Après une grossesse extra-utérine (GEU), le choix d'une méthode contraceptive appropriée est crucial pour la santé reproductive future. Cet article explore les différentes options contraceptives disponibles, leurs avantages, leurs inconvénients et les risques potentiels associés, en tenant compte des spécificités post-GEU.
Introduction
Une grossesse extra-utérine, où l'œuf fécondé s'implante en dehors de l'utérus, est une complication grave qui nécessite une intervention médicale. Après une GEU, il est essentiel de discuter des options contraceptives avec un professionnel de santé afin de prévenir une nouvelle grossesse non désirée et d'espacer les grossesses pour permettre une bonne récupération physique et émotionnelle.
Options Contraceptives
Plusieurs méthodes contraceptives sont disponibles, chacune avec ses propres mécanismes d'action, efficacité et profil de risque. Elles peuvent être classées en plusieurs catégories :
Dispositifs Intra-Utérins (DIU)
C’est le moyen de contraception le plus utilisé dans le monde. Il s’agit d’un dispositif généralement composé de polyéthylène et de cuivre, en forme de T allongé, prolongé par un ou deux fils souples. Il en existe de diverses tailles. Le stérilet est placé dans la cavité de l’utérus par un médecin ou une sage-femme formé à cette technique, en général sans qu’une anesthésie locale ne soit nécessaire. Le meilleur moment pour mettre en place un stérilet est la période des règles ou juste après car le col de l'utérus est ouvert. Néanmoins, il est possible de le poser à n’importe quel moment (notamment dans les cinq jours suivant un rapport sexuel, comme contraception d’urgence). Les fils dépassent du col et permettent le contrôle et le retrait du stérilet. Le stérilet est en général posé pour quatre à dix ans. Après un accouchement, il est nécessaire de respecter un délai de quatre semaines avant de le poser.
Mécanisme d'action : Le dispositif intra-utérin empêche l’installation de l’œuf et le cuivre inhiberait la fécondation.Efficacité : C’est un dispositif efficace dès la pose.Avantages : Il est en général bien toléré, sans aucune contrainte, et la contraception est réversible dès le retrait.Risques et Contre-indications : La pose d’un stérilet comporte quelques risques, dont celui de favoriser une infection de l’utérus lors des trois premières semaines. Le risque de grossesse extra-utérine existe, mais il n'est pas plus fréquent qu'en l'absence de contraception. Les contre-indications sont d’éventuelles infections génitales, des troubles de la coagulation, un fibrome, un antécédent de grossesse extra-utérine, une malformation de l’utérus, une intolérance au cuivre, etc. Pendant longtemps, la pose d’un stérilet a été déconseillée chez les femmes n’ayant jamais eu d’enfant en raison du risque d’infection et de stérilité qui pourrait en découler, mais ceci est actuellement remis en cause. Si le risque d'infection est réel dans les trois semaines qui suivent la pose, cette infection est facilement soignée et n'entraîne habituellement aucune conséquence à long terme.Coût : Le stérilet est délivré sur ordonnance et coûte environ 25 €.
Lire aussi: Pourquoi l'avortement n'est pas une contraception
Méthodes Barrières
Capes cervicales et diaphragmes
Capes cervicales et diaphragmes se placent directement sur le col de l’utérus pour empêcher le passage des spermatozoïdes. Les capes sont des cupules en silicone, tandis que les diaphragmes sont des membranes en latex tendues sur un anneau. Il en existe de différentes tailles.
Utilisation : La mise en place des capes et des diaphragmes demande une certaine habitude : les conseils du gynécologue sont nécessaires.Contre-indications : Il n’y a en revanche aucune contre-indication à leur emploi.Usage Unique/Réutilisable : Attention, certains modèles sont à usage unique (capes Oves, par exemple). D’autres se réutilisent après un nettoyage soigneux.Association avec spermicides : Capes cervicales et diaphragmes s’utilisent avec des produits spermicides : il s’agit de crèmes, d’ovules, de capsules ou de comprimés vaginaux contenant du chlorure de benzalkonium ou de miristalkonium. Ces produits doivent être utilisés à tout moment du cycle. Ils améliorent l’efficacité des capes et des diaphragmes, à condition de bien suivre les conseils d’utilisation. Les spermicides n’ont aucune contre-indication mais sont parfois irritants localement. Ils peuvent, de plus, jouer le rôle de lubrifiant.
