Corinne Marchand, de son nom complet Denise Marie Renée Marchand, est une actrice française née le 4 décembre 1931 dans le 10e arrondissement de Paris. Sa carrière, bien que marquée par des moments de gloire intense, notamment grâce au film "Cléo de 5 à 7" d'Agnès Varda, est restée relativement discrète. Cet article se propose de retracer son parcours, en explorant les différentes facettes de sa vie, tant professionnelle que personnelle.

Des débuts artistiques éclectiques

Avant de devenir une figure du cinéma français, Corinne Marchand a exploré diverses voies artistiques. Élève de cours dramatiques, elle a débuté comme chanteuse et meneuse de revues, puis a joué dans des opérettes. Ces expériences lui ont permis de développer ses talents de comédienne et de chanteuse, tout en apprenant à vaincre sa timidité.

Malgré un intérêt marqué pour le dessin et un désir d'intégrer une école de graphisme, sa famille, aux revenus modestes, n'a pas pu lui offrir cette opportunité. Elle s'est donc tournée vers le théâtre, où elle a suivi les cours d'art dramatique de Robert Vidal, travaillant les rôles de tragédie.

"Cléo de 5 à 7" : la consécration

C'est en 1962 qu'Agnès Varda lui offre le rôle de Cléo dans le film éponyme, un rôle qui la rendra célèbre en très peu de temps. Ce film, tourné sans moyens importants, deviendra un classique du cinéma français et propulsera Corinne Marchand sur le devant de la scène. Elle y incarne avec sincérité et vérité une chanteuse blonde traversant Paris, en proie à l'angoisse dans l'attente d'un diagnostic médical.

Jacques Prévert pensait de Corinne Marchand qu’elle était prodigieuse, car singulièrement simple et tout naturellement vivante et vraie.

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Une carrière cinématographique en dents de scie

Après le succès de "Cléo de 5 à 7", Corinne Marchand refuse un contrat fabuleux de sept ans que lui offre Carlo Ponti, le mari de Sophia Loren aux États-Unis. Elle explique ce choix par son manque d'âme d'aventurière et son amour pour son mari.

Malheureusement, elle n'accède plus à un rôle aussi marquant que celui de Cléo. Elle se retrouve souvent cantonnée à des personnages de femmes élégantes et sophistiquées, comme dans "Les Sultans" de Jean Delannoy.

Elle traverse avec aisance les univers de nombreux metteurs en scène illustres , notamment Juan Antonio Bardem en Espagne, Marco Ferreri en Italie et George Cukor à Hollywood. En 1970, elle atteste se satisfaire de seconds rôles dirigés par des metteurs en scène de premier plan. Elle participe ainsi à des films tels que "Borsalino" de Jacques Deray, aux côtés de Jean-Paul Belmondo et Alain Delon, ou encore "Liza" de Marco Ferreri, avec Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve.

Le théâtre et la télévision : un second souffle

C'est au théâtre, dans la quarantaine, qu'elle nourrit sa carrière, multipliant les rôles dans les pièces. Sur les planches, elle joue dans “Harold et Maud” en compagnie de Denise Grey et dans une reprise des “Parapluies de Cherbourg” au Théâtre Montparnasse, que Raymond Gérôme a mis en scène.

Corinne Marchand est également visible à la télé avec la série très connue “Une autre vie” de Louis Grospierre en 1971. Elle joue une veuve qui rebâtit sa vie en dépit des embûches et réussi à devenir avocate.

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Vie privée : discrétion et simplicité

L'article ne fournit pas d'informations détaillées sur la vie privée de Corinne Marchand, hormis sa déclaration concernant son amour pour son mari, qui l'a poussée à refuser un contrat aux États-Unis. On peut déduire de son parcours et des témoignages à son sujet qu'elle a mené une vie simple et discrète, privilégiant sa famille et ses proches à la célébrité.

Hommages et reconnaissance

Jacques Prévert disait de Corinne Marchand qu’elle était prodigieuse, car singulièrement simple et tout naturellement vivante et vraie. C’est peut-être ses qualités de normalité qui n’ont pas suscité un plus grand désir chez les cinéastes et, comme elle le dit elle-même, ne lui ont pas permis de faire « une grande carrière ».

Il a fallu la cérémonie des obsèques d’Agnès Varda au cimetière Montparnasse pour revoir le beau visage de Corinne Marchand. Elle qui reste à jamais Cléo arpentant les rues de Paris, passant d’un trottoir à l’autre avec un rien de crispation, frémissante d’angoisse, palpitante d’émotion.

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