Introduction

Le cœur, organe vital, est constitué d'un muscle spécifique : le muscle cardiaque ou myocarde. Sa capacité à se contracter de manière rythmique et coordonnée permet la circulation sanguine dans l'ensemble de l'organisme. Cet article se propose d'explorer en détail la structure de la cellule myocardique, le processus de contraction musculaire cardiaque, ainsi que les principales pathologies qui peuvent affecter ce muscle essentiel.

Structure de la cellule myocardique

La cellule myocardique, également appelée cardiomyocyte, est l'unité de base du muscle cardiaque. Elle présente des caractéristiques morphologiques et fonctionnelles qui la distinguent des autres types de cellules musculaires.

  • Dimensions et organisation : Mesurant de 50 à 100 µm de long et de 10 à 20 µm de large, la cellule myocardique est entourée d'une membrane plasmique. Son cytoplasme contient tous les organites nécessaires à son fonctionnement, ainsi que des myofibrilles, éléments contractiles d'un diamètre de 1 à 2 µm.
  • Myofibrilles et sarcomères : Les myofibrilles sont constituées de filaments d'actine et de myosine, organisés en unités répétitives appelées sarcomères. C'est le glissement de ces filaments les uns par rapport aux autres qui permet la contraction musculaire.
  • Disques intercalaires : Les cellules myocardiques sont reliées entre elles par des structures spécialisées appelées disques intercalaires. Ces disques assurent la cohésion mécanique des cellules et permettent la propagation rapide du signal électrique, indispensable à la contraction coordonnée du cœur.

Contraction musculaire cardiaque

La contraction du muscle cardiaque est un processus complexe qui implique plusieurs étapes :

  1. Dépolarisation membranaire : Un signal électrique, provenant du nœud sinusal (le "pacemaker" du cœur), se propage à travers les cellules myocardiques, entraînant une dépolarisation de leur membrane.
  2. Entrée de calcium : La dépolarisation membranaire provoque l'ouverture de canaux calciques, permettant l'entrée d'ions calcium dans la cellule.
  3. Contraction : L'augmentation de la concentration de calcium intracellulaire déclenche l'interaction entre les filaments d'actine et de myosine, entraînant le raccourcissement des sarcomères et la contraction de la cellule myocardique.
  4. Relaxation : Le calcium est ensuite éliminé du cytoplasme, ce qui provoque la dissociation des filaments d'actine et de myosine, et la relaxation de la cellule myocardique.

Cardiomyopathies : maladies du muscle cardiaque

Les cardiomyopathies sont un groupe de maladies qui affectent la structure et la fonction du muscle cardiaque. Elles peuvent être d'origine génétique, acquise ou idiopathique (sans cause connue).

  • Cardiomyopathie hypertrophique (CMH) : La CMH est une maladie génétique caractérisée par un épaississement anormal du muscle cardiaque, en particulier au niveau du septum interventriculaire. Cette hypertrophie peut entraîner une obstruction à l'éjection du sang, des troubles du rythme cardiaque et un risque de mort subite. De 1 à 2 personnes sur mille naissent avec cette anomalie génétique et la plupart sont asymptomatiques. Il existe plusieurs formes de CMH : le muscle cardiaque peut être touché de façon symétrique ou plus fréquemment asymétrique (certaines parois sont plus souvent atteintes que d'autres).
  • Cardiomyopathie dilatée (CMD) : La CMD est caractérisée par une dilatation des cavités cardiaques, en particulier du ventricule gauche, et une diminution de la capacité contractile du cœur. Elle peut être due à des facteurs génétiques, des infections virales, une consommation excessive d'alcool ou de drogues, ou encore à des maladies auto-immunes.
  • Cardiomyopathie restrictive (CMR) : La CMR est caractérisée par une rigidité des parois cardiaques, qui empêche le cœur de se remplir correctement pendant la diastole (phase de relaxation). Elle peut être due à des maladies infiltratives (amylose, sarcoïdose), des fibroses ou des causes inconnues.

