Cet article explore l'univers des crèches, leur évolution historique et leur rôle dans la découverte des couleurs par les enfants, en s'inspirant de l'exemple concret d'un Ehpad nommé "Les Couleurs du Temps" et en mettant en lumière l'importance des jouets et des albums jeunesse dans ce processus d'éveil.

L'Ehpad "Les Couleurs du Temps": Un Lieu de Rencontre Intergénérationnelle

La scène est pour le moins originale : elle se déroule dans un Ehpad, baptisé "Les Couleurs du Temps", niché dans un coin paisible de Villevêque (Maine-et-Loire), non loin d'Angers. Ici, les portes vitrées d’un bâtiment imposant s’ouvrent sur un spectacle inattendu dans un établissement pour personnes âgées : de petites silhouettes qui s’agitent. Il ne s'agit pas d'un regain de jeunesse miraculeux pour les résidents, dont l'âge varie de 58 à 98 ans. Non, ceux qui courent sont des bambins, hauts comme trois pommes, avec tétines et doudous. L’idée de cet établissement est de réunir l’énergie des enfants et la sagesse des aînés.

Ce jour-là, fin juin, tous se retrouvent autour d’une animation musicale, organisée sur place. « C’est une manière de faire se rencontrer nos résidents et les enfants qui nous rendent visite. Même si certains participent peu, du fait de soucis de santé ou de motricité, nous trouvons des manières de les impliquer autrement », explique Lucie Godefroy, qui s’occupe de l’aspect crèche de l’Ehpad. Des assistantes maternelles, invitées à se rendre dans l’établissement plusieurs fois par semaine, accompagnent les enfants dont elles sont responsables.

La Crèche: Un Espace d'Éveil et de Découverte

D’une superficie de 522 m², ses locaux sont spacieux et sécurisés. La crèche a une capacité d’accueil de 45 enfants. Elle bénéficie également de 2 espaces extérieurs sécurisés de 50 m² au total. La crèche est organisée en 3 unités de vie permettant l’accueil des enfants âgés de 3 mois à 3 ans. Les unités de vie des enfants sont aménagées pour offrir un univers ludique riche qui s’adapte aux envies et besoins. La crèche propose un accueil régulier ou occasionnel du lundi au vendredi de 8h15 à 19h, à temps plein ou à temps partiel sur 1 à 5 jours par semaine. C’est à la présence de jouets et pas seulement à la taille du mobilier et au style de décoration que se reconnaît une crèche, une classe maternelle ou tout autre établissement accueillant de jeunes enfants.

L'Évolution Historique de la Place des Jouets en Crèche

Et pourtant, dans ces lieux, la place qui est attribuée aux jouets n’a pas toujours été une évidence. En témoigne la détermination de trois personnalités qui chacune à leur époque ont œuvré ou argumenté en leur faveur.

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Friedrich Fröbel: Le Père des Jardins d'Enfants et des "Dons pour Jouer"

