Les crèches de Noël, avec leurs santons, font partie intégrante de la tradition de Noël en France. Parmi les fabricants de santons, la maison Devineau occupe une place particulière dans le cœur de nombreux Français. Cet article explore l'histoire de la maison Devineau et de ses santons, en mettant en lumière leur fabrication, leurs caractéristiques et leur évolution au fil du temps.

Les origines de la maison Devineau : "Au Petit Bon Dieu"

L'histoire de la maison Devineau commence en 1914 à Nantes. Jules Devineau, fabricant de cierges pour les églises, fonde une petite entreprise spécialisée dans les articles de crèches, la Société Nantaise des Articles de Noël (SNAN). Les Nantais la surnomment rapidement "Au Petit Bon Dieu". Jules Devineau avait transféré à Nantes en 1890 l'activité de son oncle Eugène, implanté à Legé, dans le sud de la Loire-Atlantique. Place Sainte-Croix, l’enseigne de la maison se disait « Ciriers depuis 1803 ». À cette époque, les Devineau font partie des nombreux ciriers français dont l'activité principale est la fabrication de cierges.

La diversification de l'entreprise vers la fabrication de santons est lancée par Jules Devineau pendant la Première Guerre mondiale, alors que la frontière avec l'Allemagne, pays historiquement producteur de santons en plâtre, est fermée. La SNAN emploie jusqu'à cent vingt ouvrières et exporte vers les États-Unis et le Canada.

La fabrication des santons Devineau

Matériaux et techniques

Les santons Devineau sont fabriqués à partir de différents matériaux, selon les époques. Initialement, ils sont réalisés dans un mélange de plâtre, de colle et de kaolin, une technique empruntée aux mouleurs italiens. Plus tard, la terre de pipe, une argile très résistante à base de kaolin, est utilisée. Cette argile a la particularité de se recouvrir d'un vernis brun à la cuisson, donnant aux santons les plus anciens leur couleur et leur aspect caractéristiques.

L'enfant Jésus est souvent en cire, et sa mangeoire est en carton recouvert de paille naturelle. Les animaux, tels que le bœuf, l'âne, le chameau, l'éléphant et les premiers moutons, sont recouverts de flocage, et leurs pattes sont en bois d'allumettes. Les animaux les plus anciens ont des yeux de verre, tandis que les modèles plus récents ont des yeux peints.

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Les personnages

Les santons Devineau représentent les personnages traditionnels de la crèche :

  • Marie : Elle porte une tunique blanche, un manteau bleu doublé de rose et un voile blanc. Ses vêtements sont bordés d'un mince liseré d'or, signe de sa sainteté.
  • Joseph : Il est vêtu d'une tunique bleu clair ou beige et d'un manteau violet doublé de blanc. Il porte la couleur pourpre, qui indique son appartenance à la descendance du roi David.
  • Les Rois Mages : Les représentations des rois mages de la maison Devineau s'écartent quelque peu de la tradition. Le « roi blanc » Melchior est penché, signe qu'il se prosterne. Le « roi maure » Gaspard porte le bonnet phrygien des prêtres initiés. Le « roi noir » Balthazar est agenouillé et tient une cassolette dorée qui représente la myrrhe.
  • Les bergers : Les modèles sont au nombre de six, dont une jeune bergère qui apporte un agneau dans les bras.

Les personnages orientaux incluent un jeune Noir porteur d'eau, un conducteur de chameau et un cornac, conducteur d'éléphant.

Chaque ouvrière de la SNAN menait le personnage à terme, du moulage à la finition de la peinture. Les couleurs pouvaient varier en fonction de l'ouvrière.

L'évolution et le déclin de la maison Devineau

Après le concile de Vatican II, la maison Devineau connaît un déclin. Dans les années 1990, la concurrence italienne et asiatique devient de plus en plus forte, et la SNAN cesse son activité.

Cependant, la Maison Bacci, initialement installée près de Tours et désormais implantée en Normandie, continue la fabrication et la vente d'un certain nombre de santons Devineau (en 12 et 23 centimètres). Elle fabrique également ses propres anges quêteurs et anges au phylactère Gloria in excelsis Deo, en plâtre, porcelaine ou résine.

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Conseils pour l'entretien des santons Devineau

Pour nettoyer les santons Devineau, il est recommandé d'utiliser de l'eau tiède additionnée de quelques gouttes de produit à vaisselle, ainsi que des cotons-tiges. Les éclats de peinture détachés peuvent être ôtés délicatement avec un cure-dents. Avant tout raccord de peinture, un peu de gesso estompé du bout du doigt peut combler les creux. Une peinture acrylique mate, du type PEBEO, peut être appliquée sur les éclats dans le respect de la teinte générale du vêtement. Il est conseillé d'éviter les santons dont l'aspect est trop brillant ou dont les détails ont disparu.

L'héritage des santons Devineau

Malgré le déclin de la SNAN, les santons Devineau restent très appréciés des collectionneurs et des amateurs de crèches traditionnelles. Ils font partie intégrante du patrimoine culturel français et témoignent d'un savoir-faire artisanal unique.

La crèche de Noël offre l’image de la naissance de Jésus de Nazareth : une irruption de l’éternité dans le temps. Dans l’espace défini par le décor, cette naissance est rendue présente comme sur une scène de théâtre. Les thèmes de la lumière, du feu, de l’eau, de l’offrande, du commencement, y sont réunis dans une synthèse accessible à tous. Par son origine et par sa forme, la crèche, qui appartient à l’univers de la piété populaire, s’est adaptée à tous les pays et à tous les continents.

Les santons Devineau, avec leur histoire et leurs caractéristiques propres, contribuent à la richesse et à la diversité de cette tradition.

La crèche : une tradition universelle

De tous les messages évangéliques, c’est la scène de Noël qui s’est répandue dans le monde entier et qui a été acceptée dans toutes les cultures. Le travail, les formes de l’habitat, les costumes, les coutumes, l’offrande d’un produit local expriment l’identité culturelle de chaque peuple. Les Péruviens offrent le condor, leur oiseau sacré, les Zaïrois se présentent avec leurs masques tribaux, les peuples des Andes remplacent l’âne et le bœuf par le lama, les crèches du Pérou portent le bonnet caractéristique, la Pologne fabrique des nativités en papier coloré, à Bamberg les personnages évoluent dans des maisons typiques de la Franconie, Taïwan fabrique des personnages en bambou ou en paille de riz. En Écosse, la représentation de la crèche, victime de la Réforme protestante pendant quatre siècles, interdite par une loi du Parlement en 1640, a été réintroduite en 1958.

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