L'écriture est une compétence fondamentale, mais certains enfants rencontrent des difficultés significatives dans son apprentissage. Ces difficultés peuvent se manifester par une écriture lente, illisible, irrégulière ou douloureuse, et peuvent avoir un impact négatif sur leur réussite scolaire et leur confiance en soi. Il est important de comprendre les causes potentielles de ces difficultés et de savoir vers quels professionnels se tourner pour obtenir de l'aide.
Identifier les difficultés d'écriture
En classe, il est assez facile de repérer les élèves en difficulté d'écriture. L'écriture peut être lente, irrégulière, illisible ou raturée. L'enfant peut se crisper ou, au contraire, avoir un geste anormalement mou et lent. Il peut se plaindre de douleurs dans le bras ou de crampes dans la main. Le tracé peut être cabossé, aplati, trop grand ou trop petit, raturé à de multiples reprises. Parfois, on observe des signes d'appel dès la maternelle : l'enfant n'apprécie pas spécialement les activités de coloriages ou de peinture, ni les petits travaux manuels. Il peut paraître particulièrement lent, voire être qualifié de « paresseux » parce qu'il n'arrive jamais à terminer une tâche écrite dans les temps.
Un trouble de l'écriture peut se manifester par une simple maladresse, de vraies douleurs physiques ou même un refus catégorique d'écrire. Si ces difficultés deviennent gênantes au quotidien pour l'enfant, et en particulier à l'école, il faut éviter de laisser une dysgraphie s'installer.
Il est important de noter que la dysgraphie est un trouble spécifique de l'apprentissage de l'écriture qui touche de nombreux enfants, adolescents et adultes. Elle se traduit par des anomalies de la conduite du trait dans l'écriture, entraînant des difficultés de coordination, des irrégularités d'espacements entre les lettres et les mots, et des malformations des lettres. L'écriture manuelle est soit trop lente, soit illisible, soit fatigante, demandant dans tous les cas un effort cognitif majeur.
Comprendre les causes possibles
Plusieurs facteurs peuvent expliquer les difficultés d'écriture chez un enfant. Il est important de ne pas mettre les enfants dans des cases, car certaines origines peuvent coexister.
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- Troubles neuro développementaux : La dysgraphie appartient à la même famille de handicap que la dyslexie et la dyscalculie, à savoir les troubles spécifiques des apprentissages (TSA).
- Déficit intellectuel : Dans ce cas, l'important est d'adapter la demande aux capacités de l'enfant.
- Dyspraxie : Il s'agit d'un trouble spécifique de l'acquisition de la coordination du geste. « Il n'y a pas d'enfant dyspraxique qui n'ait pas de troubles de l'écriture ».
- Dysorthographie, ou difficultés d'orthographe : Du fait de la mauvaise orthographe, les enfants peuvent aussi avoir du mal à écrire. Cela les ralentit. Ils ont du mal à trouver la (les) lettre(s) correspondant aux sons…
- Troubles de la communication ou les difficultés psycho-affectives : La difficulté pour ces enfants consiste plutôt à laisser une trace écrite, ce qui génère des problèmes d'écriture.
- Difficultés psychomotrices : Un élève mal latéralisé, maladroit, ayant un schéma corporel incomplet ou des gestes désordonnés peut rencontrer des difficultés en écriture.
- Handicap ou troubles du comportement : Lorsqu'un élève présente des troubles plus vastes, dus à un handicap (trisomie, autisme, maladie génétique…), à un trouble du comportement ou à des difficultés de concentration, la question peut se poser de l'ordre des priorités.
Les professionnels vers qui se tourner
Lorsqu'un enfant présente des difficultés d'écriture, il est important de consulter des professionnels qualifiés pour effectuer un dépistage et lancer une rééducation du geste graphique. Il existe plusieurs types de professionnels qui peuvent aider :
- Médecin généraliste : Avant de prendre rendez-vous avec un ou plusieurs professionnels de l’écriture, la consultation d’un médecin généraliste peut vous aider à cerner le problème et à verbaliser vos inquiétudes.
- Orthophoniste : Les orthophonistes ont des attributions très larges. Ils peuvent traiter aussi bien les troubles de la déglutition que le bégaiement, les problèmes d'aphasie de la personne âgée que la dyslexie, les défauts de prononciation ou même les difficultés en mathématiques. Un bilan orthophonique peut permettre de diagnostiquer une dysgraphie. Dans les cas de dysgraphie peu sévère, une rééducation peut-être menée, le plus souvent par un orthophoniste. Un premier bilan du langage écrit sera effectué. Il comporte : un examen de l'écriture, un examen de la motricité graphique en cours d'écriture, un test de vitesse d'écriture, un calcul de l'âge graphomoteur et une classification de la dysgraphie. Puis la rééducation va consister en une série de techniques de relaxation gestuelles et d'exercices graphiques ludiques, adaptés à l'âge de l'enfant. Le travail va s'effectuer sur la décontraction du geste, la posture, la tenue du stylo, la forme des lettres et la motricité fine.
