La marche, une activité apparemment simple, repose sur un mécanisme complexe impliquant le cerveau, la moelle épinière, les muscles et les articulations. Diverses conditions peuvent perturber ce mécanisme, entraînant des contractions musculaires involontaires et des difficultés de mouvement. Cet article explore les différentes formes de contractions musculaires, leurs causes et les approches pour les gérer, en particulier dans le contexte de la spasticité et des contractures.

Les Différentes Formes de Contractions Musculaires

Il est essentiel de distinguer les différents types de douleurs et contractions musculaires pour adopter une prise en charge adaptée.

La Spasticité

La spasticité se caractérise par un état de contraction permanente d'un muscle, qui ne se relâche jamais complètement. Un muscle spastique est en état de contraction permanente et ne se relâche jamais. La spasticité engendre des douleurs, contractures, déformations osseuses et rétractions tendineuses particulièrement critiques lors des périodes de croissance.

Les Contractures

Une contracture musculaire se manifeste par une douleur musculaire persistante, même au repos. Une douleur musculaire qui se maintient même au repos est souvent le signe d’une contracture musculaire. Quand vous touchez le muscle concerné, il est dur et enraidi. Elle résulte d'une rétractation du muscle, modifiant sa longueur. La contracture musculaire survient principalement chez les personnes qui pratiquent une activité sportive régulière ou ponctuelle. Elle est souvent secondaire à une fatigue musculaire excessive. La douleur constitue la principale manifestation de la contraction pathologique d’un muscle. Généralement, cette dernière survient au cours de la pratique physique de manière assez localisée. Elle se caractérise essentiellement par une intensité progressive qui va, à terme, entraver considérablement l’effort musculaire jusqu’à l’interrompre. À la palpation, le muscle est dur et particulièrement sensible.

Les Rétractions Musculotendineuses

Une rétraction musculotendineuse se définit par l'enraidissement des articulations dû au rétrécissement des ligaments, des tendons et des muscles. Elle concerne l’enraidissement des articulations par la rétraction (rétrécissement) des ligaments, tendons et muscles. On fait le diagnostic en observant l’amplitude maximum de l’articulation.

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Les Crampes

Les crampes correspondent à une contraction musculaire involontaire, très douloureuse, intense, brutale, survenue lors d’un effort physique ou en dehors, de jour comme de nuit. Elles disparaissent en quelques secondes ou minutes. La crampe musculaire est une contraction involontaire soudaine d’un muscle ou d’une partie d’un muscle. Au toucher, le muscle est dur et douloureux. Elle ne dure généralement que quelques minutes mais la douleur peut persister durant plusieurs heures. Chez les sportifs, la crampe est généralement localisée au niveau du mollet. Elle survient à l’effort sur un muscle fatigué.

Les Courbatures

Les courbatures sont une forme particulière de myalgies. Souvent diffuses, elles surviennent après un effort, dans les six à 48 heures qui suivent un exercice physique (course à pied, balade à vélo…) trop intense ou inhabituel. Un muscle courbaturé est un muscle abimé par la séance de sport ou l’activité physique qui a provoqué des microlésions et une dégénérescence des fibres musculaires, et une inflammation douloureuse. Le muscle s’autorépare ensuite, en quelques jours.

Les Causes des Contractures Musculaires

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'apparition de contractures musculaires :

  • Fatigue musculaire excessive : Une sollicitation intense et prolongée des muscles peut entraîner une contracture.
  • Lésions musculaires : Une contracture peut survenir pour protéger un muscle déjà lésé, évitant ainsi une aggravation de la blessure.
  • Déshydratation : Un manque d'hydratation peut perturber la fonction musculaire et favoriser les contractures.
  • Échauffement insuffisant : Un échauffement inadéquat avant l'exercice peut rendre les muscles plus vulnérables aux contractures.
  • Manque d'étirements : L'absence d'étirements après l'exercice peut empêcher les muscles de se détendre correctement, augmentant le risque de contractures.
  • Faux mouvement ou mauvaise chute : Un mouvement brusque ou une chute peut provoquer une contracture musculaire.

