Les contractions musculaires involontaires pendant le sommeil, bien que souvent bénignes, peuvent être une source d'inconfort et perturber la qualité du repos nocturne. Ces phénomènes, allant des simples spasmes hypniques aux troubles plus complexes comme le syndrome des jambes sans repos, méritent une attention particulière pour en identifier les causes et les solutions potentielles.

Les différents types de mouvements involontaires

Les mouvements involontaires sont très nombreux, très variés, non rarement associés entre eux, souvent dus à des médicaments. Il n'est pas rare qu'un mouvement involontaire soit de diagnostic difficile. Parmi les plus courants, on distingue :

  • Les tremblements : Le tremblement de repos, caractéristique de la maladie de Parkinson, disparaît lors du mouvement volontaire. À l'inverse, le tremblement d'attitude n'apparaît que dans le maintien volontaire d'une attitude et il disparaît totalement en position de repos, sauf quand il est très intense. Le tremblement d'action, ou tremblement intentionnel, apparaît surtout lors du mouvement volontaire nécessitant une précision du geste.
  • Les myoclonies : Une myoclonie correspond à un mouvement anormal, involontaire, soudain et brusque. C'est une affection nerveuse correspondant à une contraction musculaire involontaire et soudaine. Les myoclonies sont des contractions musculaires involontaires (le hoquet en fait partie par exemple). C'est la très grande brièveté du mouvement volontaire qui fait évoquer le diagnostic. Tous les segments de la musculature peuvent être concernés. Il y a des myoclonies généralisées, des myoclonies focales. Elles peuvent s'inscrire dans le cadre d'une crise d'épilepsie généralisée, ou dans le cadre des crises d'épilepsie partielles motrices. Dans ce dernier cas, elles peuvent atteindre un hémicorps ou uniquement un hémiface. Très rares, les myoclonies du voile du palais résultent d'une lésion de fibres réunissant l'olive bulbaire et le noyau dentelé du cervelet.
  • Les dystonies : Elles réalisent une contraction musculaire prolongée, ou une prise de posture anormale. Habituellement absentes au repos, elles apparaissent lors du maintien d'une attitude ou lors du mouvement volontaires, qu'elles parasitent. Tous les segments musculaires de l'organisme peuvent être touchés.
  • Les tics : C'est un mouvement ou une vocalisation involontaire, de survenue soudaine, bref, souvent explosif, stéréotypé chez un même patient, sans but apparent, ressenti comme irrépressible mais pouvant être supprimé pendant un temps variable par la volonté. Les tics peuvent être accrus par l'émotion et disparaissent pendant le sommeil.
  • L'hémiballisme : Rare, c'est un mouvement involontaire brusque et rapide, caractérisé par sa très grande amplitude, rotatoire, et le fait qu'habituellement il concerne tout un hémicorps.
  • Les chorées et dyskinésies : Il s'agit également de mouvements involontaires brusques, brefs, très variables dans leur distribution, leur fréquence et leur intensité.

Spasmes hypniques : sursauts au moment de l'endormissement

Vous avez déjà subi un sursaut ou un spasme musculaire au moment de vous endormir ? Imaginez-vous en train de vous blottir confortablement dans votre lit, prêt(e) à vous endormir après une longue journée… Quand juste au moment de lâcher prise et de sombrer dans le sommeil : votre corps se met soudainement à sursauter. Les secousses ou spasmes hypniques se produisent généralement lorsque nous nous trouvons dans la phase de transition entre l’éveil et le sommeil, connue sous le nom de phase hypnagogique.

Une myoclonie d'endormissement, aussi appelée une secousse hypnique, est un phénomène physiologique qui correspond à une "contraction musculaire involontaire d'une partie du corps, au moment où on commence à s'endormir ou pendant le sommeil". On le place dans la catégorie des myoclonies.

Causes et facteurs favorisants

Comme indiqué ci-dessus, les secousses hypniques sont courantes dans la phase de demi-sommeil, même chez les personnes en bonne santé. Les spasmes hypniques ne sont généralement pas liés à une maladie. En revanche, plusieurs conditions peuvent être à l’origine de mouvements inconscients pendant la nuit : le syndrome des jambes sans repos (SJSR), l’apnée du sommeil, l’épilepsie ou tout autre trouble du système nerveux central. Et certains médicaments peuvent aussi entraîner des spasmes musculaires ou des mouvements involontaires pendant le sommeil.

