La Corée du Sud, avec son économie dynamique et sa position de leader dans les secteurs de l'industrie et de la technologie, attire de nombreux travailleurs étrangers. Comprendre les spécificités du contrat de travail sud-coréen est essentiel pour toute personne envisageant de travailler dans ce pays. Cet article détaille les aspects clés du contrat de travail en Corée du Sud, incluant la durée, les conditions de travail, les types de visas disponibles, et les perspectives d'emploi.
L'Économie Sud-Coréenne : Un Aperçu
La Corée du Sud affiche une économie robuste, avec un PIB atteignant 1,81 trillion de dollars américains en 2022, marquant une progression de 4,5% par rapport à l’année précédente. Les investissements directs étrangers ont également connu une forte croissance, totalisant 30,45 milliards de dollars américains en 2022, enregistrant une hausse de 3,2% par rapport à l’année précédente. Cette croissance économique soutenue a permis l'émergence de grands groupes internationaux tels que Samsung, Hyundai, LG, Kia et POSCO.
Outre ces conglomérats, la Corée du Sud accueille de nombreuses sociétés étrangères, se positionnant comme un marché attractif et un carrefour stratégique en Asie. Le pays est également une terre d'innovation, ce qui renforce son attrait pour les travailleurs étrangers possédant des compétences spécifiques.
Les Types de Contrats de Travail
Bien qu'un accord verbal ait une valeur juridique en Corée du Sud, il est fortement recommandé d'établir un contrat écrit qui détaille toutes les modalités de l'emploi, telles que la durée du contrat, le salaire et le type de contrat.
Période d'essai
La période d’essai en Corée du Sud est flexible, sans durée minimale fixée.
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Horaires de travail et heures supplémentaires
Les heures de travail standard en Corée du Sud limitent la durée du travail à 8 heures par jour ou 40 heures par semaine. Le gouvernement sud-coréen a récemment débattu de la possibilité de déverrouiller la durée hebdomadaire du travail, mais un projet visant à porter cette durée à 69 heures a été abandonné suite à de fortes contestations.
Congés annuels payés
Les employés en Corée du Sud ont droit aux congés annuels selon les lois du travail. Les entreprises doivent accorder au moins 15 jours de congé payé par an. Les employés ayant une présence de 80% la première année peuvent utiliser 11 jours de congé annuel. Pour ceux avec une présence moindre, les jours de congé sont basés sur le travail mensuel. Les jours de congé augmentent tous les deux ans, atteignant un maximum de 25 jours. Les congés annuels non utilisés n’entrent pas en compte pour l’année suivante et expirent. Les employeurs doivent verser le salaire correspondant aux congés non utilisés. Si l’employeur notifie par écrit l’utilisation des congés restants avant la fin de l’année, il est exempté de compensation si l’employé ne se conforme pas. En plus des jours fériés officiels, les employés sud-coréens bénéficient d’un congé payé obligatoire le 1er mai, connu sous le nom de Fête du Travail.
Salaire minimum
Le salaire minimum national actuel est fixé à un taux de 9 620 wons par heure.
Résiliation du contrat de travail
La fin de l’emploi en Corée du Sud est un processus raisonnablement complexe. Les employeurs en Corée du Sud sont tenus de fournir aux employés un préavis minimum de 30 jours avant la résiliation. En alternative, les employeurs ont la possibilité de verser une compensation équivalente à 30 jours de salaire au lieu de la période de préavis. Alors que les contrats de travail individuels peuvent stipuler des périodes de préavis plus longues, dans des cas exceptionnels, un employé pourrait avoir droit à un préavis allant jusqu’à 12 mois. Les employés à temps plein répondant à certains critères peuvent bénéficier d’une indemnité de départ égale à un mois de salaire pour chaque année de service, à condition d’avoir au moins un an de service dans l’entreprise, travaillant plus de 15 heures par semaine ou plus de 60 heures par mois.
Congé de maternité
Conformément à la loi, la durée minimale du congé maternité est fixée à 90 jours, avec un minimum de 45 jours accordé après la naissance de l’enfant. En cas de jumeaux ou plus, la femme salariée a droit à 30 jours de congé supplémentaire. Le congé de maternité est un congé payé.
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Comment décrocher un emploi en Corée du Sud ?
Le marché de l'emploi en Corée du Sud est resté très dynamique malgré la crise de la Covid-19. Toutefois, il reste très concurrentiel et les autorités coréennes privilégient des expatriés possédant des compétences spécifiques.
Les Visas de Travail
La Corée du Sud propose plusieurs types de visas pour les travailleurs étrangers, adaptés à différents types d'activités et de séjours. Il est important de noter qu'il n'est pas facile d'obtenir un visa, car les attentes sont assez élevées et le processus peut parfois être complexe. Un visa est nécessaire pour un séjour de plus de 90 jours, et il est conseillé d'entamer la procédure bien avant l'expiration du visa touristique.
