Introduction
Les couches de terrains, ou strates géologiques, sont des éléments fondamentaux pour comprendre l'histoire de la Terre. Elles témoignent des processus qui ont façonné notre planète au fil des millions d'années. Cet article explore en profondeur la nature, la formation, l'analyse et l'importance des couches géologiques.
Définition et Formation des Couches Géologiques
Une couche géologique est une strate de roches ou de sédiments déposée au fil du temps, formant une séquence distincte dans le sous-sol. Ces couches se créent en réponse à différents processus géologiques, comme l’érosion, le dépôt de sédiments, les éruptions volcaniques, ou encore les changements climatiques et environnementaux. Les géologues utilisent ces informations pour reconstruire les événements et conditions anciennes. En pratique, les couches géologiques sont classées en unités nommées (par exemple, formation, membre, ou lit), et chacune correspond à une période géologique ou à un type de sédimentation.
La superposition de ces couches obéit à des principes de stratigraphie, permettant de déterminer l'âge relatif des différentes strates.
Cartographie Géologique: Un Aperçu
La couverture géologique du territoire métropolitain et Corse a été réalisée à l'échelle du 1/50.000, où chaque feuille représente un terrain d'environ 25 km (d'ouest en est) et 20 km (du nord au sud). Ces cartes superposent les informations géologiques au fond topographique de l'IGN (Institut National de l'Information Géographique et Forestière). Il est crucial de ne pas confondre les symbologies des deux cartes. Plus de 1100 feuilles sont nécessaires à la couverture cartographique complète de la France.
Chaque carte géologique est accompagnée d'une notice explicative qui offre une légende plus détaillée que celle figurant sur la carte elle-même.
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Interprétation des Cartes Géologiques
Couleurs et Tracés
Les contours géologiques représentent la projection de l’intersection d’un plan avec la surface topographique. Ils sont dessinés en traits fins pour les contours géologiques normaux (tiretés en cas d’incertitude), et en traits épais pour les limites tectoniques comme les failles, chevauchements (contacts anormaux).
Cartouches Géologiques
Les cartouches géologiques se trouvent dans la légende de la carte. Ce sont des rectangles colorés qui représentent tous les terrains présents sur la carte. Chaque couleur correspond à un terrain donné, et est associée à une notation ou indice (c’est une lettre, parfois accompagnée d’un exposant).
Coupes Géologiques
Une coupe géologique représente la section des terrains géologiques par un plan vertical.
Analyse et Mesure des Couches Géologiques
Calcul de l'Épaisseur Réelle
Pour calculer l'épaisseur réelle d'une couche géologique, il faut d'abord connaître la largeur de l'affleurement sur la carte géologique en utilisant un double-décimètre. Sur cette carte, le Grès Armoricain, marqué O2 fait 0,85 cm au nord du synclinal et 0,75 cm au sud.
Il faut ensuite connaître le pendage. Nous avons de la chance, c'est indiqué : 65° au nord et 85° au sud. Il suffit maintenant de se souvenir des cours de trigonométrie. Si e est l'épaisseur de la couche que l'on veut calculer, a la largeur de l'affleurement et p le pendage en °, voici la formule qui nous permettra de trouver e : e= a sin(p). Bien sûr, il faut penser à convertir la largeur en cm mesurée sur la carte en largeur réelle en m, en multipliant par 500 puisque l'échelle est 1/50000.
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- La largeur de l'affleurement se mesure en suivant l'orientation du pendage (symbolisé par un T).
- L'épaisseur obtenue est celle de la couche à l'endroit du symbole T (repéré par un cercle rouge sur la carte ci-dessus).
Pendage
Le pendage est l’angle entre la surface d’une couche et un plan horizontal. Il peut être indiqué sur les cartes géologiques sous la forme de signes distinctifs. Deux valeurs sont mesurées sur le terrain : un angle (il s’agit du pendage à proprement parlé : il est mesuré avec le clinomètre) et le sens du plongement de la couche (qui est mesuré avec la boussole). Les signes peuvent varier selon les cartes géologiques mais généralement le pendage est indiqué par un ‘T’ dont la pointe est dirigée dans le sens du pendage.
