Le muscle squelettique représente une part importante de la masse corporelle et est essentiel pour la locomotion, la posture, la déglutition et la respiration. Il est composé d'un mélange de fibres différenciées terminales regroupées en faisceaux. Cet article explore la contraction musculaire in vivo, en détaillant les mécanismes impliqués et les facteurs qui l'influencent.

Organisation et Structure du Muscle Squelettique

Chaque fibre musculaire squelettique est une cellule musculaire cylindrique unique. Un muscle squelettique individuel peut être constitué de centaines, voire de milliers, de fibres musculaires regroupées et enveloppées dans un revêtement de tissu conjonctif. Chaque muscle est entouré d'une gaine de tissu conjonctif appelée épimysium. Le fascia, tissu conjonctif extérieur à l'épimysium, entoure et sépare les muscles. Des portions de l'épimysium se projettent vers l'intérieur pour diviser le muscle en compartiments. Chaque compartiment contient un faisceau de fibres musculaires. Chaque faisceau de fibres musculaires est entouré d'une couche de tissu conjonctif appelée périmysium. Dans le faisceau, chaque cellule musculaire individuelle, appelée fibre musculaire, est entourée de tissu conjonctif appelé endomysium. Le revêtement de tissu conjonctif fournit un soutien et une protection aux cellules fragiles et leur permet de résister aux forces de contraction. Les revêtements fournissent également des voies pour le passage des vaisseaux sanguins et des nerfs. Généralement, l'épimysium, le périmysium et l'endomysium s'étendent au-delà de la partie charnue du muscle pour former un tendon épais en forme de corde ou une large aponévrose plate en forme de feuille. Le tendon et l'aponévrose forment des attaches indirectes des muscles au périoste des os ou au tissu conjonctif d'autres muscles. Généralement, un muscle s'étend sur une articulation et est attaché aux os par des tendons aux deux extrémités.

Les muscles squelettiques sont abondants en vaisseaux sanguins et en nerfs, ce qui est directement lié à leur fonction principale : la contraction. Avant qu'une fibre musculaire squelettique puisse se contracter, elle doit recevoir une impulsion d'une cellule nerveuse. Généralement, une artère et au moins une veine accompagnent chaque nerf qui pénètre dans l'épimysium d'un muscle squelettique.

Rôle des Cellules Souches Musculaires

Le développement du muscle, sa composition et sa capacité d'adaptation dépendent des cellules souches musculaires, principalement des cellules satellites (SATC). Les SATC jouent un rôle essentiel pour le développement musculaire ainsi que pour le maintien, la régénération et l'adaptation du tissu musculaire car elles sont capables de se différencier et de s'auto-renouveler (Mitchell et al., 2010 ; Dumont et al., 2015). Les SATC adultes quiescentes sont situées dans une niche située entre le sarcolemme et la lame basale. Après un certain nombre de cycles prolifératifs, les SATC activées subissent une différenciation myogénique soit en fusionnant entre elles pour former de nouvelles myofibres soit avec des myofibres existantes (Bérard et al., 2011). Par conséquent, le nombre de myonoyaux sous-laminaux diminue continuellement au cours de la croissance et reste relativement constant dans le muscle adulte (Rouger et al., 2004). En plus d'une diminution du nombre de SATC au cours de la vie, une perte progressive de la capacité des cellules souches à se différencier survient avec l'âge et engendre des maladies chroniques chez les mammifères (Ogura et al., 2020). Dans les muscles malades et âgés, les myofibres sont progressivement remplacées par du tissu adipeux et fibreux tandis que les fibres restantes diminuent en masse. Il a été montré chez le porc que dans la première semaine de vie, 30 % des SATC sont capables de se différencier puis cette proportion diminue de la semaine 7 (14 %) à la semaine 21 (9 %) (Mesires et Doumit, 2002).