Friedrich Fröbel (1782-1852) est surtout connu pour être le fondateur des jardins d’enfants dont le nom allemand « Kindergarten » a été conservé dans plusieurs pays pour désigner des établissements préscolaires. Auparavant, il avait conçu du matériel qu’il a appelé « dons pour jouer » (ou Spielgaben) et des activités manuelles et physiques qu’il a appelées « occupations ». Les trois premiers dons étaient des balles en laine de six couleurs différentes, des formes en bois et un gros cube composé de huit petits cubes. Actuellement, le matériel complet est vendu dans des commerces et sur des sites spécialisés sous leur nom d’origine : Spielgaben. Convaincu que l’éducation au cours des premières années devait avoir lieu au sein de la famille, il a d’abord créé en 1837 un « institut pédagogique pour les guides d’enfants ». Il y faisait venir des mères et des bonnes pour leur apprendre comment utiliser le matériel de jeu fabriqué sur place. Il publia aussi un journal pour diffuser ses idées et il encouragea ses disciples à ouvrir d’autres instituts pour présenter ses jeux et leur fondement pédagogique. C’est après avoir accueilli des enfants quelques heures par jour et y avoir enseigné les principes de sa méthode qu’il eut l’idée de nommer ce lieu un jardin d’enfants (Kindergarten) et les personnes qui y étaient formées pendant six mois des jardinières d’enfants. Dans la petite commune de Bad Blankenburg (Thuringe), la maison qui abrite dorénavant le musée Friedrich-Fröbel a donc été un lieu de fabrication et de démonstration de jeux avant d’être inaugurée en tant que jardin d’enfants le 28 juin 1840. Ses disciples en Allemagne, en Suisse puis dans d’autres pays ont créé des jardins d’enfants et ont diffusé sa méthode au travers du matériel de jeu fröbelien. En France et dans de nombreux pays, l’utilisation d’un matériel concret, comme les balles en laine, les cubes en bois, les pliages en papier, les perles, etc., est devenue la base de la pédagogie des jardins d’enfants et des classes maternelles les bases philosophiques et religieuses de la méthode fröbelienne ayant été mises de côté. Cet apprentissage par l’action sera le credo de l’Éducation nouvelle, mouvement international qui a pris naissance à la fin du XIXe siècle.

Pauline Kergomard: Pour des Jouets Qui Font le Lien Entre la Maison et l'École

Pauline Kergomard (1838-1925) était une militante féministe et une des fondatrices de l’école maternelle à la fin du XIXe siècle. Elle a dirigé plusieurs années la revue pédagogique publiée par les éditions Hachette : « L’ami de l’enfance ». Au cours de ses inspections des salles d’asile, ancêtre de l’école maternelle, elle prenait souvent position pour une méthode plus à l’écoute de l’enfant et plus respectueuse de ses besoins. On en trouve la trace dans ses rapports d’inspection publiés par la suite. Par exemple, elle était attentive à la notion de sécurité affective quand elle notait qu’il était malheureux de confisquer un petit jouet de la maison qu’un enfant pouvait avoir gardé au fond de sa poche. Elle déplorait aussi l’absence de jouets dans les classes et souhaitait qu’ils prennent toute leur place parmi le matériel scolaire. Elle n’oubliait pas les deux autres catégories qu’étaient selon elle les « jouets de préau » et les « jouets de jardin » car elle accordait beaucoup d’importance à l’activité physique et au temps passé en plein air. Souhaitant instaurer une pédagogie par le jeu, elle avait suggéré que le budget alloué par la municipalité pour les prix de fin d’année soit utilisé en partie pour acheter des jouets solides : « des chariots, des sceaux, des pelles, des poupées, des boîtes de construction, des boîtes à couleurs, etc. », son projet étant que « les deux heures employées naguère à souffrir au gradin, on les emploiera à jouer ». Elle avait même proposé de fixer une journée qui chaque année se serait appelée la « fête des jouets neufs » et à laquelle auraient été invités les parents. En 1908, les instructions relatives aux programmes de l’école maternelle prenaient en compte les orientations données par son inspectrice générale, Pauline Kergomard. Ainsi y étaient mentionnées des « jeux de classes avec jouets » (poupées, cubes, briques, animaux de bois… en petite section ; osselets, bilboquets, lotos… en grande section), des « jeux d’action avec jouets dans la cour ou le préau » (seaux et sable, brouettes, balles, quilles) se distinguant des jeux de classe ou de cour « sans jouets » (chat perché, chant mimé, rondes…). Les jouets avaient fait leur entrée à l’école maternelle !

