La contraction vaginale chez la vache, également connue sous le nom de prolapsus vaginal, est une condition où une partie ou la totalité du vagin fait saillie à travers l'ouverture vulvaire. Bien que moins fréquente que le prolapsus utérin, cette condition peut causer de l'inconfort, de la douleur et des complications pour la vache. Cet article explore les causes, les symptômes, les traitements et les mesures préventives associés à la contraction vaginale chez les bovins.
Causes de la contraction vaginale
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la contraction vaginale chez les vaches, notamment:
- Facteurs anatomiques: Chez les bovins, les mésos abdominaux, y compris le mésométrium, peuvent être relativement lâches, ce qui peut ne pas assurer une contention suffisante de l’utérus. Cela peut prédisposer certaines vaches au prolapsus vaginal.
- Facteurs physiologiques: Lors du déclenchement de la parturition, la relaxation des tissus vaginaux et périnéaux peut être exagérée, ce qui peut entraîner une éversion complète de l’utérus.
- Pression intra-abdominale accrue: Une pression abdominale accrue, due à la gestation, à l'obésité ou à une toux chronique, peut exercer une pression excessive sur le vagin, le poussant vers l'extérieur. L'augmentation de la pression abdominale exercée par le tissu graisseux peut également contribuer au prolapsus vaginal.
- Facteurs liés au vêlage: La position de la vache au moment du vêlage peut influer sur les risques de prolapsus utérin. Les fœtus repoussent le vagin vers l’extérieur. Un vêlage dystocique (difficile) malgré un traitement adapté peut augmenter le risque de prolapsus vaginal. Un vêlage difficile avec une blessure du col de l'utérus ou du vagin peut entraîner une infection.
- Facteurs métaboliques: L’hypocalcémie, une affection caractérisée par une diminution des concentrations de calcium circulant autour du vêlage, peut jouer un rôle dans l’atonie utérine et le retard d’involution du col, ce qui peut favoriser le prolapsus vaginal.
- Âge et races: Les vaches de plus de 3 ans présentent un risque accru de prolapsus utérin. Les vaches de boucherie sont plus susceptibles de souffrir d'un prolapsus utérin que les vaches laitières.
- Facteurs liés aux veaux: Les veaux de grande taille et les veaux mâles peuvent augmenter le risque de prolapsus utérin.
- Intervention humaine: L'utilisation excessive de l'aide au vêlage peut augmenter le risque de prolapsus utérin et de traumatisme pour le veau ou la vache.
Symptômes de la contraction vaginale
Les symptômes de la contraction vaginale peuvent varier en fonction de la gravité de la condition. Les signes courants comprennent:
- Gonflement ou masse faisant saillie de la vulve: Une masse lisse et luisante sort entre les lèvres de la vulve.
- Inconfort ou douleur: La vache peut montrer des signes d'inconfort, tels que des coups de pied, des gémissements ou une agitation.
- Ténesme: L'animal peut faire des efforts pour déféquer ou uriner.
- Infection: Les infections sont faciles à repérer grâce aux symptômes. L'exposition du vagin peut entraîner une infection, caractérisée par une rougeur, un gonflement et un écoulement.
- Nécrose et gangrène: Dans les cas graves, le tissu vaginal peut devenir nécrotique et gangréneux.
Traitements de la contraction vaginale
Le traitement de la contraction vaginale dépend de la gravité de la condition et de l'état général de la vache. Les options de traitement peuvent inclure:
- Réduction manuelle: Dans les cas bénins, le vagin peut être doucement repoussé dans sa position normale par un vétérinaire. La vache mise sur le dos, les postérieurs en l’air.
- Pessaire: Un pessaire, un dispositif en forme d'anneau, peut être inséré dans le vagin pour le maintenir en place. il est possible de poser un pessaire. Le pessaire aide à soutenir le vagin et à l'empêcher de faire saillie.
- Suture: Dans les cas plus graves, des sutures peuvent être utilisées pour resserrer l'ouverture vulvaire et maintenir le vagin en place. Les sutures vulvaires seront retirées pour laisser le passage aux nouveau-nés.
