XIV assistait aux vêpres et au Salut. Des crèches de Noël fidèles à la Bible auraient été encouragées sous l'influence de Madame de Maintenon. Jusqu'au début de la Révolution française, Louis XVI et Marie-Antoinette se faisaient un devoir d'aider les pauvres, allant jusqu'à puiser dans leurs fonds personnels pour les secourir.
La Crèche pendant la Révolution Française
Peu après la chute de la monarchie, les crèches sont interdites. En réaction, les Français, très attachés à cette tradition, se révoltent en recréant des petites crèches individuelles dans chaque maison. Ces crèches, semblables à celles que nous connaissons aujourd'hui, permettent aux croyants de reconstituer la naissance de l'Enfant de Bethléem dans l'intimité de leur foyer, à travers des personnages de cire.
Traditionnellement, on installe la crèche pendant la période de l'Avent, à partir du quatrième dimanche précédant la nuit de Noël. Au premier Avent, on place les éléments liés au règne minéral : le sable, les cailloux, les rochers, les habitations, l'étable. Au quatrième Avent, on installe enfin tous les personnages de la crèche selon l'Évangile de Saint-Luc : autour de Marie et de Joseph se rassemblent les bergers envoyés par l'Ange annonciateur et tous les santons, selon la coutume provençale datant de 1793, en chemin vers l'étable. Au fond, les Rois Mages s'avancent majestueusement, guidés par l'Étoile.
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L'Apparition des Santons de Provence
À la fin du XIXe siècle, les premiers santons originaires de Provence sont créés, façonnés dans l'argile. Le terme "santon" vient de "santoun" en provençal, qui signifie "petit saint". Ces figurines représentent la scène de la nativité chrétienne, mais aussi des vieux métiers et des personnages ancrés dans la tradition provençale.
L'événement qui a véritablement fondé la tradition des santons de Provence est la Révolution Française. La politique anticléricale révolutionnaire entraîne la fermeture des églises et la suppression des messes, y compris la messe de minuit. Privés de leur crèche de Noël à l'église, les Provençaux entrent en résistance en créant leurs propres crèches à domicile. Afin d'égayer ces crèches, ils réalisent de petits personnages facilement dissimulables, les "santoun".
C'est à Jean Louis Lagnel (1764-1822) que revient la paternité du santon de Provence en argile. À Marseille, entre les mains expertes de ce peintre faïencier et sculpteur, naît le premier santon de Provence authentique. En 1808, Jean-Louis Schlegel expose pour la première fois ses créations à la Foire aux santons de Marseille.
La Crèche Aujourd'hui
La crèche fait partie des traditions de Noël, toujours perpétuée aujourd'hui, dépassant largement le champ de la religion. Elle est aux fondements de Noël et constitue tout un symbole à elle seule. Cette mise en scène annuelle de la naissance du Christ témoigne de l'aspiration de la société à renouer avec ses racines. Quel que soit l'âge, le milieu d'origine ou la profession, les gens sont touchés par cette magie de Noël qui nous fait redécouvrir notre âme enfantine. Noël, c'est la naissance d'un enfant, et nous nous sentons tous concernés.
La crèche est l'un des grands symboles de Noël. Déposée au pied du sapin, elle met en scène le mystère de la naissance de Jésus, que l'on célèbre le 25 décembre. Alors que Noël est fêté le 25 décembre depuis le Ve siècle, la tradition de la crèche est plus récente et émerge lorsque des théologiens redécouvrent, au cours du XIIe siècle, les textes qui relatent l’enfance de Jésus.
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Les Différentes Représentations de la Nativité
La crèche raconte la Nativité. Prenant place soit dans une étable, si l’on suit l’Évangile de Saint Luc (2, 1-21), soit dans une grotte, si l’on s’en réfère aux textes apocryphes plus tardifs, elle met en scène les différents personnages qui ont assisté à la naissance du Christ. La crèche est principalement composée de la Sainte Famille, c'est-à-dire de Marie, Joseph et de l’Enfant Jésus allongé dans sa mangeoire. Cependant, d’autres personnages (Rois mages, bergers, anges) et animaux (âne, bœuf, moutons, chameaux) peuvent être ajoutés à la scène. Il est convenu de placer Jésus dans la crèche le 25 décembre à minuit.