Irène Lézine: L'Introduction des Jouets dans les Crèches

Irène Lézine est l’auteur, avec une autre psychologue, Odette Brunet, d’une échelle de développement psychomoteur, qu’elles ont finalisée entre 1945 et 1964 : le baby-test Brunet-Lézine. Il est toujours utilisé, dans une version plus récente, pour évaluer le développement global des enfants âgés de moins de trente mois. Dès les années 1950, Irène Lézine (1909-1985) a été à l’origine des postes de psychologue en crèche dans le cadre de ce qu’on appelait à l’époque la « prophylaxie mentale », autrement dit les mesures de prévention dans le registre de la santé psychique. À l’époque, les conditions de vie des jeunes enfants en collectivité étaient suspectées de provoquer des carences affectives et des retards de développement. L’organisation des crèches étant centrée uniquement sur la surveillance de la croissance et de la santé en général, les jouets y étaient totalement absents, ne serait-ce que pour éviter les transmissions infectieuses. C’est dans ce contexte qu’Irène Lézine a œuvré pour que les sections de crèches s’équipent enfin de jouets en nombre suffisant et adaptés à chaque âge. Elle invitait aussi à limiter les jouets didactiques au profit de jouets d’imagination. Dès 1964, elle exposait ses convictions sur les besoins de stimulations des tout-petits dans un livre intitulé « Psychopédagogie du premier âge » et y affirmait qu’en crèche les jeux devaient « être classés selon les intentions éducatives auxquels ils correspondent » et être rangés de manière à ce que les enfants les retrouvent toujours à la même place dans un espace bien aménagé. Ses conseils généraux étaient de privilégier des jouets ni trop compliqués ni trop faciles, esthétiques, qui ne laissent pas l’enfant spectateur passif, qui enrichissent l’imagination, qui satisfont les besoins affectifs. En s’appuyant sur les travaux d’une « commission du jouet éducatif » dont elle était membre en tant que psychologue chercheuse, elle distinguait les jouets selon qu’ils favorisent la motricité globale, la motricité fine, la construction, la création imaginaire ou les relations affectives et sociales. Irène Lézine n’a pas introduit les jouets dans les crèches à elle tout seule mais elle y a largement contribué. Ensuite, il a bien fallu une vingtaine d’années avant que toutes les structures d’accueil soient vraiment équipées en jouets et autre matériel ludique : c’était à la fin des années 1980.

Halte aux Jouets… ou Pas? Les Questionnements Actuels

Au XXIe siècle, nombreux sont les éducateurs et éducatrices de terrain qui se questionnent sur l’intérêt des jouets et sur leurs limites dans l’environnement éducatif des tout-petits. Il est vrai que les critères pédagogiques, économiques, écologiques et même éthiques rendent difficiles les options à prendre au moment de la création ou de la restructuration d’un établissement de la petite enfance. Mais n’oublions pas pour autant que la présence des jouets a été le fruit d’une lente conquête et soyons reconnaissants envers les premières personnalités qui ont été sensibles à la qualité de l’environnement ludique et éducatif.

La Découverte des Couleurs: Un Voyage Chromatique Dès la Crèche

Une belle moisson d’albums sur ce thème! Des albums pour les petits et même les tout-petits, car, dès la crèche, les enfants sont à la découverte des couleurs. Découverte des couleurs primaires et de leurs divers mélanges, avec Couleurs d’Hervé Tullet. Prise de conscience de ce que serait un monde sans couleurs (Le magicien des couleurs, Le temps des cerises), ainsi que le monde des aveugles (Le livre noir des couleurs). Et si les couleurs avaient la parole (Rébellion chez les crayons)? D’autres albums font le choix d’une seule couleur dont ils exploitent les multiples variations, comme Heure bleue ou 600 pastilles noires. Mais on ne peut oublier que « Couleur vous êtes des larmes/ Couleurs, vous êtes des pleurs », comme le chantait Guy Béart. Le Gros chagrin d’une petite fille métisse est là pour nous le rappeler.