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Plusieurs facteurs peuvent accentuer ces sursauts, parmi lesquels :

  • Le stress, l'anxiété et la fatigue excessive : Les études scientifiques ont fait le lien entre l'état psychologique et la fréquence des myoclonies du sommeil. L’intensification des sursauts peut être associée à des facteurs comme le stress et l'anxiété. En baissant cette hyperactivité émotionnelle et corporelle, il est possible de mieux dormir et de diminuer la fréquence des sursauts hypnagogiques.
  • La consommation de stimulants en fin de journée : Si vous consommez des substances psychoactives en fin de journée, cela pourrait également perturber l’équilibre neurochimique nécessaire à votre bon endormissement. La caféine est bien connue pour maintenir éveillé. Elle agit en bloquant les récepteurs d'adénosine, une substance qui favorise le sommeil. La consommation excessive de caféine, tout comme le stress physique et émotionnel, peut augmenter la fréquence des myoclonies d'endormissement. La nicotine est également un puissant stimulant pour votre système nerveux central et peut augmenter la fréquence des sursauts. L’alcool est aussi très mauvais pour le sommeil car il le fragmente et crée un effet rebond stimulant lors de sa métabolisation.
  • Le conflit entre état de veille et état de sommeil dans le cerveau : Il se produirait une contraction musculaire brève parce qu’il existe une forme de désynchronisation temporaire dans votre cerveau au moment de l’endormissement.
  • L'interprétation par le cerveau de la relaxation musculaire comme une chute : Les sursauts hypnagogiques (myoclonies du sommeil) pourraient s’expliquer par une adaptation évolutive. Il s’agirait d’un réflexe moteur primitif, qui aurait pu aider nos ancêtres à rester en sécurité pendant le sommeil, par exemple en évitant de tomber des arbres. Votre cerveau d’homme moderne interpréterait encore la relaxation musculaire progressive de l'endormissement comme un signal de danger potentiel, d’où cette sensation de chute.

Diagnostic et traitement

Au risque de nous répéter, les spasmes hypniques ne sont pas considérés comme dangereux et ne nécessitent pas de traitement médical spécifique. « Ils sont le résultat d’un processus physiologique naturel du corps pendant le sommeil et sont inoffensifs dans la grande majorité des cas ».

Il n'est pas toujours nécessaire de consulter un professionnel de santé, lorsqu'on souffre d'épisodes de myoclonie d'endormissement. Tout dépend de l'intensité et de la répétition surtout du problème. Les gens qui ont des épisodes myocloniques fréquents, qui affectent leur capacité à s'endormir doivent par contre consulter leur médecin traitant. Des examens, comme une prise de sang pour chercher une carence vitaminique ou en fer (souvent en cause dans les mouvements périodiques des jambes) peuvent permettre d'exclure certaines hypothèses, si le diagnostic de myoclonie d'endormissement n'est pas certain. La réorientation vers un spécialiste du sommeil peut être demandée, si le problème est trop gênant. Ce dernier peut demander un électro-encéphalogramme (EEG) pour voir l'activité cérébrale du cerveau, ou une polysomnographie : plusieurs éléments sont branchés sur le corps pendant le sommeil, pour enregistrer plusieurs signaux physiologiques durant le sommeil.

Le traitement va être lié à ce qui est décrit lors de l'interrogatoire des patients. Le plus important est de suivre quelques règles générales d'hygiène de sommeil et de vie. Le médecin déconseille de consommer trop de caféine, de drogues, ou d'alcool et préconise de diminuer son stress via des techniques de relaxation comme la cohérence cardiaque ou la sophrologie. Si le sport peut être un moyen de calmer ses angoisses, il est à éviter juste avant l'heure du sommeil, car le corps est échauffé et la température corporelle augmente, ce qui peut perturber l'endormissement. Le jogging, par exemple, peut participer au développement d'une myoclonie du sommeil car "s'il relaxe la tête, il ne relaxe pas le corps au moment d'aller se coucher". De la même façon, il est aussi conseillé d'éviter de prendre une douche trop chaude le soir. Si l'anxiété est générée par un traumatisme ou des problèmes psychologiques de fond, consulter un psychologue ou un psychiatre peut aider.