- Bande de Buhner ou des épingles: Le vétérinaire peut décider de poser une bande de Buhner ou des épingles, cependant cela n'empêchera pas la vache de "rebouler".
- Médicaments: Des antibiotiques peuvent être administrés pour traiter ou prévenir l'infection.
- Intervention chirurgicale: Dans les cas graves, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour corriger le prolapsus.
Prévention de la contraction vaginale
Plusieurs mesures peuvent être prises pour prévenir la contraction vaginale chez les vaches, notamment:
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- Gestion du poids: Maintenir un poids sain pour les vaches peut aider à réduire la pression intra-abdominale.
- Alimentation équilibrée: Fournir une alimentation équilibrée peut aider à prévenir l'hypocalcémie et d'autres problèmes métaboliques. Une vache trop grasse au vêlage peut présenter un tonus musculaire utérin plus faible, une fatigue accentuée au moment du vêlage. Une vache trop maigre est, elle, plus sensible aux infections microbiennes. L’objectif est d’avoir des vaches avec une note d’état corporel (NEC) autour de 3, de la phase de tarissement jusqu’au vêlage.
- Complémentation minérale et vitaminique: La complémentation minérale et vitaminique est indispensable, notamment en : sélénium, calcium, vitamine A et vitamine E. Tout comme l’administration de vitamines, l’administration de minéraux ne devrait jamais être effectuée de manière systématique mais devrait toujours être réalisée dans un but thérapeutique bien précis, considérant les besoins journaliers et les apports alimentaires.
- Gestion appropriée du vêlage: Assurer une gestion appropriée du vêlage, y compris une assistance rapide et appropriée en cas de dystocie, peut aider à prévenir les traumatismes vaginaux.
- Hygiène: Il convient de veiller à l’hygiène des locaux et zones dans lesquels évolue la vache à l’approche du vêlage. Pour cela, la litière doit être propre, sèche et n’avoir connu aucun animal malade. La case d’infirmerie ne doit pas servir de case de vêlage !
- Intervention minimale: Il a été prouvé que plus l’humain intervient pendant le vêlage, plus le risque de métrite est élevé. En cas d’intervention, même si vous êtes dans l’urgence, pensez absolument à : laver la région périnéale avec un désinfectant, du savon et de l’eau tiède et désinfecter les équipements d’intervention et mettre des gants à usage unique.
Métrite chez la vache laitière
La métrite est une inflammation de la muqueuse utérine, causée par une infection microbienne. La métrite chez la vache laitière constitue l’une des principales pathologies post-partum en élevage bovin.
Types de métrite
Il existe 2 types de métrites :
- Les métrites aigües: Elles apparaissent après vêlage, suite à des lésions dues à l’explusion du veau.
- Les endométrites: Elles sont visibles au-delà de 3 semaines après vêlage.
Causes d’apparition de la métrite
La très grande majorité des vêlages subissent un envahissement de la matrice utérine par des bactéries présentes dans l’environnement. Quand l’immunité de la vache est bonne, la matrice utérine évacue de manière naturelle et spontanée ses microbes banaux. Il arrive que l’agriculteur intervienne lors du vêlage. Il peut alors créer sans le vouloir des microlésions, qui vont rendre difficile cette autostérilisation de la matrice par la vache. Il est donc d’autant plus conseillé de surveiller la vache qui a été aidée au vêlage. D’autres explications possibles de l’apparition d’une métrite chez la vache laitière sont : un défaut d’immunité chez la vache (particulièrement dû à des carences en calcium, vitamine E, sélénium et magnésium), la présence d’un germe virulent et résistant dans l’environnement et un défaut d’hygiène dans la zone de vêlage (litière souillée, humidité élevée, …). Les vaches hautes productrices sont plus souvent touchées, ainsi que les vaches ayant donné vie à des jumeaux.
Comment reconnaître une métrite chez la vache laitière ?
Détecter une infection utérine n’est pas chose facile. Il est indispensable de poser un diagnostic exact, de quantifier l’intensité de l’affection pour ajuster le traitement le mieux adapté.