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Albums Jeunesse: Une Exploration Chromatique

  • Couleurs. Hervé Tullet. Bayard. Avec cet album écrit sur le même principe qu’Un livre, le lecteur est invité successivement à poser sa main sur des taches de couleurs, à refermer les pages pour unir deux teintes, à mémoriser comment réaliser une couleur complémentaire… Couleurs est un album intelligent, innovant, moderne, malin et amusant. Son plus grand atout, c'est d'être participatif. Il implique physiquement le lecteur. Si l’on veut que l'histoire se poursuive, il faut jouer le jeu, tremper son doigt dans la peinture et faire les mélanges. Avouez que cette idée est tout simplement géniale, surtout pour des enfants : faire de la peinture, sans pinceau, sans se salir et surtout, sans peinture! Finalement, le temps de lecture devient également un temps de jeu et de création.

  • Le magicien des couleurs. Arnold Lobel. École des loisirs. Il y a très longtemps, les couleurs n'existaient pas. « Il manque quelque chose à ce monde » pense le magicien dans son monde en gris et blanc. A force d'expériences, il invente le bleu, qui se répand sur tout le paysage, puis le jaune et le rouge. Mais aucune couleur, à elle seule, n’est totalement satisfaisante. Pour éviter la monotonie, il faut toutes les couleurs et leurs mélanges. Un album déjà trentenaire et toujours vert! Dans la lignée d'un Ungerer, Lobel livre ici une vision tout à fait baroque de la genèse de la couleur. C'est inventif, le dessin est dense, d'une certaine manière il danse, et le texte est fluide. Une belle histoire avec de superbes illustrations, sur la magie des couleurs.

  • Le temps des cerises. Après le passage d'un cyclone, le pays de Nine a perdu ses couleurs, du jour au lendemain, tout est devenu gris. Les fruits, les arbres, les fleurs : tout est gris et plus rien n'a de saveur. La petite fille n'a donc jamais connu les couleurs, celle des frites qu'elle adore, celle des cerises que portait sa grand-mère en guise de boucles d'oreille ou celle des fraises. Le monde sans ses couleurs semble bien morose. Alors qu'elle se promène avec sa grand-mère, Nine découvre un petit coffret métallique enfoui sous terre. Dans cette boîte se trouvent cinq petits crayons, un noir, un blanc, un vermillon, un bleu et un jaune. Ils appartenaient à sa grand-mère. Saisie d'une idée, l’enfant propose de les enterrer, ce qui devrait, en théorie, faire pousser toute une panoplie de crayons! Elle va ainsi redonner ses couleurs au monde qui l'entoure. C'est un conte poétique et rempli de tendresse et de douceur.

  • Le livre noir des couleurs. Manena Cotin/Rosana Faric. Rue du monde. Thomas est un petit garçon atteint de cécité, et dans ce livre, l'auteur nous parle de sa vision des couleurs : le jaune qui a le goût de la moutarde, le rouge acidulé comme les fraises, le marron qui craque sous ses pied l'automne venu, le bleu du ciel quand le soleil le réchauffe devient blanc quand il pleut, le vert qui sent l'herbe fraîchement coupée… Cet album au format à l'italienne porte bien son titre, avec sa couverture noire seulement agrémentée d'une illustration au trait gris argenté. A partir du moment où l'on entre dans le livre, les pages sont noires. Le texte de l'histoire est écrit en police blanche sur les pages de gauche, et aussi en alphabet Braille. Sur les pages de droite, les illustrations sont en relief, d'un noir plus brillant que le mat du papier sur lequel elles sont couchées. Pour la couleur jaune, elles nous montrent les plumes d'un poussin; pour la teinte rouge, des fraises; pour le marron de l'automne, des feuilles… Le livre noir des couleurs est un album merveilleux qui nous fait redécouvrir le monde en faisant appel à notre sens du toucher. Grace à des illustrations en relief et du texte en braille, cet album s'adresse aux enfants malvoyants.

