L'urètre, un conduit essentiel du système urinaire et reproducteur masculin, joue un rôle crucial dans l'évacuation de l'urine et l'éjaculation. Les douleurs urétrales peuvent avoir diverses origines, allant de l'inflammation à des affections plus rares. Cet article explore les causes possibles de la contraction douloureuse de l'urètre et les options de traitement disponibles.
Anatomie de l'Urètre Masculin
L’urètre chez l’homme est un conduit important du système urinaire et reproducteur. Sur le plan anatomique, l’urètre masculin mesure environ 15 à 20 centimètres de long, le distinguant ainsi de l’urètre féminin, qui est généralement plus court. L’urètre membraneux traverse le diaphragme urogénital, et est entouré par le sphincter externe strié de l’urètre. Enfin, l’urètre spongieux comprend 2 parties : l’urètre périnéal et l’urètre pénien, situé sur la face ventrale du pénis.
Causes de la Contraction Douloureuse de l'Urètre
Plusieurs facteurs peuvent provoquer une contraction douloureuse de l'urètre :
Sténose Urétrale
La sténose urétrale est un rétrécissement de l'urètre, souvent dû à une inflammation ou à une cicatrisation.
Infections Urinaires (Urétrites)
Les infections urinaires, en particulier l’urétrite, constituent une autre cause courante. Cette inflammation de l’urètre, généralement induite par des infections bactériennes comme la gonorrhée et la chlamydia, se manifeste par des douleurs, des brûlures lors de la miction et parfois des écoulements purulents. La leucocyturie et la pyurie, définies par la présence de leucocytes altérés dans les urines, témoignent de la présence d’une infection urinaire. Cliniquement, les urines sont souvent troubles et malodorantes.
Lire aussi: Grossesse : contractions au 5ème mois
Calculs Urinaires
Les calculs urinaires peuvent également entraîner des douleurs urétrales en obstruant le passage de l’urine.
Tumeurs de l'Urètre
Les tumeurs de l’urètre, bien que rares, peuvent également être à l’origine de douleurs urétrales. Qu’elles soient bénignes ou malignes, ces tumeurs peuvent obstruer le conduit et causer des douleurs, des saignements et des troubles de la miction.
Traumatismes Urétraux
Les traumatismes urétraux après des blessures pelviennes ou des gestes opératoires peuvent provoquer des lésions urétrales, entraînant des douleurs intenses et des troubles urinaires.
Cystite Interstitielle
La cystite interstitielle, aussi appelée syndrome de la vessie douloureuse, est une inflammation non infectieuse chronique de la vessie. Bien que l'origine exacte soit inconnue, elle provoque des douleurs au bas du ventre et des envies fréquentes d’uriner. La cystite interstitielle est un syndrome douloureux affectant la vessie. L’origine du trouble est inconnue. La maladie se manifeste par des troubles urinaires (impériosité et besoins fréquents d’uriner) et des douleurs plus ou moins invalidantes dans la partie inférieure de l’abdomen.
À la différence de la cystite commune, dont l’inflammation est engendrée par des bactéries, la cystite interstitielle est une infection chronique dont la ou les causes sont inconnues. Les symptômes d’une cystite interstitielle sont très variables d’un patient à un autre et peuvent inclure des envies d’uriner anormales, des douleurs dans le bas du ventre, et des difficultés à uriner. La douleur associée à la cystite interstitielle peut être intermittente ou permanente, souvent décrite comme une brûlure, avec des spasmes et une tension dans le bas ventre.
Lire aussi: Contractions : comment les identifier ?
Autres Causes
Les douleurs urétrales peuvent aussi être liées à des causes moins fréquentes comme :
- Algies pelviennes : Souvent profondes, ano-périnéales, elles peuvent être rattachées au bas appareil urinaire si elles ont un rythme mictionnel (déclenchées ou calmées), exagérées par la position assise et la défécation (origine prostatique) et/ou s’accompagnent d’autres troubles mictionnels. Elles peuvent se voir dans les cystites interstitielles ou les prostatites chroniques. Elles s’accompagnent parfois chez l’homme de douleurs scrotales.
- Corps étrangers : Présence d'un fil chirurgical ou fragment prothétique après une colposuspension ou promontofixation.
- Pathologies de voisinage : Sigmoïdite, tumeur rectosigmoïdienne, problèmes gynécologiques.
Diagnostic
La première étape en cas de suspicion d’urétrite ou de douleurs urétrales est de consulter un urologue. Le diagnostic repose sur un examen clinique complet et des tests diagnostiques.
Examen Clinique
L’examen clinique doit comporter un toucher rectal et éventuellement vaginal, ainsi qu’une palpation abdominale à la recherche d’un globe. Il faudra également rechercher des signes d’accompagnement comme l’apparition d’une hernie inguinale pouvant témoigner de la poussée abdominale nécessaire pour obtenir ou maintenir la miction. L’examen neurologique succinct du périnée s’impose toujours. Chez les femmes, un testing des releveurs est aussi important.
Examens Complémentaires
- Analyses d’urine et cultures de sécrétions urétrales : Examen cytobactériologique des urines (ECBU) recherche de Bacille de Koch si leucocyturie sans germe. L’infection est la première cause de pollakiurie. Ces examens permettent d'identifier les agents infectieux responsables de l'urétrite.
- Tests de dépistage des IST : Ces tests sont essentiels pour détecter les infections sexuellement transmissibles.
