La sexualité humaine, un sujet à la fois complexe et fascinant, est souvent entourée de mystères et d'idées préconçues. Cet article explore en profondeur la physiologie de l'orgasme, tant chez l'homme que chez la femme, en abordant les aspects biologiques, psychologiques et relationnels. Nous examinerons également l'influence de la pornographie et les réalités souvent occultées des premiers rapports sexuels.
Physiologie du rapport sexuel
Du point de vue de l'espèce, la sexualité est orientée vers la procréation. Cependant, chez l'être humain, elle est avant tout motivée par la recherche du plaisir et de la récompense sensorielle. Avoir une relation sexuelle nécessite un ensemble de conditions :
- Le désir de l'un ou des deux partenaires
- Un environnement propice à l'intimité
- Des modifications corporelles liées à l'excitation
Le désir sexuel est essentiellement mental, lié à la vision, l'évocation d'une scène excitante, ou au désir de rapprochement. C'est dans le cerveau que naissent les premiers processus de l'excitation, où se mêlent souvenirs liés au sexe, état d'abandon et déconnexion des circuits de vigilance. L'hypothalamus, tel un chef d'orchestre, commande les différents organes pour les rendre aptes à la relation sexuelle. Les lobes frontaux évaluent la possibilité de l'acte, en fonction de l'éducation, des blocages, des fantasmes et de la perte de contrôle.
Un minimum de « lâcher prise » est nécessaire à une relation sexuelle épanouissante. Les études en neurosciences confirment : pas d'orgasme sans lâcher prise !
Lors de l'excitation sexuelle, on décrit plusieurs phases :
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- Phase d'excitation : modifications corporelles se produisent.
- Phase de plateau : modifications sont à leur maximum.
- Phase orgasmique : peut être répétée chez certaines femmes.
- Phase de résolution : phénomènes de l'excitation disparaissent.
Le phénomène le plus évident de l'excitation sexuelle est une dilatation des vaisseaux sanguins au niveau du petit bassin et du sexe, ce qui provoque l'érection chez l'homme et la lubrification vaginale chez la femme. Cette dilatation touche également la peau, provoquant une rougeur sur le décolleté, une sensation de chaleur et une transpiration accrue. On constate aussi une accélération du cœur, une augmentation de la salivation et une dilatation des pupilles.
Au niveau génital, on observe un léger gonflement des grandes lèvres et une modification de la coloration. Les petites lèvres gonflent et prennent un aspect charnu et coloré, entourant l'entrée du vagin. Le capuchon qui recouvre le gland clitoridien devient plus marqué et le clitoris gonfle, le diamètre du gland clitoridien augmentant d'environ 30 %. Le flux sanguin dans le clitoris augmente considérablement, provoquant une légère tension sur toute sa longueur. Les bulbes clitoridiens se gonflent également.
La paroi vaginale, riche en petits vaisseaux, produit un liquide (transsudat) qui lubrifie le vagin. La paroi vaginale se relâche, notamment le fond, permettant une dilatation vaginale avec augmentation de la profondeur vaginale, donnant au vagin une forme comme une ampoule. La sécrétion des glandes de Bartholin ne participe que très peu à la lubrification vaginale.
Au niveau des seins, on constate souvent une contraction des mamelons et des aréoles, pas toujours spontanée mais très fréquente après stimulation. Certaines femmes présentent un léger gonflement des seins quand l'excitation a pu durer un certain temps. La stimulation des mamelons peut activer les zones sensitives du cortex cérébral, du clitoris et du vagin.
L'orgasme féminin
La femme est dotée d'un organe exclusivement destiné au plaisir sexuel : le clitoris. Une stimulation adéquate est capable de provoquer du plaisir puis un orgasme. À la différence des animaux, la station debout a progressivement modifié le sexe des femmes et le clitoris s'est éloigné de l'entrée vaginale et n'est donc plus excitable directement par le pénis lors du coït. De nombreuses femmes sont également capables de ressentir un orgasme par la pénétration vaginale. D'autres pratiques sont capables de conduire les femmes à l'orgasme comme la sodomie pour certaines, le fantasme et la pratique de contractions des muscles qui entourent le vagin, grimper à la corde, faire des abdominaux, la stimulation des mamelons, etc.