Autres troubles du sommeil liés aux mouvements anormaux

Les troubles du sommeil liés aux mouvements anormaux sont parfois spectaculaires, même s’ils peuvent passer en partie inaperçus pour l’intéressé. La plupart des troubles du sommeil sont des parasomnies, c’est-à-dire des troubles survenant « autour » du sommeil. De nombreux troubles sont encore mal connus dans leur mécanisme physiopathologique complet.

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  • Myoclonie cervicale : La myoclonie cervicale ou neck myoclonus se traduit par de brefs mouvements de la tête durant le sommeil paradoxal. On retrouve fréquemment ce syndrome associé à un déficit dopaminergique, comme dans la narcolepsie, le syndrome des jambes sans repos, certaines crampes nocturnes ou la maladie de Parkinson.
  • Syndrome des jambes sans repos : Les malades éprouvent des impressions pénibles, souvent difficiles à définir (impatiences, douleurs), mais surtout survenant au repos (assis ou allongé), le soir ou la nuit, et les obligeant à marcher pour soulager leurs symptômes. Le traitement des jambes sans repos s’effectue le plus souvent avec des agonistes dopaminergiques, dont l’effet va perdurer durant la nuit. Comme ils peuvent occasionner nausées et hypotension orthostatique, un ajustement des doses est souvent nécessaire au début.
  • Bruxisme : Le traitement du bruxisme s’effectue par injections intramusculaire de toxine botulique ou Botox, environ tous les 6 mois. La neurotoxine myorelaxante va relâcher la contraction de l’un des muscles de la mastication.

Pour les mouvements anormaux, il convient alors de distinguer ceux qui persistent parfois au cours du sommeil (chorée, dystonie, épilepsie…) de ceux qui sont réellement induits par le sommeil.

Contractures musculaires au réveil

Les contractures musculaires sont des tensions musculaires excessives et durables qui touchent un ou plusieurs muscles. Généralement provoquées par un effort physique intense, celles-ci peuvent également survenir après une nuit de sommeil.

Causes

Les contractures musculaires au réveil sont courantes et peuvent être causées par plusieurs raisons :

  • Une réponse physiologique du corps : Les tensions et les douleurs musculaires ressenties peuvent être dues à un manque de lubrification des articulations et des fascias. Les fascias sont des membranes qui enveloppent et assurent le maintien des groupes musculaires et des organes. La position presque inchangée du corps pendant la nuit entraîne une réduction de la température interne et l'épaississement du lubrifiant. Une sensation de raideur accompagnée de douleurs se manifeste au moment du réveil. Le défaut de mouvement lors de la position allongée prolongée contribue pour une bonne part à la survenue de ces tensions à la reprise de l’activité fonctionnelle. Après quelques minutes, l’horloge biologique interne s’adapte et l’organisme assure à nouveau la lubrification des articulations. La sensation désagréable disparaît.
  • La qualité du sommeil : La seconde cause la plus courante des contractures musculaires au réveil est liée à la qualité du sommeil. Un matelas trop mou, un oreiller trop épais ou une mauvaise posture pendant la nuit sont quelques éléments qui peuvent réduire la qualité de votre sommeil. Il est important de souligner que la sédentarité, l’âge et le stress peuvent également favoriser l'apparition de contractures au réveil. Parfois la qualité de la respiration durant la nuit provoque, en cas de mauvaise oxygénation, des tensions musculaires synonymes de raideurs. Il s’agira de quelque chose à faire évaluer médicalement.

