La cortisone, ou plus précisément les corticostéroïdes, sont des médicaments aux propriétés anti-inflammatoires puissantes. Bien qu'efficaces, leur utilisation chez les nourrissons nécessite une attention particulière en raison des indications spécifiques et des effets secondaires potentiels. Cet article vise à informer sur l'utilisation de la cortisone chez les nourrissons, en mettant l'accent sur les indications, les effets secondaires et les précautions à prendre.

Comprendre les Corticostéroïdes

Les corticostéroïdes, dérivés synthétiques du cortisol (une hormone produite par les glandes surrénales), sont employés pour leurs effets anti-inflammatoires et immunosuppresseurs. Ils ne sont pas les seuls médicaments anti-inflammatoires disponibles, mais ils exercent une action puissante. Ils existent sous différentes formes, notamment orale (prednisone, prednisolone, méthylprednisolone), injectable (méthylprednisolone) et topique (crèmes, pommades, lotions).

Indications de la Cortisone chez le Nourrisson

Chez le nourrisson, la cortisone peut être prescrite dans diverses situations, notamment :

  • Eczéma atopique : En cas d'eczéma du nourrisson, le médecin peut prescrire une crème faiblement dosée en cortisone (dermocorticoïde) à appliquer localement pendant une courte période (2 à 3 jours, rarement plus de 6 jours d'affilée).
  • Angiomes sévères du nourrisson
  • Asthme aigu sévère et exacerbations d'asthme
  • Laryngite striduleuse
  • Manifestations allergiques aiguës
  • Syndrome de West

La prednisolone (m-sulfobenzoate sel de Na) est un corticoïde qui peut être utilisé chez le nourrisson dans les cas suivants :

  • Affections nécessitant une corticothérapie générale ;
  • Anémie aplastique congénitale ;
  • Anémie hémolytique auto-immune ;
  • Arthrite aiguë ;
  • Asthme aigu sévère ;
  • Asthme persistant, traitement de deuxième intention ;
  • BPCO, évaluation de la réversibilité du syndrome obstructif ;
  • Bursite ;
  • Bérylliose ;
  • Dermatite atopique sévère ;
  • Dermatite exfoliative ;
  • Dermatose bulleuse auto-immune sévère ;
  • Dermatose neutrophilique sévère ;
  • Dermite séborrhéique sévère ;
  • Eczéma aigu ;
  • Epicondylite ;
  • Erythroblastopénie chronique ;
  • Exacerbation d'asthme ;
  • Exophtalmie oedémateuse ;
  • Fibrose pulmonaire interstitielle diffuse ;
  • Glomérulonéphrite extracapillaire primitive ;
  • Goutte, traitement de la crise ;
  • Hémopathie maligne lymphoïde ;
  • Hépatite alcoolique aiguë sévère ;
  • Hépatite chronique active auto-immune ;
  • Hypercalcémie ;
  • Laryngite striduleuse ;
  • Lennox-Gastaut, syndrome ;
  • Lichen plan ;
  • Maladie de Crohn, traitement des poussées ;
  • Maladie de Horton ;
  • Maladie inflammatoire sévère de l'oeil ou de ses annexes ;
  • Maladie sérique ;
  • Maladie systémique, traitement des poussées évolutives ;
  • Manifestations allergiques aiguës ;
  • Myasthénie ;
  • Mycosis fongoïde ;
  • Nausées et vomissements induits par la chimiothérapie ;
  • Néphropathie lupique au stade III et IV ;
  • Neuropathie optique, traitement de relais de la voie injectable ;
  • Névralgie cervicobrachiale sévère et rebelle ;
  • Oedème cérébral de cause tumorale ;
  • Périartérite noueuse ;
  • Péricardite tuberculeuse ;
  • Phénomènes inflammatoires tubo-tympaniques ;
  • Pneumopathie à Pneumocystis carinii avec hypoxie sévère ;
  • Pneumopathie d'inhalation ;
  • Polyarthrite ;
  • Polyarthrite rhumatoïde, traitement de fond ;
  • Polypose nasosinusienne ;
  • Polyradiculonévrite chronique idiopathique inflammatoire ;
  • Poussée oedémateuse et inflammatoire associée aux traitements anticancéreux ;
  • Pseudopolyarthrite rhizomélique ;
  • Psoriasis sévère ;
  • Purpura thrombopénique immunologique sévère ;
  • Réaction du greffon contre l'hôte, traitement curatif ;
  • Réaction du greffon contre l'hôte, traitement préventif ;
  • Rectocolite hémorragique, traitement des poussées ;
  • Rejet de greffe d'organe ou de moelle osseuse allogénique ;
  • Rhinite allergique, traitement de courte durée ;
  • Rhumatisme articulaire aigu ;
  • Sarcoïdose évolutive ;
  • Sarcoïdose granulomateuse intrarénale ;
  • Sclérose en plaques, traitement des poussées ;
  • Sinusite aiguë, traitement anti-inflammatoire ;
  • Sinusite chronique ;
  • Spondylarthrite ankylosante, traitement symptomatique ;
  • Syndrome de Loeffler, traitement de 2e intention ;
  • Syndrome de West ;
  • Syndrome néphrotique à lésions glomérulaires minimes ;
  • Syndrome néphrotique de la hyalinose segmentaire et focale ;
  • Synovite aigue ;
  • Ténosynovite ;
  • Thrombopénie aiguë ;
  • Thyroïdite subaiguë de De Quervain sévère ;
  • Trichinose, traitement associé ;
  • Tuberculose sévère, traitement associé ;
  • Urticaire aiguë ;
  • Uvéite sévère ;
  • Vascularite avec atteinte rénale.

