L'élevage d'ânesses, bien que gratifiant, peut présenter des défis, notamment en ce qui concerne la gestion de la lactation. Cet article explore des méthodes naturelles pour réduire la lactation chez une ânesse, en s'appuyant sur des informations scientifiques et des pratiques traditionnelles.
Particularités de la reproduction chez l'ânesse
La reproduction chez l’âne présente des particularités qui la distinguent de celle du cheval. La durée de la gestation est particulièrement longue chez l’ânesse par rapport à la jument (en moyenne 371 jours versus 342 jours) et présente une grande amplitude (de 11 à 14,5 mois).
Les ânesses présentent un taux d’ovulations multiples plus important que les juments, notamment chez certaines races comme le mammoth jack. De ce fait, le taux de gestations gémellaires apparaît plus élevé. Ces gestations sont souvent menées à leur terme chez l’ânesse alors qu’elles sont généralement interrompues chez la jument, en raison d’une densité plus élevée de l’allantochorion en microcotylédons chez l’âne, ce qui rend le placenta plus “efficace” et ne met pas en péril les fœtus, malgré une surface d’échanges réduite en cas de jumeaux.
Pourquoi réduire la lactation ?
Il existe plusieurs raisons pour lesquelles il peut être nécessaire de réduire la lactation chez une ânesse :
- Sevrage de l’ânon : Lorsque l’ânon est sevré, la lactation de la mère doit diminuer progressivement pour éviter l’engorgement mammaire et les mammites.
- Décès de l’ânon : Si l’ânon décède, la lactation de l’ânesse doit être interrompue pour son bien-être.
- Réforme de l’élevage : Dans certains cas, les ânesses sont réformées de l’élevage et il est nécessaire de stopper leur lactation.
- Surproduction de lait : Suite à sa première traite, Pénélope notre ânesse gloutonne qui a toujours peur de manquer, s’est mise à produire du lait en quantité astronomique, ce qui a eu pour effet de congestionner la mamelle.
Méthodes naturelles pour réduire la lactation
Plusieurs méthodes naturelles peuvent être utilisées pour réduire la lactation chez une ânesse :
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Séparation de la mère et de l’ânon
Séparer la mère et le petit est le meilleur moyen. Pour l'arrêt du lait, il faut que le petit ne tète plus mais tu peux empêcher l'accession au pis en mettant une cloture entre la mère et le petit. Pour être vraiment surs vis a vis du traitement de la maman, il faut faire un vrai sevrage avec séparation complète, maman et bébé qui ne s'entendent plus du tout, sinon elle risque d'avoir a nouveau des montées de lait si tu les laisses ou les remets ensembles trop tôt…
La séparation de la mère et de l’ânon est la méthode la plus efficace pour réduire la lactation. Elle doit être progressive pour minimiser le stress de l’ânesse et de l’ânon.
Modification de l’alimentation
L’alimentation joue un rôle crucial dans la production de lait. Pour réduire la lactation, il est nécessaire de diminuer l’apport énergétique et protéique de l’ânesse.
- Réduction des compléments alimentaires : Arrêt des complements alimentaires.
- Foin peu riche : Juste du foin, pas trop riche.
- Restriction de l’eau : Certains réduisent aussi l'eau…
- Diète : Mettre la mère à la diète : nourriture pauvre (paille), très peu d’eau (2-3 litres par jour, en deux fois : “c’est l’eau qui donne le lait”).
Traite manuelle
Certains recommandent de ne pas traire, mais l’expérience en élevage a prouvé que la traite manuelle peut éviter les mammites.
- Traire en cas de grumeaux : En fait, on trayait s'il y avait des grumeaux dans les mamelles…
- Fréquence de la traite : Pour le dernier sevrage, j'ai testé moi meme cette methode, j'ai du traire 3 fois si ma memoire est bonne…
Remèdes de grand-mère
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- Argile verte et huile camphrée : Pour dissuader l’ânon de téter, on peut mettre de la pommade sur les trayons avec un répulsif (argile verte mélangée à de l’huile camphrée, par exemple).
- Pommade pour le pis : Prévenir les risques d’induration, voire d’inflammation des mamelles (mammite) en passant 2-3 fois par jour une pommade “Mammyl” (pour le pis des vaches) en vérifiant que la mamelle ne s’indure pas.
Massages et soins des mamelles
En cas d’engorgement mammaire, des massages réguliers peuvent soulager l’ânesse.
- Massage réguliers : Des massages réguliers toutes les 2 ou 3 heures (sauf la nuit) avec en alternance un gant rempli de glaçons pour décongestionner et un mélange d’huile essentielle d’eucalyptus citronné (anti-inflammatoire) diluée dans de l’huile de jojoba au pouvoir calmant, très pénétrante, ne laissant pas de film gras en surface, et enfin une traite.
Surveillance et prévention des complications
Il est important de surveiller attentivement l’ânesse pendant la période de réduction de la lactation pour détecter tout signe de complication, telle que :
- Mammites : Inflammation des mamelles.
- Engorgement mammaire : Accumulation excessive de lait dans les mamelles.
- Hyperlipémie : Une complication courante à la suite d’un stress ou d’une maladie chez l’âne, peut survenir et doit rapidement être monitorée en cas de doute pour pouvoir être traitée en conséquence.
Si des complications surviennent, il est important de consulter un vétérinaire.
Alimentation et besoins spécifiques de l'âne
Originaire des régions désertiques et semi-désertiques, l’âne y a développé des caractéristiques anatomiques, physiologiques et éthologiques qu’il a conservées malgré sa domestication. En raison de la rareté en ressources alimentaires et en eau dans son habitat d’origine, l’âne vivant à l’état naturel passe la majeure partie de son temps à rechercher de la nourriture (entre 14 et 18 heures par jour) et se montre peu sélectif. Rustique, il est ainsi capable de parcourir de longues distances quotidiennes, supportant également la rareté des ressources en eau.
L’âne consomme entre 1,3 et 1,7% de son poids vif (PV) en matières sèches (MS) par jour. Autrement dit, pour un âne de 200 kg, cela représente 2,6 à 3,4 kg de MS de fourrage, soit 3 à 4 kg bruts de fourrage par jour dans le cas d'un foin à 85% de MS.
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L’efficience énergétique de l’âne est supérieure de 30% à celle du cheval, ce qui veut dire qu’il valorise mieux les fourrages fibreux (récoltés tardivement, donc moins riches en énergie) que le cheval. Ses besoins alimentaires sont ainsi nettement inférieurs, même à ceux du poney ! Cela est d'autant plus vrai pour les ânes de petit gabarit…
Les besoins d’entretien pour un âne d’agrément sont souvent surestimés : dans la majeure partie des cas, l’herbe pâturée et/ou les fourrages séchés distribués suffisent largement ! Il est donc primordial de proscrire la distribution d'aliments destinés aux chevaux, non adaptés à l'alimentation de l'âne car beaucoup trop riches par rapport à ses besoins.
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