- Débitmétrie : C’est une mesure globale et objective qui reflète à la fois l’état de la contraction vésicale et des résistances uréthrales. Un débit normal est > 15 ml/sec pour un volume uriné > 150 ml. Un débit < 10 ml/sec témoigne en règle générale d’une obstruction.
- Mesure échographique du résidu post-mictionnel : Cet examen permet d'évaluer la capacité de la vessie à se vider complètement.
- Radiographie d’Abdomen sans préparation (ASP) et échographie abdomino-pelvienne : Ces examens permettent de rechercher une lithiase vésicale ou de l’uretère pelvien juxta-méatique, une tumeur vésicale, un résidu post-mictionnel et/ou un retentissement sur le haut appareil urinaire.
- Cytologie urinaire : Cet examen peut orienter vers un carcinome vésical in situ.
- Cystomanométrie : Partie intégrante de l’exploration urodynamique, elle permet d’objectiver une hyperactivité vésicale en montrant des contractions désinhibées lors du remplissage, des sensations de besoin plus précoces et/ou une capacité vésicale fonctionnelle abaissée.
- Fibroscopie urétro-vésicale : Cet examen est intéressant pour confirmer une sténose urétrale, une mauvaise ouverture du col vésical ou visualiser les conséquences vésicales de l’obstruction.
Traitements
Le traitement dépend de la cause de la contraction douloureuse de l'urètre.
Traitement Médicamenteux
- Antibiotiques : Le traitement de l’urétrite repose principalement sur l’administration d’antibiotiques ciblés. Les antibiotiques doivent être prescrits en fonction de l’agent infectieux identifié pour garantir leur efficacité. Il est important de bien suivre le traitement complet, même si les symptômes s’atténuent rapidement, afin de prévenir les résistances bactériennes et les récidives.
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : Les AINS peuvent être proposés pour soulager la douleur et réduire l’inflammation. Ils peuvent être prescrits pour soulager les douleurs du patient. Cependant, ils ont généralement une efficacité insuffisante, et non durable dans le temps. D’autres antalgiques peuvent être essayés également comme le paracétamol ou la morphine, seul ou en association, pour soulager les douleurs.
- Antidépresseurs tricycliques : Les antidépresseurs tricycliques sont parfois utilisés à faible dose lorsque les antidouleurs classiques ne fonctionnent pas.
- Traitements pour la cystite interstitielle : Pour soulager les douleurs, le médecin peut prescrire des anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène par exemple). Cependant, ils ont généralement une efficacité insuffisante, et non durable dans le temps. D’autres antalgiques peuvent être essayés également comme le paracétamol ou la morphine, seul ou en association, pour soulager les douleurs. L’hydro-distension, utilisée également pour le diagnostic de la maladie, s’est avérée efficace chez certains patients pour apaiser leurs douleurs. L’effet positif est généralement temporaire. L’administration d’héparine, ayant des propriétés anti-inflammatoires, a également démontré une certaine efficacité. L’injection de DMSO (Diméthyle sulfoxyde) est efficace chez certains patients, surtout en association avec des corticoïdes, de l’héparine ou un anesthésique local.
Interventions Chirurgicales
- Chirurgie : Enfin, la chirurgie est envisagée en dernière intention. Elle est réalisée dans près de 2% des cas de cystite interstitielle lorsqu’aucun autre traitement ne permet de soulager le patient. L’intervention est lourde et parfois inefficace.
- Hydro-distension : L’hydro-distension, utilisée également pour le diagnostic de la maladie, s’est avérée efficace chez certains patients pour apaiser leurs douleurs. L’effet positif est généralement temporaire.
Autres Traitements
- Rééducation périnéale : La rééducation périnéale est proposée comme traitement de première intention à la majeure partie des hommes et des femmes touchés par l’incontinence, quelle qu’en soit la cause. La kinésithérapie, le biofeedback et l’électrostimulation sont des techniques utilisées pour renforcer les muscles du plancher pelvien.
- Neuromodulation sacrée et du nerf tibial postérieur : La neuromodulation sacrée consiste à implanter sous la peau une sorte de pacemaker de la vessie, appelé neurostimulateur. Moins invasive, la neuromodulation du nerf tibial postérieur est un traitement plus récent qui s’appuie sur le même principe que la neuromodulation sacrée.
Mesures de Confort et Prévention
- Pratiques sexuelles sûres : L’adoption de pratiques sexuelles sûres, comme l’utilisation de préservatifs, est essentielle pour prévenir les urétrites.
- Hygiène personnelle : Une bonne hygiène personnelle contribue également à prévenir les infections urinaires.
- Alimentation : Le traitement naturel de la cystite interstitielle passe surtout par l’alimentation, avec des aliments à privilégier et d’autres à éviter. Les aliments recommandés sont des aliments alcalins, non acides, comme les légumes et fruits bien mûrs.
Vivre avec une Vessie Hyperactive
En attendant que les traitements montrent leur efficacité, le port de protections urinaires de qualité s'avère indispensable. Au contact de l’air et des bactéries, l’urine peut dégager une forte odeur, incommodante pour soi comme pour l’entourage. Il est conseillé d'absorber un complément en vitamine C et de boire du jus de canneberge pour diminuer le pH de l'urine, et de limiter la consommation de certains aliments tels que les asperges, les oignons, ails, poireaux ou certaines épices.
Lire aussi: Comprendre les mouvements de bébé
tags: #contraction #douloureuse #uretre #causes #et #traitements
