L'organisation d'Accueils Collectifs de Mineurs (ACM) est soumise à une réglementation stricte visant à garantir la sécurité, le bien-être et le développement des enfants. Parmi les acteurs clés de ce dispositif, la Protection Maternelle et Infantile (PMI) joue un rôle essentiel de contrôle et de conseil. Cet article détaille les aspects cruciaux de la préparation aux contrôles de la PMI dans le cadre des ACM, en mettant l'accent sur la prévention, la conformité et l'amélioration continue de la qualité de l'accueil.
Le Rôle de la PMI dans les ACM
En vertu du principe de protection des mineurs, tout mineur qui n’est pas avec ses parents est placé sous la surveillance d’une autorité publique. Les conditions sanitaires, matérielles, morales et éducatives des accueils de mineurs sont soumises au contrôle de l’autorité publique. Cette action de police administrative, dont l’objectif est avant tout préventif, est confiée au préfet qui l’exerce avec le concours de fonctionnaires ou agents de l’État. La PMI est un service départemental chargé de la protection de la santé des mères et des enfants. Dans le contexte des ACM, elle assure une mission de surveillance des établissements d’accueil du Jeune Enfant, en se concentrant spécifiquement sur les éléments de sécurité et de qualité dans l’accueil des enfants. Son intervention se manifeste à plusieurs niveaux :
Autorisation d'ouverture ou de modification d'agrément : Dans le cadre d’un projet d’ouverture ou de modification, une visite PMI pour valider le local ou les travaux est indispensable. Selon l’implantation, les éléments alentours, la PMI pourrait refuser d’accorder l’autorisation d’ouverture ou de modification d’agrément. Pour un bâti déjà existant, elle donnera des conseils sur l’aménagement du local. Pour rappel, pour une crèche déjà existante, engager des travaux, même s’ils n’impacteront pas l’agrément (pas de modification de capacité d’accueil, par exemple), sont obligatoirement à faire valider par la PMI. En effet, l’agrément a été délivré en fonction des plans et aménagements initiaux. Point de vigilance : à l’occasion d’une demande de modification, d’autres éléments pourraient aussi être changés dans ce document. Par exemple, alors qu’avant les agréments étaient jusque 6 puis 4 ans révolus de l’enfant, avec la scolarisation obligatoire, il est courant que les agréments soient limités à 3 ans, au détour d’un autre sujet.
Contrôles réguliers : La PMI effectue des visites de contrôle pour vérifier la conformité des locaux, le respect des normes d'encadrement, la qualité des activités proposées et la mise en œuvre du projet éducatif. Cette visite peut varier en fonction des objectifs et des domaines de contrôle spécifiques que la PMI souhaite évaluer.
Conseil et accompagnement : Au-delà du contrôle, la PMI a également un rôle de conseil et d'accompagnement auprès des structures d'accueil. Elle peut proposer des actions à mettre en œuvre pour améliorer la qualité de l’accueil en crèche.
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Préparation aux Contrôles de la PMI : Les Étapes Clés
Les contrôles de la PMI peuvent susciter de l'appréhension chez les professionnels de la petite enfance. Cependant, une bonne préparation permet d'aborder ces visites sereinement et de les considérer comme une opportunité d'amélioration continue. Voici les étapes clés pour se préparer efficacement :
1. Connaissance de la Réglementation et des Normes
La première étape consiste à maîtriser la réglementation en vigueur concernant les ACM, notamment :
- Le Code de l'Action Sociale et des Familles (CASF) : Il définit les règles générales relatives à l'accueil des mineurs, les obligations des organisateurs et les conditions de sécurité.
- L'arrêté relatif aux normes sanitaires et de sécurité des ACM : Il précise les exigences en matière d'hygiène, de locaux, d'encadrement et d'activités.