La crèche rappelle qu’il y a 2000 ans, Dieu s’est fait homme. Les personnages placés autour de Jésus nous invitent, nous chrétiens, à participer à ce mystère de l’Incarnation. Marie est d’ailleurs souvent représentée agenouillée, dans une attitude d’adoration ; elle nous encourage ainsi à l’imiter.
La Crèche : Une Tradition Familiale et Religieuse
La crèche est habituellement installée pendant la période de l’Avent, c'est-à-dire dans les quatre semaines qui précèdent Noël. Elle invite, petits et grands, à préparer Noël. Chaque famille détient sa propre tradition et on peut la trouver sous le sapin ou à proximité. En invitant cette tradition au sein de nos foyers, la crèche devient l’occasion, pour les enfants, d’apprendre la prière et de comprendre, par l’imaginaire, les mystères de l’Évangile. Enfin, il est coutume d’enlever la crèche soit juste après la fête de l’Épiphanie, qui a lieu le 6 janvier et qui célèbre la visite des Rois mages à Jésus, soit le 2 février, c'est-à-dire le jour de la présentation de Jésus au Temple et qui correspond à la fête de la Chandeleur.
Dans certaines familles, c'est une tradition qui perdure d'année en année : placer une crèche sous le sapin au moment de fêter de Noël pour représenter la naissance de Jésus avec Marie, Joseph et les rois mages. Un moyen de célébrer la nativité, la naissance du Christ. Normalement, l'enfant Jésus doit être placé dans la crèche à minuit.
La Crèche : Un Emblème Culturel et Artistique
La crèche, emblème culturel de la foi chrétienne, permet aussi à tous les peuples du monde d’y exprimer leurs traditions et leur art. À la maison comme à l’église, on installe la crèche pour le premier dimanche de l’Avent, fin novembre ou début décembre. Construire la crèche , c’est, pendant la période de l’Avent, préparer son cœur à Noël, fête de la nativité du Christ Sauveur. Elle est pour les chrétiens une belle occasion de prière ! La crèche est rangée après l’Epiphanie, quand recommence le temps ordinaire avec le Baptême du Seigneur. Certains, suivant une tradition ancienne, la gardent jusqu’au 2 février, jour de la présentation de Jésus au Temple. À noter qu’il existe une crèche spécifique pour ce jour de la Chandeleur : la crèche blanche.
Certaines paroisses s’en donne à cœur joie pour la fabrication de la crèche. Ainsi, à Vallet (Loire-Atlantique) où la crèche participative de l’église compte plus de 850 santons (santons Escoffier, Carbonel, Gateau…) offerts par les habitants et paroissiens. Des milliers de personnes vont la voir pendant les temps de l’Avent et de Noël et se laissent toucher par la beauté de la réalisation.
La crèche est une aide à la prière. En se rendant voir une crèche, on peut prier par exemple ainsi : « Seigneur, fais-moi répondre à l’appel de la crèche, cet appel à me faire petit et tout simple, à accepter la nuit, à chercher le silence où apparaît l’étoile qui mène jusqu’à toi. Seigneur, fais-moi répondre à l’appel de la crèche, à te contempler, toi, l’Enfant-Dieu sur la paille ; faire taire un instant le tumulte du monde et goûter ta présence. Seigneur, fais que ma vie entière devienne crèche, crèche pour accueillir le monde tout entier, du plus grand des rois mages au plus humble berger. Que ma vie soit ce lieu qui sans cesse t’accueille et sans cesse te chante. Viens l’ouvrir assez grand pour que tu puisses y naître et y renaître chaque jour. Seigneur, fais-moi répondre à l’appel de la crèche.