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Le point G, zone située à l'intérieur du vagin, à quelques centimètres de profondeur, sur la face antérieure, a fait l'objet de nombreux écrits. La réalité anatomique n'a jamais été clairement démontrée. Néanmoins, de nombreuses femmes trouvent la stimulation de cette zone extrêmement voluptueuse. Le premier auteur à avoir décrit cette sensibilité est Ernst Graffenberg dans les années 1950 et il pensait clairement que cette sensibilité était liée à l'urètre (le petit canal qui vide la vessie) rapportant même le fait que certaines patientes introduisaient de petits objets dans leur urètre. Au début des années 1980, 3 auteurs anglo-saxons vont reprendre ses travaux et baptiser cette zone point G en son honneur, oubliant au passage l'urètre féminin. Les experts préfèrent dénommer cette zone « complexe clitorido-urétro-vaginal », signifiant ainsi qu'il est difficile de spécifier exactement ce qui est stimulé, tout en admettant que l'association d'une stimulation des branches internes du clitoris, de la paroi vaginale et de l'urètre procure des sensations voluptueuses.
Il ne faut pas oublier la dimension musculaire dans la perception du plaisir. Autour du vagin existent des muscles puissants que l'on peut contracter volontairement, c'est le plancher pelvien. La contraction de ces muscles augmente le ressenti et le plaisir sexuel. Certaines femmes, en croisant les jambes, en contractant ces muscles et en faisant un mouvement d'avant en arrière du bassin arrivent à déclencher un orgasme. De nombreuses femmes rapportent la survenue d'orgasmes lorsque la pénétration va en profondeur dans leur vagin ; c'est le fait de stimuler le fond vaginal qui semble alors déclencher l'orgasme. Certains travaux suggèrent la participation du système nerveux végétatif dans la survenue de cet orgasme profond. Les femmes qui connaissent cette sensation semblent particulièrement l'apprécier et ont tendance à adopter des positions qui permettent cette pénétration profonde.
Classiquement, l'orgasme se traduit en premier lieu par une contraction musculaire des muscles péri-vaginaux et parfois des abdominaux, qui provoque alors un discret mouvement en flexion du tronc ; cette contraction est suivie immédiatement d'autres contractions environ toutes les 0.8 secondes, l'intervalle ayant tendance à augmenter entre les contractions, le nombre de contractions variant de 3 à 10 selon les individus. Une majorité de femmes jouissent en fermant les yeux, on peut également percevoir des contractions musculaires au niveau du visage. Beaucoup d'autres réactions peuvent survenir au cours de l'orgasme, comme parfois des mouvements incontrôlés, le corps étant agité de spasmes ; certaines vont émettre quelques cris, d'autres peuvent aller jusqu'au très spectaculaire phénomène de femme fontaine, en expulsant au moment de l'orgasme une quantité de liquide souvent impressionnante (un verre). Enfin certaines femmes vont vivre authentiquement un orgasme mais beaucoup plus discrètement, seuls quelques soupirs venant ponctuer leur jouissance.
Certaines chanceuses vivent parfois un état orgasmique qui dure plus longtemps, fait d'une succession de petits orgasmes qui s'enchaînent pendant une à deux minutes pour une stimulation minime et dénommé « status orgasmus ».
La survenue de l'orgasme, hormis le plaisir procuré, permet de faciliter le phénomène de détumescence après l'amour.
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L'orgasme masculin
L'acte sexuel se divise schématiquement en quatre phases pour l'homme :
- L'excitation est caractérisée par l'érection du pénis, possible grâce à la congestion vasculaire des corps caverneux.
- La phase du plaisir en plateau lors de la pénétration.
- L'orgasme avec l'éjaculation survient après quelques minutes d'excitation et dure entre 13 et 15 secondes en moyenne. L'éjaculation est concomitante à l'orgasme, même si les deux ne sont pas physiologiquement liés.