Solutions

Voici trois astuces pour réduire les contractures musculaires au réveil :

  • Réaliser des exercices d’étirement : Les étirements sont idéaux pour bien démarrer la journée en aidant les muscles et les articulations à se réveiller en douceur. Il est important d’étirer les muscles progressivement et en douceur afin d'éviter toute blessure.
    • Exercices d’étirement allongé sur le lit : Ces deux premiers exercices sont à réaliser dès le réveil, sans sortir de votre lit. Ceux-ci permettent de travailler les muscles du dos et des jambes. Allongé sur le dos, amenez en douceur vos deux genoux contre votre poitrine en vous aidant des bras. Maintenez cette position pendant 30 à 60 secondes en veillant à maintenir votre dos et votre tête bien à plat contre le lit. Ensuite, revenez en position allongée et étirez le plus possible vos deux jambes vers le bout de votre lit. Vos orteils doivent être bien tendus vers l’avant afin de travailler l’ensemble des muscles des jambes. Maintenez la position entre 20 et 30 secondes.
    • Exercice d'étirement assis au bord du lit : Cet exercice est à réaliser en position assise et permet d’étirer les muscles cervicaux. Commencez par vous asseoir sur le bord de votre lit avec le dos bien droit et les deux pieds fermement posés au sol. Effectuez des mouvements de haut en bas avec votre tête pendant 20 à 30 secondes, puis de gauche à droite pendant la même durée.
    • Exercice d’étirement debout : En position debout avec les deux pieds fermement posés au sol, levez vos deux bras en l’air et joignez vos deux mains au-dessus de votre tête. Ensuite, penchez-vous vers la droite puis vers la gauche. Répétez ces mouvements pendant 20 à 30 secondes.
  • Améliorer la qualité de votre sommeil : La qualité du sommeil influence fortement l'apparition de contractures musculaires au réveil. Voici quelques conseils à suivre afin de bien dormir et d’éviter un réveil douloureux :
    • Choisissez un oreiller adapté : Il est essentiel de choisir un oreiller qui offre un bon soutien des cervicales tout au long de la nuit. Un oreiller trop épais peut créer un angle trop important entre le buste et la tête. Cela peut générer des tensions sur les muscles et les articulations du cou.
    • Choisissez un matelas adapté : Un bon matelas doit pouvoir supporter le poids et la forme du corps. Un matelas trop usé, trop ferme ou trop souple peut entraîner des tensions musculaires, principalement au niveau des points de pression (épaules, haut du dos, fessiers, etc.).
    • Adoptez une bonne position pour dormir : Il est recommandé de dormir sur le dos afin d’éviter les contractures musculaires au réveil. En effet, la colonne vertébrale et les cervicales sont parfaitement alignées et ne subissent pas de contraintes. Dormir sur le côté peut convenir davantage aux personnes qui souffrent de douleurs au dos. Cette position peut cependant provoquer des contraintes sur les épaules et la nuque. Dormir sur le ventre est en revanche déconseillé puisque cette position ne présente que des inconvénients.
  • Pratiquer une activité sportive de manière régulière : Le manque de force musculaire et la sédentarité favorisent l'apparition de contractures musculaires au réveil. Il est ainsi conseillé de pratiquer une activité sportive de manière régulière afin de conserver des muscles forts et résistants. En cas de tensions musculaires persistantes, il est bénéfique de pratiquer une activité physique douce afin de les soulager. La marche, le vélo, la natation ou encore le yoga sont des sports qui permettent de favoriser la récupération, sans imposer de contraintes importantes aux articulations.

L'électrostimulation comme solution naturelle

L’électrostimulation est une méthode naturelle qui permet de provoquer des contractions musculaires par le biais d’impulsions électriques de faible intensité. Ces dernières sont indolores et transmises au travers d’électrodes placées sur la peau.

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L’électrostimulation comprend de nombreux bienfaits pour soulager les contractures musculaires :

  • Soulagement immédiat de la douleur ressentie.
  • Réduction des tensions musculaires.
  • Amélioration de la circulation sanguine et du drainage des toxines.
  • Renforcement des muscles de manière douce et contrôlée.

Il est possible d’utiliser l’électrostimulation au réveil afin de soulager les contractures et de commencer la journée du bon pied. L’application de chaud et/ou de froid en cas de contractures musculaires au réveil procure également de nombreux bienfaits.

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