La Crèche Napolitaine : Un Art Ancestral Toujours Vivant
Si la tradition de la crèche est née avec celle conçue au XIIIe siècle par Saint François d'Assise, la crèche napolitaine prit son essor au XVIIe siècle, au moment de la contre-réforme : le baroque trouve là toute sa mesure dans la mise en scène spectaculaire de la naissance du Christ. Les Napolitains, très friands des crèches, vont alors complètement renouveler sa forme et son décor dans l'esprit en vogue du Rococo. C'est alors qu'on voit une frénésie s'emparer des Napolitains : c'est à celui qui possédera sa plus belle crèche de Noël, étalée sur plusieurs mètres dans une mise en scène sophistiquée. Églises, monastères, congrégations, bourgeois et aristocrates, tous se lancent dans des concours dispendieux faisant vivre des générations d'artisans, maquettistes, tailleurs d'habits… Mais aussi des peintres pour réaliser les toiles de fond, des orfèvres pour reproduire les joyaux des rois mages en argent véritable, et enfin des sculpteurs renommés comme Lorenzo Mosca ou Giuseppe Sanmartino, les plus célèbres de l'époque. Tout devient sujet d'inspiration : les fouilles de Pompéi donnent de nouvelles idées aux décorateurs, on place désormais la nativité dans les ruines d'un temple antique, inspirées de celles de la cité du Vésuve, comme pour signifier la victoire du christianisme sur les ruines du paganisme… Les nombreuses ambassades orientales qui défilent dans la ville se retrouvent vite imitées dans le fantastique cortège des rois mages, qui peut compter une cinquantaine de figurines richement parées.
Un lent déclin suivit cet âge d'or, la mode finit par passer, les crèches firent leur entrée dans les musées… Mais la tradition reste encore vivace à Naples, notamment dans la rue San Gregorio Armeno, dans le vieux centre, prise d'assaut par les Italiens avant les fêtes de fin d'année : c'est là que se perpétue le vieil art des crèches napolitaines, avec des santons pour tous les goûts et toutes les bourses, le pire côtoyant parfois le meilleur. En chinant dans les ruelles, vous trouverez des artisans qui fabriquent des décors peints, en liège et en bois, et des sculpteurs travaillant leurs commandes pour des églises ou des particuliers - compter au minimum 100 euros pour un santon de 12 centimètres, avec habit et accessoires. Outre la maison Ferrigno, présente depuis des générations, on compte également quelques jeunes maîtres artisans comme Fulvio Forte ou Ulderico Pinfildi, qui sont installés au cœur de l'antique cité.
Origine Etymologique du Mot "Crèche"
Avant même de nous intéresser aux origines de la "crèche de Noël", rappelons ici qu’une crèche était initialement une mangeoire destinée aux animaux d’élevage, ainsi qu’en témoigne l’étymologie de ce nom. En effet, nous trouvons dans le francique (ou langue pratiquée par les Francs) le terme "kripja" qui servait à désigner une auge (en bois). Or, c’est de "kripja" que découlent directement les mots "crèche" (en français), "crepcha" (en ancien provençal), "krippe" (en allemand) et "greppia" (en italien), ces deux derniers termes pouvant être traduits par "berceau". Sachant que c’est une crèche qui aurait justement servi de berceau à l’Enfant Jésus, le mot "crèche", associé à celui de "Noël", fut ensuite utilisé dans une acception beaucoup plus large : pour se référer à la scène de la Nativité.
Les Personnages et Animaux de la Crèche
C’est ainsi que la crèche de Noël représente, depuis plus d’un millénaire, tous les personnages (et animaux) ayant assisté à la naissance de Jésus-Christ. Naturellement, on y trouve la Sainte Famille composée de Marie, de Joseph et de l’Enfant Jésus (allongé dans sa mangeoire). Mais on ajoute ordinairement à cette scène, bien que ce ne soit pas une obligation, les Rois mages, les bergers et les anges. Quant aux animaux qu’on y fait généralement figurer, on a du mal à imaginer une crèche de Noël sans l’âne et le bœuf. Pourtant, les Évangiles n’en font nullement mention. Devons-nous y voir un symbolisme remontant à la préhistoire ? De fait, d’aucuns ont cru voir dans l’âne et le bœuf de la crèche les représentations adoucies - correspondant, par conséquent, beaucoup mieux à l’état d’esprit chrétien - du cheval et du taureau que nos très lointains ancêtres avaient pour habitude de faire figurer dans leurs peintures et/ou gravures rupestres, vraisemblablement comme symboles du retour annuel des saisons. En tout cas, l’âne est devenu à ce point indispensable dans les crèches de Noël qu’en Italie, une tradition locale veut que les enfants disposent un peu de sel pour l’âne devant la crèche, s’ils veulent avoir l’assurance de recevoir quelques cadeaux en retour. Pour en terminer avec les animaux, notons qu’il est également possible d’ajouter (à la scène de la Nativité) des moutons, voire même quelques camélidés.