- La phase réfractaire : l'érection retombe, la tension physique, musculaire et émotionnelle retombe également. L'homme est pris d'une envie de dormir, liée aux endorphines. Pendant un certain temps, l'homme ne peut pas avoir de nouvelle érection. Cette période de latence dure quelques minutes chez le sujet jeune jusqu'à plusieurs heures pour l'homme plus âgé.
Le rôle du périnée
Le périnée joue un rôle majeur dans la sexualité. Un périnée renforcé et compétent est synonyme de sensations et de plaisir lors des relations sexuelles. La femme qui peut contracter (et relâcher) volontairement les muscles de son périnée autour du vagin, peut ainsi agir sur les sensations d'enserrement du pénis, ce qui renforce le plaisir des partenaires. Les contractions (et relâchements) contribuent au plaisir de l'homme. Un périnée hyperactif peut entraîner de fortes et intenses douleurs lors des rapports, rendant toute pénétration impossible (dyspareunies). La rééducation périnéale peut être nécessaire pour tonifier à nouveau la zone intime.
Les premiers rapports sexuels
Symboliquement, le premier rapport sexuel est un moment important dans la vie d'une femme. L'âge moyen du premier rapport sexuel se situe entre 17 et 18 ans. La maturité de la jeune femme est un élément clé pour un passage à l'acte réussi. Cependant les jeunes filles manquent bien souvent d'éducation ou possèdent une information erronée véhiculée par des fausses croyances ou les médias (pornographie).
Afin que les premiers rapports se passent au mieux, il est nécessaire que les 2 partenaires se sentent prêts avec une confiance et un respect mutuel, il est préférable que les 2 partenaires en aient parlé ensemble avant et que chacun ait envie de le faire ; si ce n'est pas le cas, il est impératif de savoir dire « non », même au dernier moment. Le choix d'un lieu confortable et intime avec un timing adapté permettant de prendre son temps sans être dérangé est nécessaire au bon déroulement de l'acte.
L'orgasme chez la jeune fille est rarement présent, moins de 3% lors du premier rapport et fera l'objet d'un apprentissage progressif vers une sexualité épanouie. Concernant les fausses croyances, la rupture hémorragique de l'hymen est possible mais reste exceptionnelle, près de 50% des femmes ne saignent pas lors du premier rapport. Le premier rapport n'est pas non plus forcément douloureux, et encore moins lorsque le temps des préliminaires a été suffisamment long pour laisser monter l'excitation et permettre la lubrification vaginale. Néanmoins, le stress peut parfois être à l'origine d'une panne de lubrification ; ne pas hésiter alors à recourir à un lubrifiant lors des premières fois.
L'acte sexuel doit être un moment voluptueux et plaisant, mais il n'est pas sans risque. Ces risques, tels que les infections sexuellement transmissibles (IST) et les grossesses non désirées, doivent être connus afin de les prévenir et d'éviter de transformer ce moment agréable en point de départ de problèmes potentiellement graves, car malheureusement un seul rapport suffit (et parfois même sans pénétration). La double protection associant une contraception orale de type pilule et l'utilisation systématique du préservatif est recommandée. Lorsque le couple est stabilisé, la décision commune de ne plus mettre de préservatif peut être prise après réalisation de plusieurs tests sanguins (VIH, hépatite, …). En cas de rapport à risque, il est impératif de consulter rapidement afin de réaliser un dépistage sérologie et de prendre la pilule du lendemain (efficace jusqu’à 5 jours après le rapport).
Douleurs lors des rapports sexuels
Faire l'amour devrait être une source de plaisir, mais cela est parfois gâché pour certaines femmes par la perception de douleurs lors de la pénétration. Dans certains cas, l'origine de ces douleurs est évidente, mais parfois ce n'est qu'au terme d'une véritable enquête que l'on pourra en trouver l'origine. Dans tous les cas de figure, cela affecte la vie sexuelle du couple ; bien souvent la partenaire se met dans une situation d'évitement de la sexualité, lui se sent alors rejeté, ce qui peut provoquer parfois quelques tensions dans le couple ; elle finit par se sentir responsable de cette situation et culpabilise. A part la première fois, où la douleur de la défloration est très diversement ressentie d'ailleurs, il n'est pas normal d'avoir mal lors des rapports. Consulter son médecin devient nécessaire, même si l'on est toujours un peu gênée avec ce type de problème.