Création de Coupes Géologiques
Les coupes géologiques permettent de montrer la structure en profondeur. Elles sont réalisées à partir de la carte géologique interprétative, perpendiculairement aux principales structures. Voici les étapes clés :
- En haut à droite, dessiner un rectangle représentant la carte géologique.
- Sous l'échelle, indiquer la légende des figurés choisis.
- Il existe un certain nombre de figurés "types" qu'il convient d'utiliser. Les figurés des couches géologiques doivent être parallèles aux structures. Aucun figuré ne doit être horizontal sauf si la couche l'est.
- Dessin du trait de coupe sur la carte, perpendiculairement aux principales structures comme précisé ci-dessus
- Réalisation du profil topographique. Pour cela, il faut repérer le point le plus bas et le point le plus haut afin de représenter l'échelle verticale de part et d'autre de la coupe. Il faut également repérer les éléments importants de ma topographie: sommets, vallées, falaises, cours d'eau… Les courbes de niveau sont ensuite reportées sous forme de points. Ces points sont ensuite reliés, le profil est alors constitué
- Repérer les accidents tectoniques (failles, chevauchements,… ) et les figurer
- Indiquer les limites de couches avec les amorces de pendage puis dessiner les formations géologiques
- Dessin des figurés, représentation de la légende, mise en page de la coupe
Si les contours géologiques sont parallèles aux courbes de niveau, cela signifie que les couches sont horizontales.
Terminologie Spécifique
- Couche : Terme général désignant une strate de roche.
- Banc : S'applique davantage à une couche de roche dure.
- Lit : Une couche mince.
- Niveau, Assise, Horizon : Une couche mince que l'on peut caractériser sur une certaine distance de par sa nature pétrographique ou son contenu paléontologique.
- Érosion en couche : Processus d'érosion uniforme sur une surface.
- Couche(s) de passage : Couche(s) comprise(s) entre deux séries stratigraphiques de faciès bien différents, et dont certains caractères pétrographiques ou paléontologiques s’avèrent identiques, pour les uns à ceux des couches sus-jacentes, pour les autres à ceux des couches sous-jacentes. Par exemple : une série marneuse est surmontée par une série calcaire par l’intermédiaire de couches de passage marno-calcaires.
- Couche-savon : Couche dont la composition peut, sous certaines conditions, permettre le décollement des terrains qui la coiffent et faciliter leur glissement, puis leur chevauchement sur d'autres terrains. Il s'agit le plus souvent de couches argileuses ou/et évaporitiques. Dans les Alpes, par exemple, les couches argilo-gypsifères du Trias supérieur, jalonnent de nombreux contacts anormaux.
Exemples Régionaux: Massif Armoricain et Bassin Parisien
Massif Armoricain
Le Massif armoricain résulte de la succession de plusieurs formations de chaînes de montagne nées de la collision entre 2 super-continents, il y a 2,1 milliards d’années. Ces différentes phases orogéniques, accompagnées de périodes de volcanisme, de plissements, d’érosion des reliefs ont laissé place à des formations de roches métamorphiques, telles que le schiste, le gneiss, et des roches magmatiques comme le granite.
Bassin Parisien
Le Bassin parisien, quant à lui, est un bassin sédimentaire où se sont accumulées des roches sédimentaires d'origine marine et continentale (calcaires, craies, marnes) datant du Mésozoïque et du Cénozoïque entre 245 et 1,8 millions d'années. Cette superposition de couches sédimentaires, d’âges différents, forme une sorte de pile d’assiettes, présentant des bords relevés à l’Est et à l’Ouest. Cette forme résulte d’une phase de subsidence provoquée par le poids des matériaux déposés durant l’ère Mésozoïque et l’ère Cénozoïque, suivie par la poussée alpine soulevant les marges septentrionales, orientales et méridionales, il y a 23 millions d’années au Cénozoïque. L’érosion a ensuite entaillé les roches tendres laissant place à des reliefs dissymétriques, tels que les coteaux et les plateaux calcaires. On y retrouve le tuffeau, roche calcaire tendre d’aspect homogène clair voire blanc datant de 90 Ma, et le falun roche sédimentaire détritique composée de nombreux débris coquilliers, plus récente datant du Miocène (12 Ma).
