Les "petites phrases", véritables armes de communication utilisées par tous les responsables politiques, occupent une place à part entière dans le jeu médiatique. L’instantanéité du “bon mot” renforce ses qualités d’explosivité et de contraction, mais le “bon mot” arrive par là à épouser la rapidité croissante imposée au discours politique par les vecteurs d’expression successifs. Elles tissent un lien de proximité entre celui qui l’énonce et ceux qui la reçoivent, un mode de discours entendu et pratiqué par tout un chacun.

Cet article se propose d'analyser la contraction du discours de Robert Badinter prononcé à l'Assemblée nationale le 17 septembre 1981, en faveur de l'abolition de la peine de mort en France. Ce discours historique, imprégné d'humanisme et de références littéraires, a marqué un tournant décisif dans l'histoire de la justice française.

Le contexte historique et politique

Le discours de Robert Badinter s'inscrit dans un contexte politique particulier. La France, sous la présidence de François Mitterrand, s'apprête à abolir la peine de mort, une question qui divise l'opinion publique depuis des décennies. Badinter, alors Garde des Sceaux, porte avec conviction ce projet de loi devant l'Assemblée nationale.

Le discours s’ouvre sur une référence à Jean Jaurès, fervent partisan de l’abolition sous la Troisième République, tout comme Clemenceau. En 1906, un projet d’abolition est porté devant la Chambre des députés par le Garde des Sceaux, Edmond Guyot-Dessaigne, mais il n’est débattu que deux ans plus tard.

La structure et l'argumentation du discours

Le discours de Badinter est structuré de manière rigoureuse et progressive. Il commence par rendre hommage à ceux qui, avant lui, ont lutté pour l'abolition, notamment Le Pelletier de Saint-Fargeau, Victor Hugo, Camus, Gambetta, Clemenceau et Jaurès. Il rappelle que la France a été parmi les premiers pays à abolir la torture et l'esclavage, mais qu'elle est paradoxalement l'un des derniers pays d'Europe occidentale à abolir la peine de mort.

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Badinter avance ensuite des arguments de fond pour justifier l'abolition. Il souligne que la peine de mort est contraire aux valeurs fondamentales de la société française, notamment le respect de la vie humaine et la dignité de la personne.

Les arguments philosophiques et moraux

Badinter s'appuie sur des arguments philosophiques et moraux pour dénoncer la peine de mort. Il affirme qu'elle est incompatible avec l'idée de justice, car elle est irréversible et peut conduire à l'exécution d'innocents. Il cite le plus haut magistrat de France, M. Aydalot, qui disait que la peine de mort lui était devenue insupportable.

Il souligne que la justice des hommes est faillible et qu'elle ne peut se donner le droit de vie ou de mort sur un individu. Pour ceux qui croient en Dieu, lui seul a le pouvoir de choisir l’heure de notre mort. Pour tous les abolitionnistes, il est impossible de reconnaître à la justice des hommes ce pouvoir de mort parce qu’ils savent qu’elle est faillible.

Les arguments historiques et politiques

Badinter replace le débat sur la peine de mort dans une perspective historique et politique. Il rappelle que l'abolition a toujours été une cause de la gauche française, des forces de changement et de progrès. Il cite les exemples de la Révolution française, de la Révolution de 1830 et de la Révolution de 1848, qui ont toutes contribué à limiter ou à abolir la peine de mort.

Il explique que le retard de la France en matière d'abolition est dû à des raisons politiques, notamment la crainte de l'opinion publique. Il réfute cet argument en soulignant que le Président de la République, François Mitterrand, a clairement affiché sa volonté d'abolir la peine de mort, et qu'il a été élu sur cette promesse.

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Le style et les figures de rhétorique

Le discours de Badinter est marqué par un style éloquent et passionné. Il utilise de nombreuses figures de rhétorique pour convaincre son auditoire.

L'anaphore

Badinter utilise l'anaphore pour marteler ses arguments et créer un effet d'insistance. Par exemple, il répète plusieurs fois la phrase "La France est grande" pour souligner les valeurs qui fondent l'identité nationale.

La question rhétorique

Badinter pose des questions rhétoriques pour interpeller son auditoire et l'amener à réfléchir. Par exemple, il demande : "Pourquoi ce retard ?" pour susciter une interrogation sur les raisons qui ont empêché la France d'abolir la peine de mort plus tôt.

L'appel à l'émotion

Badinter fait appel à l'émotion de son auditoire en évoquant la souffrance des condamnés à mort et l'horreur des exécutions. Il décrit les exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises, pour susciter un sentiment de répulsion.

La contraction du discours et ses enjeux

La contraction de texte est un exercice qui consiste à réduire un texte à l'essentiel, en conservant les idées principales et la structure argumentative. Dans le cas du discours de Badinter, la contraction permet de mettre en évidence les arguments clés et les figures de rhétorique utilisées par l'orateur.

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Cet exercice est particulièrement pertinent dans le cadre de l'éducation aux médias et à l'information (EMI). Il permet aux élèves de développer leur esprit critique face à l'information, de distinguer le subjectif de l'objectif, d'identifier les arguments fallacieux et de comprendre les mécanismes de la désinformation.

L'impact du discours et l'abolition de la peine de mort

Le discours de Robert Badinter a eu un impact considérable sur l'opinion publique et sur les parlementaires. Il a contribué à créer un climat favorable à l'abolition de la peine de mort.

Le 18 septembre 1981, l'Assemblée nationale a voté en faveur de l'abolition de la peine de mort en France. Cette décision a marqué une étape importante dans l'histoire de la justice française et a permis à la France de rejoindre le camp des pays les plus respectueux des droits de l'homme.

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