La crèche parentale associative Les Fripouilles, une institution bien ancrée dans le quartier de la Robertsau à Strasbourg, se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins. Forte de plus de trois décennies d'existence, elle fait face à des difficultés financières exacerbées par les répercussions de la crise sanitaire. Cet article explore l'histoire de cette crèche unique, son fonctionnement, les défis auxquels elle est confrontée et les efforts déployés pour assurer sa pérennité.
Un établissement historique au cœur de la Robertsau
Installée depuis septembre 1988 au rez-de-chaussée d’une maison située au 27, rue des Jardiniers, la crèche Les Fripouilles accueille les tout-petits âgés de dix semaines à quatre ans. En 2016, elle a acquis les murs et entrepris d’importants travaux pour se doter d’un outil adapté aux besoins des enfants. Sa longévité, avec plus de 33 ans d'existence, en fait l’une des plus anciennes crèches parentales de Strasbourg, et l’une des mieux équipées.
La crèche Les Fripouilles se distingue par sa petite taille et son fonctionnement associatif. Dotée d’une capacité d’accueil de onze places, elle offre un cadre familial et personnalisé aux enfants. Son équipe est composée d'une responsable technique, Nadine Port, qui y travaille depuis 32 ans, et de trois salariées à temps plein et en CDI, témoignant d'une stabilité et d'un engagement fort envers la structure.
Un modèle associatif unique
Contrairement à une crèche classique, Les Fripouilles repose sur un statut associatif, interdisant la réalisation de bénéfices. Son financement repose sur la facturation mensuelle aux parents, les subventions de la Caisse d'Allocations Familiales (CAF) et de la Ville. Les parents jouent un rôle actif dans le fonctionnement de la crèche, en assurant des permanences et en participant à des commissions pour gérer les aspects administratifs et les achats.
Adèle Lovatin, dont le fils de 14 mois est inscrit à la crèche depuis septembre, témoigne de son engagement : « Moi, c’est le jeudi matin. Je participe à l’accueil, on joue et ensuite on fait une sortie en extérieur. Chez nous, c’est un axe pédagogique très important, on propose généralement deux sorties par jour. On a un jardin familial dans le quartier qui est à nous. » Ce fonctionnement participatif convient à de nombreux parents, mais repose sur une économie fragile.
Lire aussi: Tout savoir sur la micro-crèche de Souppes-sur-Loing
Les défis financiers liés à la crise sanitaire
La crise sanitaire de la Covid-19 a eu des répercussions importantes sur le fonctionnement et les finances de la crèche. Les confinements successifs, le télétravail et les parents préférant d’autres modes de garde ont entraîné une baisse des effectifs et une réduction du nombre d’heures de présence des enfants.
Les subventions de la structure étant calculées sur un budget prévisionnel de deux ans, la crèche a été subventionnée en 2022 sur une prévision de 2020, qui ne correspondait plus à la réalité. Cette situation a contraint la crèche à rembourser un trop-perçu à la Ville, créant un déficit de plusieurs milliers d’euros. « C’est suffisant pour qu’on ne puisse pas payer les salaires de nos professionnels », précise Adèle.
Malgré une reprise de l'activité depuis janvier, avec un nombre maximal d'enfants accueillis, la situation financière reste préoccupante. Des arrangements avec la Ville et la banque ont permis de gagner du temps, mais ne suffiront que jusqu’en mars, voire juillet ou août.
La mobilisation des parents pour sauver la crèche
Face à ces difficultés, les parents se sont mobilisés pour sauver la crèche. La Ville a indiqué qu’elle ne verserait pas d’aide exceptionnelle, mais une cagnotte en ligne a été lancée pour soutenir la structure. En peu de temps, près de 2 500 euros ont été récoltés, une somme encourageante mais insuffisante pour combler le déficit.
Les parents ne baissent pas les bras et font preuve d’une grande solidarité. Adèle souligne que l’option la plus simple aurait été de fermer la crèche, mais les parents ont choisi de se battre pour défendre ce projet et assurer la pérennité des emplois. « Comme le dit notre trésorier, on a fait le choix de la loyauté envers nos salariés et pour défendre ce projet. »
Lire aussi: Regard approfondi : Crèche des Sablons
Un modèle alternatif : la crèche hospitalière des Fripouilles à Neuilly-sur-Marne
Il est important de noter qu'il existe une autre structure portant le nom de "Crèche les Fripouilles", située à Neuilly-sur-Marne. Il s'agit d'une crèche hospitalière gérée par l'établissement public de santé mentale de Ville Erard. Cette crèche, d'une capacité de 114 berceaux, accueille les enfants du personnel hospitalier âgés de 4 mois à 3 ans, de 6h30 à 21h30, 5 jours sur 7, et sur inscription le week-end.
L'équipe de cette crèche est composée d'une directrice puéricultrice, d'une directrice adjointe puéricultrice, de quatre éducateurs de jeunes enfants (EJE), de 17 auxiliaires de puériculture, de deux personnes titulaires du CAP petite enfance, d'une psychologue (à 20%) et d'une psychomotricienne (à 50%), ainsi que de huit agents de service hospitalier (ASH). La crèche accueille également des enfants en situation de handicap, orientés par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).
Bien que portant le même nom, cette crèche hospitalière a un fonctionnement et une vocation différents de la crèche parentale associative de Strasbourg.
Lire aussi: Livre d'activités : l'outil idéal pour les crèches
tags: #creche #les #fripouilles #avis