Approches pour Limiter la Spasticité et les Contractures

Plusieurs approches peuvent être utilisées pour limiter la spasticité et les contractures, allant des exercices physiques aux interventions médicales.

Exercices Physiques et Étirements

  • Étirements passifs : Les étirements passifs en position allongée, souvent réalisés avec des attelles de nuit, peuvent améliorer la souplesse musculaire et réduire la spasticité. Les étirements passifs en position allongée avec des attelles de nuit jouent sur la durée d’exposition. Dans tous les cas, ces exercices doivent être quotidiens ou pratiqués très régulièrement (3 fois par semaine minimum). Notre recommandation est de ne pas les négliger surtout pendant les périodes de forte croissance. Certaines études scientifiques concluent que le bénéfice est limité et ne justifie donc pas que les séances de kiné soient massivement constituées de temps d’étirement.
  • Massages : Le massage des muscles contracturés peut aider à les détendre et à améliorer la circulation sanguine. Pour optimiser les effets, l’Arnica et la Gaulthérie sont connus pour leurs effets décontracturants. Il existe des huiles de massage avec ces huiles essentielles.

Interventions Médicales

  • Toxine botulique (Botox) : L'injection de toxine botulique dans les muscles spastiques peut réduire la contraction musculaire en bloquant la transmission nerveuse. La Toxine Butolique a d’autres applications que la réduction des rides du visage. Lorsqu’elle est injectée dans un muscle, elle se lie à des terminaisons nerveuses, et les paralyse. Avec le temps, la neurotransmission reprend une fois que de nouvelles terminaisons nerveuses se développent et reforment des contacts avec les fibres musculaires. L’effet dure trois à six mois. Les lieux d’injection doivent être savamment sélectionnés pour ne pas affaiblir l’enfant mais pour, au contraire, libérer ses mouvements.
  • Baclofène : Le baclofène est un médicament myorelaxant et antispasmodique qui peut réduire le tonus musculaire et les spasmes. Le baclofène (Lioresal) a des propriétés myorelaxantes (il décontracte les muscles) et antispasmodiques (il lutte contre les spasmes musculaires). Il entraîne donc une diminution du tonus musculaire et des réflexes pathologiques importants dans la spasticité. les réflexes moteurs induisant les contractions musculaires involontaires sont ainsi stoppés. Il peut être administré par voie orale (comprimés) ou par pompe intrathécale.
    • Pompe à Baclofène : C’est un appareil programmable qui administre en continu le médicament sous forme liquide directement dans le liquide céphalo-rachidien qui entoure la moelle épinière. Ce mode d’administration serait plus efficace et sans les effets secondaires liés au traitement oral car les doses sont plus petites grâce à l’action locale. Outre les risques d’infection liés à toute intervention chirurgicale, la pompe, un disque de métal d’un peu moins de 10 cm de diamètre, est posée sous la peau de l’abdomen lors d’une intervention chirurgicale.
  • Appareillage : L'utilisation d'orthèses, comme la combinaison TheraSuit, peut aider à améliorer le positionnement et à réduire la spasticité. Elle est commercialisée par la société « Ottobock« . De réels témoignages enthousiastes émanent de certaines familles qui relatent un soulagement combiné de la dystonie en plus de la spasticité. Mais l’efficacité n’est pas systématique.

Analyse de la Marche

L'analyse de la marche est un outil précieux pour évaluer les anomalies de mouvement et planifier les interventions thérapeutiques. Il s’agit d’une capture vidéo du patient instrumenté de mires réfléchissantes pour examiner son déplacement avec ou sans aide (cannes, déambulateur, …). Cela permet de voir à quels moments se produisent des anomalies pendant la marche et quelles en sont les causes. Il est très utilisé chez l’enfant IMC pour aider à prévoir les sites d’injection de toxine botulique (Botox), ou bien pour faire un bilan pré opératoire et post opératoire.

