La Suisse, et plus particulièrement le Jura suisse, offre une variété de solutions pour la garde des jeunes enfants, adaptées aux besoins des familles et aux spécificités locales. Cet article explore le fonctionnement des crèches en Suisse, en mettant en lumière des exemples concrets et des initiatives innovantes, notamment dans le contexte du canton de Bâle-Ville et du Jura suisse.
Accueil de la petite enfance : diversité des structures
En Suisse, comme en Allemagne, l'accueil des tout-petits se décline en plusieurs types de structures. Dans le Canton de Bâle-Ville, la prise en charge des enfants commence dès l'âge de 3 mois, aussi bien dans les crèches traditionnelles que dans les "Kindertagesstätte" (Kitas). Ces Kitas accueillent les enfants de 3 mois jusqu'à l'âge de 5 ou 6 ans.
Ces structures jouent un rôle essentiel dans le développement des enfants et offrent un environnement stimulant et éducatif. L'apprentissage des langues est souvent mis en avant, avec une attention particulière portée à l'allemand, que ce soit le suisse allemand ou l'allemand standard.
L'apprentissage des langues : une priorité dès le plus jeune âge
Le Canton de Bâle-Ville mène une politique éducative dynamique pour l'accueil et l'intégration des nouveaux arrivants, dès la petite enfance. Cette politique favorise l'apprentissage obligatoire de l'allemand pour les enfants non germanophones dès l'âge de 4 ans et demi. Les enfants rencontrant des difficultés avec l'allemand doivent être en contact avec la langue locale au minimum un an avant l'entrée au Kindergarten, soit dès 4 ans.
Le niveau d'allemand des enfants est évalué dès le plus jeune âge (3 ans et demi). Une sensibilisation à la langue s'effectue dans les garderies (Spielgruppen) ou, si les parents le souhaitent, dans des Tagesheimen (crèches) ou Tagesfamilien (crèches familiales) au minimum deux demi-journées par semaine.
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Exemples de crèches à Bâle
Plusieurs crèches à Bâle illustrent la diversité de l'offre en matière d'accueil de la petite enfance :
Crèche « Les ptits Lutins » (Bâle) : crèche franco-suisse accueillant 24 enfants de 3 mois à 5 ans.
Crèche « La petite bulle » de l’école française de Bâle : elle accueille les petits de 3 mois à 2 ans et propose une initiation à l’allemand lors de temps de jeux, d’éveil et de musique.
Les Kitas Globegarden (Bâle) : ces Kitas, au nombre de quatre à Bâle et dans les environs, proposent un accueil bilingue suisse allemand-anglais, avec du personnel anglophone.
Les Kitas Ylaa (Bâle) : trois structures proposent un accueil bilingue allemand-anglais de 3 mois jusqu’à l’entrée à l’école (6-7 ans). Elles proposent un accueil multiculturel (jeux, repas, chants) où l'allemand et l'anglais sont parlés en parallèle.
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La crèche du Risoux : une réponse architecturale et écologique
La commune des Rousses, située dans le Jura suisse, est particulièrement concernée par les problématiques liées à la forêt, puisque celle-ci couvre près de la moitié de son territoire. Face aux dommages causés par les scolytes typographes, qui ont décimé une partie importante des peuplements d’épicéas, la commune a fait le choix de bâtir une nouvelle crèche en utilisant le bois issu de la forêt locale du Risoux.
Valorisation du bois bleu
Les arbres infestés par les scolytes, bien que prélevés dans l’urgence, constituent une ressource tout à fait exploitable en construction. Leurs propriétés mécaniques restent intactes, seule leur esthétique se démarque par des variations de coloration allant du bleu-gris au bleu-noir, d’où leur nom de « bois bleu ». Le séchage rapide de ces bois a permis de bloquer le développement du processus de bleuissement, qui est provoqué par des champignons introduits par les scolytes. Ces champignons n’ont aucun impact sur les constituants structurels du bois (cellulose et lignine).
Une construction durable et innovante
La crèche du Risoux démontre qu’il est possible d’apporter des réponses à une crise écologique par le biais de l’innovation architecturale et constructive. La charpente de la crèche marie bois lamellé collé et bois massif, provenant de la forêt communale du Risoux. Les longs pans de façade sont réalisés en murs à ossature bois isolés en fibre de bois, tandis que les murs pignons sont en béton banché. La charpente en épicéa ceinture le bâtiment pour former des auvents protecteurs et supporte une toiture végétalisée, qui participe à la qualité du confort d’été.
Une conception axée sur le bien-être des enfants
D’une capacité de 50 berceaux, la crèche est organisée en trois salles principales correspondant à chaque tranche d’âge, ouvertes sur la nature par le biais de grandes surfaces vitrées. La crèche est implantée pour bénéficier d’expositions optimales, limiter l’impact de la construction sur le terrain naturel, et favoriser l’insertion du projet dans le paysage. Le bâtiment est érigé sur pilotis, libérant un espace supplémentaire. La sélection des matériaux intérieurs a été effectuée en prenant soin d’éviter tout perturbateur endocrinien nocif à la santé des tous-petits pendant leurs premières années, période cruciale pour leur développement.
Le vocabulaire jurassien : un patrimoine linguistique à préserver
Le Jura suisse possède un riche patrimoine linguistique, avec des expressions et des mots spécifiques qui témoignent de son histoire et de sa culture. Voici quelques exemples de termes locaux :
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- Apondu : "ça ne me regardait pas ; je n'ai pas apondu"
- Aplaventrer : "je me suis encoublé dans une racine, et je suis allé m'aplaventrer au beau milieu du chemin"
- Branler : parler à tort et à travers.
- Bramer : C'est le verbe correspondant, employé par exemple dans le proverbe rousseland : "ce n'est pas la vache qui brame le plus qui fait le plus de lait"
- Décampasser : marcher plus vite, passer devant - "si tu avais vu comme il a décampassé quand il m'a aperçu !"
- Écafoler : rire bruyamment (un rien misogyne : seules les femmes écafolent).
- Écrabouiller : (s')écraser, (s')écrabouiller, (s')aplatir.
- Encoublé : "je me suis encoublé dans une racine, et je suis allé m'aplaventrer au beau milieu du chemin"
- Moinner : geindre, se plaindre, pleurnicher "je ne sais pas ce qu'il a cet enfant ; depuis ce matin, il n'arrête pas de moinner".
- Michotte : ce verbe prend dans le Haut-Jura le sens particulier de rencontrer les plus grandes difficultés, avoir du mal à faire quelque chose. La michotte est l'emblème de notre bulletin municipal.
- Pétole : une petite crotte de chèvre par exemple, mais la "pétole" en parlant d'une petite fille, voire d'une petite femme, est très affectueux.
- Pifrer : S'emploie négativement. Ne pas pifrer : ne pas aimer, ne pas supporter. "Celui-là, de toute façon, il n'a jamais pu me pifrer !".
- Raviatté : tout prendre ou tout enlever. "merci pour le petit verre. Me voilà tout raviatté".
- Rises : une plaisanterie, une blague. C'est pas des rises : c'est pas des blagues
Cette liste non exhaustive illustre la richesse et la diversité du vocabulaire jurassien, qui contribue à l'identité culturelle de la région.
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