Mécanisme de la Contraction Musculaire Striée Squelettique

La contraction musculaire est un processus complexe qui peut être divisé en plusieurs étapes :

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  1. Excitation: L'excitation ou la stimulation qui correspond à l'arrivée du message nerveux sur la fibre musculaire. L’arrivée d’un potentiel d’action sur le bouton présynaptique entraîne la libération d’acétylcholine qui déclenche un potentiel d'action musculaire.
  2. Couplage excitation-contraction: Le couplage excitation-contraction qui regroupe l'ensemble des processus permettant de transformer le signal nerveux reçu par la cellule en un signal intracellulaire vers les fibres contractiles.
  3. Contraction: La contraction proprement dite.
  4. Relaxation: La relaxation qui est le retour de la cellule musculaire à l'état de repos physiologique.

Unité Motrice et Sommation

Chaque fibre musculaire est sous le contrôle d'un seul motoneurone qui stimule la cellule via une synapse. Si chaque cellule est sous le contrôle d’un seul motoneurone, un motoneurone peut contrôler plusieurs cellules musculaires. Toutes les cellules sous le contrôle d’un même motoneurone seront stimulées en même temps. Le nombre de cellules au sein d’une unité motrice varie d’une cellule à plusieurs dizaines, en fonction des muscles et de leur fonction. Par exemple, pour les muscles de la motricité oculaire, chaque motoneurone contrôle une seule cellule, ce qui autorise une très grande précision de mouvement.

In vivo, un potentiel d’action a toujours la même intensité : pour chaque cellule musculaire il y a une alternative : soit elle est stimulée et elle se contracte soit elle ne l’est pas et ne se contracte pas. La force de contraction qu’est capable de développer une cellule musculaire ne dépend pas de l’intensité de la stimulation. Par contre, la contraction d’une cellule n’est pas un phénomène instantané, de sorte qu’une stimulation brève conduira à une contraction de faible intensité, puisque la fibre n’aura pas le temps de se contracter complètement avant la fin de la stimulation. Une stimulation prolongée ou une succession de brèves stimulations rapprochées conduiront à la contraction maximale de la fibre musculaire. C’est la notion de sommation temporelle. La force totale développée par un muscle est la somme des forces individuelles de chacune des fibres musculaires impliquées dans la contraction. Plus il y a d’unités motrices recrutées, plus la force développée par le muscle est importante.

Libération d'Acétylcholine

Brièvement, l’arrivée du potentiel d’action neuronal au niveau du bouton présynaptique déclenche la libération d’acétylcholine dans la fente synaptique. L’acétylcholine vient se fixer sur des récepteurs spécifiques localisés dans le sarcolemme, au niveau de la plaque motrice.

Explosivité et Puissance Musculaire

La contraction musculaire in vivo est influencée par des facteurs tels que l'explosivité et la puissance.

Définitions

Malgré que ces deux notions semblent au premier abord fortement similaire, en réalité, il n’en n’est rien. Plusieurs facteurs déterminent si l’exercice est plus de type explosif que de puissance. L’explosivité est la capacité qu’à l’athlète à inhiber ses plus hauts niveaux de force et vitesse afin de la retranscrire dans un mouvement. On parle d’intensité supra maximale ! Le terme de temps en explosivité désigne la capacité de l’athlète à inhiber ses plus hauts niveaux de force et de vitesse mais dans un laps de temps le plus court possible. Ce qui diffère entre ces deux notions est le fait de vouloir : Allez le plus vite possible La suite logique des deux facteurs précédents nous oblige en termes d’explosivité à parler de mouvement unique. Comprenez bien que si sur un mouvement, l’athlète utilise 100% de ses capacités, sur un second mouvement, il ne sera plus en mesure de fournir 100% de ses capacités (99% tout au plus). Même si chez certains athlètes de haut niveau, on pourrait penser qu’ils peuvent réitérer un mouvement de même degré d’intensité, en réalité, il n’en n’est rien ! La puissance quant à elle est la capacité qu’à l’athlète à inhiber de hauts niveaux de force et de vitesse afin de les retranscrire dans un ou plusieurs mouvements. En fonction du niveau de l’athlète, on parle d’intensité « maximale », « très proche du maximal », « proche du maximal ». Le terme de temps en puissance quant à lui désigne la capacité de l’athlète à inhiber de hauts niveaux de force et de vitesse mais dans un laps de temps restreint. Ce qui diffère entre ces deux notions est le fait de vouloir : La puissance quant à elle permet la génération de plusieurs mouvements consécutifs.