  • Rébellion chez les crayons. Drew Daywalt/Oliver Jeffers. Kaléidoscope. Un album craquant et drôle, avec de la profondeur en filigrane. Les crayons de Duncan ont disparu. A la place, le jeune garçon découvre une pile de lettres, qui lui sont adressées. Chacune est écrite par un des crayons, pour se plaindre (sauf le vert qui, lui, est très content de dessiner arbres et crocos). Mais les autres! Le rouge, par exemple: il est bien conscient qu'un petit garçon ne peut pas ne pas dessiner des camions de pompiers, des Père Noël et des cœurs pour la Saint Valentin, mais quand est-ce qu'il va prendre des vacances? Les jaunes et oranges réclament chacun l'exclusivité du soleil… Le bleu est au bord du burn-out, le rose se sent délaissé (heureusement que Duncan a une petite sœur pour dessiner des robes de princesse et de fées, parce que sinon…) Chacune exprime des sentiments très humains, frustration, jalousie, et met en scène l'arbitraire de certaines représentations ou de codes sociaux: pourquoi les monstres ne seraient-ils pas roses? Un album qui fait rire et réfléchir.

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  • Quelles couleurs! Régis Lejonc. Thierry Magnier. Jaune orpiment, rose balais, vert malachite ou encore rouge cinabre, voici un tout petit échantillon des couleurs que vous allez découvrir à travers les 200 pages de cet ouvrage admirable. Avec ce nuancier d'images, Régis Lejonc interroge (souvent avec humour) notre culture populaire et artistique en partageant sa vision colorée du monde qui nous entoure. Quelle prouesse de réunir dans un même recueil autant de belles images en multipliant les techniques d'expression graphiques, comme la photographie, l'illustration, la peinture, la bande dessinée… Un album à mettre entre toutes les mains!

  • Couleurs. Grégoire Solotareff. École des loisirs. Des photographies d'objets colorés pour développer le sens de l'observation des petits, avec une phrase comme fil conducteur entre les différentes couleurs. Mais certaines images réservent des surprises. En apparence assez simple, ce petit imagier cartonné soulève une question presque philosophique: tout n'est pas toujours de la couleur que l'on croit! L’humour réside dans la transition entre les pages. Par exemple: « Les fraises, c'est rouge, quand elles sont mûres.

  • Heure bleue. Isabelle Simler. Ed. Courtes et longues. Le jour s'éloigne… La nuit vient. Entre les deux, c'est l'heure bleue. Isabelle Simler donne à ces pages la beauté d'une symphonie de bleus. Ceux du ciel, du vent, des feuillages, des plumes, des fourrures… Un instantané qui réussit à capter un moment fugace et évanescent: la rencontre du jour et de la nuit. Un imagier pour célébrer tous les bleus de la nature, leurs variétés et leur puissance. Une palette initiale les évoque; glacier, céladon, céruléen, saphir, pétrole… De quoi emmener l'imaginaire au cœur des couleurs et de la vie. Le monde animalier et les superbes paysages nocturnes sont les univers qui ont inspiré cette illustratrice de talent. Les illustrations tout en douceur et réalisées avec beaucoup de précision fascinent les adultes autant que les enfants.

  • 600 pastilles noires. David Carter. Après le succès phénoménal d'Un Point Rouge et de 2 Bleu, David Carter récidive avec 600 Pastilles Noires, son nouveau pop-up ludique toujours plus ingénieux. Une chasse au trésor pour des heures de divertissement! Un très beau livre de pop-ups délicats et impressionnants. Les enfants sont émerveillés et les adultes aussi. Comptez donc les pastilles pour vérifier combien il y en a!

