La voix humaine est un instrument complexe, dont les caractéristiques évoluent considérablement de la naissance à l'âge adulte. Les cordes vocales, éléments centraux de cet instrument, subissent des transformations notables qui influencent la tessiture, l'étendue vocale et le timbre. Cet article explore les différences anatomiques et fonctionnelles des cordes vocales chez le nourrisson et l'adulte, ainsi que les implications de ces différences sur la voix et la parole.

Développement des cordes vocales

Structure de base

La corde vocale est constituée dans sa moitié postérieure par l'apophyse vocale de l'aryténoïde, et elle est musculo-membraneuse dans sa moitié antérieure. Chez l'enfant, la corde vocale est constituée du muscle vocal recouvert de la muqueuse, sans ligament vocal individualisé.

Développement embryonnaire et infantile

Au troisième trimestre de la grossesse, la présence d'un système élastique est observable dans la lamina propria de la corde vocale fœtale. Le développement du ligament vocal se fait par différentiation élastique progressive depuis la partie interne vers la partie externe de l'espace intermaculaire (entre les macula flavae), les fibres s'orientant dans un axe parallèle à celui de la corde vocale. Chez le nouveau-né, la lamina propria se présente comme une structure uniforme, sans différentiation évidente entre les trois feuillets connus chez l'adulte. La lamina propria et l'espace de Reinke ne forment qu'une seule et même structure, indifférenciée, composée de fibroblastes, de fibres d'élastine et de collagène.

Maturation du ligament vocal

Différentes études ont montré qu'en l'absence d'utilisation des cordes vocales pour la phonation, celles-ci ne maturent pas, c'est-à-dire que l'organisation de la lamina en trois couches ne se fait pas. Le ligament vocal va ainsi se constituer progressivement à partir de l'âge de quatre ans pour être présent comme chez l'adulte au moment de la puberté.

Différences anatomiques

Position du larynx

Le larynx de l'enfant est situé plus haut dans le cou, par rapport à l'adulte. Cette position plus élevée a des implications sur la résonance et le timbre de la voix.

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Taille et structure des cavités de résonance

Les cavités de résonance sont plus réduites que chez l'adulte : or, plus une cavité est petite, plus la fréquence de résonance augmente. Les cavités de résonance sont le site des infections O.R.L. Avec la croissance du crâne et du massif facial, les résonateurs se développent. Les amygdales palatines se rétractent, les végétations adénoïdes disparaissent, l’oropharynx s'élargit.

Différences fonctionnelles

Étendue vocale et tessiture

L'étendue vocale, c'est-à-dire toutes les notes possiblement émises par un enfant, évolue peu avec l'âge. Elle se situe autour de deux à trois octaves de la naissance à la puberté. La tessiture, c'est-à-dire l'ensemble des notes chantées sur lesquels l'enfant se sent à l'aise, s'élargit nettement avec l'âge. Vers l'âge de sept mois, la tessiture est d'environ une octave, avec un gain vers les sons graves quand le larynx et s'abaisse dans le cou.

Fréquence fondamentale

Vers l'âge de sept ans, le fondamental usuel de la parole se situe autour de 250 à 280 Hz, sans différence entre les garçons et filles (c'est le timbre de leur voix qui les différencie). Chez l'enfant, le fondamental laryngé d'un garçon et d'une fille ainsi que leur voix chantée sont peu différents avant la puberté.

Mécanismes vocaux

Comme l'adulte, l'enfant va utiliser différents mécanismes en fonction du son émis. Il lui faudra en effet une parfaite coordination motrice de cet ensemble très complexe pour progresser dans sa conquête de la parole et du langage.

Mue vocale

La modification de la voix qui survient au cours de l'adolescence est spectaculaire chez le garçon. Classiquement, la voix s'abaisse d'une octave chez le garçon. Sous l’effet des hormones mâles, notamment de la testostérone (que l’on soit une fille ou un garçon), le larynx s’agrandit, les cordes vocales s’allongent et s’épaississent. Il faut savoir que le timbre de la voix est directement lié à l’épaisseur des cordes vocales. La voix commence en général à muer vers 12 ou 13 ans, au moment de la puberté. Mais ceci n’est qu’une moyenne, car le calendrier de la puberté est très individuel. Certes, la transformation de la voix correspond au passage de sa voix d’enfant à celle d’adulte. Mais pour trouver sa voix définitive, il faut environ un an ! Pendant cette période, la voix est généralement instable, et l’on observe des changements de tonalité soudains. Ceci est lié à des essais de réajustement de la voix pour apprendre à maîtriser ces cordes vocales épaissies. Toutefois, si après 17 ou 18 ans, vous gardez une voix de petit enfant, il peut être utile de consulter un médecin pour évaluer le bon développement global de la puberté. Quand aucun responsable n’est clairement identifié, on peut s’interroger sur une cause psychologique. Si besoin, des séances chez le phoniatre (médecin spécialiste des troubles de la voix) « permettent d’apprendre à mieux connaître sa voix, à la placer et à la maîtriser peuvent alors être très efficaces ».

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Laryngite : une affection fréquente

Définition et causes

La laryngite se définit comme une inflammation du larynx, organe situé entre le pharynx et la trachée, hébergeant les cordes vocales. Cette atteinte, souvent associée à une infection virale, provoque enrouement et gêne respiratoire. Fréquente chez l’enfant, elle survient souvent après un rhume ou d’autres affections des voies aériennes supérieures, qui incluent le nez, la gorge et le larynx. La laryngite correspond à l’inflammation de la muqueuse laryngée. Les muqueuses sont des tissus internes humides protégeant les structures, par exemple dans le nez ou la gorge. Une infection virale provoque une réaction inflammatoire, entraînant un œdème (gonflement) pouvant causer une obstruction partielle des voies aériennes. Les enfants, ayant un larynx plus étroit, sont plus vulnérables. Des facteurs irritants comme le tabagisme (exposition à la fumée de tabac) fragilisent les voies respiratoires. La transmission se fait par contact direct ou par l’air, via les gouttelettes expulsées pendant la respiration ou la toux. Des objets contaminés peuvent aussi propager l’infection.