Autres cardiopathies

Outre les cardiomyopathies, d'autres maladies peuvent affecter le muscle cardiaque :

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  • Cardiopathie congénitale : Malformation cardiaque constituée lors de l’embryogenèse. Elle représente 20% de l’ensemble des malformations congénitales, soit de 5 à 8 pour mille naissances. Elle est reconnue par l’échographie, parfois dès le premier trimestre en cas de ventricule unique ou de dextrocardie, plus souvent au milieu du deuxième trimestre lors de l’échographie morphologique qui doit comporter une coupe passant par les quatre cavités du cœur. Un tiers des malformations graves, la coarctation de l’aorte notamment, échappent à l’échographie fœtale même à l’examen le plus spécialisé. Quelquefois c’est une arythmie cardiaque in utero qui suggère le diagnostic. Il faut à chaque cas chercher une cause : un diabète mal équilibré au moment de la conception, une embryopathie rubéolique, l’action tératogène d'un médicament, dans 5% des cas (les antivitamines K, l’alcool ou le lithium par exemple), une anomalie chromosomique (6% des cas, comme une trisomie 13, 18 ou 21), ou une anomalie monogénique (4% des cas). Les malformations tronculaires de la base du cœur, en effet, tétralogie de Fallot, tronc artériel commun, transposition des gros vaisseaux, coarctation de l’aorte, peuvent s’inscrire dans le cadre d’un syndrome de DiGeorge et s’accompagner d’une délétion du segment q du chromosome 22.
  • Cardiopathie ischémique : Affection cardiaque secondaire à une réduction de l'irrigation d'une partie du myocarde, le plus souvent par lésions athéromateuses des artères coronaires.
  • Valvulopathies : Atteinte des valves cardiaques, qui peuvent être le siège de rétrécissements (sténoses) ou de fuites (insuffisances).
  • Péricardites : Inflammation du péricarde, la membrane qui enveloppe le cœur.
  • Cardiopathie cyanogène : Maladie cardiaque comportant une oxygénation insuffisante du sang circulant responsable d’une coloration bleu sombre des téguments. Parmi les cardiopathies congénitales, sont essentiellement cyanogènes celles qui entraînent un shunt droit-gauche avec désaturation du sang systémique.
  • Cardiopathie rhumatismale : Atteinte du cœur par la maladie rhumatismale (rhumatisme articulaire aigu) encore appelée maladie de Bouillaud. L’agent pathogène est le streptocoque bêta-hémolytique du groupe A. Constituant naguère une des causes les plus importantes de morbidité et de mortalité chez l’homme, elle a vu sa fréquence et sa gravité diminuer considérablement grâce au traitement et à la prophylaxie par la pénicilline.
  • Cardiopathie carcinoïde : Stade évolutif de la maladie carcinoïde ou carcinoïdose. L’atteinte cardiaque, tardive dans l'évolution lente de cette maladie, serait due à l'action de la sérotonine, sécrétée par la tumeur. Elle se manifeste de longues années après les autres manifestations en particulier cutanées. La cardiopathie carcinoïde atteint électivement l’endocarde et les valvules du cœur droit épaissis par une prolifération fibroblastique.

Cardioplégie

Arrêt du cœur provoqué en chirurgie cardiaque pour supprimer les battements et faciliter ainsi les gestes opératoires. La cardioplégie peut être obtenue soit en injectant dans le lit coronaire (injection dans la racine de l’aorte) une solution chimique dite cardioplégique (dont la plus courante est le citrate de potassium), soit en provoquant l’arrêt progressif du cœur par simple clampage de l’aorte ascendante (cardioplégie ischémique ou anoxique). Le cœur peut encore être arrêté par une réfrigération très poussée (cardioplégie hypothermique). Enfin les battements cardiaques peuvent être supprimés par fibrillation électrique.

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