- Les textes spécifiques à l'accueil des enfants de moins de 6 ans : L’accueil de loisirs de mineurs de moins de 6 ans est soumis à autorisation préfectorale après avis de la Protection Maternelle Infantile (PMI) et implique le respect supplémentaire d’un délai permettant aux services de PMI d’émettre un avis sur les conditions de l’accueil. Ce délai est imposé par l’article L2324-1 du code de la santé publique. A l’occasion du dépôt de la Fiche Initiale ou Unique de déclaration d’un accueil de mineurs organisé pour des moins de 6 ans, un accusé de réception est délivré attestant que l'organisateur a déposé une demande d’autorisation pour l’organisation d’un accueil collectif de mineurs recevant des enfants de moins de six ans. Il est précisé, sur cet accusé de réception : « Le silence gardé pendant plus de trois mois sur cette demande vaut décision de rejet.
- Les circulaires et recommandations de la PMI : Elles apportent des précisions sur l'interprétation de la réglementation et les bonnes pratiques à mettre en œuvre.
2. Constitution d'un Classeur de Conformité
Une visite de contrôle perturbe le fonctionnement de l’accueil. Afin d’atténuer cet effet, il est fortement recommandé de réunir, avant le début chaque accueil, dans un même classeur, la copie à jour de l’ensemble des documents obligatoires à présenter. Ce classeur doit regrouper tous les documents essentiels à présenter lors d'un contrôle, tels que :
- L'agrément de la structure : Document officiel délivré par les autorités compétentes autorisant l'accueil des enfants.
- Les déclarations d'ouverture : Les accueils collectifs de mineurs (article L-227-1 à 4 et R227-1) doivent être obligatoirement déclarés auprès de la DRAJES, soit du siège social de votre organisme, soit de votre résidence si vous êtes un particulier. La déclaration préalable (cas général) implique de réaliser deux formalités obligatoires dans des délais contraints : le dépôt d'une fiche initiale et le dépôt d'une ou plusieurs fiches complémentaires pour chaque période d'ouverture de l'accueil ou pour la période du séjour. La fiche initiale est déposée au moins deux mois avant la date d'ouverture de l'accueil ou le début du séjour. A l’occasion du dépôt de la fiche initiale, l’organisateur peut éditer un accusé de réception. La fiche complémentaire est déposée au plus tard huit jours avant le début de la période (et pour chaque période prévue pour l'accueil déclaré) ou le début du séjour. La fiche unique de déclaration d’un accueil périscolaire est déposée au plus tard 8 jours avant le début de l’accueil.
- Les projets éducatif et pédagogique : Tout organisateur est tenu de fournir son projet éducatif lors de la déclaration. Ce document doit prendre en compte, dans l’organisation de la vie collective et de la pratique des diverses activités, les besoins psychologiques et physiologiques du public accueilli. Le directeur et son équipe sont tenus d’établir un projet pédagogique (article R 227-23 à R 227-26 du CASF). Il est impératif que le projet éducatif et le projet pédagogique soient communiqués aux représentants légaux de l’enfant avant l’accueil. Il s’agit d’une obligation réglementaire (art.
- Les protocoles d'hygiène et de sécurité : Documents décrivant les procédures à suivre en matière de nettoyage, de désinfection, de gestion des déchets, de prévention des accidents, etc.
- Les attestations d'assurance : Les organisateurs de l’accueil, comme l’exploitant des locaux où cet accueil se déroule, sont tenus de souscrire un contrat d’assurance garantissant les conséquences pécuniaires de leur responsabilité civile, ainsi que celles de leurs préposés et des participants aux activités qu’ils proposent.
- Les qualifications et les antécédents des personnels : La fiche complémentaire doit mentionner précisément les encadrants intervenant sur chaque période d’ouverture de l’accueil. Une attention particulière est à apporter aux renseignements concernant les stagiaires (BAFA, BAFD…), notamment en cas de saisie de certificat de stage. Il est possible d’apporter des modifications en cas de changement de directeur ou d'animateur. Toutefois, ces modifications doivent rester exceptionnelles. Afin de vérifier qu’aucune personne ne se trouve en situation d’incapacité d’exercice, les intervenants sont saisis dans TAM dans les fiches complémentaires ou uniques au plus tard huit jours avant le début de l’accueil. Cette vérification complète celle prévue par l’article R227-3 du CASF : « Les organisateurs (…) vérifient que les personnes appelées, à quelque titre que ce soit, à prendre part à un accueil de mineurs n'ont pas fait l'objet d'une mesure administrative prise en application des articles L. 227-10 et L. 227-11.