Préservatifs
Les préservatifs sont des dispositifs contraceptifs destinés à empêcher le sperme d’entrer en contact avec le vagin et le col de l’utérus. Les préservatifs masculins ont une longue histoire : ils sont connus depuis l’Antiquité égyptienne et étaient alors fabriqués à partir de boyaux de mouton ! Par la suite, lorsque la syphilis est arrivée en Europe, on a recommandé l’usage de protection en étoffe fine, imprégnée d’herbes médicinales. Le préservatif en latex n'est apparu qu’à partir du XIXe siècle. Aujourd’hui, il en existe de très nombreuses sortes, de taille et d’épaisseur variables. Certains sont lubrifiés, colorés ou parfumés… Pour une plus grande sûreté d’utilisation, ils doivent porter la marque NF et une date de péremption. Le risque de transmission du virus du sida a assuré la promotion des préservatifs masculins depuis les années 1980 et de nombreuses campagnes d’information rappellent qu’ils demeurent la seule protection efficace contre cette maladie. Depuis le 1er janvier 2023, certains préservatifs inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) sont gratuits pour les hommes et les femmes de moins de 26 ans. Cette prise en charge à 100 % ne nécessite pas d’ordonnance médicale.
Les préservatifs féminins sont plus récents : ils sont apparus au début des années 1990. Ils se présentent sous la forme d’une poche en polyuréthane ou en nitrile qui tapisse la paroi vaginale. Ils comportent un dispositif qui assure leur maintien (deux anneaux souples pour le Femidom). Ils constituent une excellente alternative, notamment lorsque le partenaire masculin est réticent à utiliser un préservatif. Avec un peu d’entraînement, les préservatifs féminins sont faciles à utiliser. Pour un plus grand confort, il est recommandé de les mettre en place quelques heures avant les rapports sexuels.
Contraception Hormonale
Les contraceptifs hormonaux, tels que les pilules contraceptives, les patchs, les anneaux vaginaux et les implants, agissent en modifiant les niveaux d'hormones pour empêcher l'ovulation ou rendre la muqueuse utérine impropre à l'implantation. Bien qu'ils soient efficaces, ils peuvent avoir des effets secondaires et ne sont pas recommandés pour toutes les femmes, en particulier celles ayant des antécédents de problèmes de santé spécifiques.
Lire aussi: Comment utiliser un test d'ovulation ?
Méthodes Naturelles
Les méthodes naturelles, telles que la méthode du calendrier, la méthode de la température basale et la méthode de la glaire cervicale, impliquent le suivi des signes de fertilité pour éviter les rapports sexuels pendant les périodes fertiles. Ces méthodes nécessitent une formation et une discipline rigoureuses et ont un taux d'échec plus élevé que les autres méthodes.
Stérilisation
La stérilisation, telle que la ligature des trompes chez les femmes ou la vasectomie chez les hommes, est une méthode contraceptive permanente. Elle est généralement envisagée par les personnes qui ne souhaitent plus avoir d'enfants.
Considérations Spécifiques Après une GEU
Après une GEU, certaines considérations spécifiques doivent être prises en compte lors du choix d'une méthode contraceptive :
- Délai avant la conception : Il est généralement recommandé d'attendre au moins trois à six mois après une GEU avant de tenter une nouvelle grossesse afin de permettre à l'organisme de récupérer et de réduire le risque de récidive.
- Risque de récidive : Les femmes ayant déjà eu une GEU ont un risque accru de récidive. Certaines méthodes contraceptives, comme les progestatifs seuls, pourraient potentiellement augmenter ce risque.
- Santé générale : L'état de santé général de la femme, y compris les antécédents médicaux et les facteurs de risque, doit être pris en compte lors du choix d'une méthode contraceptive.
- Préférences personnelles : Les préférences personnelles de la femme, y compris ses convictions religieuses, son style de vie et sa capacité à suivre les instructions, doivent également être prises en compte.
Risques Associés à la Contraception Après une GEU
Bien que la contraception soit généralement sûre, certaines méthodes peuvent présenter des risques spécifiques après une GEU :
- Infections : La pose d'un DIU peut augmenter le risque d'infections pelviennes, en particulier dans les premières semaines suivant la pose.
- Grossesse extra-utérine : Bien que rare, une grossesse extra-utérine peut survenir même avec l'utilisation d'une méthode contraceptive. Les femmes utilisant un DIU ou une contraception progestative seule peuvent avoir un risque légèrement accru de GEU si elles tombent enceintes.
- Effets secondaires hormonaux : Les contraceptifs hormonaux peuvent provoquer des effets secondaires tels que des saignements irréguliers, des maux de tête, des nausées et des changements d'humeur.
- Complications chirurgicales : La stérilisation chirurgicale peut entraîner des complications telles que des infections, des saignements et des lésions des organes voisins.
Lire aussi: Méthode contraceptive : la thermométrie
tags: #contraception #après #grossesse #extra-utérine #options #et