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Prévention des Contractures Musculaires

La prévention des contractures musculaires repose sur plusieurs mesures :

  • Échauffement adéquat : Un échauffement soigneux avant l'activité physique prépare les muscles à l'effort.
  • Hydratation suffisante : Boire suffisamment d'eau avant, pendant et après l'exercice est essentiel pour maintenir une bonne fonction musculaire. Bien s’hydrater avant et pendant un effort sportif est une mesure essentielle pour éviter les crampes. Boire de l’eau régulièrement permet de compenser les pertes d’eau et de sels minéraux pendant l’effort. Il est conseillé de boire des eaux riches en magnésium et autres sels minéraux.
  • Étirements réguliers : Les étirements après l'exercice aident les muscles à se détendre et à récupérer. Après l’effort, pensez à détendre vos muscles en réalisant des étirements et des exercices de relaxation.
  • Adaptation de l'effort : Il est important d'adapter l'intensité de l'exercice à son niveau physique pour éviter la fatigue musculaire excessive. Il est également primordial d’adapter son effort à son niveau physique.
  • Apports minéraux suffisants : Des apports suffisants en minéraux, notamment en magnésium, contribuent à limiter l’apparition de crampes chez tout le monde. Mais les besoins des sportifs sont supérieurs à ceux des autres car leurs muscles sont plus sollicités. C’est pourquoi, il est important pour eux de consommer régulièrement des aliments riches en magnésium comme les bananes, le chocolat noir ou encore les amandes.

Marche : Un Processus Complexe

La marche est un processus complexe qui implique non seulement les jambes, mais aussi le tronc et le système nerveux. Elle est commandée par un réseau de neurones autonome situé dans la moelle épinière. Au microscope, on observe ainsi un fragment de moelle épinière prélevée sur un tout jeune rat. On distingue parfaitement les racines ventrales, de très minces filaments qui reliaient la moelle aux muscles de l’animal. Au moyen d’un liquide physiologique, composé principalement de sodium, de potassium et de calcium, et en l’alimentant en oxygène, il est possible de maintenir cette moelle épinière en vie toute une journée, explique le chercheur.

Le Générateur Central de Patron Moteur (CPG)

« Nous avons désormais bien identifié le générateur central du patron moteur (CPG, en anglais, pour Central Pattern Generator), c’est-à-dire le mécanisme qui est capable de produire une activité locomotrice en l’absence du cerveau, indique Frédéric Brocard, directeur de recherche à l’Institut de neurosciences de La Timone2 (INT), à Marseille. Une fois le mouvement initié, ce sont les neurones situés dans la moelle épinière qui déclenchent la marche basique en toute autonomie. En plus des motoneurones, qui commandent la contraction des muscles, les avancées en génie génétique ont permis d’identifier la nature des neurones du CPG locomoteur, appelés « interneurones ». Parmi eux, les interneurones « excitateurs » impriment le rythme de la marche et les interneurones « inhibiteurs » assurent le maintien de l’alternance droite-gauche.

Analyse Biomécanique de la Marche

La biomécanique étudie la physique de la locomotion. « Le terme n’est apparu que dans les années 1970, et encore de manière confidentielle, raconte Frédéric Marin, enseignant-chercheur à l’Université de technologie de Compiègne. De quoi dresser un modèle mathématique précis du système squelettique et musculaire impliqué dans la marche bipède. Le pas est décomposé en différentes phases, dont les principales sont : le démarrage, quand le pied décolle, puis l’oscillation, c’est-à-dire le moment où il est en suspens, la réception, lorsque le talon entre en contact avec le sol et, enfin, l’appui, lorsque tout le poids du corps repose sur une jambe. L’oscillation, par exemple, a lieu en moyenne aux deux tiers du mouvement global.

Applications Thérapeutiques

Les connaissances sur la marche ont des applications thérapeutiques importantes. « Dans le cas d’une rééducation après un accident ou le remplacement des ligaments du genou, par exemple, on peut suivre comment évoluent les paramètres de marche du patient, explique Frédéric Marin. La seule observation de la marche aide à détecter précocement les troubles neurologiques, comme les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson, qui entraînent des dysfonctionnements de la locomotion. Identifier et quantifier ces dysfonctionnements, ainsi que leur fréquence et leur amplitude donne des indications sur le degré de la pathologie et de son évolution.

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