En cas de métrite aigüe:
Les symptômes visibles de la métrite aigüe sont à la fois généraux et locaux : une distension de l’utérus, des écoulements vulvaires purulents et nauséabonds, les jours qui suivent le vêlage, de la fièvre, accompagnée d’une baisse de la production laitière, une perte d’appétit et dans les cas les plus graves, une toxémie. La température normale d’une vache est environ de 38°C, quand elle est prise par voie rectale. Si la température par voie rectale dépasse les 39,5°C, votre vache a de la fièvre.
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Les symptômes visibles de l’endométrite sont principalement locaux:
Des écoulements au niveau de la vulve, au-delà de 3 semaines post-vêlage et des problèmes de reproduction (pas de retour en chaleur, cycle déréglé, échec à l’IA, …), malgré un maintien de l’état général de la vache.
Comment soigner une métrite chez la vache laitière ?
Réaliser un examen gynécologique pour vérifier la présence d’une métrite est nécessaire pour adapter le traitement.
Traitements à mettre en place avec l’aide de son vétérinaire:
Il existe plusieurs traitements possibles pour la métrite chez la vache laitière. Votre vétérinaire reste votre interlocuteur privilégié. Selon l’animal, il pourra vous proposer : un traitement antibiotique par voie générale, un traitement local de l’utérus, à base d’antiseptique et/ou antibiotique, une vidange de l’utérus, un soutien de l’animal grâce à l’injection d’anti-inflammatoire, et éventuellement d’hormones de type prostaglandines et ocytocine et dans certains cas, une réhydratation par perfusion peut s’avérer utile. En attendant l’arrivée du vétérinaire, l’éleveur peut procéder à un premier diagnostic. En cas de présences d’un ou plusieurs de signes cliniques (fièvre, écoulements nauséabonds, abattement de l’animal), il est préférable d’appeler le vétérinaire.
Plusieurs antibiotiques ont prouvé leur effet positif sur la guérison des métrites aigües : Le traitement intra-utérin au moyen d’instillation de chlortétracycline et L’injection par voie intramusculaire durant trois jours de ceftiofur s’est, en cas de métrite s’accompagnant de symptômes généraux, révélée aussi efficace qu’un traitement local. En cas d’acétonémie, l’injection d’ocytocine ou de prostaglandine F2α est dénuée d’effet. De même, les instillations intrautérines de grands volumes (litres) de solutions antiseptiques iodées ou non sont à proscrire, surtout s’ils ne peuvent être récupérés par drainage. Le vétérinaire peut proposer une mise en culture des pertes vaginales, afin de déterminer quel antibiotique est le plus approprié pour éliminer les micro-organismes décelés.
Les traitements phtyothérapeuthiques peuvent s’avérer efficace lors d’affections utérines. Les extraits de plantes peuvent être administrés par voie orale 1 à 2 fois par jour pendant 5 jours environ. Les huiles essentielles doivent être utilisées avec précaution et parcimonie. Demandez conseil à votre vétérinaire.
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Comment éviter l’apparition des métrites ?
La prévention est cruciale pour éviter l’apparition de métrites. Si les causes des métrites ne sont ni infectieuses ni obstétricales, l’état d’engraissement des vaches lors de la préparation au vêlage et la composition de l’alimentation doivent être examinés.
- Origines vitaminique et minérale: La complémentation minérale et vitaminique est indispensable. Pensez donc à minéraliser vos vaches, surtout en phase de tarissement et préparation au vêlage.
- Origine environnementale: Il convient de veiller à l’hygiène des locaux et zones dans lesquels évolue la vache à l’approche du vêlage.
Impacts économiques de la métrite
La métrite peut entraîner d’importants coûts économiques pour les éleveurs de vaches laitières. Outre les coûts liés aux traitements, il y a également une réduction de la production laitière chez les animaux atteint de métrites. Les pertes économiques peuvent devenir importantes puisque les résultats de reproduction se dégradent, ce qui cause des coûts d’insémination plus élevés, un taux de réforme plus important et un allongement de l’intervalle vêlage - 1è IA fécondante.