  • Le Petit Chaperon Gris. Bruno Heitz. Le Genevrier. Un détournement de conte particulièrement réussi. Nous avons affaire à un Chaperon particulièrement déluré, qui n’a pas peur de s’aventurer dans la forêt ni de causer avec le loup puisque, c’est connu (comme le loup blanc), cet animal a un goût exclusif pour les manteaux rouges. Evidemment, elle n’a pas de galette dans son panier, mais un canard, le journal que sa grand-mère attend. Quand le loup offre des fraises des bois à la petite fille pour la remercier d’avoir plié des cocottes en papier, elle rosit, puis rougit, et son costume avec elle! Le conte va-t-il reprendre son cours traditionnel? Ce serait compter sans l’esprit facétieux de Bruno Heitz, qui lance alors la mère-grand au secours de sa petite fille! L’auteur joue avec les codes du célèbre Petit Chaperon Rouge en explorant la thématique des couleurs. Son graphisme explore le travail du papier et la mise en scène photographique, donnant à l'histoire une saveur particulière.

  • Gros chagrin. Rémi Courgeon. Talents hauts. Lorsque Noémie, petite fille métisse, éclate en sanglots à cause de sa couleur de peau, son papa décide de lui raconter l'histoire de Boulou, une petite chatte noire qui voulait être blanche. Une fée lui apparaît qui la fait devenir blanche. Mais changer de couleur n'a pas que des avantages: personne ne la reconnaît plus, ni sa maman, ni ses amis… Finalement, elle préfère redevenir comme avant: avec une peau noire, et un cœur noir et blanc. Cet album de Rémi Courgeon aborde avec sensibilité la notion d'acceptation de soi malgré les différences. L'histoire inventée par le père de Noémie permet à la petite fille de comprendre ce qui fait son identité propre: son métissage. Ce titre est d'ailleurs soutenu par Amnesty International.

  • Ma famille méli mêlée. Aurélia Gaud. Sarbacane. Tout a commencé par Papi et Mamie, un homme et une femme à la peau noire qui, un jour, se sont rencontrés, aimés, mélimêlés… Ils ont fait un, deux et trois beaux enfants! En même temps, Papou et Mamita, un homme à la peau blanche et une femme à la peau café au lait, eux aussi se sont rencontrés, aimés, et mélimêlés… Et à leur tour ont fait un, et deux beaux enfants! Puis tout le monde grandit jusqu'à ce que deux des enfants de chaque lignée, se rencontrent, s'aiment et se mélimêlent… Et youp'là, une nouvelle génération arrive, sous les traits d'un nouvel enfant! C'est celui qui raconte l'histoire de sa famille. Il attend la naissance d'une petite sœur. Mais comment sera-t-elle? Quelle couleur de peau ou forme de cheveux aura-t-elle? Tout est possible quand on se mélimêle! En peu de mots et par quelques personnages vêtus d'habits dont les motifs vont de mêler, Aurélia Gaud invite ses lecteurs au métissage, à la tolérance mais aussi au concept de famille au sens large du terme. Généalogie, filiation, métissage… toutes ces notions complexes sont abordées avec entrain et humour, dans un album aux couleurs fraîches, simple et lumineux. A partir de 6 ans.

La Crèche et le Patrimoine: L'Exemple d'une Crèche Centenaire Restaurée

La crèche est installée à l’église. Notre crèche est chargée d’histoire. En effet, les personnages en plâtre ont plus de 150 ans. En très mauvais état suite aux effets du temps, ils risquaient de rester dans les placards de l’église lors des cérémonies de fin d’année. ll y a une dizaine d’années trois anciens du village, Raymond BAYSANG, Georges BRIAUCOURT et André JARON ont entrepris une formidable œuvre de restauration. lls ont donné de leur temps pour mettre en valeur le patrimoine de la paroisse. Monsieur BAYSANG a réparé méticuleusement (têtes, doigts, nez, jambes.) et repeint à l’identique tous les personnages ainsi que les animaux. Messieurs BRIAUCOURT et JARON ont quant à eux réalisé la crèche de manière à ce qu’elle soit démontable. Six mois de travail leur ont été nécessaires pour mener à bien cette œuvre de restauration. Cela prouve que l'histoire et les couleurs sont intimement liées.

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