- Les autorisations parentales : Documents autorisant la participation des enfants aux activités et les soins médicaux en cas d'urgence.
- Les plans des locaux et les attestations de sécurité : Des informations relatives au lieu ou local d’hébergement doivent être fournies lors de la déclaration. Le plan des locaux, un plan d’accès à la structure et la copie du procès-verbal de la dernière visite de la Commission de sécurité sont joints à la déclaration. La déclaration comprend, notamment, des informations relatives à l’exploitant des locaux, aux locaux et au public hébergé. Les organisateurs doivent au préalable obtenir des informations auprès des propriétaires des locaux.
- Le suivi sanitaire des enfants : Un membre de l’équipe d’encadrement, placé sous l’autorité du directeur, est chargé du suivi sanitaire. Aujourd’hui de plus en plus d’organisateurs proposent des accueils au sein d’un groupe composé essentiellement d’enfants valides. Les animateurs, le directeur, l’organisateur sont informés avant le séjour des spécificités du handicap de chaque enfant, ce qui permet d’adapter les activités et l’organisation de la journée.
3. Information et Formation du Personnel
Il est essentiel que l'ensemble du personnel soit informé des enjeux des contrôles de la PMI et formé aux bonnes pratiques en matière d'accueil, d'hygiène et de sécurité. Cette formation doit porter sur :
- La réglementation applicable aux ACM : Connaissance des droits et des obligations de chacun.
- Les protocoles de sécurité : Maîtrise des procédures à suivre en cas d'accident, d'incendie ou d'urgence.
- L'hygiène et la prévention des infections : Application des règles d'hygiène et de désinfection pour limiter la propagation des maladies.
- La communication avec les parents : Importance d'une communication claire et transparente sur le fonctionnement de la structure et les activités proposées.
- L'inclusion des enfants en situation de handicap : Les animateurs, le directeur, l’organisateur sont informés avant le séjour des spécificités du handicap de chaque enfant, ce qui permet d’adapter les activités et l’organisation de la journée.
4. Préparation Logistique et Organisationnelle
Une bonne organisation est indispensable pour faciliter le déroulement du contrôle. Il est recommandé de :
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- Préparer les locaux : S'assurer de la propreté des locaux, de la conformité des équipements et de l'accessibilité des espaces.
- Vérifier les affichages obligatoires : S'assurer que les informations importantes (numéros d'urgence, consignes de sécurité, etc.) sont affichées de manière visible.
- Informer les parents : Prévenir les parents de la visite de la PMI et les rassurer sur le bon fonctionnement de la structure.
- Désigner un interlocuteur : Désigner une personne responsable pour accueillir les agents de la PMI, répondre à leurs questions et les accompagner pendant la visite.
5. Simulation de Contrôle
Pour se préparer au mieux, il peut être utile de réaliser une simulation de contrôle en interne. Cela permet de :
- Identifier les points faibles : Mettre en évidence les aspects qui nécessitent des améliorations.
- Tester les connaissances du personnel : Vérifier que les employés maîtrisent la réglementation et les procédures.
- Améliorer la réactivité : S'entraîner à répondre aux questions des agents de la PMI et à présenter les documents demandés.
Déroulement d'un Contrôle de la PMI
Préparation du contrôle : la PMI informe la crèche de sa visite et précise les objectifs et les domaines de contrôle qu’elle souhaite évaluer. Accueil de la PMI : lors de la visite, la PMI est accueillie par un représentant de la crèche, qui la guide dans les locaux et répond à ses questions. Un contrôle de la PMI se déroule généralement en plusieurs étapes :
- Présentation : Les agents de la PMI se présentent et expliquent l'objectif de leur visite.
- Visite des locaux : Les agents inspectent les locaux pour vérifier leur conformité aux normes d'hygiène et de sécurité.
- Vérification des documents : Les agents examinent les documents obligatoires (agrément, déclarations, projets éducatif et pédagogique, etc.).