Le vêlage, un processus naturel
Fort heureusement, la grande majorité des vêlages se déroule sans assistance. Votre objectif est de faire en sorte que le vêlage se passe bien, d’une part pour la vache en limitant les risques de blessures de l’appareil génital pendant le vêlage et de métrites ultérieures, et d’autre part pour le veau en limitant les mortinatalités et les phénomènes d’anoxie (insuffisance d’oxygénation). Mettre la vache dans un environnement tranquille et observer sans déranger. Les outils d’aide à la détection des vêlages sont basés sur la mesure des modifications physiques concomitantes à l’expulsion du veau (température vaginale, position de la queue) ou des contractions musculaires abdominales avant et pendant le vêlage. Lorsqu’un problème survient à la vache et/ou à son ou ses veaux, le vêlage est dit anormal ou dystocique. Les conséquences des dystocies peuvent être, pour la mère, une mortalité, une douleur, une stérilité et des maladies puerpérales augmentées et, pour le veau, des risques d’anoxie, une augmentation des taux de mortalité et de morbidité néonatale.
Prolapsus utérin
Le prolapsus utérin survient TOUJOURS après vêlage, la matrice gravide est éversée, on voit les cotylédons. Les prolapsus utérins, les hémorragies vaginales, les hémorragies internes et les ruptures et déchirures de l’utérus représentent, hormis les vêlages, les urgences obstétricales les plus fréquentes. Un prolapsus utérin survient chez environ 0,5 % des parturientes, généralement peu de temps après le vêlage. Lors de l’initiation de la parturition, la relaxation des tissus vaginaux et périnéaux peut être exagérée et permettre l’évagination totale de l’utérus. La position de la vache au moment du vêlage influe également sur les risques de prolapsus utérin. Les facteurs métaboliques ont aussi leur importance, principalement l’hypocalcémie. Cette affection apparaît autour du vêlage, en raison d’une diminution marquée des concentrations de calcium circulant.
Dans un premier temps l’invagination primitive de la corne utérine gestante a lieu. Le prolapsus utérin peut survenir dans une fourchette de quelques minutes à trois jours après le vêlage. Les signes cliniques associés sont variés et dépendent de l’état général de la vache. L’examen clinique de l’animal est primordial. Les symptômes locaux vont aider à déterminer le pronostic. Si les enveloppes fœtales ont été expulsées ou enlevées, l’endomètre apparaît lisse et rouge avec les caroncules plus foncées. Le col et le vagin apparaissent plus roses. Quand l’utérus est extériorisé depuis plusieurs heures, les parties exposées foncent. Les vaisseaux de l’utérus prolabé sont étirés et comprimés, les veines ne sont donc pratiquement plus perméables et un œdème se forme. Au-delà de quatre heures, l’utérus apparaît sec et la nécrose débute.
Les symptômes généraux sont variables et sont les principaux critères de détermination du pronostic vital. La vache peut être debout. Elle présente alors souvent un état d’excitation marquée, de la douleur et du ténesme. À l’inverse, elle peut parfois être prostrée, avec un port de tête particulier, en auto-auscultation ou encore le menton reposant sur le sol, ou appuyé sur la crèche. La vache est alors incapable de se relever. Les oreilles sont pendantes et froides ; la respiration et le pouls sont accélérés (fréquence cardiaque supérieure à 110 pulsations par minute). La température est basse (< 37 °C).
Le traitement est essentiellement chirurgical, mais il est associé à des mesures médicales de soutien de l’état général si nécessaire. Les soins sont prodigués le plus rapidement possible. Si la vache est couchée, il convient, dans la mesure du possible, de la laisser au calme et, dans tous les cas, de l’isoler des autres animaux. L’utérus doit être maintenu humide, à l’aide d’un drap trempé dans de l’eau tiède ou en l’arrosant constamment à l’eau tiède. La réduction du prolapsus requiert de bonnes conditions de propreté et de sécurité. Une anesthésie épidurale basse est recommandée pour faciliter le replacement de l’utérus.
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