Il est crucial de souligner que l'utilisation de corticoïdes systémiques chez les nourrissons est généralement réservée aux situations graves en raison des risques potentiels.

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Formes et Voies d'Administration

  • Dermocorticoïdes : Ce sont des préparations topiques (crèmes, pommades, lotions) contenant un dérivé de la cortisone. Elles sont utilisées pour traiter les dermatoses inflammatoires non infectieuses. Le choix de la forme (crème pour les lésions suintantes, pommade pour les lésions sèches, lotion pour le cuir chevelu) dépend de la zone d'application.
  • Voie Orale : La prednisolone (m-sulfobenzoate sel de Na) est administrée par voie orale sous forme de comprimés orodispersibles, à dissoudre dans un peu d'eau ou à laisser fondre sur la langue. Il est préférable de l'administrer le matin et pendant le repas.
  • Voie Injectable : Dans les poussées les plus fortes, on peut avoir recours aux formes injectables (intraveineuse), le plus souvent de la methylprednisone (Solumédrol®).

Effets Secondaires Potentiels

Les effets secondaires des corticoïdes sont plus fréquents avec une utilisation prolongée et à des doses élevées. Chez le nourrisson, ces effets peuvent être particulièrement préoccupants :

  • Effets secondaires généraux :
    • Prise de poids excessive, due à la stimulation de l'appétit et à une redistribution des graisses.
    • Modifications du visage (arrondissement).
    • Augmentation du duvet ou de la pilosité.
    • Troubles du sommeil (en cas de prise le soir).
    • Irritabilité et changements d'humeur.
  • Effets secondaires métaboliques :
    • Déséquilibre du diabète (si le nourrisson est diabétique).
    • Rétention hydrosodée (accumulation de sel et d'eau), pouvant entraîner une élévation de la pression artérielle.
    • Hypokaliémie (diminution du taux de potassium dans le sang).
  • Effets secondaires immunitaires :
    • Diminution des défenses immunitaires, augmentant le risque d'infections (bactériennes, virales, fongiques). Les vaccinations vivantes sont contre-indiquées pendant le traitement.
  • Effets secondaires osseux :
    • Déminéralisation osseuse, augmentant le risque de fractures.
    • Retard de croissance (en cas de traitement prolongé).
  • Effets secondaires ophtalmologiques :
    • Cataracte.
    • Glaucome.
    • Troubles visuels.
  • Effets secondaires endocriniens :
    • Insuffisance surrénalienne (en cas d'arrêt brutal du traitement).
  • Risque de crise de phéochromocytome

Il est important de noter que tous les patients ne ressentent pas tous les effets secondaires, et que leur apparition dépend de la dose, de la durée du traitement et de la susceptibilité individuelle.