- Entretien avec le personnel : Les agents s'entretiennent avec le personnel pour évaluer leurs connaissances et leurs pratiques.
- Observations et recommandations : À la fin du contrôle, les agents font part de leurs observations et formulent des recommandations pour améliorer la qualité de l'accueil.
Suivi des Contrôles et Amélioration Continue
Suivi de l’EAJE : en fonction des constats de contrôle, la PMI peut proposer des actions à mettre en œuvre pour améliorer la qualité de l’accueil en crèche. Les contrôles de la PMI ne doivent pas être perçus comme une simple formalité administrative, mais comme une opportunité d'améliorer la qualité de l'accueil et de garantir le bien-être des enfants. Il est important de :
- Prendre en compte les observations de la PMI : Analyser attentivement les remarques des agents et identifier les points à améliorer.
- Mettre en œuvre les recommandations : Élaborer un plan d'action pour corriger les non-conformités et renforcer les bonnes pratiques.
- Assurer un suivi régulier : Mettre en place des indicateurs de suivi pour évaluer l'efficacité des actions mises en œuvre et s'assurer du maintien de la qualité de l'accueil.
- Signaler toute absence de l’ensemble du centre : Afin d’éviter des déplacements infructueux pour les agents en charge des contrôles, il est demandé aux organisateurs de signaler au SDJES toute absence de l’ensemble du centre pour une journée via le site TAM-GAM (champ « observation » de la fiche complémentaire). Les absences plus courtes, à proximité du centre, doivent être indiquées sous forme d’affichage visible à l’entrée depuis l’extérieur, en indiquant la plage horaire prévue pour l’absence et le lieu précis de la sortie, pour permettre à l’agent en charge des contrôles de rejoindre le groupe.
Sanctions en cas de Non-Conformité
Le non-respect de la réglementation en matière d'ACM peut entraîner des sanctions administratives et pénales. Parmi les sanctions possibles, on peut citer :
- La mise en demeure : L'organisateur est sommé de se mettre en conformité dans un délai déterminé.
- La suspension ou le retrait de l'agrément : L'autorisation d'accueillir des enfants est temporairement ou définitivement retirée.
- Les sanctions pénales : L'article L.227-8 du code de l'action sociale et des familles prévoit que le défaut de déclaration d'un accueil collectif de mineurs constitue une infraction pénale. L’article L227-8 du CASF prévoit une peine de six mois d'emprisonnement et de 3750 euros d'amende pour le fait pour une personne de ne pas souscrire la déclaration préalable mentionnée à l'article L.227-5, ou pour le fait d'apporter un changement aux conditions d'accueil des mineurs mentionné à l'article L. 227-4, sans avoir souscrit à cette déclaration ; ou une peine de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende pour le fait d'exercer des fonctions à quelque titre que ce soit en vue de l'accueil de mineurs mentionnés à l'article L. 227-4, ou d'exploiter les locaux accueillant ces mineurs malgré les incapacités prévues à l'article L.
L'Utilisation de TAM-GAM
Les organisateurs d’accueils de mineurs sont tenus de vérifier que les personnes appelées, à quelque titre que ce soit, à prendre part à l’un de ces accueils n’ont pas fait l’objet d’une mesure administrative. Le service chargé du casier judiciaire national automatisé vérifie l'identité de la personne saisie dans TAM au moyen des informations communiquées par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) figurant sur le répertoire national d’identification des personnes physiques (RNIPP). En cas d’alerte, il convient de vérifier l’identité de la personne concernée (titre, nom, prénom, date et lieu de naissance) au moyen de sa carte d’identité ou, en dernier ressort, au moyen de son extrait d’acte de naissance et, en cas d’erreur de saisie, de corriger cette identité dans TAM. Afin de vérifier qu’aucune personne ne se trouve en situation d’incapacité d’exercice, les intervenants sont saisis dans TAM dans les fiches complémentaires ou uniques au plus tard huit jours avant le début de l’accueil. Renseignez le champ « nom de naissance », puis faites « Recherche ». Le message indique uniquement qu’il n’a pas été possible de faire de vérifications pour l’intervenant saisi dans TAM.
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