Types de laryngite

La laryngite aiguë dure moins de trois semaines, souvent liée à une infection virale. Elle se présente par un enrouement brutal, une toux sèche, parfois un léger mal de gorge. La laryngite chronique dépasse trois semaines. Elle survient à cause d’irritants (fumée, produits chimiques), du reflux gastro-œsophagien, d’allergies, ou d’une sollicitation vocale excessive. Chez l’enfant, la laryngite suit souvent un rhume, une rhinite (inflammation des fosses nasales) ou une légère affection ORL.

Symptômes

L’enfant présente une toux sèche, rauque, des difficultés respiratoires nocturnes, parfois une fièvre modérée. Il peut avoir un mal de gorge, une gêne à avaler, voire une sinusite (inflammation des sinus, cavités du crâne) ou une otite (inflammation de l’oreille). Chez l’adulte, l’enrouement vocal prédomine. La gêne respiratoire est moins marquée, sauf en cas d’irritants. Les fumeurs, ou personnes exposées, sont plus sujets à des formes prolongées. La pharyngite touche le pharynx, situé derrière la bouche et au-dessus du larynx. Elle provoque des douleurs à la déglutition et une gêne plus marquée. La laryngite affecte le larynx, siège des cordes vocales, modifiant la voix.

Diagnostic

En premier lieu, le médecin va examiner la gorge et le larynx du patient à l'aide d'un instrument d'examen appelé laryngoscope. Cela permettra d'identifier toute inflammation, rougeur ou enrouement dans la région du larynx. Le médecin posera des questions sur les symptômes, la durée des symptômes, les facteurs déclenchants possibles (comme une exposition à des irritants environnementaux) et les antécédents médicaux du patient pour mieux comprendre la nature de l'affection. Dans certains cas, une fibroscopie laryngée peut être réalisée pour examiner plus en détail les cordes vocales et la muqueuse du larynx. Cela implique l'utilisation d'un endoscope mince et flexible inséré par le nez pour visualiser le larynx. Des examens complémentaires tels que des analyses de sang ou des tests de diagnostic rapide pour détecter des infections virales ou bactériennes spécifiques peuvent être réalisés pour aider au diagnostic.

Traitement

Le traitement vise à réduire l’inflammation. Chez l’enfant, des corticoïdes oraux peuvent diminuer l’œdème laryngé. Le paracétamol soulage la fièvre. Chez l’adulte, le repos vocal, une bonne hydratation, le recours à des anti-inflammatoires légers ou antipyrétiques suffisent. Les symptômes s’estompent en moins d’une semaine. La laryngite chronique nécessite la réduction des facteurs irritants, la prise en charge d’un reflux ou d’allergie, et parfois une rééducation vocale. De rares cas imposent une intervention. Si des lésions (polypes, nodules) sont découvertes, une chirurgie endoscopique peut être pratiquée.

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Prévention

Pour prévenir la laryngite, on peut mettre en place des habitudes et des gestes d’hygiène au quotidien : Éviter l’exposition aux irritants et allergènes, suffisamment s’hydrater, se laver les mains régulièrement, ne pas sursolliciter sa voix.

La voix : plus qu'un simple son

Une signature unique

La voix est le résultat de plusieurs facteurs : des facteurs physiologiques, socioculturels, psychologiques, elle est une signature, une image de moi-même. Par son timbre, notre voix est une matière sonore dont les particularités nous rendent unique et reconnaissable.

Voix et corps

La voix vient du corps. Le souffle vient de l’air que nous respirons, le son de notre voix dépend donc d’un acte réflexe qui est la respiration. Lorsque l’air remplit les poumons, le muscle du diaphragme s’abaisse et les abdominaux se relâchent. Cette respiration est plus ou moins ample. On sait aussi que cette respiration dépend de notre état tonique, qui lui-même est le résultat de l’ensemble de nos tensions et relâchements, liés à notre posture et à notre forme physique, à notre humeur, à nos émotions… On remarque qu’on peut agir sur l’amplitude de cet acte réflexe et choisir les parties du corps qui seront mobilisées : respiration thoracique ou abdominale.

La voix de l'enfant : un instrument en devenir

En décrivant la spécificité de l’organe phonatoire du nouveau-né, on peut faire un parallèle avec les premiers hommes : le larynx est situé haut dans la gorge, réduisant le volume du pharynx, le bébé ne bouge quasiment pas la langue avant environ 6 semaines, il ne respire que par le nez. Quand la base de la langue et le pharynx entament leur descente, vers 3-4 mois, la respiration par la bouche se met en place, et l’enfant va explorer de nouvelles sensations. C’est le début du babillage et des lallations.

La voix et les émotions

Chez le nourrisson, les premiers cris et bruits vocaux sont le résultat d’une excitation, signe de plaisir ou de douleur, et surtout signe de vie. Son état corporel s’exprime dans la voix sans qu’il y ait forcément adresse à l’entourage. A ce corps qui « parle », l’adulte répond par des soins et des mots. Et il est toujours étonnant de voir comme les personnes qui s’occupent de très jeunes enfants savent reconnaître dans les pleurs ou les babillages d’un nourrisson son degré de fatigue, d’énervement ou de détente. Par ses cris et ses vocalises, le tout-petit est tout à fait entendu dans ses besoins.

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