Aujourd'hui, l'infertilité touche un couple sur six en âge de procréer, et dans un tiers des cas, un facteur masculin est en cause. La fertilité masculine est une question complexe influencée par une multitude de facteurs, allant de l'âge et des prédispositions génétiques à l'exposition à des substances toxiques et à certains choix de mode de vie. Cet article vise à explorer en profondeur les causes de l'écoulement de spermatozoïdes, les pathologies de l’infertilité masculine et les facteurs qui peuvent compromettre la fertilité masculine, en s'appuyant sur les connaissances actuelles et les données disponibles.
Les insuffisances spermatiques : un aperçu
L'évaluation de la fertilité masculine passe souvent par un spermogramme. Cet examen permet d'évaluer la consistance du sperme, de compter les spermatozoïdes, d'observer leur mobilité, leur durée de vie et leur morphologie. Les résultats de cet examen peuvent révéler différentes anomalies :
- Azoospermie : absence totale de spermatozoïdes dans l'éjaculat. L’azoospermie sécrétoire représente 60 % des cas et se définit comme un défaut de production des gamètes dans les bourses. Lorsqu’un ou plusieurs canaux servant à transporter les spermatozoïdes sont obstrués ou absents, on parle d’azoospermie excrétoire.
- Oligospermie : nombre de spermatozoïdes inférieur à 15 millions/ml. Elle se définit comme une concentration de spermatozoïdes dans l’éjaculat inférieure à la normale (moins de 15 millions par millilitre). Elle peut être légère, modérée ou sévère, selon le nombre de gamètes détectés au spermogramme.
- Asthénospermie : mobilité insuffisante des spermatozoïdes. Il s’agit d’une anomalie du sperme se caractérisant par un défaut de mobilité des spermatozoïdes. Ceux-ci sont classés en quatre catégories selon leur mobilité : rapides, lents, mobiles sur place, et immobiles.
- Tératospermie : nombre trop important de spermatozoïdes anormaux. Cette pathologie se caractérise par un pourcentage insuffisant de spermatozoïdes ayant une morphologie normale. Deux classifications sont en général utilisées : celle de Kruger, où le seuil de tératospermie est de 4 %, et celle de David, avec un seuil de 23 %.
- Oligoasthénotératospermie (OATS) : combinaison des trois anomalies précédentes. Parmi les pathologies de l’infertilité masculine, il en existe une qui présente une triple altération du sperme : l’oligo-asthéno-térato-spermie (OATS). En effet, elle se caractérise à la fois par une faible concentration de spermatozoïdes (oligospermie), une mobilité réduite de ceux-ci (asthénospermie), et une proportion élevée de gamètes ayant une forme atypique (tératospermie). En fonction du degré d’anomalies présentes, l’OATS est classée de modéré à sévère.
Il est important de noter que dans environ 25 % des cas, les insuffisances spermatiques restent inexpliquées. De plus, le processus de conception du sperme dure environ 74 jours, ce qui implique que les facteurs affectant la qualité du sperme peuvent avoir agi plusieurs semaines auparavant.
Causes mécaniques et malformations affectant l'écoulement des spermatozoïdes
Plusieurs anomalies mécaniques ou malformations peuvent entraver le bon écoulement des spermatozoïdes et, par conséquent, affecter la fertilité masculine.
- Varicocèles : dilatation anormale des veines testiculaires, compromettant le développement des spermatozoïdes en empêchant le bon écoulement du sang. Il s’agit d’une dilatation des veines localisées le long du cordon spermatique, au-dessus et autour de chaque testicule. Touchant plus de 20 % des hommes adultes, elle peut entraîner une douleur, une sensation de lourdeur ou un inconfort. La varicocèle peut impacter la fertilité masculine en diminuant le nombre et la mobilité des spermatozoïdes.
- Éjaculation rétrograde : le sperme est éjecté dans la vessie au lieu de sortir par l'urètre, souvent due à un dysfonctionnement des muscles de la paroi de la vessie. Elle se produit lorsque les muscles de la paroi de la vessie ne fonctionnent pas correctement. Dans ce cas, l’éjaculation, au lieu d’aller à l’extérieur, remonte vers l’arrière dans la vessie. Les signes de l’éjaculation rétrograde peuvent être une urine trouble après l’éjaculation.
- Anomalie de migration testiculaire : les testicules ne descendent pas dans les bourses, ce qui empêche la production de spermatozoïdes en raison de la température trop élevée à l'intérieur du corps. Il peut également arriver que les testicules ne descendent pas dans les bourses et restent à l’intérieur du corps. Comme il y fait trop chaud (37 °C), la production des spermatozoïdes ne peut avoir lieu puisque la température propice à la production se situe autour de 33°C.
- Lésions des voies génitales : obstruction des tubes ou des canaux éjaculateurs qui transportent les spermatozoïdes, empêchant la formation du sperme au moment de l'éjaculation. Certains hommes sont nés avec une obstruction des tubes ou des canaux éjaculateurs qui transportent les spermatozoïdes. Il y a alors une anomalie du transport des spermatozoïdes pour la formation du sperme au moment de l’éjaculation.