L'Étable ou la Grotte : Deux Lieux de Naissance
Reste maintenant le décor de cette scène qui peut être constitué par une grotte ou une étable. Mais pourquoi ce choix ? Tout simplement parce qu’il existe deux versions concernant le lieu où naquit Jésus-Christ. Si l’on s’en tient aux Évangiles, on peut lire notamment dans l’Évangile selon Luc, chapitre 2, versets 6 et 7, ce qui suit : "Or, pendant qu’ils étaient là (à Bethléem - NdlA), le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Alors, d’où vient cette histoire de grotte ? De textes apocryphes… Par exemple, nous trouvons dans le dialogue de saint Justin (encore appelé Justin de Naplouse ou Justin le Philosophe) avec le juif Tryphon, chapitre 78, versets 5 et 6, ce qui suit, littéralement rapporté : "L’enfant naquit donc à Bethléem, dans une espèce de grotte, près de ce bourg où Joseph n’avait pu trouver à se loger ; c’est dans cette grotte que Marie mit au monde le Christ et qu’elle le coucha dans une crèche, et c’est là que les mages venus d’Arabie le trouvèrent. Je vous ai déjà montré qu’Isaïe avait parlé de cette espèce de grotte d’une manière mystérieuse et figurée." La grotte dont il est ici question était peut-être une caverne située dans les environs de Bethléem et servant de sanctuaire bien avant la venue au monde de Jésus-Christ. Du reste, cette grotte aurait servi de lieu de culte à Adonis (l’amant d’Aphrodite), une divinité qui serait, en fait, d’origine orientale, portant alors le nom de Tammouz. On remarquera aussi que le nom "Adonis" dérive du cananéen "adōn" qui signifie "seigneur" (titre qui fut attribué à Jésus-Christ). Mais le rapprochement avec Jésus-Christ ne s’arrête pas là, puisque le dieu grec Adonis était adoré au mois de décembre (et toujours dans une grotte). L’allusion à la caverne nous amène également à penser que l’on a cherché à comparer Jésus-Christ au dieu Mithra, puisque ce dernier - dont le culte était célébré un 25 décembre - vint au monde dans une grotte. Toujours est-il que ce mythe de la grotte (comme lieu de naissance de l’Enfant Jésus) a la vie dure, comme en attestent toutes ces crèches ayant pour décor l’intérieur d’une caverne, à l’instar de cette crèche vivante qui, chaque année, se met en place dans la grotte de Postojna (en Slovénie).