Précautions d'Emploi et Surveillance

L'utilisation de la cortisone chez le nourrisson nécessite une surveillance médicale rigoureuse :

  • Respect des indications et de la posologie : La cortisone doit être prescrite uniquement lorsque cela est nécessaire, à la dose la plus faible possible et pendant la durée la plus courte possible.
  • Prise le matin : Les corticoïdes doivent être pris de préférence le matin pour minimiser les troubles du sommeil.
  • Surveillance de l'alimentation : Pour éviter une prise de poids excessive, il est conseillé de limiter les graisses.
  • Supplémentation : Des suppléments de calcium et de vitamine D peuvent être prescrits pour prévenir la déminéralisation osseuse.
  • Surveillance médicale : Un suivi régulier est nécessaire pour surveiller la croissance, la tension artérielle, la glycémie, la densité osseuse et l'apparition d'éventuels effets secondaires (cataracte, glaucome).
  • Ne pas arrêter brutalement le traitement : En cas de traitement prolongé, l'arrêt doit être progressif pour éviter une insuffisance surrénalienne. Un test de cortisolémie peut être réalisé avant l'arrêt pour s'assurer que la glande surrénale fonctionne correctement.
  • Interactions médicamenteuses : Des interactions avec d'autres médicaments sont possibles. La surveillance des traitements anticoagulants et du diabète doit être renforcée.
  • Contre-indications : Les véritables contre-indications à l'emploi des corticoïdes sont rares : infections évolutives sévères, glaucome et cataracte, ainsi que certaines maladies psychiatriques. Le diabète n’est pas une contre-indication absolue, mais les corticoïdes risquent de les déséquilibrer temporairement.
  • Grossesse et allaitement : Les corticoïdes ne sont pas contre-indiqués au cours de la grossesse et de l’allaitement, mais il faut les utiliser à bon escient, le moins longtemps possible et avec un schéma de décroissance.

Dermocorticoïdes : Conseils d'Application

  • Application locale : Appliquer le dermocorticoïde en fine couche sur les lésions, en respectant la quantité prescrite par le médecin.
  • Durée limitée : Ne pas dépasser la durée de traitement recommandée.
  • Hydratation : Appliquer un émollient après le bain, sur une peau légèrement humide, pour réduire la sécheresse cutanée. Des médicaments contenant l'association glycérol, vaseline et paraffine liquide disposent d'une indication spécifique dans le traitement d'appoint de la dermatite atopique.
  • Surinfection : En cas d'infection de la peau, le dermocorticoïde ne doit pas être utilisé seul. Un traitement antibiotique local peut être nécessaire.

Corticophobie et Importance de l'Information

La corticophobie, ou la peur des corticoïdes, est un phénomène fréquent qui peut nuire à la prise en charge de certaines maladies. Il est essentiel d'informer les parents sur les bénéfices et les risques des corticoïdes, ainsi que sur les précautions à prendre pour minimiser les effets secondaires. Le respect de la prescription médicale est primordial pour soulager les symptômes et prévenir les récidives.

Alternatives aux Corticostéroïdes

Dans certains cas, des alternatives aux corticostéroïdes peuvent être envisagées, notamment :

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  • Emollients : Pour réduire la sécheresse cutanée dans l'eczéma atopique.
  • Antihistaminiques : Pour soulager les démangeaisons.
  • Inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pimecrolimus) : En traitement local de la dermatite atopique, en cas d'intolérance ou d'échec aux dermocorticoïdes.
  • Ciclosporine : Un immunosuppresseur qui peut être utilisé dans certains cas de dermatite atopique sévère.

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