L'influence des hormones sur la fertilité masculine
Le fonctionnement des testicules est régulé par des hormones, notamment la LH et la FSH, sécrétées par l'hypophyse. Un déséquilibre hormonal peut perturber la production de spermatozoïdes et affecter la fertilité. Elle se caractérise par un taux anormalement élevé de prolactine dans le sang. Cette hormone joue un rôle crucial dans la préparation de la lactation chez la femme après l’accouchement, mais n’a pas de fonction physiologique connue pour l’homme. Chez ce dernier, une augmentation chronique de la prolactine peut entraîner des perturbations dans la production de testostérone et, de ce fait, affecter la fonction sexuelle, et donc la fertilité.
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Maladies génétiques et leur impact sur la fertilité
Certaines maladies génétiques et troubles héréditaires, comme la mucoviscidose ou la maladie polykystique des reins, peuvent altérer la fertilité masculine. Le syndrome de Klinefelter, caractérisé par la présence d'un chromosome X supplémentaire (47, XXY), est un exemple de trouble chromosomique affectant la fertilité.
Les causes infectieuses de l'infertilité masculine
Les infections urinaires, telles que la prostatite, l'orchite et l'urétrite, peuvent affecter la fertilité. Même après un traitement antibiotique, ces infections peuvent laisser des cicatrices bloquant l'épididyme, un organe essentiel pour la maturation et le transport des spermatozoïdes.
Impact du mode de vie sur la qualité du sperme
Le mode de vie joue un rôle crucial dans la fertilité masculine.
- Tabagisme et abus d'alcool : peuvent affecter la qualité des spermatozoïdes.
- Obésité : peut créer un déséquilibre hormonal et nuire à la fertilité.
- Utilisation de stéroïdes anabolisants ou de certains médicaments : peut réduire la production de spermatozoïdes.
- Drogues (cocaïne, marijuana) : peuvent réduire temporairement le nombre et la qualité des spermatozoïdes.
- Chaleur : une température élevée peut nuire à la production de spermatozoïdes, la température idéale étant d'environ 33°C.
Maladies sexuellement transmissibles et infertilité
Les infections répétées de Trachomatis de chlamydia ou la gonorrhée peuvent provoquer des cicatrices et bloquer le passage des spermatozoïdes, entraînant ainsi l'infertilité.
Troubles de l’éjaculation
Les troubles de l’éjaculation sont l’un des troubles sexuels les plus courants dans la population masculine. L’anéjaculation est définie comme un type de dysfonctionnement éjaculatoire qui consiste en l’incapacité de l’homme à éjaculer pendant les rapports sexuels, empêchant l’écoulement du liquide séminal dans les voies génitales féminines. Afin de poser un diagnostic, il est important de connaître les antécédents médicaux du patient et de procéder à un examen physique détaillé. Pour savoir si l’homme souffre d’éjaculation rétrograde, un test d’urine post-orgasmique peut être effectué pour confirmer la présence de spermatozoïdes dans l’urine. Si les spermatozoïdes ne sont pas visibles, un prélèvement de sperme peut être effectué par aspiration épididymaire ou biopsie testiculaire. Si l’anéjaculation est causée par un médicament, celui-ci sera retiré si le médecin le juge approprié.
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Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un médecin après 12 mois de rapports sexuels réguliers sans grossesse. Cependant, ce délai peut être réduit en fonction de l'âge du couple et de ses antécédents médicaux.
Diagnostic et explorations
La prise en charge d'une infertilité doit concerner le couple dans sa globalité. L'exploration du partenaire masculin doit comprendre un interrogatoire, un examen clinique, des examens de laboratoire (bilan spermiologique, dosages hormonaux sanguins) et une échographie urogénitale. Les causes d'infertilité masculines peuvent être sécrétoires ou excrétoires. Une cause sécrétoire est due à un défaut de la spermatogenèse alors que dans une cause excrétoire, il existe un obstacle à l'écoulement des spermatozoïdes et la spermatogenèse est normale. L'échographie est devenue la modalité d'imagerie de référence dans l'exploration de l'appareil génital masculin. Dans les infertilités sécrétoires, elle montre des anomalies testiculaires ou des varicocèles grâce à une sonde superficielle. Dans les infertilités excrétoires, elle montre, grâce à une sonde endorectale, des lésions telles que des stigmates d'infections, des absences déférentielles ou des kystes du carrefour urogénital. Une imagerie par résonance magnétique (IRM) pelvienne est parfois pratiquée pour compléter le bilan d'une infertilité excrétoire. Différentes évaluations viennent ensuite en complément : examen clinique, échographie testiculaire et des canaux spermatiques, bilan hormonal, bilan génétique et biochimie séminale.
Nécrospermie
Aussi appelée nécrospermie, elle se caractérise par un nombre élevé de spermatozoïdes morts. Elle peut être totale ou partielle (quand plus de 42 % des gamètes sont morts). Ses causes les plus courantes sont des infections uro-génitales, la présence d’anticorps anti-spermatozoïdes, des traumas, des traitements comme la chimiothérapie, ou des anomalies génétiques. Cependant, il arrive que l’origine exacte de la nécrozoospermie ne soit pas identifiable.
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