Voici les principaux types de visas de travail :
- Visa E-1 (Professeur) : Destiné aux expatriés qui souhaitent donner des conférences ou faire des recherches dans l’enseignement supérieur.
- Visa E-2 (Instructeur de langue) : Destiné aux expatriés se destinant à enseigner une langue étrangère.
- Visa E-3 (Recherche) : Permet à des expatriés de mener des recherches dans une institution publique ou privée dans les domaines des sciences naturelles ou des technologies avancées.
- Visa E-4 (Support technique) : Ce visa permet à des expatriés ayant une expertise en sciences naturelles ou en technologie de venir présenter leur expertise dans un domaine de compétence non-disponible en Corée du Sud.
- Visa E-5 (Professionnel spécialisé) : Ce visa s’adresse aux architectes, avocats, médecins, comptables et autres professionnels, titulaires d’une licence internationale et d'une autorisation du gouvernement coréen pour exercer leur domaine d’expertise.
- Visa E-6 (Arts et Spectacles) : Ce visa est destiné aux expatriés qui évoluent dans le monde culturel et artistique.
- Visa E-7 (Activités spécialement désignées) : Ce visa concerne les expatriés qui participent à des activités reconnues par le ministère coréen de la Justice par l'intermédiaire d'une organisation publique ou privée. Il s’agit du visa professionnel le plus répandu pour les expatriés.
- Visa D-5 (Journaliste) : Ce visa concerne les journalistes, correspondants et reporters de médias étrangers.
Il est également possible de créer son entreprise en Corée du Sud et de bénéficier d’un visa d’affaires en conséquence.
Tout expatrié restant en Corée du Sud plus de 90 jours devra faire une demande d’Alien Card ou carte de résidence pour les étrangers. Cette carte lui servira de carte d’identité et ce numéro d’enregistrement de résident est essentiel à l’ouverture d’un compte bancaire. Il faut faire la demande de cette carte auprès du bureau d’immigration le plus proche, en prenant rendez-vous et en vous présentant avec tous les documents nécessaires.
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Préparation à la recherche d'emploi
Avant de commencer vos recherches de travail, n’oubliez pas de bien préparer votre CV et votre lettre de motivation. Il est aussi important de savoir ce qu'il faut faire ou ne pas faire lors d'un entretien d'embauche.
Il est également possible d’effectuer un Volontariat International en Entreprise (VIE) en Corée du Sud. Il faut pour cela être âgé de 18 à 30 ans, être français et avoir un casier judiciaire vierge.
Il sera très difficile de trouver un travail en Corée du Sud sans avoir un diplôme de l’enseignement supérieur. Vous pouvez toutefois tenter votre chance avec un visa vacances-travail (H-1). Le visa vacances-travail permet aux personnes, âgées de 18 à 30 ans, qui en bénéficient de passer une année sur le territoire sud-coréen pour y voyager, s’immerger dans sa culture et/ou y travailler. Non renouvelable, sa durée de validité est de 12 mois à partir de la date d’émission du visa.
Il sera très difficile de trouver un travail sans maîtriser un minimum la langue coréenne, sauf dans le cadre d’un visa vacances-travail. La communication au sein des entreprises coréennes mais également des entreprises étrangères se fait en coréen. Il est donc fortement conseillé de prendre des cours de coréen avant votre départ pour la Corée du Sud.
Portage Salarial et Employeur de Référence (EOR)
Les services de portage salarial et d’Employeur de Référence (EOR) connaissent une croissance notable en Corée du Sud, les entreprises cherchant des moyens de rationaliser leurs opérations de ressources humaines et de réduire leurs coûts. Un service d’employeur de référence est un type de service de délocalisation où le fournisseur tiers assume l’entière responsabilité légale des travailleurs. Cela signifie que cet employeur est responsable de tous les aspects de l’emploi, depuis le recrutement et l’intégration jusqu’à la cessation d’activité.
Salveo est légalement responsable des employés placés auprès de ses clients, mais il ne supervise pas leur travail.
Un employeur de référence joue le même rôle qu’une entreprise de portage salarial. En Corée du Sud, les deux services sont indistincts conformément à la réglementation en vigueur.
Culture d'entreprise en Corée du Sud
La hiérarchie est très importante au sein des sociétés coréennes et est liée à l’âge et à l’expérience. Une personne jeune ne sera que très rarement manager d’une équipe plus âgée. Il est donc très important de respecter l’autorité de votre hiérarchie. Afin de souder les relations entre les employés, il n’est pas rare de sortir boire des verres avec ses collègues après les horaires de bureau.
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