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Intérêts du Développement Explosif

Les intérêts du développement explosif chez l’athlète sont nombreux, et cela, même si ce dernier ne pratique pas une discipline sportive à dominante explosive. Les bénéfices apportés par le développement explosif chez l’athlète est un avantage certain dans tous les sports !

  • Augmentation du nombre d’unités motrices recrutées. [1] [2]
  • Amélioration des coordinations intramusculaires et intermusculaires.
  • Modifications bénéfiques des propriétés mécaniques du complexe muscle-tendon. [3] [4]
  • Augmentation de la fréquence de décharge suite à la période d’inactivité des unités motrices. [5]
  • Diminution de seuil de recrutement des unités motrices, permettant ainsi une activation plus précoce et une vitesse de contraction plus importante. [1] [6]
  • Augmentation du temps et des niveaux d’activation des muscles. [7]
  • Meilleure hypertrophie musculaire. [1]
  • Meilleure amélioration du recrutement des fibres rapides de type 2B. [8] [9]
  • Amélioration de la capacité à stocker l’énergie élastique via la diminution de la raideur de la fraction active de la Composante Elastique Série (CES) du complexe musculo-tendineux. [10] [16]
  • Amélioration de la capacité à transmettre et restituer l’énergie élastique via l’augmentation de la raideur de fraction passive de la Composante Elastique Série (CES) du complexe musculo-tendineux. [11] [12] [13] [14]
  • Diminution de la co-activation des muscles antagonistes au geste sportif. [4]
  • Diminution de l’angle de pennation et une augmentation de la longueur des fascicules.

Facteurs Nerveux de l'Explosivité

La réalisation d’un mouvement explosif est d’abord le résultat d’une commande établie au niveau central. Cette commande est ensuite transmise par un réseau de neurones au système nerveux périphérique, pour déclencher la contraction musculaire.

Facteurs Nerveux Centraux

En premier lieu, le mouvement est le résultat d’une commande générée dans le cerveau, au sein d’une zone spécifique du cortex cérébral située dans le lobe frontal : le cortex moteur [16]. Le cortex moteur régule la commande motrice suite aux informations transmises par le thalamus, qui centralise lui-même les informations provenant du cortex cérébral, des ganglions de la base et du cervelet. Les ganglions de la base traitent les informations, en provenance d’autres parties du cerveau, relatives à la faisabilité du mouvement. Le cervelet joue également un rôle, en restituant des informations sur des séquences de mouvement précédemment réalisées, permettant ainsi une régulation fine et fluide du geste.

Facteurs Nerveux Périphériques

À partir de la moelle épinière, la commande nerveuse va se déplacer le long d’un motoneurone alpha pour se diriger vers les muscles. La zone où communique l’axone avec la fibre musculaire est appelée jonction neuromusculaire. C’est à ce niveau que le signal, ou potentiel d’action va être transmis à une ou plusieurs fibres musculaires provoquant ainsi une contraction volontaire du muscle.

On comprend donc vite que l’amélioration des facteurs nerveux centraux et périphériques passent par un conditionnement de l’athlète sur les différents gestes sportifs explosifs qu’il a à réaliser. Ce conditionnement de l’athlète sur les différents gestes sportifs quant à lui, passe par une acquisition et une connaissance parfaite des gestes qu’il devra réaliser.