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Entre ces deux grands ensembles géologiques, s’étend une zone de transition (autour de la vallée de la Loire entre Angers et Saumur), marquée par des formations variées et de nombreuses failles, notamment la faille du Layon, accident géologique majeur. Le fonctionnement de cette faille a créé un ensemble de bassins de roches volcano-sédimentaires anciennes datant du Carbonifère (320 - 290 Ma), telles que la houille. Source BRGM
Exploitation des Couches Géologiques et Risques Associés
La richesse géologique contribue à une grande diversité de matériaux exploités.
Côté Anjou noir, de nombreuses veines ardoisières orientées Nord-Ouest/Sud-Est, ont été exploitées, notamment dans le secteur du pourtour d’Angers (Trélazé, Angers, Saint Barthélémy-d’Anjou…) et dans le Nord-ouest du département où l’on retrouve la mine bleue (Ste Blaise). Outre les schistes ardoisiers, les sous-sols d’Anjou sont riches en minerais de fer, intercalés en minces couches dans le grès armoricain.
En Anjou blanc, le tuffeau a été largement exploité, notamment dans les coteaux du Saumurois, pour la construction des habitations, des églises, et pour la construction de monuments emblématiques du territoire, comme les châteaux de la Loire. Le falun, quant à lui a été utilisé comme pierre à bâtir, mais principalement autour de Doué-en-Anjou. Leur exploitation intensive est à l’origine de nombreux vides souterrains. Par ailleurs, ces roches sont truffées d’habitats troglodytiques, c’est dans le Saumurois que l’on trouve la plus forte concentration de France.
L’extraction de ces roches et minerais a laissé place à des milliers de kilomètres de vides souterrains. Dans le Maine-et-Loire, près de 20 000 cavités sont recensées dont 90 % présentes dans le Saumurois. Ces vides fragilisent le sol et sont à l’origine de mouvements de terrain.
Mouvements de Terrain
Les mouvements de terrain sont définis comme étant des déplacements naturels du sol et du sous-sol, plus ou moins rapides et brutaux.
Dans le Maine-et-Loire, les mouvements de terrains sont principalement liés aux cavités souterraines anthropiques ou naturelles, et aux instabilités de versants. L’abandon des galeries, la circulation de l’eau, la végétation, les vibrations ou encore l’altération des matériaux du sous-sol favorisent l’apparition ces phénomènes.
Depuis 2010, près de 1 000 mouvements ont été recensés dans le département. Leur ampleur varie, cependant certains déplacements importants peuvent occasionner de forts dégâts matériels. Les mouvements brutaux eux, peuvent s’avérer destructeurs et dangereux pour la vie des occupants. Dans les cas les plus graves, les pertes économiques sont considérables et peuvent conduire à la délocalisation de certaines habitations ou activités.
Plusieurs types mouvements de terrain sont principalement observés :
- l’éboulement/chûtes de blocs : chute d’éléments rocheux, le long d’une forte pente
- le glissement de terrain : déplacement lent d’une masse de terrain sur une pente
- Généralisé : Ils traduisent la rupture partielle ou totale de la cavité sous-jacente (plusieurs piliers ont été foudroyés). L’évènement en surface présente une superficie importante, mais la profondeur de l’effondrement reste modérée, généralement de la hauteur de la cavité.
- Localisé : Ils traduisent un évènement local à l’intérieur de la cavité sous-jacente ou de son puits d’accès. Le désordre en surface présente une superficie faible, mais une profondeur d’effondrement pouvant être très importante. Ces évènements sont les plus dangereux et destructeurs de par leur brutalité et leur profondeur. Ils sont sans signes précurseurs.
- Remontée de fontis : A la suite d’une rupture de toit, une cloche de vide se forme. Elle remonte progressivement à la surface, plus ou moins rapidement.
- Débourrages de puits : Lorsque les puits sont remblayés, il subsiste une portion plus ou moins importante de vide, présent dans les galeries. Au fil du temps, ces remblais sont lessivés et dirigés vers les galeries. Le puits est alors vidé et ne possède plus de soutien qui permet de maintenir les parois en place. Cela entraine l’effondrement de la tête de puits.
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