Les Premières Crèches : Une Histoire Complexe
Après ces quelques explications, abordons maintenant les origines de notre "crèche de Noël". Pendant longtemps, on a cru que la première crèche avait été créée par saint François d’Assise, en 1223 ou 1224, à Gubbio (ville de la province de Pérouse en Italie). S’il est fort possible que saint François d’Assise ait réalisé une telle crèche - qui plus est grandeur nature - en ce lieu, nous pouvons, par contre, affirmer qu’il ne fut nullement l’inventeur de la crèche de Noël. En effet, la première crèche daterait du Ve siècle, date à laquelle fut édifiée la basilique Sainte-Marie-Majeure. Étant considérée comme le plus vieux monument religieux de Rome, cette basilique abrite, sous son maître-autel, la crypte de la Nativité (ou de Bethléem) où a été déposé un précieux reliquaire contenant quelques fragments de la crèche originelle (en bois de sycomore), soit du Saint Berceau. Enfin, à noter que, dans ce même édifice, et en 432, le pape Sixte III aurait fait installer une "grotte de la Nativité" qui pourrait bien être notre première crèche. À partir du IXe siècle, une deuxième crèche sera mise en place à Rome, mais dans une autre église. Puis, en Italie, on prit rapidement l’habitude d’installer des crèches dans toutes les églises et, bien entendu, au moment de Noël. Cependant, il fallut attendre l’année 1252 pour voir la crèche de Noël franchir les Alpes, vraisemblablement à l’initiative des moines franciscains. Au XIVe siècle, ce sont les frères mineurs de l’Observance qui amenèrent la tradition de la crèche de Noël en Provence, plus précisément à Avignon. Dès ce moment, la coutume de la crèche se répandit très rapidement en Europe, mais principalement en France, jusqu’à ce qu’elle soit stoppée, au XVIe siècle, par le protestantisme. Dans les pays acquis à la Réforme, les crèches, comme les représentations de saints, furent impitoyablement détruites. Et il faudra attendre la Contre-Réforme pour voir les crèches renaître un peu partout et avec une surcharge décorative tout à fait typique de cet art baroque apparu en même temps que la Réforme catholique. À noter que le mouvement de la Contre-Réforme découla directement du concile de Trente (débuté le 13 décembre 1545 et terminé le 4 décembre 1563). Au terme de ce concile, on donna notamment l’autorisation de représenter dans les crèches des personnages autres que ceux issus de la Bible. Heureux de cette décision, les artistes vont laisser libre cours à leur inspiration et peupler les crèches de nouvelles figures issues, pour la plupart, du monde des artisans ou de celui des paysans. De même, les décors des crèches vont se complexifier, jusqu’à représenter des villages entiers.
L'Évolution des Matériaux et des Styles
Au XVIIe siècle, les sujets en bois doré ou polychromé s’imposent. Mais ceux-ci vont bientôt laisser la place, au cours du XVIIIe siècle, à des figurines en terre cuite, en verre filé ou encore en faïence. Toujours au XVIIIe siècle, la réalisation de crèches au Tyrol s’intensifia au point de devenir une véritable industrie dont le centre n’était autre que la ville d’Innsbruck. Déjà, dans les années 1615 - 1620, une immense crèche avait été installée en ce lieu, attirant une foule de visiteurs. Spécialisés dans la fabrication de crèches en bois (y compris les personnages), les artistes tyroliens ajouteront à leurs créations des figurines réalisées dans la terre glaise appelées "Loammandln". Le succès ne tarda pas à être au rendez-vous et les commandes affluèrent. Par exemple, en 1810, le seul archevêque Karl von Lodron passa commande d’une crèche ne comprenant pas moins de 4 000 personnages ! À partir de 1900, le savoir-faire tyrolien fut désormais dispensé au sein d’une "école d’art des crèches" créée à Sarns, à proximité de Brixen im Thale (ville d’Autriche), où des artistes tels que Josef Blachlechner ou encore Johann Oberkofler viendront exercer leurs talents. Naturellement, l’Italie ne fut pas en reste avec la ville de Naples qui deviendra, au fil du temps, un grand centre de fabrication de crèches de style rococo. Les artistes italiens les plus renommés (pour la réalisation de crèches) s’appelaient alors Lorenzo Mosca, Francesco Cappiello ou Domenico Antonio Vaccaro.
La Crèche dans le Monde
Par contre, il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour voir la crèche arriver en Suède. La première crèche fut assemblée à Göteborg juste après 1870, et ce n’est qu’en 1906 qu’une autre crèche trouvera sa place dans une église de Stockholm. L’adoption des crèches dans ce pays fut lente mais continuelle, au point qu’en 1974, une église suédoise sur deux possédait une crèche. Le XIXe siècle fut également l’époque où les crèches entrèrent dans les foyers familiaux chrétiens. Ce qui explique aussi la vogue des santons de Provence apparus dès la fin du XVIIIe siècle (quelques années plus tard, en 1803, la première foire aux santons eut lieu à Marseille).
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