L'orgasme : une symphonie neuronale
L'orgasme est une réponse physiologique et sensorielle intense associée à une sensation de plaisir intense et de relâchement. C'est généralement le point culminant d'une excitation sexuelle, caractérisé par des contractions rythmiques des muscles pelviens, une augmentation du rythme cardiaque et une libération d'endorphines dans le cerveau. Les orgasmes peuvent être ressentis par les personnes de tous genres et surviennent souvent dans le contexte de l'activité sexuelle, bien qu'ils puissent également être éprouvés dans d'autres circonstances, comme pendant le sommeil (rêves érotiques) ou suite à une stimulation physique intense. Les sensations associées à un orgasme varient d'une personne à l'autre, mais elles sont généralement décrites comme un pic de plaisir intense et de soulagement.
Des études basées sur l'imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle montrent que pour atteindre un orgasme, de multiples structures nerveuses doivent être activées, ce qui entraîne une « tempête sympathique hyperactive ». Cette frénésie provoque des changements physiologiques dans l'organisme, tels qu'une augmentation du rythme cardiaque, de la pression artérielle ou de la respiration.
À cette réponse périphérique, s'ajoute une activation centrale impliquant plusieurs régions du cerveau :
- Le cortex sensoriel est responsable du traitement des informations tactiles et sensorielles telles que la stimulation du clitoris, du col de l'utérus ou du vagin.
- Le cortex moteur est responsable de la coordination de la réponse musculaire qui accompagne l'orgasme sexuel.
- Le cortex visuel est également activé, ce qui suggère que, pendant l'orgasme, l'attention portée aux surfaces corporelles qui se trouvent stimulées ainsi qu'à l'imagerie visuelle est accrue.
- Le système limbique constitue le centre des émotions et de la récompense. L'hypothalamus coordonne la libération des hormones sexuelles et des neurotransmetteurs essentiels au processus d'excitation sexuelle et au développement de l'orgasme. L'amygdale cérébrale est spécialisée dans le traitement des émotions, y compris celles associées à la sexualité, comme l'excitation et le plaisir. L'hippocampe est responsable de l'encodage et de la consolidation des expériences sexuelles agréables.
- D'autres structures cérébrales, telles que le cervelet et sa projection vers le tegmentum pontique, sont impliquées dans les composantes cardiovasculaires et motrices de l'orgasme.
À la fin, tout repose sur les neurotransmetteurs :
- La dopamine atteint des niveaux maximums pendant l'orgasme, ce qui génère une sensation d'extase et de récompense.
- L'ocytocine favorise les liens émotionnels et l'intimité entre les partenaires sexuels.
- La sérotonine contribue à produire une sensation de satisfaction et de bonheur.
L'expérience émotionnelle et phénoménologique de l'orgasme est liée à la désactivation de certaines zones du cerveau, telles que le cortex préfrontal, temporal et entorhinal. Cela est interprété comme une augmentation de la perception de l'expérience agréable et de la sensation de satiété qui accompagne l'apogée sensorielle.
L'orgasme peut avoir des effets bénéfiques sur la santé : il soulage le stress, améliore l'humeur et renforce le système immunitaire. De plus, la libération d'endorphines et d'autres substances chimiques peut avoir des propriétés analgésiques et anti-inflammatoires, en soulageant la douleur et en favorisant un sentiment général de bien-être.
Expression de l'orgasme
Les réactions lors d'un orgasme, y compris le fait de crier, peuvent varier considérablement d'une personne à l'autre en raison de facteurs physiologiques, psychologiques et culturels. Les cris peuvent être une manière instinctive d'exprimer l'intensité du plaisir et de la libération ressentis à ce moment-là, de relâcher la tension accumulée pendant l'excitation sexuelle, de communiquer avec le partenaire ou de libérer des émotions accumulées.
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