- Psychomotricien : Les psychomotriciens sont qualifiés pour aider les personnes ayant des difficultés psychomotrices. Ils peuvent intervenir quand un élève est mal latéralisé, qu'il est très maladroit, qu'il a un schéma corporel incomplet, des gestes désordonnés. Ils sont formés pour travailler à la fois sur la motricité large et sur la motricité fine. Bien souvent, ils commencent par la grande motricité, afin d'installer l'enfant dans un meilleur rapport à son corps. Les psychomotriciens travaillent rarement directement la rééducation de l'écriture de manière systématique.
- Ergothérapeute : Les ergothérapeutes sont des professionnels médicaux, agissant sur prescription médicale, spécialisés dans l'aide à la personne ayant des difficultés avec les gestes de la vie quotidienne. Ils sont compétents en particulier pour conseiller un matériel adapté aux handicaps ou problèmes moteurs : cela peut aller du fauteuil roulant à l'enfile-chaussettes - tout ce qui peut apporter confort ou soulagement au patient. Les ergothérapeutes sont généralement sollicités, dans le cadre de l'écriture, pour des enfants porteurs de handicap ou accidentés, ou encore pour des personnes âgées. Leur rôle peut être de proposer un matériel spécifique adapté à un problème physique - par exemple un guide-doigts particulier en cas d'hypotonie de la main ou de séquelle d'accident. Ils peuvent également aider l'enfant à mieux réaliser certains gestes nécessaire à l'écriture, lui permettre de renforcer certains muscles nécessaires à la scription.
- Graphothérapeute : Les graphothérapeutes s'occupent spécifiquement de l'écriture. De manière générale, on peut dire que le graphothérapeute accorde beaucoup d'importance à la psychologie et à la personnalité de la personne, et travaille longtemps en amont de l'écriture - sur le geste. Il y a d'ailleurs parfois une ambiguïté : le graphothérapeute propose-t-il une thérapie de l'écriture ou une thérapie par l'écriture ? D'ordinaire, le graphothérapeute propose un bilan graphomoteur, durant lequel l'âge graphomoteur sera calculé et de nombreuses autres indications données. La rééducation proprement dite débute au rendez-vous suivant, à raison en moyenne d'une séance de 45 min par semaine, durant un trimestre à une année scolaire.
- Graphopédagogue : Le graphopédagogue est par essence un rééducateur de l'écriture car il travaille l'ensemble de l'écriture, et plus spécifiquement le geste d'écriture. Lors de la première séance, il observe l'écriture de l'élève, sa tenue du crayon, ses stratégies de copie, et propose immédiatement des exercices à réaliser à la maison. Ces exercices doivent être faits quotidiennement ou presque pour que l'entraînement soit efficace. L'avantage pour les familles est que la rééducation nécessite beaucoup moins de séances, l'essentiel du travail étant fait à la maison.
- Psychologue, sophrologue, kinésiologue : Parfois, les difficultés d'écriture survivent à une rééducation de l'écriture et peuvent être un obstacle à l'obtention d'une écriture fluide et lisible. Selon les cas, on peut alors envisager un suivi par un psychologue, un sophrologue, un kinésiologue, un spécialiste des réflexes primordiaux…
Conseils et astuces pour aider l'enfant à la maison
Au-delà des séances avec des professionnels, il existe des astuces et du matériel spécifique pour aider un enfant qui écrit mal.
- Ne pas forcer l'enfant à écrire : Faisant face à des difficultés de graphisme quotidiennes, l’enfant peut se décourager et développer une réelle aversion pour l’écriture.
- Proposer des temps de respiration et de relaxation : Lorsqu’il écrit, un enfant dysgraphique a souvent tendance à se crisper sur son stylo, en y mettant beaucoup de force et de pression pour préciser le geste. Une bonne astuce consiste à lui proposer des temps de respiration, de relaxation pour lui apprendre comment se calmer mentalement et physiquement. La sophrologie peut être une bonne aide, notamment au niveau de la gestion du relâchement musculaire.
- Être attentif aux gestes de la vie quotidienne : Ce sont autant d’occasions d’exercer la motricité fine. Vous pouvez ainsi aider votre enfant à s’autonomiser pour l’habillage, le lavage, la cuisine.