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Coordination Intramusculaire

La coordination intramusculaire correspond à l’activation d’unités motrices lors de gestes sportifs. Les mouvements à haute vitesse nécessitent une grande activation d’unités motrices ! Principalement constituées de fibres de type 2 [18], les unités motrices avec un seuil d’activation plus faible nécessitent plus de temps pour produire leur pic de force, et sont donc par conséquent, moins efficaces dans les gestes sportifs de types explosif / puissant. [19] [20] La capacité de l’athlète à activer rapidement des unités motrices ayant un haut seuil de recrutement, est donc déterminante pour produire de hauts niveaux de puissance. [21] La coordination intramusculaire conditionne donc la performance explosive !

Coordination Intermusculaire

La coordination intermusculaire correspond à l’activation et la relaxation des muscles agonistes, synergistes et antagonistes lors de gestes sportifs. Cette coordination joue un rôle prépondérant dans la performance explosive ! [22] [23] L’amélioration de cette coordination conditionnera le niveau de force produit lors de l’impulsion et la vitesse atteinte au moment du décollage.

Facteurs Structuraux de l'Explosivité

Les facteurs structuraux correspondent au nombre de fibres rapides que dispose le muscle nécessaire au geste sportif. La composition des muscles en fibres rapides et notamment en fibres de type 2B influence donc la vitesse de contraction musculaire et par conséquent la puissance maximale produite par le muscle ! [25] Il a d’ailleurs été démontré que la proportion de fibres de type 2 est corrélée à la production de puissance maximale et donc à la performance explosive. [26]

Facteurs Mécaniques

Les facteurs mécaniques correspondent au complexe muscle-tendon qui est lui-même constitué : d’éléments contractiles et d’éléments élastiques. [27] Ces éléments élastiques ont la capacité de stocker au préalable de l’énergie afin de la restituer lors de gestes sportifs. [27] [28] Cette capacité de stockage-restitution d’énergie élastique du complexe muscle-tendon permet à l’athlète d’être plus performant et plus économe dans la production de force lors des mouvements fonctionnels. [28] [29] L’identification des éléments élastiques du complexe muscle-tendon, la caractérisation de ses propriétés élastiques et l’identification des mécanismes sous-jacents sont donc essentielles pour mieux comprendre le rôle de cette élasticité musculo-tendineuse dans le geste sportif. Cette identification du muscle et du complexe qu’il forme avec les structures tendineuses a fait l’objet de nombreux travaux depuis le milieu du 20ème siècle. Cela dans le but notamment, de mettre en évidence l’influence que peut avoir ces propriétés mécaniques sur les capacités de production de force et de vitesse. Archibald Vivian Hill, en 1938, fut le premier à proposer un modèle du muscle à deux composantes. [30] Ce modèle de « base » a servi par la suite à des travaux de modélisation musculaire beaucoup plus évolué. [31] [32] [33] Depuis plusieurs dizaines d’années, c’est le modèle à trois composantes qui est principalement utilisé pour étudier le comportement mécanique d’un muscle.

Composante Contractile (CC)

La Composante Contractile (CC) est caractérisée mécaniquement par la relation force-longueur et par la relation force-vitesse.

  • Relation force-longueur: Elle correspond à la génération de la force développé par le glissement des filaments d’actines et de myosines et donc du nombre de ponts capables de se former à chaque longueur. [37]
  • Relation force-vitesse: Elle correspond à la génération de l…

Importance des Études In Vivo

Les études in vivo sont cruciales pour comprendre la contraction musculaire dans un contexte physiologique réel. Contrairement aux études in vitro, qui isolent des cellules ou des tissus, les études in vivo permettent d'observer la contraction musculaire dans l'organisme entier, en tenant compte des interactions complexes entre les différents systèmes (nerveux, musculaire, squelettique). Par exemple, Narici (1999) a étudié l'architecture du muscle squelettique humain in vivo à l'aide de techniques d'imagerie non invasives, soulignant l'importance de cette approche pour comprendre la fonction musculaire.

Conclusion

La contraction musculaire in vivo est un processus complexe influencé par de nombreux facteurs, allant de la structure musculaire et des cellules souches aux mécanismes nerveux et aux propriétés mécaniques. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour améliorer la performance sportive, traiter les maladies musculaires et maintenir la santé musculaire tout au long de la vie.

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