- Avoir des supports adaptés : Un crayon qui crée des blocages au moment d’effectuer un geste, qui bave, un papier avec des lignes trop fines par exemple sont des supports qui rendent l’écriture encore plus difficile pour votre enfant. Nous conseillons des stylos ou des crayons ergonomiques qui facilitent la prise en main, ou encore du papier à lignes plus larges pour faciliter l’écriture (seyes avec des interlignes de 2,5 mm ou 3 mm). Il est également préférable de choisir un lignage bicolore : la ligne de base est violette et les interlignes bleus clairs. Enfin privilégiez à l’école primaire, les cahiers 17×22 cm qui facilitera la posture de votre enfant pour écrire. Pour finir, il est important de veiller à ce que l’enfant s’installe face à son bureau, réglé à sa taille, pieds posés à plat sur le sol afin de favoriser une bonne posture.
- Bien tenir son crayon pour faire le bon geste : Une bonne tenue du crayon est un élément essentiel pour aider à fluidifier l’écriture. Pour cela, utilisez la méthode du “1,2,3… Soleil !”.
- Pratiquer l’écriture plus souvent : Si l’écriture est trop associée aux devoirs, votre enfant aura plus de mal à trouver du plaisir dans l’écriture. Si vous proposez des activités ludiques mêlant écriture et jeu, cela encourage la pratique et motivera votre enfant à écrire. La pratique quotidienne est importante pour rendre l’écriture plus facile. Vous pouvez par exemple créer des jeux autour de l’écriture tels que faire un cadavre exquis, ou encore lui proposer d’écrire la liste des courses, une lettre à ses grands-parents, de devenir le héros d’une histoire qu’il écrit…
- Développer la motricité fine : Plus elle est développée, plus le geste paraît facile, l’écriture est fluide. Pour améliorer la motricité fine, il faut faire des activités qui renforcent la tonicité des mains et des doigts. Encore une fois, ces activités peuvent prendre la forme de jeux : jeux de constructions, perles, pâte à modeler, collages et découpages…
- Redonner confiance : Écrire n’est pas un geste facile pour tout le monde et son apprentissage peut créer des difficultés frustrantes à l’école. Ces difficultés peuvent diminuer sa confiance en lui et en ses capacités. Continuez à l’encourager en mettant en place des solutions pour l’aider en parallèle : en parler aux professeurs à l’école ou encore faire appel à des professionnels qualifiés pour évaluer l’origine des difficultés et mettre en place des solutions concrètes et adaptées.
Aménagements scolaires et outils de compensation
Au niveau de la scolarité, l'enfant dysgraphique est très handicapé par l'inefficacité de son geste qui le rend trop lent. Les plus lents et précis sont incapables d'accélérer, alors que les autres deviennent illisibles. Ces problèmes d'écriture peuvent entraîner chez l'enfant des troubles du comportement et une perte de confiance en lui, aboutissant à l'échec scolaire.
Les enfants dysgraphiques peuvent bénéficier d'aménagements scolaires à la fois dans leur scolarité quotidienne et pour la passation des contrôles et des examens (Tiers temps supplémentaire pour les examens…). Un Projet personnalisé de scolarisation (PPS) peut être élaboré permettant la mise en place d'aménagements de la scolarité (prise en charge sur le temps scolaire), d'aménagements pédagogiques (allègement scolaire, photocopies de cours), l'attribution de matériel adapté (ordinateur…) et l'obtention de tiers temps supplémentaire. La qualité de la production graphique doit être privilégiée par rapport à la quantité. Il est important de remotiver l'enfant et de le valoriser pour qu'il reprenne confiance en lui.
Pour compenser efficacement la dysgraphie, il est essentiel de choisir des outils adaptés. Dans certains cas, et avec les bons outils, il est possible de compenser intégralement ce trouble pour permettre à l’enfant d’apprendre, de réussir, et de s’épanouir. La personnalisation de l’accompagnement, l’écoute de l’enfant, la formation des enseignants et l’acceptation de la diversité des profils sont les clés d’une véritable inclusion.
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- Ordinateur : L'imposition de l'écriture manuelle peut être délétère chez ces enfants et il faut assez tôt s'en libérer pour se consacrer à l'acquisition des connaissances. Le handicap peut être compensé par l'utilisation d'un ordinateur qui peut être proposé assez tôt lorsque la dysgraphie est sévère ou s'intègre dans un trouble praxique ou neuromoteur. L'apprentissage doit se faire selon des techniques spécifiquement adaptées aux très jeunes enfants au cours de séances d'ergothérapie. Le recours à l'ordinateur sera privilégié s'il faut écrire vite ou s'il faut écrire et effectuer de façon concomitante une autre tâche (réfléchir à l'orthographe, comprendre, analyser…).
- Logiciels de reconnaissance vocale : Les applications et programmes de conversion de la parole au texte, l’offre de temps supplémentaire pour les tests écrits, la possibilité d’utiliser le clavier pour prendre des notes et les pauses fréquentes sont autant d’adaptations qui aident les enfants à écrire plus efficacement.
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